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MessageSujet: -- a love like this. (r/blanche) Dim 11 Nov - 18:24


◊ ◊ ◊
I know that a love like this won't last forever
But I don't really mind, I don't really mind at all.


D'aussi loin qu'il s'en souvint, James n'avait jamais été convié au conseil du Seigneur Arthur son père. L'ancien héros dont les exploits continuaient d'alimenter bien des conversations au sein de Kriegspire ne permettait qu'à ses légendaires chevaliers et un cercle très restreint d'assister aux secrets livrés entre les murs de pierre de la demeure Pendragon. Lorsqu'une lettre lui était parvenue à Caerwyn, écrite de la main reconnaissable de son propre père, le Prince avait été sommé de quitter sur le champ la garde royale pour assister en urgence à une session extraordinaire de son Conseil restreint. L'idée d'ignorer la missive et de poursuivre ses activités lui avait paru plus qu'alléchante tant la perspective de retrouver ses terres natales et les problèmes qu'il leur associait le dérangeait. Arthur n'avait pas manqué de lui faire savoir qu'il désapprouvait son mariage – et le fait qu'il avait outrepassé pour la première fois de sa vie les désirs de son père – et que sa décision serait lourde de conséquences, pour l'avenir de leur famille mais aussi le sien, et James avait compris le message sous-entendu derrière : il y aurait des répercussions. Peut-être pas immédiates, mais il connaissait suffisamment son père pour savoir qu'il ne s'en tirerait pas aussi facilement et cela, même si Blanche avait conquis le cœur du peuple autant que le sien. Elle n'était pas la candidate parfaite sur le papier, définitivement pas celle choisie à l'origine, mais elle l'était devenue en dépit des protestations de ses parents et il s'agissait bien là du seul sujet sur lequel James était prêt à débattre et défendre ses propres choix. La lettre de son père lui avait semblé plus proche d'une menace que d'une invitation à retourner à Camaaloth, et l'idée que l'heure de la rétribution ait sonné lui avait paru assez probable pour ne pas se risquer à provoquer plus que nécessaire l'ire de l'homme qui, en plus d'être son père, restait le Seigneur dont il dépendait.

Le conseil restreint de son père s'acheva dans un silence de plomb que rien, ni personne, ne semblait prêt à troubler. Certains visages continuaient de marquer une surprise non-feinte, tandis que d'autres désapprouvaient très visiblement une décision qui serait très controversée. Assis sur son fauteuil, face à son père, James avait depuis longtemps cessé de masquer la moindre émotion sur son visage. On pouvait y lire la surprise, naturellement, mais aussi une pointe d'inquiétude face à une nouvelle qui aurait sans doute réjoui n'importe qui. N'importe qui, mais pas lui. De sa voix grave ne souffrant aucune réplique, Arthur avait annoncé sa décision d'offrir sa succession non pas à Gaston, à qui elle revenait pourtant de droit en tant qu'aîné, mais à son deuxième fils. Ses motifs étaient compréhensibles : Gaston ne s'illustrait ni par sa sagesse, ni par son humilité, il incarnait sans doute plus le danger que son frère au cœur noble et désintéressé. Mais derrière la décision, James sentait peser sur lui une menace nouvelle, peut-être celle promise voilà bien des mois par son père : une conséquence directe de ses actions, car il n'y avait aucune raison qu'il récompensât le fils qui avait trahi son devoir familial en n'épousant pas la femme qui lui était promise. Si ses intentions restaient encore floues – a priori, rien de ce qu'il avait dit n'était choquant, insensé, ni menaçant – James était mieux placé que quiconque pour savoir que le Seigneur de Kriegspire réfléchissait à la manière d'un joueur d'échecs : il planifiait le moindre de ses coups à l'avance, en possédant toujours deux, voire trois sur ses adversaires, et ceux-ci ne s'en rendaient compte que bien trop tard. C'était ce qui faisait de lui l'un des meilleurs chevaliers du royaume, l'un des politiciens les plus respectés. Arthur était implacable, effrayant lorsqu'il le voulait, cruel lorsque l'envie lui prenait. Si elle prenait l'apparence d'une récompense pour les services de son fils, cette nouvelle n'était rien de plus qu'un cadeau empoisonné dont les ramifications encore insoupçonnées ne manqueraient pas de venir punir l'affront commis. Arthur mit fin à son conseil d'un ton solennel et tous ses membres se levèrent les uns après les autres pour quitter la pièce devenue célèbre pour sa table ronde. Il échangea quelques mots avec son fils, des mots qui ne trouvèrent aucune résonance dans l'esprit de James. Des congratulations soufflées d'un ton paternaliste, un rien condescendant, et toujours ces nuances de menaces distinguables uniquement par ceux qui le connaissaient vraiment. Une dernière tape sur l'épaule et il congédia le Prince. James parcourut les couloirs de pierre du château, vaguement illuminées par des torches à la flamme vacillante, tandis que les étoiles brillaient haut dans le ciel à travers les vitres de la citadelle-forteresse. L'objet de ses recherches finit par apparaître, lancée dans une discussion animée avec une noble de Camaaloth. Il s'arrêta un instant, subjugué comme à son habitude par les traits finement ciselés de son épouse, sa chevelure d'ébène encadrant une peau d'albâtre et le léger froncement de ses sourcils, signe que l'échange commençait à lui faire perdre patience. Blanche-Neige était la beauté personnifiée, et le rappel permanent lorsqu'il se réveillait à ses côtés que sa décision, quand bien même subissait-elle la colère de son père, avait été la meilleure jamais prise. D'un geste tendre, il pressa sa main sur l'épaule de la femme et interrompit la discussion. L'interlocutrice baissa la tête en guise de salutations avant de s'éloigner d'eux. « J'interromps quelque chose ? » s'enquit-il, un sourire trahissant son amusement face à l'agacement de son épouse. « Il faut que je te parle » reprit-il, d'un ton nettement plus sérieux. Sans attendre de réponse, il l'entraîna à sa suite jusque dans leurs – occasionnels – quartiers, qui les accueillaient pour les quelques jours qu'ils passeraient ici. James prit soin de refermer la porte, privant quelque oreille intrusive de se mêler d'une discussion aussi confidentielle qu'importante. « Mon père a décidé de changer l'ordre de la lignée » entama-t-il, son regard rivé dans celui attentif de Blanche. « Il vient de me nommer prince héritier de Kriegspire. Je serai le prochain seigneur de Camaaloth. » Il annonça la nouvelle de la même façon qu'il aurait annoncé une sentence. Il n'y avait qu'elle pour comprendre la signification cachée de cette information. Arthur venait semer le trouble dans leur couple et les confrontait d'emblée à une liste de problèmes qu'ils n'avaient jamais évoqués auparavant, à commencer par l'obligation de revenir de façon permanente à Camaaloth – et pour Blanche de faire un choix qui ne manquerait pas de la frustrer, quelqu'en soit l'issue : quitter Caerwyn et la Reine Tiana, ou commettre l'affront de vivre éloignée de son mari, alors même qu'elle allait devenir la future princesse de Kriegspire.

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MessageSujet: Re: -- a love like this. (r/blanche) Ven 16 Nov - 20:39

for you are and i am and we are
( above and under all possible worlds )
in love
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Le port fier dans une robe de soie pourpre et de brocart doré, Blanche se tenait seule au balcon de la salle des dames, où Guenièvre était venue s'enquérir des nouvelles de Caerwyn. Ses cheveux noirs d'encre étaient ramenés en une lourde natte dont la mèche, tenue par deux anneaux d'or, frôlait ses reins. Devant elle s’étalait Kriegspire dans sa robe bleue de nuit. Une fée vint à se poser sur la rambarde de pierre et la princesse lui sourit tandis que, derrière elle, Inara soulevait un rideau et lui tendait une lettre scellée du sceau de la Reine. Souriant toujours à la seule intention de la fée, Blanche entreprit de tendre la main et ainsi lui offrir un écrin sur lequel danser. Blanche avait cette tendresse à bien des égards, mais une particulière pour les fées, avec qui elle avait partagé bien des épopées étant enfant. La fée virevolta dans sa paume et s'envola, vexée du soupir pressé de la coursière royale qui insistait. Blanche n'avait pas quitté Caerwyn depuis une journée qu'une missive s'en venait, et elle connaissait assez sa majesté, et tout le respect que celle-ci éprouvait à l'égard des époux de Kriegspire, pour soupçonner l'urgence que renfermait le courrier. Oscillant entre son devoir et son désir, elle hésita longuement à décacheter et libérer la note. Une gravité soucieuse lui assombrissait le visage lorsqu'elle se condamna à découvrir la raison qui la ferait inévitablement prendre le chemin d' Iredale Castle. Inara lui expliqua que la Reine attendait une réponse de sa part pour l'aube. Une réponse que la messagère lui porterait aussitôt son cachet apposé. Tiana lui confiait envisager une incursion à Darkmoor, et lui détaillait les grandes lignes de ce qui sembla être à Blanche un suicide orchestré dont elle serait l'un des éléments phares. Le cortège restreint partirait à l'aube, au lendemain d'une nuit de lune pleine, donc dans quatre jours, et si Tiana tricotait ses mots pour se donner l'air de demander un conseil, Blanche fréquentait assez la reine têtue pour savoir que son opinion ne changerait rien à l'obsession qu'elle avait de reconquérir Darkmoor ; et qu'il s'agissait là d'un ordre de mission plus qu'une simple lettre anodine. Elle s'apprêta à protester à voix haute, cela même si Inara n'y put rien, et laissa un soupir plaintif s'évader d'entre ses lèvres écarlates. Inara récupéra la missive, et Blanche promit d'un regard qu'elle se chargerait de rédiger une réponse pour le délais escompté, lorsque son époux intervint. James avait ce sourire complice, tendre. Il inspirait la confiance, donnait des envies de confidence, d'abandon intime et sincère. Ce sourire portait jusqu'au cœur. Le sien, et les autres, mais avant tout le sien. Le sourire d'une âme sœur. Un qu'elle n'eut d'autre choix que de lui rendre, volant une étreinte fugitive de sa main à la sienne alors qu'ils s'engouffraient dans leurs quartiers.  Soudain seul dans la pièce, elle se dit qu'il y avait longtemps qu'ils n'avaient pas profité de Camaaloth sans être hâté par un impératif. Cela n'allait surement pas commencer aujourd'hui. Toute ouïe, Blanche sentit une pointe de déception malvenue entrainée par l'annonce se répandre par ondes dans sa colonne. —  Oh … Ils échangèrent un long regard. Blanche voyait leur avenir se dérober sous ses pieds. Une vie à flâner dans les rues de Caerwyn au bras d'un prince, où l'on n'exigeait pas plus que de raison sa présence auprès de la reine. Où les visites à Camaaloth seraient réduite à minima, et où ils pourraient enfin savourer à deux, puis à plusieurs, le temps qui passe. —  Voilà une décision pleine de surprise. Une qui acheva de convaincre Blanche qu'on s'acharnait à vouloir la confiner dans des atours trop étroit, puisque, au mépris de l'opinion générale, il n'était évidemment pas question qu'elle quitta James. Depuis leur mariage, ils n'avaient que trop peu profité d'instants privilégiés, et elle douta de jamais le faire tant on s'entêtait à dresser barrières et guêpiers dans leur sillage. Ce qui avait toutes les allures d'une faveur n'en avait pas tant la saveur pour eux qui jamais n'avaient envisagé un rôle de telle envergure. —  Félicitations... ? Elle était confuse, et peut-être un rien irritée d'être prise au dépourvu. L'ombre du sourire qu'elle tentait de lui offrir en attestait. Elle hésita à demander s'il était réellement possible de transgresser une règle millénaire, et somme toute logique. Quand bien même il s'agissait d'une décision du Seigneur de Kriegspire lui-même, la Reine n'avait-elle pas son mot à dire sur la succession des régions dont elle était l'ultime gardienne ?  Quelle question, pensa-t-elle, certaine que Tiana serait pour plus que quiconque, quand bien même cela signifie une renonciation évidente de Blanche dans son office. —  Je comprends, en un sens, avoua-t-elle, comprenant que ce qu'elle voyait en lui, ce pourquoi elle l'aimait tant, était aussi ce qui assurait à son Seigneur-Père et tout un peuple qu'il ferait un héritier rêvé.  —  Tu feras un très grand seigneur de Kriegspire. Le ton était doux, rassurant. Elle resta longtemps songeuse, ses doigts glissant de la joue de son époux à sa nuque, et dans le vide. Elle ne parvenait pas à croire que Arthur ait pris une telle décision. Si le prétexte était crédible : à supposer que les intentions du seigneur demeuraient en tout et pour tout dévouée au peuple de Kriegspire, le contexte, lui, entrainait la profonde défaveur de James. Entre mariage à ce que beaucoup considérait comme la pègre de Kriegspire, donc elle, et désir d'armée plutôt que véritable intérêt politique, James jouait avec les espoirs de ses pairs à son sujet. Et pourtant. Voilà qu'ils devaient troquer des projets d'avenir, deux rôles clefs mais un avenir commun, pour la seule inaptitude qu'avait Gaston à demeurer magnanime, altruiste, ou simplement à égrener un semblant de bonté dans son épouvantable composition.  —  Comment te sens-tu ? finit-elle par demander, puisqu'il s'agissait là de l'essentiel vital à ses yeux. Elle tenta de faire bonne figure, mais l'ordonnance d'Arthur suscitait foule de questions en elle. Questions dont les réponses logiques ne promettaient rien de splendide. Elle en oublia presque la lettre de Tiana et Darkmoor. Presque.

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MessageSujet: Re: -- a love like this. (r/blanche) Sam 24 Nov - 19:33

James ne put qu'acquiescer à la réponse brève de sa femme. Une décision pleine de surprise en effet, du moins pour ceux qui ignoraient encore (ou s'obstinaient à ignorer, dans son cas à lui) ce dont était capable le seigneur le plus puissant de tout le royaume. Nul n'ignorait qu'il était le politicien le plus talentueux d'Erathia, juste derrière la Reine au sommet de la chaîne alimentaire. Arthur avait voulu élevé des fils à son image, mais s'était brisé sur leur surprenante détermination à ne pas devenir comme lui. Avide de pouvoir, toujours plus colérique, toujours plus cruel, prêt à forcer tout et tout le monde pour obtenir ce qu'il désirait. James n'était pas et ne serait jamais son égal, quand bien même son père tentait là aussi de lui forcer la main. Seul Gaston aurait pu donner satisfaction à leur Seigneur, si ce n'avait été pour son affreux égocentrisme. James refusait de se plier à l'exigence de bonne grâce, quand bien même le choix faisait sens politiquement parlant. « Et pourtant, j'ai le sentiment que ni toi ni moi ne sommes particulièrement surpris » commenta-t-il finalement, sans trahir plus d'émotion qu'un semblant de lassitude. Il s'était fait plus d'une fois la réflexion qu'il aurait échangé son statut social avec celui de n'importe quel noble du royaume, pour ne pas avoir à devoir répondre aux attentes inatteignables d'un père déterminé à faire de lui son héritier envers et contre tous – surtout contre lui. Quelle vie auraient-ils menée, Blanche et lui, délivrés de leur méfiance permanente face aux moindres actions d'Arthur. Quelle vie auraient-ils menée, s'il ne s'était agi que d'eux deux, sans la pression sociale de leur rang, sans les politiques pour venir s'immiscer dans leur couple. Hélas, ses réflexions ne servaient qu'à provoquer davantage encore de frustration en lui, condamné à n'être jamais plus qu'un pion sur l'échiquier de son père. Un pion qu'il déplaçait habilement, avec sa subtilité caractéristique, l'air de rien. « Allons, nous savons tous les deux que tu n'en penses pas un mot ». Un éclair de malice traversa son regard d'azur, plongé dans celui sombre de son épouse. S'il ne se réjouissait pas de la nouvelle, elle était sans doute celle qui s'en réjouirait le moins. Condamnée à occuper le rôle auquel elle pensait pouvoir se soustraire, le rôle qu'elle avait du accepter au moment où elle avait accepté d'épouser l'un des princes de Kriegspire, elle, la fille de rien, abandonnée de sa famille et élevée par les guerrières de Patriona. Elle était l'élément que même son père n'avait pu prévoir, et celui-ci venait de trouver le moyen idéal de la brider dans ses ardeurs et de l'obliger à tenir un rang dont elle n'avait jamais voulu. Blanche, comme James, se confrontaient à la dualité entre un amour dévorant et un devoir oppressant, et l'un comme l'autre aurait voulu se soustraire à l'un sans devoir se soustraire à l'autre – une notion qu'Arthur n'aurait jamais pu comprendre, lui qui avait sacrifié son amour pour Guenièvre et sa famille pour son ivresse politique – sans même parler du cœur brisé qui avait été à l'origine de toute cette débâcle dont chaque fils payait encore le prix aujourd'hui. « Je suis désolé Blanche. Je sais que ce n'est pas de cette vie-là dont tu rêves. » Il n'en avait jamais eu autant conscience qu'aujourd'hui, à la voir se murer dans la grandeur d'âme et l'élégance silencieuse qui seyait à toute princesse. Elle avait raison, cependant. Il ferait sans doute un très grand seigneur pour Kriesgpire, tout à fait différent de son père, à chercher le consensus plutôt que les petits accords entre amis, à utiliser la diplomatie plutôt que l'agressivité pour parvenir à ses fins. A bien des égards, il était indéniablement le mieux placé, mais ce constat ne réduisait en rien son appréhension et sa méfiance vis-à-vis d'Arthur et des desseins qu'il avait en tête. « Cela dit, je crois que n'importe quelle personne ferait un très grand seigneur de Kriegspire... en comparaison avec Gaston. » L'aîné, le premier sur la liste, celui qui s'était préparé toute sa vie à endosser le rôle dont il rêvait... pour voir son petit frère lui voler une fois de plus quelque chose qui lui tenait à cœur. Pire encore, James ne l'avait ni demandé, ni réclamé et aurait été ravi de pouvoir se débarrasser du cadeau empoisonné. Pas à Gaston, naturellement, mais à quelqu'un d'autre, quelqu'un de méritant, quelqu'un qui le désirait de tout son être pour les bonnes raisons. Il devait reconnaître que les alternatives étaient relativement limitées. Il haussa les épaules à la question de son épouse. « Perplexe. Méfiant. J'imagine que je devrais me réjouir, mais mon père ne fait rien par hasard, nous le savons tous les deux. Je ne peux m'empêcher de me demander ce qui se cache sous cette nomination, tout en étant certain que la réponse à cette question ne me plairait pas. » Il marqua une courte pause, méditant ses propos suivants. « Quiconque ne connaîtrait pas Arthur y verrait sans doute un choix stratégique réfléchi et logique, compte tenu de l'alternative qui s'offrait à lui. Et c'est exactement ce qu'il tente de faire croire. Mais je sais qu'il y a quelque chose qu'il ne me dit pas, et c'est ce qui m'inquiète. » Désireux de ne pas laisser cette annonce instaurer le moindre malentendu quant à ses propres intentions à l'égard de Blanche, il saisit ses mains dans les siennes, savourant leur douceur et leur chaleur par opposition avec les siennes, rendues caleuses par l'utilisation de son arc. « Je te promets que je ne laisserai pas ce nouveau rôle te priver de ta vie. Il faudra simplement faire preuve... de compromis, j'imagine. » Et là se trouvait la difficulté. Quel compromis pouvait-il offrir à sa femme qui lui suffirait ? Et pire encore, quel compromis pouvait-elle lui offrir, à lui, sans mettre en péril l'équilibre précaire de la famille Pendragon et son nouveau statut de Prince héritier ?

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MessageSujet: Re: -- a love like this. (r/blanche) Jeu 29 Nov - 23:40

— Disons qu'à présent plus rien ne saurait susciter mon étonnement, rétorqua-t-elle, monotone et un rien désabusée. Faut dire qu'ils se donnaient l'air d'être assez grands, dans la maturité et le tempérament, pour prendre leurs propres décisions, mais il y avait cette vérité exaspérante qui prenait Blanche à la gorge : ils n'avaient que trop peu le choix. Voire jamais. La faute à cette existence protocolaire, chronométrée, où toute parole se devait d'être adéquate et où tout geste résultait d'une mise en scène méticuleuse. Elle manquait cruellement de patience pour ces saynètes élaborées, guindées, qui n'amusaient que le théâtre des fortunés que Blanche n'avait jamais eu à cœur de distraire. Le choix était devenu un luxe, la notion de liberté un fantasme. — Tu plaisantes ? C'est là la seule raison qui m'a poussée à t'épouser, plaisanta-t-elle, puisqu'il s'agissait là de la parade la meilleure pour contrer l'amertume. Une rire musical s'échappa dans ses lèvres, cela même si le sujet n'avait en réalité rien de drôle. D'aucuns savaient que leur union en était une d'amour. Un privilège qu'ils avaient arrachés coûte que coûte, à la barbe de leurs proches, et dieu, que le coût était onéreux. Il était de notoriété que Arthur n'approuvait pas. Tout comme Athéna qui supportait à peine que sa recrue la plus précieuse se soit entichée, pas de James, mais tout court. Patriona regorgeait de dogmes ancestraux et désuets. L'on autorisait naturellement mariages et enfants, sur le principe que la liberté était une femme, mais il y avait ces normes tacites, ces règles qu'on n'exprimaient pas, mais étaient copieusement sous-entendues. Patriona enseignait que le devoir passait avant tout. Une guerrière pouvait éprouver de l'affection, mais ne se mariait ô jamais. Libre de s'enticher dans la discrétion d'une chambre à coucher, mais rarement plus loin. On ne comptait plus les guerrières au vœu ferme de chasteté. Blanche, qui avait été un modèle dans la communauté, faisait l'objet d'une vaste déception aux yeux de la déesse, souvent même de ses sœurs, et si elle avait appris à faire fi des reproches, le jeu valant la chandelle plus que tout, cela n'en demeurait pas sans difficultés. — Je veux seulement être avec toi. J'aviserai avec le reste, confia-t-elle, plus pour elle-même. — Mais je suis curieuse de savoir ce que tu imagines être ' la vie dont je rêve '.   Elle croisa les bras au-dessus de sa poitrine, prête à être submergée par les détails d'une vie qui ne serait certainement jamais la leur. Fort heureusement, il ne faisait aucun mal de rêver. — Tu es injuste avec ton frère, commença-t-elle, à la mention de Gaston. Un élan de compassion déguisé, tout au plus. — N'importe quel sot ferait un très grand seigneur en comparaison à Gaston. Elle éprouvait une forme tout à fait unique d'acrimonie à l'égard de l'ainé d'Arthur. Pas de la haine, dieu l'en préserve, Blanche n'était pas capable d'éprouver pareille émotion. Mais quelque chose qui se rapprochait de l'écoeurement, peut-être. Une animosité caustique, alimentée par l'ingratitude dont Gaston était fait, et qu'on ne pouvait décemment ignorer même armé de la plus grande volonté. Si Arthur se présentait en véritable némésis à ses yeux, au moins forçait-il le respect de la guerrière. Gaston n'avait aucun argument dans son carquois pour œuvrer en sa faveur. Mieux, s'enfonçait de jour en jour dans la disgrâce. — Ma seule requête est d'être présente lorsqu'il l'apprendra. L'éviction de Gaston était bien la seule satisfaction qu'elle pouvait tirer de ce revirement politique et voir son visage virer au blême lorsqu'il l'apprendrait aiderait certainement Blanche à prendre les choses sous un angle meilleur. Au moins un temps. Elle n'était pas femme à se réjouir du malheur des autres, c'était même tout l'inverse, mais pouvait concéder une exception pour le jamais-seigneur Gaston. Si elle était sûre de ça, en revanche elle se laissa volontiers consumer par nombre de préoccupations, au sujet du rôle que James était désormais destiné à endosser. Il s'agissait d'établir un contexte derrière un autre, et Blanche n'était pas bien bonne aux devinettes. Pas assez douée pour deviner les ficelles politiques, les desseins d'Arthur et des autres. Trop indulgente et dominée par une foi inébranlable en l'humanité, aussi, mais pas naïve pour autant. Pourtant elle en savait plus qu'elle n'aurait voulu du côté de la reine, et méditait sur ce que l'emboitement de toutes les pièces pourraient donner à l'échelle erathienne. — Je ne sais pas, James. Nous sommes aux prémices d'une possible guerre avec Darkmoor, contre un dieu qui plus est, et pas le plus commode, alors... Ton père veut peut-être s'assurer que Kriesgpire restera dans des mains compétentes quoi qu'il advienne.  Cela expliquerait aussi pourquoi Philip à Caerwyn, la capitale. Arthur plaçait ses pions, mais Blanche était d'accord avec son époux dans le fait qu'il y avait nécessairement quelque chose de plus. — J'ai la sensation que ma place dans tout ceci a déjà été décidée, dit-elle, songeuse. Elle repensa à la lettre de la Reine, ses attentes et les lourdes conséquences qu'aurait sa détermination à vouloir marcher sur Darkmoor en suivant les conseils d'Arthur, et seulement ses conseils. Elle poussa un long soupir. L'on testait sa résolution à se tenir auprès de James alors que le devoir demandait plus que jamais sa présence constante, voire permanente. Du moins c'est tout ce qu'elle parvenait à entrevoir sur la plus large toile politique du pays. Toile devenue une affaire personnelle sur bien des aspects. — J'imagine de toute façon qu'il n'a pas pour projet de te céder sa place de si tôt. Arthur n'aimait pas grand chose si ce n'est son rang, et elle le voyait mal céder les clefs de Camaaloth à son fils avant qu'on n'annonce l'heure de son éternel repos. Le seigneur s'accrocherait à ses fonctions coûte que coûte, fallait au moins féliciter sa hargne à ce sujet. Rassérénée par les mains de James dans les siennes, Blanche haussa les épaules. Ses doigts valsaient avec les siens, un signe d'anxiété, pendant qu'elle méditait à une réponse juste. — Quel compromis ? souffla-t-elle. Elle avait accepté de se céder toute entière à James, et refusait même d'envisager de le quitter sous prétexte qu'elle avait un devoir. Pourtant consciente qu'elle ne trouverait jamais plus le sommeil, ni ne trouverait la force de se regarder dans un miroir s'il arrivait malheur à leur souveraine, Blanche serra les lèvres, et les mains de James avec un peu plus de vigueur. L'on croirait qu'elle avait à choisir son rôle d'épouse ou de gardienne dans cette histoire, mais tout indiquait, encore une fois, qu'on avait choisi pour elle.  — Tu sais comme moi qu'il n'y a pas de compromis, souffla-t-elle. — Ne pourrions-nous pas être tranquille, loin de tout ça, ne serait-ce qu'une journée ? demanda-t-elle, nostalgique de ces journées volées à s'enfuir ensemble loin du château, des comptes à rendre à tout le monde et rien à faire du reste.

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MessageSujet: Re: -- a love like this. (r/blanche) Dim 9 Déc - 19:07

James réprima le genre de sourire que seule Blanche parvenait à lui arracher. Elle possédait un don incroyable, celui d'éclairer son quotidien, de lui faire apprécier les choses sous un nouvel angle, de se satisfaire de ce qu'il possédait au présent, plutôt que d'envisager ce qu'il n'aurait peut-être jamais dans le futur. Dans tout le chaos ambiant de leur univers pourtant si minutieusement organisé, elle était la constante qui jamais ne changeait, à ses côtés coûte que coûte. L'amour qu'il lui portait était infini, transcendant. « Et voilà que ton souhait le plus cher se réalise : devenir une princesse au foyer destinée à engendrer la descendance seigneuriale » se moqua-t-il avec douceur. Autant dire que le scénario n'avait rien d'exaltant, ni pour elle ni même pour lui. C'était pour l'éviter qu'il avait rejoint la garde royale bien des années plus tôt, pour se bercer dans la douce illusion qu'il pouvait s'offrir le luxe du choix dans sa vie. Choisir de quitter Kriegspire et les manipulations de son père, choisir d'être un garde au bas de l'échelle plutôt qu'un prince, choisir d'être normal et d'en tirer tous les profits. Au moins pouvait-il se satisfaire d'avoir vécu quelques années hors de la folie familiale, quitte à ce que le retour à la réalité soit d'autant plus violent. Il poussa un soupir en réponse à la question de Blanche, le regard rivé sur l'activité incessante de la cité de Camaaloth baignée dans les reflets blancs d'une neige tombant en abondance. L'hiver avait toujours été sa saison favorite, surtout lorsque la neige se manifestait et lui offrait le terrain de jeu propice à retomber encore et encore en enfance. Il sortit de ses pensées nostalgiques pour revenir à la question de son épouse. « Je ne saurais te dire ce qu'elle serait, mais je peux au moins te dire ce qu'elle n'est pas. » Il embrassa d'un geste du bras la citadelle dans laquelle ils se trouvaient, la fierté de Kriegspire, le symbole d'une prison dorée où chaque action, chaque mot, était régi par les bonnes pratiques et où la trahison n'était jamais bien loin. « Avoir le choix. Ce serait peut-être ça, ta vie rêvée. Choisir de partir remplir quelque mission, en ayant toujours la certitude de pouvoir me revenir. Choisir de ne pas te plier aux règles de mon père, sans avoir la crainte que cela scelle ton avenir. Le choix. » Un luxe d'autant plus précieux qu'il était devenu particulièrement rare dans leur quotidien, avant même qu'Arthur n'annonce ses projets. James eut un rire franc, comme à chaque fois que son épouse mentionnait son frère aîné avec ce mélange de dégoût et de pitié. « Je veillerai à ce que tu sois aux premières loges le jour J, et moi avec. Je ne manquerais pour rien au monde sa tête lorsqu'il apprendra qu'une fois de plus quelqu'un d'autre lui vole la première place. J'éprouverais de la peine pour lui, s'il n'était pas un personnage si odieux. » Les années passant, Gaston voyait les rêves de sa vie lui échapper au profit d'un autre frère, et voilà qu'il allait perdre sans doute l'unique chose qu'il lui restait encore à espérer : le pouvoir, celui-là même qui lui permettrait de prendre sa revanche sur une famille qui n'avait jamais reconnu en lui le digne successeur de leur père. Voilà au moins une conséquence positive de cette annonce, sans doute la seule. « Il se murmure bien des choses, dans les couloirs de Camaaloth, et ni toi ni moi n'y sommes sourds. Quelque chose se prépare, et je doute qu'il s'agisse d'une décision profitant à la Reine. » La soif de pouvoir d'Arthur n'avait fait que s'accélérer ces dernières années – depuis le scandale de sa mère et de Lancelot – si bien que James craignait parfois de voir un monstre prendre sa place. Il n'aurait pas été surpris d'apprendre qu'il menait dans son coin des actions pour obtenir un soutien précieux le jour où il en déciderait l'utilité. « Ta place a été décidée le jour où tu m'as rencontré, j'en ai bien peur. » Et que la vie de Blanche aurait été plus simple si leur route ne s'était jamais croisée. James aurait épousé Aurore, sa désormais belle-soeur. Il se serait plié à l'exercice bon gré mal gré, se serait résigner à ne jamais connaître ni l'amour, ni ses affres. Blanche, quant à elle, ferait encore la fierté de Patriona et pourrait continuer de servir la Reine Tiana comme bon lui plairait. Et pourtant, James n'aurait échangé pour rien au monde leur situation, tant l'idée de ne l'avoir jamais rencontrée lui paraissait folle, stupide même. Rien n'arrivait par hasard, voilà au moins une chose en laquelle il continuait à croire. La requête de Blanche, si élégamment formulée, ne pouvait soutenir qu'une seule et unique réponse. James n'avait jamais été capable de refuser quoi que ce soit à sa femme, et ce n'était pas aujourd'hui qu'il commencerait. « Nous sommes attendus pour un dîner en présence de tous les Chevaliers de la Table Ronde ce soir, pour célébrer la nouvelle. Mais cela nous laisse encore quelques heures pour s'échapper. » Un sourire malicieux, presque enfantin, étira ses lèvres alors qu'il attrapait sa main pour l'entraîner à sa suite, une idée bien précise en tête. Ils croisèrent le chemin de plusieurs servantes et dames de compagnie, qu'ils saluèrent poliment, pour mieux se remettre à courir dans le dédale de couloir les menant à la sortie. La neige continuait de tomber en abondance, mais cela n'avait aucune importance. « Viens, je vais te montrer quelque chose. » Pris d'un élan nostalgique, il avait envie de partager avec Blanche des morceaux d'un passé autrement plus insouciant, et cela commençait par se perdre à l'intérieur des jardins de Camaaloth, jusqu'à rejoindre un lac gelé qui avait accueilli bien des bêtises, enfant. « Tu vois l'autre rive ? Quand on était enfants, avec Philip on avait l'habitude de suivre Gaston ici et de lui envoyer des boules de neige avant de se cacher pour qu'il ne nous voie pas. Il ne comprenait pas d'où elles venaient, et il n'y avait rien de plus jubilatoire que de le voir s'énerver. » Un sourire amusé éclaira son visage, ravi de pouvoir partager cette anecdote avec son épouse. Et des anecdotes sur sa vie à Camaaloth, il en possédait des centaines, certaines bien plus heureuses que tout ce qu'ils vivraient désormais.

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