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when the sky turns black (eleanor)

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way down the river we go
Mavis Millward
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MessageSujet: when the sky turns black (eleanor) when the sky turns black (eleanor) EmptyVen 26 Avr - 20:07

(eleanor/mavis)
- renouveau, stéphane mallarmé -

DES CRÉPUSCULES BLANCS TIÉDISSENT SOUS MON CRÂNE
Qu’un cercle de fer serre ainsi qu’un vieux tombeau
Et triste, j’erre après un rêve vague et beau,
Par les champs où la sève immense se pavane


Les chiffres verts fluorescents se détachent sur l’écran noir du petit réveil posé sur sa table de nuit comme deux yeux numériques. 00:59. Elle fixe les deux points qui clignotent entre les chiffres. 01:00. Mavis soupire doucement et tourne la tête vers le plafond. Les ombres de la nuit se glissent dans tous les recoins de sa chambre, habillent les objets qui s’y trouvent de nouvelles formes inquiétantes. Toutes les lumières sont éteintes, mais elle n’a pas fermé ses volets et les lumières de la rue viennent se mêler à l’obscurité. Elles remplissent le petit espace d’une ambiance entre le jaune et l’orange, très sombre, typique des lumières de lampadaire. Mavis contemple le plafond. On y devine l’ampoule nue, les ombres projetées par ce qu’il y a dehors, derrière sa fenêtre, se mêlent à l’obscurité et danse tout autour. Elle retient son souffle et en même temps a l’impression d’étouffer.
Elle ne sait plus depuis combien de temps elle est étendue là, à courir après le sommeil qui ne vient pas. La chaleur de son corps a rempli l’espace sous ses draps et s’en échappe comme des très petits courants d’air sur son visage au moindre de ses mouvements. Elle ne bouge pas. Elle a longtemps essayé de garder les yeux fermé dans l’espoir que le sommeil la prenne dans ses bras, elle a souhaité s’y laisser tomber et, peut-être, rêver, mais son esprit est resté fermement accroché à la réalité. Alors, elle a ré-ouvert les yeux. Immobile, elle a regardé les deux points qui indiquent les secondes clignoter comme suspendus dans le vide, emportant les minutes puis les heures avec eux, elle a regardé par la fenêtre d’où on ne voit presque rien sinon que les lumières qui remontent de la rue, quelques étages plus bas, et la façade de l’immeuble d’en face, elle a retenu son souffle pour entendre le vent ou les voix des passants mais il n’y avait ni l’un ni l’autre, il n’y a eu que le silence, pendant des heures, et le bruit sourd des battement de son cœur a rempli ses oreille. Elle a essayé de deviner ses fleurs, sur le balcon, leurs couleurs avalées par le noir de la nuit. Les lumières jaunâtres des lampadaires révélaient les contours de certaines. Elle a regardé l’heure changer, encore. Et maintenant, ses yeux sont rivés au plafond, il n’y a rien sur ce plafond et elle voudrait y projeter des rêves à défauts que ceux-ci viennent à elle, mais elle n’arrive pas à imaginer. Elle sent les angoisses remuer sous son lit. Son cœur s’accélère et son souffle aussi, elle sent leurs ombres grimper le long des murs, s’échapper des placards. Elle essaye de fermer les portes de son esprit, elle ferme les yeux très fort, vraiment très fort, pour ne plus le voir et si elle ne les voit pas les monstres n’existent pas, mais elle sent les peurs s’insinuer partout entre les lattes du plancher et glisser jusqu’à elle, glisser sur ses draps et elle sent son cœur battre de plus en plus fort contre sa poitrine maintenant que les ombres de ses angoisses sont autour de ses poignets et l’empêchent de bouger. Un cri soudain les fait fuir. Un cri... Mavis ouvre les yeux.  
Ce n’était pas un cri. Le bruit strident de l’alarme incendie résonne dans toute la pièce, comme il doit résonner dans tout l’immeuble et tirer du sommeil ceux qui avaient réussi à s’y abandonner. Mavis inspire un grand coup et se redresse rapidement dans son lit. Elle marche pieds nus sur le plancher, les monstres sont partis. Le vacarme est assourdissant et rempli tout l’espace de son petit appartement, mais Mavis le remercie. Elle lui dit en silence : tu es arrivé à temps. Elle glisse les pieds dans une paire de baskets près de l’entrée, pose la main sur la poignée de la porte pour l’ouvrir. Elle s’arrête. Son cœur s’emballe à nouveau. Elle n’est pas vraiment inquiète, ce n’est pas la première fois que l’alarme incendie se déclenche en pleine nuit et elle doute qu’il y ait le feu mais, et si ? Elle se tourne vers la fenêtre, de l’autre côté de la pièce. Et si, cette fois, ça n’était pas une fausse alerte ? Ses doigts desserrent leur étreinte sur le métal froid de la poignée et elle traverse la chambre en vitesse pour ouvrir la fenêtre. Elle se l’est promis, enfant : plus jamais elle ne fera souffrir les fleurs. Et, si, vraiment, il y avait un incendie ? Elle est consciente que c’est idiot, de perdre du temps ainsi, mais l’idée que les flammes dévorent les fleurs qu’elle aime tant suffisent à la retenir et elle enlève délicatement les pots de son minuscule balcon pour les faire tenir tant bien que mal entre ses bras, en veillant à ne pas les abimer. Elle pousse la fenêtre sans la fermer, les mains trop occupées, se hâte vers l’entrée et ouvre la porte avec le coude, la claque dans son dos et s’engage dans les escaliers. L’immeuble n’est pas si haut, quatre étages seulement, il y a deux appartements par palier. Elle ne croise personne, presse le pas en serrant dans ses bras les petits pots de fleurs, se dit qu’ils sont déjà tous en bas. Elle pousse la vieille porte d’entrée avec son dos pour sortir dans la rue. Les habitants de l’immeubles sont réunis devant elle, elle croise les visages embués de sommeil du vieux couple qui vit au deuxième étage, ils lui adressent un sourire fatigué ou se mêlent un peu de tendresse et d’amusement et elle leur sourit en retour timidement. Personne n’a l’air très inquiet. Mavis parcours le petit attroupement des yeux à la recherche d’Oswald, se fraye un chemin entre les gens en s’excusant, les bras remplis de fleurs. Les nuits se font plus douces et la fraîcheur des soirées de printemps mordille ses jambes nues. Un pot lui échappe des mains.
-  Oh non ! souffle-t-elle tout doucement en le regardant impuissante foncer droit vers le sol.
Le pot s’écrase sur le bitume et la terre se renverse sur les pieds de quelqu’un. Mavis s’accroupis aussitôt et pose le reste de ses fleurs autour d’elle pour libérer ses mains et nettoyer les dégâts. Sa chemise de nuit blanche est couverte de tâches marrons.
- Je suis vraiment désolée, je… il m’a échappé des mains.
Elle s’empresse de lever les yeux vers le visage qui la surplombe, visiblement pas aussi amusé que ceux des deux petits vieux.
- Je vais nettoyer.
Son regard se repose sur les débris du pot qui se mêlent à la terre et elle sent son cœur se serrer. Cet élan futile lui dictant de prendre ses fleurs avec elle n’aura conduit qu’à l’opposé de ce qu’elle espérait. Elle sent son visage s’empourprer. A quoi pensait-elle seulement ? Les chances qu’il y ai vraiment eu le feu était bien faibles. Et quand bien même, prendre ses fleurs avec elle aurait pu la mettre en danger si l’alerte était fondée. Mais quand même, elle ne peut pas retenir la vague de tristesse qui caresse son cœur face au spectacle de ce pot éclaté, éparpillé par terre et sur les chaussures de la femme. Mavis ramasse les morceaux aussi vite qu’elle peut, époussette la terre tant bien que mal, récupère les fleurs entre ses mains. Elles n’ont pas l’air abîmées et la jeune fille retient un soupir de soulagement. Elle pose délicatement les restes à côtés des autres pots en formant un petit tas de terre. Récupère les derniers morceaux autour des chaussures, essaye de faire disparaître les traces de terre du mieux qu’elle peut du bout de ses doigts fins. Pas besoin de se voir dans un miroir pour savoir que son visage a viré au rouge, à l’intérieur ses joues lui paraissent brûlantes. Elle se redresse finalement, essuie ses mains sur sa chemise de nuit rapidement avant de s’affronter le regard de sa voisine. Elle l’a déjà croisée, à quelques occasions, mais elle ne se souvient pas lui avoir vraiment parlé. Son prénom ne veut pas lui revenir en mémoire et elle s’agite, frotte un peu plus fort ses mains contre le tissu de son vêtement.
- Je suis désolée. Je ne voulais pas vous salir… elle baisse les yeux vers leurs pieds pour échapper au regard de la femme et les tâches qui parsèment les siens lui renvoient son erreur. Je peux nettoyer vos chaussures dès qu’on pourra rentrer, je dois avoir quelque chose dans mon appartement et je vous les ramènerais ensuite. Vraiment, vraiment désolée.
Mavis inspire et relève la tête.
- Si ça ne part pas je vous rembourserais. Je peux vous racheter les mêmes.
Elle se sent terriblement gênée. Il lui semble que ses joues ne refroidiront jamais. Elle ne sait pas vraiment quoi dire, cherche désespérément quelque chose pour effacer sa bêtise.
- Désolée… répète-t-elle à mi-voix.
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Eleanor Dunhill
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MessageSujet: Re: when the sky turns black (eleanor) when the sky turns black (eleanor) EmptyVen 10 Mai - 15:35

Ils sont rares ces moments, douloureux, fugaces, interdits. Ces moments où Eleanor, les yeux plongés dans le vide, assise sur le rebord de sa fenêtre, à peine vêtue, repense à celle qu'elle a un jour enfantée. Une fille, seule chose qu'elle a su, seule information qu'elle a pu glaner, se gardant bien de le dire à ses parents, ou même à sa sœur, comme pour se garder à elle-seule une petite partie d'elle. Une fille. Sa fille. Envolée. Tout comme les espoirs d’Eleanor, tout comme sa jeunesse et son innocence certes fébrile mais toujours présente qui aura, cette nuit-là plus qu’une autre, disparue à tout jamais. La torture est pourtant inutile, la quarantenaire le sait, ne servant qu’à raviver cette souffrance enfouie et la ramener à un passé que l’énergie colossale dépensée n’aura pas réussi à totalement supprimer. Mais elle y pense, parfois, quand le vide est trop présent, quand la solitude est trop mordante, quand le constat affligeant de toutes ses erreurs passées – et présentes – lui revient en pleine figure tel un boomerang qu’elle aurait aimé voir se coincer entre des branchages enchevêtrés. Clope au bec, regrets au bord du cœur, Eleanor est là sans être là en cette nuit tiède dont les notes endiablées lui reviennent aux oreilles en un son étouffé. Elle pense sans penser, réfléchit sans réfléchir, laissant sa tête voguer au gré de ses souvenirs sans y apposer un quelconque contrôle ou mieux, un quelconque déni. Une taffe, deux taffes, le temps s’écoule sans qu’elle n’en prenne conscience, son esprit désormais en guerre contre ses paternels, seul combat qu’elle pourra un jour gagner quand dans la réalité, ils arrivent toujours à avoir le dernier mot, à ce jour encore. Tout ça l’agace, affreusement, si affreusement que ses doigts se crispent et qu’en un instant, la clope se fait la malle pour atterrir à l’étage d’en dessous, sur la terrasse brouillonne de ses cons de voisins. Elle souffle, peste en silence sans y jeter un œil, déterminée à aller s’en chercher une autre pour tenter de calmer ses démons, ce qui sera, de toute façon, peine perdue. Le trajet est rapide et la voilà de retour, au même endroit et aux mêmes réflexions qu’absolument rien ne semble pouvoir mettre un terme, à l’exception d’une légère odeur de roussi. Etonnée, Eleanor sort alors de sa torpeur, penche sa tête et… assiste en direct aux conséquences de sa clope perdue, tombée dans un panier de linge, visiblement sec. – Et merde… Le ton est donné, las, blasé, résolu. Avec un peu de chance – ce qui n’arrive jamais – le feu s’étouffera de lui-même et la nuit suivra son cours. Une finalité qui bien sûr ne verra pas le jour alors qu’à peine sa fenêtre refermée, c’est l’alarme incendie qui vient troubler le domicile d’Eleanor… et de tout l’immeuble. – C’est pas possible… lâche-t-elle dans un soupir exaspéré avant d’attraper un gilet long et d’enfiler ses escarpins – seules chaussures à sa portée à cet instant précis. L’avantage, se dit-elle, c’est que les pompiers arriveront bientôt et qu’à défaut de pouvoir faire grand-chose, elle pourra au moins se rincer l’œil… Les escaliers dévalés, Eleanor arrive donc enfin à l’extérieur du bâtiment où ses voisins, visiblement étonnés, se sont déjà amassés, à l’exception de la gamine du dernier étage qui finit par se pointer… les bras chargés de pots de fleurs. Elle aurait eu un chat, ou une gerbille, encore, personne ne s’en serait étonné mais des fleurs, quelle drôle d’idée pour une drôle de fille qu’Eleanor a toujours regardée du coin de l’œil sans vraiment comprendre pourquoi la gosse l’intriguait autant. Ce qui est sûr, par contre, c’est que lorsque cette dernière échappe l’un de ses pots à un centimètre exactement de son pied, Eleanor n’est plus du tout intriguée, mais bel et bien agacée. Elle souffle, encore, jetant un regard noir à la gamine qui se confond en excuses devant elle, comme si elle allait la bouffer le cas contraire. – Pitié… Stop ! Stop… Non vraiment, c’est gênant, surtout quand elle commence à lui épousseter les pieds, en pleine nuit, devant tout le monde, stop. Les doigts posés sur ses tempes qu’elle masse vaguement, Eleanor assiste, impuissante, au spectacle de sa voisine se liquéfiant de honte face à elle. Franchement, un peu de dignité et de jugeote, ne pas sauver ses plantes d’un incendie aurait en effet évité à tout le monde cette risible mascarade… – Tu ne peux pas te payer ces chaussures chérie… Elle non plus, mais ça, c’est autre chose. – Et ce n’est que de la terre… Faisons au moins un effort, un petit, histoire de lui remonter le moral alors qu’elle est encore au trente-sixième dessous. Et continue de s’excuser. – Stop ! J’ai dit stop par pitié… Et elle souffle, encore, encore, avant d’imposer un silence entre elles deux, un silence si lourd qu’Eleanor elle-même n’arrive finalement pas à supporter, encore moins quand les pompiers ne sont toujours pas arrivés, et qu’elle se fait chier. – Quelle idée aussi de ramener ses plantes… Pas sûr que ça détende l’atmosphère cela dit.
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