Partagez|

love you, goodbye. (jawn)

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas
AuteurMessage
○● Dawn Bradford ●○
cast member
avatar
Voir le profil de l'utilisateur
pseudo, prénom : léa.
date d'inscription : 10/11/2018
messages : 254
avatar, crédits : robbie @perlman
fairytale counterpart : aurora, the sleeping beauty who's very awake now. princess of caerwyn.
activité rp : (0/4) jawn, dawseth, auriel, philore.

MessageSujet: love you, goodbye. (jawn) Dim 11 Nov - 21:46



james & dawn

Dawn n'est pas de ceux qui ont une imagination débordante. Elle est terre à terre, abrupte, comme le sol qui s'ouvre sous les pieds d'un innocent. Pourtant, elle en a vu des fins possibles à son histoire avec James. Une infinité. Elle se voyait dans une robe blanche, brodée sur la poitrine, là où son coeur se déchire en deux morceaux. Elle voyait le début et la fin, parce que tout semblait si simple. Trop simple. Alors, quand elle se tient devant la porte qui mène à leur appartement, les mots lui échappent. Ils fuient, comme elle l'a fui. Une douce ironie qui brûle comme de l'acide dans ses veines violacées. Elle a fait son lit, creusé sa tombe et s'est allongée dedans. Elle pose une main manucurée sur le bois vernis, hésitant l'espace d'un instant à frapper. Un courant lui traverse le corps, douloureux, comme l'aiguille d'un rouet perçant ses doigts. Les souvenirs la submergent, un flot incontrôlable. Elle se revoit, un sourire placardé sur ses lèvres couleur alizarine lorsque James l'a conduite la première fois à travers le porche. Elle sent encore ses mains sur ses hanches, son regard sur sa nuque, attendant une réaction de la blonde. Mais, elle se souvient aussi de Milo, de ses lèvres sur son cou alors qu'il l'a plaquait à cette même porte. Une trahison qu'elle voulait indolore, anesthésiée dans un coin de sa mémoire, mais, qui a fini par la dévorer.

Elle recule d'un pas, hésitante. Ses bras retombent mollement à ses côtés. Les sourcils froncés, elle enfonce une main dans sa poche, en sortant une clé dorée. La même clé qu'elle utilisait depuis cinq ans. Le symbole d'une relation échouée, comme une bouteille lancée à la mer et qui termine abandonnée sur une plage déserte. Elle la glisse dans la serrure, jusqu'à entendre le cliquetis familier. La porte s'entrouvre, boîte de Pandore de ses cauchemars. Lorsqu'elle franchit le seuil, l'odeur la terrasse. Il y a les roses qu'elle a laissé sur le comptoir de la cuisine, le parfum de James, se mêlant à celui de la Nouvelle-Orléans. Et puis, il y a le sien. Il flotte encore dans l'air ; modeste, comme effacé avec les semaines qui se sont écoulées depuis qu'elle est partie. « James ? Tu es là ? » Une question vaine, la lumière de la cuisine est allumée, et, elle devine son ex-fiancé entre ses murs. Sa voix est trop aiguë, comme un enfant surpris avec la main de la bonbonnière. Elle semble ne pas lui appartenir, au même titre que sa vie actuelle. Dawn a presque envie de rire, d'un rire fou, d'un rire odieux. Elle doit se mordre la lèvre pour retenir le rictus amer qui allume son visage pâle. Mais qu'est-ce qui lui est passé par la tête ? Elle avait tout Dawn. Pourtant, ce n'était toujours pas assez. Une douce agonie qu'est la perfection dans laquelle elle s'est construite. Elle s'est étouffée Dawn et, puis, elle a tout recraché. James, sa vie d'avant. Tout ça pour une idée abstraite. La liberté, pouvoir voler de ses propres ailes, comme les oiseaux qu'elle regarde le matin de sa chambre. « Je viens récupérer les affaires que j’ai laissé. Je ne pensais pas que t’étais à la maison.  » Un mensonge. Encore un. Ils ont tous la même saveur de toutes façons. Ils s'entassent à l'infini, dans un petit coin de son cerveau. Elle en oubli où ils ont commencé.   
Revenir en haut Aller en bas
○● James Lancaster ●○
charming suits you.
avatar
Voir le profil de l'utilisateur
pseudo, prénom : jordane (labonairs).
date d'inscription : 26/07/2018
messages : 530
avatar, crédits : matthew daddario, outlines.
fairytale counterpart : prince 'charming ' james of kriegspire.
activité rp : (●●●●●) 5/5 - dawn, nell, tc (nola) // charmings, tc (erathia).

MessageSujet: Re: love you, goodbye. (jawn) Lun 12 Nov - 23:10


◊ ◊ ◊
And if I saw the signs, I would've seized them
I want to be the prize your eyes are on.
And if I'm just a name you won't remember,
Tell me that at least we had a moment.

Tout dans cet appartement continuait à résonner de la présence de son ombre. L'effluve du parfum délicat auquel il s'était habitué au point de le sentir sur n'importe quelle autre personne. Son rire, pas celui qu'elle offrait au reste du monde, celui qu'elle ne réservait qu'à lui, vrai, large et presque enfantin. L'écho de sa voix douce qu'il lui semblait encore entendre à chaque pas dans cet endroit rendu tristement vide par son absence. James vivait suspendu dans le temps, coincé entre ce passé heureux et ce futur auquel il continuait de se refuser, et le souvenir de Dawn hantait chaque minute, chaque seconde de ses journées. Rien n'aurait réussi à le distraire, pas même les journées qu'il remplissait de bien trop de travail pour changer ses idées. Il avait cru, sans doute naïvement, que se noyer dans la cuisine suffirait à faire illusion mais ses espoirs se brisaient chaque fois qu'il passait le pas de la porte qu'ils avaient si longtemps appelée maison. Un foyer, où ils vieilliraient, qui accueilleraient leur vie de jeunes mariés, mais aussi les rires de leurs enfants à venir, et ceux de leurs enfants après eux. L'appartement ne lui avait jamais paru aussi éteint, d'une tristesse presque palpable quand bien même il aurait été incapable de le quitter. Rien ne l'y rattachait plus, à l'exception de souvenirs devenus douloureux, mais l'abandonner serait revenu à tirer un trait définitif, à concéder la défaite et se forcer à tourner une page qu'il n'était pas sûr de vouloir tourner si rapidement. Alors James y errait, l'âme en peine, se confrontant plus souvent qu'il ne l'aurait voulu à la présence encore incrustée dans les lieux de son ex-fiancée. Les photos trahissaient des années de vie commune, et encore maintenant il ne pouvait se résoudre à les enlever de leurs cadres – ne plus les voir aurait été plus difficile encore – et il trouvait encore ici et là certaines de ses affaires. Des vêtements, des chaussures, du maquillage, des objets, autant d'éléments qui témoignaient d'une vie partagée désormais révolue. Dawn finirait par passer les récupérer, puisque là encore elle était celle qui prenait les décisions et les lui imposait sans lui laisser la possibilité de refuser. Après tout, elle n'avait pas hésité à le tromper, et à le quitter, comme s'il lui avait été impossible de lui laisser le soin de prendre cette décision lui-même. Sans doute le connaissait-elle bien trop : il aurait été capable de lui pardonner. Il l'aurait fait, il le savait au plus profond de lui-même. Même brisé, même trahi, même sans lui faire confiance, il ne l'aurait jamais laissée partir. Lorsqu'il entendit sa voix percer dans leur appartement, il crut d'abord à une illusion auditive – la force de l'habitude, probablement – avant de réaliser qu'elle était sans doute venue récupérer ce qui restait pas seulement d'elle, mais d'eux. Il sentit son parfum avant même de la voir apparaître dans l'encadrement de la porte et pendant quelques secondes, il eut le sentiment que rien n'avait changé. Elle lui revenait, comme elle l'avait fait chaque fois. Mais cette idée stupide disparut sitôt qu'elle ouvrit la bouche. Instinctivement, son corps se contracta, de frustration, de colère aussi. « Je ne vois pas où j'aurais pu être si ce n'est à la maison » répliqua-t-elle froidement. La blessure était trop vive pour qu'il s'efforce de la camoufler. Pire, elle ne le méritait pas. Elle méritait de le voir blessé, pour prendre la mesure des dégâts qu'elle avait causés. « Je n'y ai pas touché » ajouta-t-il, se gardant d'une remarque acide dans la veine de 'j'ai hésité à les brûler' à grand-peine. Il s'enjoignit alors à ignorer sa présence, se concentrant dans la dernière recette dans laquelle il s'était lancé pour tenter d'oublier. A défaut d'avoir réussi son couple, au moins pouvait-il encore espérer réussir dans son travail. « Récupère tout aujourd'hui. Et tu peux laisser les clés sur la table en partant. »

_________________

-- Their love, which had grown with their growth, was as true and steadfast as though it had sprung up between a poor shepherd and shepherdess in the green plains of Arcadia.
Revenir en haut Aller en bas
○● Dawn Bradford ●○
cast member
avatar
Voir le profil de l'utilisateur
pseudo, prénom : léa.
date d'inscription : 10/11/2018
messages : 254
avatar, crédits : robbie @perlman
fairytale counterpart : aurora, the sleeping beauty who's very awake now. princess of caerwyn.
activité rp : (0/4) jawn, dawseth, auriel, philore.

MessageSujet: Re: love you, goodbye. (jawn) Mar 13 Nov - 18:39



james & dawn

La dernière fois qu’elle avait foulé le sol de l’appartement, des larmes ruisselaient sur ses joues. Le barrage de ses mensonges s’était effondré, ouvrant toutes les vannes, déversant en un flot incontrôlable toutes les vérités qui luttaient pour sortir. Depuis ce soir là, Dawn était passée par toutes les phases du deuil. Le déni. Une onde de choc l’ayant ébranlée jusque dans ses os. Elle avait lutter avec la férocité d’un gladiateur contre l’idée même de sa propre trahison. Puis, la colère. Rouge écarlate, assommante. Des assiettes brisées dont elle avait voulu enfoncer les morceaux dans sa propre chaire pour se faire payer ses maux. Dawn avait été le criminel, le jury et l’exécuteur de sa propre sentence. Ensuite, était venue la négociation. Ni blanche, ni noire. Pouvait-elle revenir ? Faire comme-ci elle n’avait pas commis l’irréparable ? L’aimer comme avant ? Peut-être que si elle trouvait la lampe du génie, elle pourrait faire le vœux de réparer ses vices ? C’est la douleur qui s’était immiscée par la suite. Elle était sourde à ses supplications, aveugle à ses larmes. L’affliction la plus vive était l’absence de James. Elle le voyait à chaque coin de rue, dans la forme des nuages, dans la couleur de ses rêves. Il avait été le premier visage perçant la lumière à son réveil, la dernière voix effleurant sa peau quand elle s’abandonnait au sommeil. Cela pendant plus de cinq ans. Il lui manquait. Terriblement. Enfin, l’acceptation était venue. Moins salvatrice qu’elle ne l’avait imaginé, elle ne s’était pas présentée à elle sous la forme d’un sauveur, mais d’une vérité. Une vérité aussi dure à avaler que du sable ; elle était responsable de sa propre perte. Dawn était une pyromane, pleurant la maison qu’elle venait d’incendier en jouant avec des allumettes. Une meurtrière, faisant le deuil de sa propre victime. Voir James n’aidait pas à panser ses blessures. Elle méritait qu’elles soient rouvertes, que les fils soient brutalement arrachés.   Seulement, elle n’avait pas imaginé que sa douleur à lui, lui tordrait les boyaux bien plus que sa propre souffrance. « Tu aurais pu être au restaurant » qu’elle murmura. Une insinuation à demi camouflée derrière un sourire qu’elle voulait rassurant. Elle le connaissait assez pour savoir que c’est derrière les comptoirs de Rousseau’s qu’il se cachait lorsque sa vie devenait trop désordonnée. Le venin dans les mots de James reflétaient une colère qu’il peinait à masquer. Une colère qu’elle méritait. Un colère qui la déchirait. Elle recula d’un pas pour éviter la poigne de fer de son regard, empli de sentiments qu’elle n’avait encore jamais observé chez lui. Les mâchoires serrées, l’ignorant, il semblait si loin d’elle. Un océan imaginaire les séparait, et, elle ne savait pas nager. « Merci d’avoir tout rassemblé » Des paroles forcées qu’elle lui délivrait par simple politesse, plutôt que par réelle reconnaissance. Peut-être qu’une partie d’elle espérait toujours qu’il l’accueille à bras ouverts, qu’il la laisse s’agenouiller à ses pieds, le suppliant de la reprendre. Mais, ses affaires étaient réunies dans un carton abandonné contre un mur. Un point final étranglant, comme de l’eau s’infiltrant dans ses poumons. Elle l’avait quitté pour ne pas qu’il ait à le faire. Pour ne pas qu’il ait à la regarder dans les yeux et voir sa trahison en prétendait lui offrir son pardon. Elle savait que ça l’aurait tué à petit feu. Une mort longue et douloureuse. Il valait mieux en finir maintenant, accepter son destin et se préparer pour la potence. Elle se retourna, prête à forcer quelques pas vers son propre couloir de la mort. Puis, elle remarqua finalement les photos. Du papier glacé, intact, venu d’une autre époque. Un temps révolu où ils s’aimaient correctement. Sur l’image, ils s’enlaçaient, un sourire presque naïf suspendu aux lèvres. Dawn y portait une jolie bague sertie d’un diamant. La photo avait été prise le jour où il l’avait demandé en mariage. Elle s’en souvenait comme si c’était hier. Sa lèvre trembla, signe d’un sanglot qu’elle n’avait pas réussi à étouffer. « Je n’ai jamais voulu te faire du mal, tu sais. » lâcha-t-elle. Elle n’avait pas prévu d’aborder le sujet. Elle le fuyait comme la peste noire en pleine épidémie. Une larme coula sur sa joue, elle l’essuya rapidement d’un revers de la main. Dawn ne pouvait pas pleurer, pas quand elle était la raison de la guerre silencieuse qu’ils se livraient. Elle déposa ses clés sur la table, comme il lui avait demandé. « Tu veux que je te rende la bague ? » ajouta-t-elle, les yeux brillants et le désespoir à fleur de peau.

  
Revenir en haut Aller en bas
○● James Lancaster ●○
charming suits you.
avatar
Voir le profil de l'utilisateur
pseudo, prénom : jordane (labonairs).
date d'inscription : 26/07/2018
messages : 530
avatar, crédits : matthew daddario, outlines.
fairytale counterpart : prince 'charming ' james of kriegspire.
activité rp : (●●●●●) 5/5 - dawn, nell, tc (nola) // charmings, tc (erathia).

MessageSujet: Re: love you, goodbye. (jawn) Lun 19 Nov - 21:36

Le regard qu'il posait sur elle avait tristement changé : elle était passée de la femme solaire à laquelle il vouait une admiration sans borne, à une femme terne, triste, dont la seule vue lui arrachait un soupir d'agacement. James n'était pourtant pas de ceux qui s'énervent, pas de ceux qui reprochent ou nourrissent de la rancoeur. De bonne composition, il avait cette tendance presque agaçante à ne se formaliser de rien, à pardonner tout, à être the bigger person et passer l'éponge sur les frustrations du quotidien. Mais pas avec elle. Dawn avait représenté trop, trop longtemps, pour qu'il se complaise dans son rôle de gendre idéal. Presque comme une révolte menaçant de tout engloutir sur son passage, James se révélait sous un autre jour : froid, distant, sarcastique même, déterminé à blesser comme pour donner une plus grande légitimité à sa colère. La voir face à lui le chamboulait plus qu'il ne l'aurait voulu, plus qu'il ne l'admettrait jamais, et l'envie de la supplier de lui revenir revint le tarauder sourdement. Il la fit taire à l'aide d'une réponse plus agressive que nécessaire. « Et tu aurais pu ne jamais venir, vois comme le hasard fait bien les choses. » C'était une pique inutile, bien trop mesquine pour quelqu'un comme lui, mais Dawn avait une manière tout à fait personnelle de l'atteindre sans avoir même besoin d'ouvrir la bouche. Tout dans sa présence, ses traits, son parfum, rappelaient les souvenirs douloureux dont il essayait désespérément de se défaire sans savoir comment y parvenir. Et puis les images défilaient dans son esprit, la seule idée de l'imaginer dans les bras d'un autre, dans les bras d'un homme qu'il appelait frère jusqu'à quelques mois plus tôt, lui fichait la nausée. Sa colère ne se manifestait jamais par des cris : elle était glaciale, souvent silencieuse et de toute évidence pour quelqu'un comme Dawn, odieuse. Tant mieux. Le fait de lui faire mal était une façon de transférer le poids du chagrin de lui à elle, de lui faire prendre conscience qu'elle n'était pas une victime, et lui pas un coupable. James acquiesça sans rien dire à ses remerciements. Il ne l'avait pas fait de gaieté de cœur, mais il songeait que plus vite il se débarrasserait d'années de souvenirs, plus vite il tournerait la page. Une pensée naïve pour un romantique de son calibre. Il continua de l'ignorer, y mettant tant d'efforts que ses gestes perdaient toute spontanéité : son couteau coupait avec un peu trop de force, menaçant de faire sauter les légumes depuis sa planche jusqu'au sol – dont Dawn avait choisi le motif, comme à peu près tout le contenu de cet appartement. Mais ne pas l'écouter s'affairer, c'était prétendre qu'elle n'existait pas, faire taire la douleur, faire taire la rancoeur, se garder de trahir pour de bon tout ce qu'il était et ne pas se donner le mauvais rôle – celui-ci, il le réservait à Dawn et à son meilleur ami. Il ne put cependant ignorer une déclaration en forme d'excuse minable, digne d'elle et de sa façon de toujours prendre la fuite, quitte à tout sacrifier dans la foulée. Il posa le couteau brutalement, releva la tête pour la regarder, sentant ses entrailles s'agiter dans son estomac tandis que la colère menaçait de le submerger une bonne fois pour toutes. Il ne put retenir un rire glacial, un rire qui ne lui correspondait pas et qui lui fit froid dans le dos. « Tu ne pourrais pas être plus clichée même si tu le voulais Dawn. Tu es effarante de pathétisme avec tes excuses tout droit sorties d'une mauvaise série pour ados. Et je vais te donner une réponse dans la même veine : encore heureux, qu'est-ce que ça aurait été si tu avais voulu me faire du mal ? Dans ton échelle de dégâts à infliger, qu'est-ce qui vient au-dessus de l'infidélité avec un proche ? Juste pour satisfaire ma propre curiosité. » Les mots glissaient entre ses lèvres sans qu'il ne puisse les retenir, et il éprouvait une forme de satisfaction malsaine à la voir déstabilisée par des paroles qui ne lui ressemblaient pas. Il aurait voulu continuer, encore et encore, pour satisfaire également sa propre curiosité – continuait-elle de s'envoyer en l'air avec lui, histoire d'avoir gâché leurs fiançailles pour autre chose qu'un coup rapide ? Quels mensonges avait-elle racontés à son père, et à sa sœur ? Le présentait-elle comme le responsable de leur débâcle ou avait-elle l'honnêteté d'avouer ses propres torts ? Mais il s'abstint, par orgueil plus qu'autre chose. Elle ne méritait pas de recevoir le moindre intérêt de sa part, pas après ça, quand bien même la voir verser une larme ne manqua pas de serrer un cœur palpitant encore un peu trop pour elle. Il secoua la tête à sa question. « Je ne veux rien garder de toi, récupère-là, qui sait, peut-être que tu pourras la réutiliser un jour avec lui » répondit-il dans un sourire aussi moqueur qu'hargneux. « Je voudrais être quelqu'un de bien, Dawn, je voudrais vraiment être quelqu'un de digne plutôt que ce type mesquin qui ne trouve que des horreurs à répondre, mais quand je te vois toute ma bonne volonté s'envole. C'est à ce point. » A ce point qu'il la détestait. Au point où il l'avait aimée – l'aimait encore, sans doute un peu trop.

_________________

-- Their love, which had grown with their growth, was as true and steadfast as though it had sprung up between a poor shepherd and shepherdess in the green plains of Arcadia.
Revenir en haut Aller en bas
○● Dawn Bradford ●○
cast member
avatar
Voir le profil de l'utilisateur
pseudo, prénom : léa.
date d'inscription : 10/11/2018
messages : 254
avatar, crédits : robbie @perlman
fairytale counterpart : aurora, the sleeping beauty who's very awake now. princess of caerwyn.
activité rp : (0/4) jawn, dawseth, auriel, philore.

MessageSujet: Re: love you, goodbye. (jawn) Sam 24 Nov - 15:06

Dawn avait l’impression d’être suspendue entre deux univers ; avec un pied de chaque côté et la peur au ventre qu’une faille se découpe sous elle. D’une part, il y avait celle qu’elle avait observé dans un miroir pendant ces vingt-six derrière années. Celle dont James était tombé amoureux, celle qui s’efforçait de rendre son père fier. Cette Dawn là semblait tout avoir sous contrôle, comme si son existence entière avait joliment été manuscrite au préalable. Et puis, il y avait la nouvelle Dawn ; l’infidèle qui puisait sa chance dans les étoiles, qui conduisait trop vite et qui avait l’impression de pouvoir enfin respirer. Ces deux parties d’elle se livraient un combat au plus profond de ses entrailles depuis toujours. Un noeud dans l’estomac qui avait atteint son point culminent un soir où les nuages cachaient la lune et où Dawn ne trouvait plus le chemin du retour vers les bras de James. Un soir où Liam avait été là. Un soir où elle avait tout gâché. Ses mains se serrèrent sur les côtés du carton qu’elle tenait, contenant en eux tous les souvenirs d’une relation foutue en l’air. Les mots de James étaient des poignards, et, ils venaient de lui arracher le coeur. Elle ne reconnaissait plus l’homme devant elle. Un monstre de rage qu’elle avait façonné elle-même. Son chef d’oeuvre, le fruit d’années de relation. Ils en étaient là, à ressembler aux couples qu’ils avaient juré ne jamais devenir. La colère comme essence, ils se tenaient sur un volcan prêt à exploser et à emporter tout ce qu’ils avaient construit dans le flot de sa lave. S’il la trouvait pathétique, alors elle le trouvait aveugle. Comme le spectateur d’une frasque de marionnettes, tout s’était déroulé sous son nez. Et, il n’avait rien voulu voir. Comme un caméléon, Dawn avait changé de couleur devant lui. Elle était devenue rouge sang, et, il la préférait bleu nuit. La blonde était consciente de ses erreurs, des maux qu’elle avait causé. Son aventure avec Liam avait fracturé bien des coeurs et brisé bien des relations. Pourtant, comme un marin perdu en mer sur son bateau, elle avait crié au secours. Elle avait tiré inlassablement des fusées de détresse pour qu’il la regarde à nouveau. Pas l’ancienne Dawn. Elle. La version qui était ridiculement imparfaite. Tordue et foutue, mais, vivante et libérée. « Tu veux la vérité James ? La triste vérité ? Si tu avais ouvert les yeux avant, rien ne serait arrivé ! » elle cracha ses mots comme le poison d’une vipère, avec une colère qu’elle ne savait pas qu’elle possédait. Le carton qu’elle tenait tomba dans un fracas de verre brisé à ses pieds. Au diable les voisins du dessous, Dawn partait en guerre. James la connaissait de glace. Sa douleur était silencieuse, son mécontentement se lisait dans son sourire crispé. Elle était étrangère aux crises. Pourtant possédée par une furie, hurlant pour son amour perdu, les joues rouges, elle faisait face à l’homme qu’elle avait aimé. L’homme qu’elle aimait toujours. L’accusée venue se défendre à son procès, elle criait légitime défense. « J’ai merdé, James. Crois-moi, j’en suis bien consciente ! Mais, j’ai seulement asséné le coup fatal à un bateau qui était déjà entrain de couler. » Elle voulait lui crier de se regarder dans un miroir comme elle l’avait fait ces derniers mois. De se remettre en question. S’il pensait que Liam et elle avaient comploté dans son dos pour profiter de son malheur, il se mettait le doigt dans l’oeil, et, jusqu’au coude. Ils étaient tous deux terrassés par les remords et, ne se regardaient dans les yeux que quand elle venait à lui pour pleurer. Ils avaient été amis avant que tout ne dégénère. Liam l’avait vue se retrancher derrière ses barricades, et, contrairement à James, il avait préféré l’offensive. Jamais ils n’avaient prévu que la soirée se terminerait avec un goût de trahison sur leurs lèvres. Un mélange mêlant perdition fatale et whisky-coca les avait poussé à franchir une ligne qu’ils n’auraient jamais effleuré étant sobres.  « Je ne suis pas avec Liam, si c’est ce que tu demandes. C’était une erreur, pas une histoire d’amour interdite. » Dawn avait presque envie d’avancer vers James et lui arracher son sourire moqueur. Une moue qui lui va si mal. Parfois, elle se demandait si elle n’avait pas réveiller le mal enfoui au plus profond de lui. Si elle n’avait pas frappé si fort qu’elle avait détruit celui qu’il était autrefois. Elle pouvait se pardonner toutes les trahisons, avec le temps et un peu de mauvaise foi. Mais l’avoir changé, ça, elle ne pouvait pas l’excuser. Etait-elle devenue comme son père ? A couper et découper des parties de ceux qu’elle était censée aimer pour qu’ils lui conviennent un peu mieux ? La colère retomba rapidement, lui laissant un visage blanc et livide. Elle n’était là pour se battre, pour livrer une guerre sans fin qui ne ferait que rouvrir indéfiniment les blessures. « Je ne suis pas venue pour ton pardon. Je suis venue dire au revoir. Tu peux me détester, me haïr avec toutes les fibres de ton être. Si ça t’aide à dormir la nuit.  » C’est une voix fatiguée qui s’extirpa de ses lèvres, comme un murmure. Elle annonçait sa défaite. Elle s’était présentée perdante avant même le départ. Elle avait changé. Il n’avait rien vu. Elle s’est consolée avec un autre. Elle avait tout gâché. Il la détestait. Là était leur triste histoire, résumée avec une violente simplicité qui lui brisait le coeur.  
Revenir en haut Aller en bas
○● James Lancaster ●○
charming suits you.
avatar
Voir le profil de l'utilisateur
pseudo, prénom : jordane (labonairs).
date d'inscription : 26/07/2018
messages : 530
avatar, crédits : matthew daddario, outlines.
fairytale counterpart : prince 'charming ' james of kriegspire.
activité rp : (●●●●●) 5/5 - dawn, nell, tc (nola) // charmings, tc (erathia).

MessageSujet: Re: love you, goodbye. (jawn) Sam 8 Déc - 23:51

James songeait qu'il y aurait sans doute mieux valu qu'il ne se trouve pas dans cet appartement, qu'il n'ait jamais à croiser le regard perdu de Dawn posé sur lui, attendant sans doute une forme de pardon pour passer à autre chose. Une part de lui, et pas la moindre, avait envie de lui offrir cette faveur, de l'absoudre de ses péchés, de la prendre dans ses bras et murmurer que cela ne faisait rien, qu'il lui pardonnait tout, absolument tout, pourvu qu'elle le reprît dans sa vie. Mais une autre part, celle qui se murait dans une colère froide nourrie par la trahison encore bien présente dans son esprit, se refusait même à la regarder pour ne pas avoir à devenir la version la plus horrible de lui-même. James n'avait rien d'un monstre et pouvait faire preuve d'une empathie et d'une compassion sans comparaison, mais Dawn avait été trop loin, l'avait blessé trop fort pour réussir à faire semblant. Il avait essayé, pourtant, désespérément essayé pendant les jours qui avaient suivi l'annonce fatidique de cette nouvelle. En partageant son lit avec sa fiancée, il s'efforçait de ne pas penser aux bras de Liam enserrant sa silhouette menue, de ne pas visualiser leurs ébats, de prétendre que rien n'était arrivé, qu'il pouvait pardonner et faire comme si leur couple ne volait pas en éclats. Mais même ce choix-là, Dawn le lui avait repris avec violence en mettant un terme à des années de relation. Elle n'avait pas supporté l'idée de rester avec lui après ce qu'elle avait fait, clamait-elle, et cela même si le principal concerné avait un autre avis sur la question. Il aurait pu pardonner, il le savait. Il aurait pu, et aurait voulu, pouvoir la pardonner. Mais le quitter avait été le coup de grâce, le coup de trop, celui qu'il ne pouvait ni ignorer, ni oublier. Partagé entre deux émotions, aussi violentes qu'opposées, James finit par détourner le regard pour se concentrer sur les légumes qu'il découpait désormais mécaniquement dans une vaine tentative d'éviter l'inévitable. Et comme de juste, Dawn ne se fit pas prier pour lui renvoyer ses propres reproches en pleine figure, au point d'obliger James à se confronter à elle avec plus de force qu'il ne l'avait jamais fait auparavant. Elle était encore capable de l'atteindre, mieux que personne indéniablement, capable d'appuyer précisément là où cela faisait mal, capable de se montrer dure, froide... impitoyable même. « Si j'avai... SI J'AVAIS OUVERT LES YEUX AVANT ? » rugit-il enfin, laissant libre cours à une colère si longtemps contenue. James ne perdait jamais son calme, était toujours d'humeur égale, c'était une constante qui le rendait particulièrement fier : cette capacité à ne pas se laisser déborder par ses émotions. Mais même lui était imparfait, humain avec ses faiblesses, et quelle faiblesse Dawn faisait-elle. « Peut-être que pour ça il aurait fallu que ma fiancée daigne communiquer et m'informer qu'elle n'était pas heureuse, plutôt que de passer son temps à prétendre avec des sourires creux. » Il eut un rire froid, incrédule. « Je crois que je suis en plein délire. Tu me trompes, tu me quittes, et en plus tu me le reproches ?? Je vois que rien ne t'arrête lorsqu'il s'agit de s'enfoncer dans la mauvaise foi. » Il porta une main à ses yeux pour les recouvrir, signe que cette discussion prenait bien trop d'énergie pour les résultats qu'il obtenait. Il n'avait jamais prétendu être l'homme idéal, encore moins pour une femme si difficile à cerner qu'elle, mais il pensait avoir fait les efforts nécessaires, s'être investi, l'avoir aimée et l'avoir traitée comme une reine. Et quand bien même cela n'aurait pas été le cas, il était au moins persuadé de mériter mieux que les excuses pathétiques qu'elle utilisait pour se défausser de ses responsabilités. Petit à petit, Dawn perdait tout le respect, et toute l'affection, qu'il avait encore pour elle. « C'est toi qui as coulé le bateau, Dawn, toi et tes foutues névroses que t'as jamais cru bon de partager avec moi ! Tu as eu toutes les occasions du monde d'en parler mais non, pour quoi faire ? C'est sûr qu'il valait mieux évacuer en se tapant mon meilleur ami ! » Les frustrations accumulées au cours des dernières semaines ressortaient avec toute la violence provoquée par l'incompréhension la plus totale. Encore maintenant, James ne comprenait pas à quel moment leur couple avait déraillé, à quel moment Dawn avait estimé qu'il ne lui suffisait pas, que leur vie commune n'était pas assez bien pour elle, que lui, lui, méritait d'être trahi non seulement par celle qu'il pensait épouser, et par son meilleur ami. Il leur en voulait autant à l'un qu'à l'autre, à l'exception près que son appartement n'était pas rempli de milliers de souvenirs de Liam. Incapable de réprimer un soupir blasé, il secoua la tête. Elle ne comprenait rien. Ou faisait semblant de ne pas comprendre, il n'était pas certain de ce qui était le pire. « Ca n'a aucune importance. J'aurais préféré que tu sois avec lui, pour ne pas avoir l'impression d'un gigantesque gâchis. Si tu m'avais quitté pour lui, parce que tu avais des sentiments pour lui que tu voulais explorer, je peux t'assurer que les choses auraient été différentes. » Il pensait chaque mot qu'il venait de prononcer. L'idée qu'elle l'ait trompé sans qu'il y ait la moindre signification derrière était bien pire que le fait de s'enticher d'un autre homme. Ca, il aurait – presque – pu le comprendre, éventuellement le pardonner. Les excuses de Dawn faisaient plus de mal qu'elles ne faisaient de bien, et même elle sembla le comprendre. Il lui servit son regard le plus neutre, le plus difficile à supporter sans doute venant d'un homme dont les yeux transpiraient généralement la tendresse. « Tant mieux. Je ne t'aurais pas pardonnée même si tu me l'avais demandé, j'en suis incapable. Pour l'instant du moins. Je te déteste Dawn, pas pour ce que tu as fait, pas seulement du moins. Je te déteste parce que tu ne m'as jamais laissé la chance de changer le cours des choses avant de le faire. T'as pris ta décision du jour au lendemain en te foutant des conséquences, et je me retrouve comme un idiot, seul, à me demander chaque jour ce que j'ai raté pour qu'on en arrive là. » Et ce n'était pas juste. Ce n'était pas juste, et elle le savait pertinemment. On aurait pensé qu'après cinq ans de relation, ils avaient créé des bases suffisamment solides pour pouvoir s'exprimer mais de toute évidence, il était le seul à y avoir cru.

_________________

-- Their love, which had grown with their growth, was as true and steadfast as though it had sprung up between a poor shepherd and shepherdess in the green plains of Arcadia.
Revenir en haut Aller en bas
○● Contenu sponsorisé ●○

MessageSujet: Re: love you, goodbye. (jawn)

Revenir en haut Aller en bas

love you, goodbye. (jawn)

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut
Page 1 sur 1

Sujets similaires

-
» love and hate
» N°1666 ○ GOODBYE MARYLOU
» Manifestation au resto love love.
» I LOVE SCREEN
» CR 18/02/2014 Love Letter / Complots / Carson City

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
tales down the river :: crescent grove and new orleans :: waterlily sq.-