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for there's no man in town half as manly.

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Elise Steadworth
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MessageSujet: for there's no man in town half as manly. Dim 18 Nov - 22:00

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I might go all red rum on your ass.
Although, something tells me you might be into that.
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Si elle avait passé bien des années à écumer Kriegspire, jamais Blanche n'avait assisté à pareil effervescence que celle provoquée par le marché des artisans de Camaaloth. La cohue résonnait sous la voute de la tour est, par laquelle elle tenta de passer inaperçue, son large capuchon bleu nuit brodé d'argent ramené sur ses lourdes boucles noires. Le marché était ce qu'il était encore convenu d'appeler le souk de Kriegspire, un admirable reflet de son cousin de Darkmoor, les épices en moins. Outre les étales traditionnelles, on y trouvait toutes sortes d'objets uniques, une foire aux livres anciens, de magnifiques étoffes et de nombreux artistes de rue. Ne serait-ce qu'en cela, le marché était une véritable mine d'or. Mais un rigoureux critère achevait de le rendre unique : on y trouvait un tas de remèdes médicinaux maison. Concoctés par des elfes que Blanche s'impatientait de rencontrer, ces remèdes aux propriétés curatives fabuleuses faisaient toute la renommée de la région. Si les escapades au marché n'avaient jamais été formellement interdites, l'on savait pertinemment qu'elles étaient vivement déconseillées aux aristocrates en raison de la canaille qui y trainait, et cherchait par tous les moyens à les détrousser. Davantage lorsqu'il s'agissait d'une femme. Pire, la compagne d'un prince. Avec plus d'un tour dans son sac, Blanche bafouait une fois de plus les règles, même tacite, ce au nez et à la barbe de ceux qui se considéraient comme supérieur au peuple, et par définition, à elle, quand bien même elle fut destinée à entrelacer sa vie à celle d'un noble. Elle croisa quelques gardes entre les rangées du marché, lesquels la dévisagèrent un instant, habités par un sentiment de déjà vu palpable. Enfin, elle se stoppa devant une étale garnie de fruits frais, séduite par tant de couleurs et de diversités. Elle se mordit la lèvre, incapable de n'en choisir qu'un, mais refusant par principe une pomme bien rouge au commerçant soucieux. L'ombre d'un sourire fit une apparition sur ses lèvres alors qu'elle sentait un regard glisser sur son épaule. Une sensation qu'elle avait déjà éprouvé en quittant la tour est, puis sous la voute, et qui ne l'avait quitté qu'un bref instant devant la taverne. Son pisteur, même s'il ne s'était pas formellement manifesté, n'avait rien de bien discret, ce pourquoi Blanche n'eut aucun mal à discerner son identité. — Je vous vois, Gaston, finit-elle par l'interpeler.  Pendant qu'il approchait, Blanche le considéra longuement du coin de l'oeil. Si elle se battait chaque jour pour que ce ne soit pas le cas, elle avait un a priori, et un particulièrement tenace, à l'égard de Gaston. Cela même si elle avait d'abord refusé de se fier au portrait peu flatteur qu'on avait dressé de lui. Le bougre n'avait fait que converser à propos de lui-même durant tout un repas, et n'avait rien appris sa relation toute récente avec son cadet, ni n'avait montré signe d'intérêt à leur égard. Voilà maintenant qu'il s'infiltrait parmi cette plèbe qu'il avait tout l'air d'exécrer, ce dans sa parure la plus clinquante, criarde d'arrogance. Tout en lui détonnait, et semblait être méthodiquement médité pour consolider le rempart entre lui et le petit peuple dont elle était membre naturelle. — Je ne savais pas que vous étiez féru de marché, confia-t-elle, abandonnant une pièce au primeur en échange de quelques cerises. Elle s'efforça de faire bonne figure, mais souffrait d'ores et déjà de cette présence imposée et ne demandait qu'à écourter son escapade. Pour une raison mystérieuse, une intuition peut-être, elle qui donnait systématiquement une chance, ne parvenait pas à se faire à Gaston. Le prince héritier incarnait à lui seul tout ce pourquoi Blanche était susceptible de se révolter, mais elle devait à James, et à la prospérité, d'essayer de toutes ses forces, ou à terme de prétendre. — Que puis-je faire pour vous ? demanda-t-elle, lorgnant sur les étales avec une avidité un tantinet surfaite et distraite dans sa démarche.
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Tyler Anderson
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MessageSujet: Re: for there's no man in town half as manly. Dim 25 Nov - 14:44

Les pas de Gaston résonnaient le long des couloirs de pierre qu’il arpentait. Chaque garde qui osait croiser son chemin se raidissait à son approche. Le prince de Kriegspire n’était pas célèbre pour son amabilité. En revanche, sa personnalité bourrée d’orgueil et d’arrogance n’échappait à personne. Parce que Gaston c’est le plus beau, c’est le plus fort et le plus intelligent. A ces yeux, nul n’était son égal. Il dévisageait tout être indigent qui pouvait avoir l’incommensurable honneur de croiser sa route. Un seul regard suffisait à liquéfier sur place ses rares interlocuteurs (du moins… ceux auquel il accordait un tant soit peu d’intérêt). Il était l’insolence personnifiée, et l’aîné de sa fratrie. Un loup solitaire et promis à régner un beau jour sur les terres dont il était le digne héritier. C’est donc vêtu de sa plus belle cape que Gaston cheminait royalement à travers les cours de la forteresse. Une nouvelle journée s’offrait à lui sans qu’il ne sache réellement comment l’occuper. Qui donc ferait office d’encas aujourd’hui ? Adossé à un pan de mur, ses yeux ébènes se promenaient sur les quelques passants qui traversaient la voute de la tour est. Le vacarme provoqué par l’engouement du petit peuple pour leur marché lui donnerait presque la nausée. Ils se bousculaient, tous, à la recherche de divers biens à acquérir. Nourriture, remède ou encore livres anciens (tiens, les gueux savent donc lire ?), les étalages du zouk de Kriegspire attirait la foule. Et c’est une silhouette voilée qui attisa soudainement son attention. Un large capuchon bleu sur les épaules, une démarche pressée et se voulant discrète, c’est tout ce qui suffisait au corbeau pour attiser sa curiosité et ainsi fondre sur sa proie. Une boucle de cheveux noirs dépassait de sa cape, trahissant ainsi l’identité de son mystérieux propriétaire. Blanche disparaissait dans la foule tandis que son beau-frère embrassait rapidement ses pas. Un brin de dégoût accroché sur les traits si parfait de son visage, il repoussait du bout des doigts les individus qui osaient rompre la petite bulle invisible qui le protégeait de la crasse et des pouilleux. Parce que oui, le jeune prince n’a jamais réellement pris plaisir à se pavaner dans les ruelles poisseuses de Camaaloth. L’aristocratie n’a pas sa place dans ce monde bourré de pauvres gens. Et les rares fois où Gaston avait pu bafouer la réglementation imposée par son géniteur, c’est uniquement pour faire profiter le peuple de sa présence divine et de sa grande générosité. Certes, perché sur son trône d’argent, il a toujours apprécié vivre dans le luxe et la propreté. Mais il s’auto-proclamait dieu du peuple à l’aide de quelques poignées de pièces qu’il pouvait de temps à autre décocher aux visages de ces adorables petits cafards nauséabonds. Toutefois, en ce jour, c’est armé uniquement de ses gants que Gaston ne manquait pas de siffler ou repousser vigoureusement le moindre petit insecte qui empestait son oxygène. Sa présence était loin de passer inaperçue. Les riverains, surpris d’une telle visite, inclinaient docilement le visage à chaque pas qu’il faisait, et se décalaient sagement sans qu’il n’eut à lever le petit doigt. Sa course se stoppa finalement à quelques mètres de sa martyre du jour. Epaulé à l’une des poutres d’une étable, il surveillait avec un brin de malice la promise de son frère. James pouvait avoir bien des défauts, il avait au moins le mérite de choisir ses compagnes convenablement. Et tandis que la belle s’imprégnaient des quelques fruits à disposition, elle ne manqua pas de notifier la présence de son pisteur. Un large sourire étira les lèvres dudit personnage avant qu’il ne la rejoigne. « Le contraire m’aurait étonné. » Bien sûr, comment passer à côté d’un si bel individu ? Gaston et la discrétion ? Zéro. Glissant aux côtés de sa compagne du jour, il posa un instant ses yeux sur l’étale de fruits qui se dressaient devant eux.  « Fort heureusement, je n’ai nul besoin d’arpenter ces ruelles à la recherche de quoique ce soit. Ces tâches sont réservées aux subordonnés, et non aux compagnes des princes. » Ses paroles, crachées avec la plus doucereuse des hostilités, furent murmurées au creux de son oreille. Gaston avait la fâcheuse habitude de pouvoir se montrer terriblement tactile lorsqu’il s’adressait à la gente féminine. Pire encore lorsqu’il était question des conjointes de ses frères. C’est donc son visage incliné par-dessus son épaule qu’il lui arracha un regard avant de le laisser glisser vers les victuailles qu’elle venait d’acquérir. « Et vous comptez réellement manger ces choses-là ?  Comme elle est cocasse la petite. » Un ricanement siffla de sa bouche tandis qu’il se dressait cette fois devant elle. Sa main s’empara paisiblement de l’une des cerises qu’elle tenait, et c’est sans nulle gêne qu’il en goûta la saveur. Sucrée et acide à la fois, délicieuse. Mais pas assez pour l’emmerdeur royal qu’il était. Que pouvait-elle faire pour lui ? Quelle question… « Ô ma douce, il y a tant de choses que vous pourriez faire pour moi… » Il laissa planer le sous-entendu venimeux qu'il venait de prononcer avec un discret ricanement. Délaissant son interlocutrice pour machinalement reluquer l’étale suivante, il lui intima silencieusement d’approcher. Gaston ne demande pas, il ordonne. Les yeux rivés cette fois vers des bijoux confectionnés par les artisans de la forteresse, il épiait nonchalamment les pièces proposées. « A commencer par interrompre toute liaison avec mon bien-aimé frère par exemple. » Lâcha-t-il toujours aussi naturellement. Et il en riait, dieu qu’il en riait de cette situation. Blanche était une femme dont la beauté pouvait aisément couper le souffle à n’importe quel homme. Alors pourquoi diable s’était-elle entichée de son cadet ? « Nul doute que James possède quelques capacités qui ont su vous séduire, mais je puis vous assurer qu’il a tout appris de son aîné le bougre. Absolument tout. » Sa voix mielleuse laissait transparaître son légendaire orgueil. Et lorsqu’il se redressa enfin vers elle, ces mains déposèrent le long de son cou l’un des pendentifs qui trônait sur l’étale du marchand. Un rictus courba ses lèvres, et il prenait un malin plaisir à abuser de la situation. Désireux d’arracher tout bonheur au reste de sa fratrie, il aspirait à vouloir ce que James désirait le plus. Alors elle finirait par délaisser son prince promis. Elle finirait par l’aimer, lui, l’aîné. Ou elle en serait contrainte. « Prenez garde, bien des fruits peuvent être empoisonnés. Il serait dommage que vous soyez tombée sur une pomme pourrie. »
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MessageSujet: Re: for there's no man in town half as manly. Dim 2 Déc - 17:41

— Et pourtant vous voilà, souffla-t-elle, peinant à dissimuler sa mauvaise grâce derrière un sourire de façade. Elle lui laissa profiter de cette proximité malvenue dans le seul but de bien paraître, cela même si celle-ci la dérangeait plus que tout. Blanche n'était d'ordinaire pas femme à s'astreindre, ni dans le geste, moins encore dans la parole. James, et naturellement sa volonté de respecter cette famille qui serait à l'avenir la sienne, demeurait le seul motif encore assez valable qui l'encourageait à garder pour elle ses véhémences. Autant que faire se peut. — Votre père lui-même s'autorise des incursions régulières parmi son peuple, et il est regrettable que vous ne suiviez pas le même chemin. À moins qu'aujourd'hui soit le début d'un Gaston nouveau, auquel cas bienvenue dans le vrai Camaaloth.  Elle utilisa le ton charmant qu'employait son époux lorsque le but était de, eh bien, charmer,  et y persévéra davantage sur le sourire simulé qui deviendrait, à n'en pas douter, rituel. Bienvenue sur la place forte des petites gens, de la charmante plèbe. Celle-là même que Gaston refusait de fréquenter, et dont il devait pourtant se faire leader naturel. Une perspective loin d'être gagnée, lui que la rumeur – fondée, remarquable - qualifiait d'imbu de sa propre personne. — D'où croyez-vous que provient la nourriture que vous mangez à table, Gaston ? demanda-t-elle, sur le ton suave, mais strict d'une mère. La petite, ma douce. Ses traits confièrent à l'héritier qu'elle n'appréciait pas les sobriquets, moins encore lorsqu'ils étaient déployés sur ce ton. Il n'était déjà pas aisé de s'appeler Blanche-Neige, et parce elle l'assumait et le portait avec fierté, Blanche refusait qu'on l'affuble d'un surnom. Surtout lorsque ceux-ci trouvaient source dans un élan de moquerie, et n'avait pour but que de la dédaigner. Elle tenta de se remettre en route, de se rendre à une autre étale, mais fut stoppée par les regards, et le climat qui avait tout à coup changé.  Par la présence du prince exubérant, l'anonymat était levé. L'on se prosternait sur leur passage, murmurait quelques politesses timides mélangées à de la messe-basse typique du peuple des petites citées. Un changement d'atmosphère dont Blanche ne fit rien, ou du moins tenta-t-elle à grand mal. Elle endurait les égards nouveaux plus que tout le reste, et la présence de l'hériter ne fit que gonfler cet excès de considération qu'elle en viendrait à détester diligemment. Une cure naturelle aurait été d'apprécier un fruit dans l'anonymat le plus total, mais tout portait à croire que c'était trop demandé de sa part. Une cerise volée et une autre sacrifiée sur l'autel des demandes extravagantes de Gaston, Blanche déposa sur le prince un regard déconcerté, impatient et irrité tout à la fois. Nul doute qu'il cherchait à provoquer en elle une réaction. Seulement si elle s'était admirablement comportée lors de leurs dernières audiences, Gaston n'avait aucune idée de qui elle était réellement, et elle serait la première ravie à faire tomber la façade. — Eh bien, eh bien, voilà une requête fort audacieuse, commenta-t-elle, le timbre moqueur un rien exagéré. — Et à quel dessein, je vous prie ? Aucune désunion, ni aucun artifice magique puissant par ailleurs, ne saurait la convaincre de se jeter dans les bras de Gaston et elle espéra pour son propre bien que la prince en était conscient. Elle ne s'était pas approchée qu'un collier vint à flatter sa nuque. Le présent lui tira un soupir vaincu, tout comme le geste lui fit serrer les lèvres en une moue contrite. On ne pouvait acheter ses inclinations grâce à des cadeaux, moins encore lorsque ceux-ci s'avéraient aussi creux de sens qu'une parure. James le savait. Du moins l'avait-il deviné lors de leur rencontre. Une comparaison facile, qui arracha un sourire à Blanche. — J'ai pourtant du mal à voir en vous ce qu'il y a de lui. Ou ce qu'il y a de vous en lui. Tout comme elle peinait à voir en lui Arthur, cela même si le seigneur-despote connaissait nombre de changements d'humeur. Tout comme elle ne voyait ni Guenièvre, ni Philip, ni William, et discernait tout ce que James n'était pas. Comment pouvait-on être si différent, dans sa composition profonde, du reste de sa portée ? Surtout, comment pouvait-on s'éloigner de tout ce qu'un homme honorable pouvait être, et cracher sur ces traits qu'on n'a pas, pour la seule excuse d'être né en premier. Blanche avait affronté des conflits crées par l'ego des hommes, été le témoin de ce que l'humanité pouvait engendrer de plus noir, mais Gaston remportait une place insoupçonnée dans le palmarès des boulimiques de pouvoir. — Ma foi, cela m'apprendra à manger des fruits. Tenez, souffla-t-elle en lui confiant les cerises restantes, tout comme elle se délesta du collier, rendu à son propriétaire accompagné d'une pièce pour le dérangement. Et qu'importe qu'on ne refuse pas le cadeau d'un prince. Alors qu'elle s'en retournait à son but premier : visiter, les étales laissèrent la voie à un véritable pullulement de prestations en tous genres. Ils y croisèrent des jongleurs, des cracheurs de feu et autres bohémiens dont les facultés dépassaient l'entendement. Dans cette partie de Camaaloth, l'allégresse ne semblait pas connaître de pénurie, arrachant ainsi un ravissant sourire à Blanche, qui ne voyait plus la misère, mais le beaucoup que l'on pouvait faire avec rien.  Une petite fille, pressée par ses parents, vint la gratifier d'une somptueuse rose rouge, et d'un baiser timide sur la pommette. Blanche la remercia d'un sourire conquis, et porta la rose à son nez pour un humer les fragrances. — Voyez. Ce sont les petits gestes qui comptent, Gaston.
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MessageSujet: Re: for there's no man in town half as manly. Sam 8 Déc - 23:15

« Ne faites pas l’idiote Blanche, vous savez pertinemment que mon désir le plus cher réside dans le fait d’anéantir mon frère... J’imagine que je ne vous apprends rien. » Ses dents à la blancheur si parfaite se mirent à étinceler sous les quelques rayons de soleil qui perçaient à travers les voiles des étals. Il éludait ses questions, ne répondant que par ce familier rictus qui courbait ses lèvres entrouvertes. Le peuple qui les entourait était devenu le public de ce petit spectacle improvisé. Règlement de compte ou réunion de famille ? La tension entre les deux interlocuteurs était plus que palpable. Si l’une se préservait de toute réponse mal venue, son bourreau ne manquait pas de pimenter leur conversation à coup de sarcasmes et de provocations en tout genre. Il buvait avec malice et délectation les moindres paroles de sa plaisante compagnie. Son regard, quant à lui, se promenait à travers les marchandises présentées. Il ricanait, tel un enfant, balayant d’un geste nonchalant de la main les quelques commentaires qu’on lui accordait. « Je n’ai jamais affirmé que nous étions semblables lui et moi. Disons simplement que je suis l’héritier quand il ne représente… qu’un soldat, répondant aux ordres de notre père. » Arquant un sourcil pour appuyer ses paroles, il désigna du bras un James absent. Probablement parti mener à bien les petites affaires du roi. Un cadeau des dieux qu’il ne puisse être présent pour assister à une pareille scène. Un soupire amusé lui échappa lorsque Blanche reposa son offrande. Princesse exigeante et qui ne semblait pas vouloir se plier aux coutumes du pays. Refuser les cadeaux d’un prince n’était pas chose ordinaire. Et c’est en cela que Blanche éveillait le peu d’intérêt qu’il lui portait. Un malicieux supplice qu’il s’amusait à lui endurer : celui de sa présence – qu’il savait - indésirable. Leurs pas les guidèrent lentement à travers la foule et les marchands. Puis leur petit manège fût interrompu par une jeune fille. Une piètre enfant, s’imaginant sans doute vivre dans un conte de fée, et croyant gratifier sa sauveuse d’un baiser sur la joue. Une image qui le fit bien-évidemment frissonner d’horreur. Ses yeux, portés vers le ciel, accompagnèrent son soupire dégoûté. Qu’elle est mignonne la chérie… Puisse-t-elle encore respirer d’ici quelques années. « Oh fichtre !… Quelle répugnante petite fille… j’espère que nos guérisseurs sauront vous soigner de la peste. » Siffla-t-il, dédaigneux, à l’égard de la jeune femme. Sans la moindre délicatesse, la rose fût arrachée à sa propriétaire et termina sa course sur le sol poussiéreux de la ruelle. Le regard acéré du prince se posa un instant sur la fillette, protégée par ses parents, qu’il toisa d’un clin d’œil plein de promesses… Avant de finalement reporter son entière attention sur Blanche. Jouer la carte de la provocation à son égard n’était pas une chose qu’il laisserait impunie. Et si l’idée qu’elle ne soit en rien intimidée par son interlocuteur lui plaise, il avait la ferme intention de poursuivre et creuser dans cette direction. Nonobstant la scène qui venait de se dérouler, Gaston glissa dans une gracieuse courbette son bras derrière ses épaules. « Votre dégout à mon égard m’interpelle : qu’y a-t-il chez moi que vous détestez tant ? » Ses lèvres à quelques centimètres de son oreille, il la gratifia d’un regard faussement attristé avant de se détacher d’elle et poursuivre leur promenade. Que sa propre famille puisse voir en lui seulement ses défauts n’était guère surprenant, mais il chérissait au fond l’espoir qu’un jour, quelqu’un apprendrait à apprécier ses nombreuses qualités. « Car je puis vous assurer, très chère, que si une simple rose peut compter à vos yeux, je pourrai vous en cueillir une douzaine. Et bien plus encore. » Une promesse soufflée et qui faisait allusion au trône qu’il occuperait suite à son père. Leurs pas les amenèrent à la fontaine qui se dressait au milieu d’une cour qui marquait la fin du marché. Les quelques enfants qui jouaient dans l’eau se dépêchèrent de fuir à l’arrivée des deux invités. Gaston congédia d’un simple regard les deux gardes qui veillaient sur la place, laissaient ainsi le faux couple dans une intimité presque parfaite. « Je ne cherche pas à vous nuire Blanche… Mais en tant qu’héritier, je serai plus à même de pouvoir combler le moindre de vos désirs. » Pour la première fois depuis leur rencontre, Gaston s’accorda sur un ton plus sérieux. Ses talons se tournèrent vers elle et son regard ne se détacha plus du sien. Il observait, les lèvres pincées, sa silhouette – qu’il ne pouvait nier – plaisante. Difficile de croire qu’une telle créature avait pu tomber sous le charme de son petit frère. Lui qui n’avait pourtant rien à lui offrir, pas même sa simple présence. Et l’aîné en profitait, salement. Ses doigts gratifièrent d’une caresse le menton de sa convoitise, lui faisant ainsi relever le visage vers lui. Un avenir prometteur lui ouvrait les bras si elle choisissait d’épauler le futur roi. Mais la lueur dans son regard d’ébène ne présageait rien de tout cela. « Je doute que James puisse en affirmer autant compte tenu de sa présente.. absence. »
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MessageSujet: Re: for there's no man in town half as manly. Mer 19 Déc - 22:47

Idiote ? En se raclant la gorge, elle laissa un long souffle filer entre ses lèvres et jeter sur la conversation un vent d’irritation.  — Utilisez un autre ton lorsque vous vous adressez à moi, Gaston. Je ne suis peut-être pas de famille royale, mais je ne suis pas votre servante non plus. La réplique s’était échappée seule, et Blanche n’avait de toute façon pas tenté de la ravaler. Son regard fixait un point sur sa joue, signalant délibérément qu’elle n’avait pas honte du ton mordant qu’elle venait d’employer - hérité de ses années à Patriona, à l’égard du prince héritier de pacotille , et que l’idée de s’excuser n’effleurait ni son coeur, ni sa conscience. Blanche était une guerrière-femme avant toute chose, un pur produit de Patriona, et sans le revendiquer, elle ne cachait pas ce tempérament inhérent à toute femme un jour placée sous la coupe d’Athena. Plus que capable que quiconque de lui expliquer, par les mots ou la force qu’on ne traitait ni elle, ni personne, d’idiote, Blanche s’imagina, durant un court moment d’absence bienvenue, lui briser les quatre membres à la force de ses pouces, et combien cela ferait sensation auprès du tout Erathia.  — Quant au seul but de votre existence… Dieu, que ce doit être éreintant d’être vous. Trouvez-vous un loisir, une occupation digne, je ne sais pas. La peinture, la musique, la lecture, cultivez des fruits, reprenez votre éducation depuis le début, tentez d’avoir un semblant de relation avec votre peuple, que sais-je,  reprit-elle. Le ton de la conversation se voulait de conseil, mais il était si simple d’y déceler l’acidité qui y régnait en marge, et le fait que Blanche peinait à jouer la carte de l’intérêt, au point où c’en devint presque risible. — Et vous ne répondez pas vous-même aux ordres de votre père ? Bien sûr que si. Quand bien même valait mieux être un soldat exemplaire aux moeurs louables qu’un piètre héritier capricieux.  Ici, chacun répondait à l’appel de Sir Arthur de Kriegspire, et lui se devait de courir auprès de son père plus rapidement que les autres. Lui qui se vantait d’être le premier en tout, alors qu’on lui préférait ses frères dans tous les domaines. Si elle avait voulu lui donner le bénéfice du doute pendant un temps, elle voyait à présent toutes les raisons qui justifiaient la mauvaise réputation de Gaston auprès du peuple, des armées et du personnel de Camaaloth. Gâtée par un moment privilégié avec ce peuple qu’elle chérissait, d’aucuns diraient plus que son compagnon de flânerie actuelle, à raison, Blanche assista à une chute vertigineuse du futur seigneur de Kriesgspire dans son estime. — L’héritier, huh ? maugréa-t-elle, mi-dédaigneuse mi-moqueuse, mais débarrassée du seul cadeau qui, aujourd’hui au moins, avait trouvé son intérêt. Grand dieu, fallait espérer que sa future épouse, qui ne serait de toute évidence pas elle, serait de meilleure composition que lui, auquel cas Kriegspire tomberait dans décrépitude au premier jour de son règne. Elle contempla un instant la rose au sol, souillée par la boue et la disgrâce, et si la proximité malvenue imposée le prince n’avait pas suffi à la tirer de sa contemplation, ses mots achevèrent de l’interpeller. Elle fit un pas de côté, se soustrayant à l’étreinte sommaire d’un Gaston toujours plus entreprenant. — Je ne suis pas quelqu’un à détester. Disons seulement que vos projets, et la façon dont vous désirez les mener à bien me laissent perplexe, dit-elle, sa langue claquant dans sa bouche, donnant un tempo particulièrement lourd au moindre de ses mots. — Et faut dire que vous n’êtes pas particulièrement poli, poursuivit-elle, faussement pensive. — Ni humble. Une carence affreuse, au demeurant. Notamment lorsqu’on s’attardait sur le plus grand tableau, et disséquait toute la famille Pendragon où il n’y avait que Gaston qui détonnait. Bien plus que William, selon Blanche, qui jamais ne comprendrait comment la pomme était tombée si loin de l’arbre. — Et affreusement précieux. En témoin, la rose sacrifiée pour élever toujours plus le piédestal sur lequel Gaston s’était lui-même planté, et le petit laïus maniéré qui l’avait accompagnée. L’absence soudaine d’artisans en fin de marché renforça le sentiment d’inconfort qui enveloppait Blanche depuis le début de leur escapade, ce même si elle devinait les regards angoissés derrière les étales et les embrasures.  —Peu importe le nombre, c’est l’intention qui compte. Vous m’offririez toute une roseraie uniquement pour défier votre frère. Elle me l’a offerte pour me faire plaisir,   répondit-elle, imitant le ton tout à fait sérieux qu’utilisait son futur beau-frère. — L’argent et le pouvoir qui vient avec votre rang ne font pas tout. Le physique non plus. Ce qui est important, c’est vous. Votre âme, votre coeur en somme,  expliqua-t-elle, non sans savoir que chaque mot qu’elle utilisait tomberait dans l’oreille sourde de l’orgueil personnifié. Elle se douta qu’il n’y avait rien qu’elle puisse dire ou faire qui changerait Gaston dans ses habitudes, sa façon de penser, et sa constitution, mais elle se devait essayer, pour la postérité peut-être. Son visage bascula sur le côté tandis qu’il tentait de se saisir de son menton — Mes désirs sont déjà comblés, Gaston, mais votre considération m’honore. Oh pish posh. Elle lui adressa un sourire radieux, maintenant que James se baladait dans un coin de son esprit. James qui n’avait pas à justifier ses absences auprès d’elle, et le faisait malgré tout. Elle le savait occupé auprès de son père, et des chevaliers de la table ronde, à régler quelques affaires politiques à la place de son ainé, qui préférait enquiquiner son monde au marché aux véritables problèmes du royaume. — Que c’est vicieux de votre part. souffla-t-elle, choisissant de se soustraire à lui en reprenant sa balade de retour vers le château. — Vous avez tout faux, Gaston, dit-elle en haussant les épaules. Tout. À propos de la vie, de l’amour, de james, et finalement, d’elle  qui n’était pas si frêle et aimable qu’elle le laissait paraitre.
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MessageSujet: Re: for there's no man in town half as manly. Ven 11 Jan - 16:49

Un soupire franchit la barrière de ses lèvres courbées. Ce soupire long et bruyant, trahissant l’agacement qui florissait doucement en lui. Gaston ne respectait qu’une très brève poignée de personnes, et si Blanche aurait pu un jour avoir la chance d’intégrer ce cercle restreint… Elle venait en quelques minutes de réduire à néant cet espoir. La jeune femme commençait à attaquer très sérieusement sa patience (aussi limitée soit-elle). Sans un regard, il continuait d’éluder ses remarques bourrées de mépris. Faisant passer ses insultes pour des conseils bienveillants, Blanche semblait presque avoir pris goût à cette conversation imposée. Elle prenait soin de répondre à chacune de ses attaques, le tout en imitant la légendaire contenance de son prince. « Vous êtes affreusement poétique Blanche, c’en est pitoyable. » cracha-t-il, dédaigneux. Son sourire s’effaça lorsqu’elle prit la peine d’évoquer une nouvelle fois Arthur. Répondre aux ordres de son roi ? Avait-il d’autres choix ? Si ce n’est partir en exile… Bien que l’idée de pouvoir lui planter un pieu entre les deux yeux soit plaisante, Gaston se devait de plier genou face aux commandements de son souverain. Choisir une autre option suffirait à l’envoyer six pieds sous terre. « Mon père est ce qu’il est, certes… Mais je doute que ce soit la pureté de son âme ou encore son bon cœur qui l’aient conduit jusqu’au pouvoir. » Marmonna-t-il en guise de réponse. Contrairement à ce qu’il laissait paraître, Gaston avait hérité de la même volonté que son géniteur. Une soif de pouvoir faisant de lui un être particulièrement dangereux, et prêt à tout pour obtenir la chose désirée… Quitte à faire tomber quelques têtes sur son passage. Les sages paroles de sa future belle-sœur se firent entendre, alors qu’il venait de se réduire la distance qui les séparait. Sourcil arqué, il se moquait silencieusement des qualifications employées à son égard. Lui ? Précieux ? Grand dieu, jamais de la vie. Il n’avait jamais prier Mère Nature de lui confier un si beau visage. Ses yeux ébènes accrochés à elle, il ne la quitta pas une seconde lorsqu’elle se détourna de lui. « Vous êtes bien naïve à croire à ces sottises que l’on conte aux enfants. La vie n’est pas un conte de fée ma pauvre petite. » Le ton de la conversation venait de changer en quelques secondes. Ses intonations mielleuses prenaient doucement le chemin de l’amertume. Un brin de folie éclaira ses prunelles rivées sur la silhouette de la jeune femme. Ses pas prenaient la direction du retour vers le château… Leur petite promenade touchait donc à sa fin ? Tandis que ses dernières paroles trottaient encore dans ses pensées, Gaston reprit sagement sa place à ses côtés. « Voyez-vous, je crois en tout autre chose Blanche. » Lui intima-t-il tout en marchant, son visage penché au-dessus de son épaule. Être bon, aider son prochain, aimer… Un amas de bêtises racontées aux enfants dont (fort heureusement) son père l’avait épargné. Il devait bien reconnaître que l’éducation (trop) stricte qu’il avait reçue jadis avait au moins eu le mérite de façonner la perfection qu’il était à ce jour. James et sa future épouse se berçaient d’illusions. L’amour est un sentiment éphémère, qui ne dure qu’un temps. Sauf peut être affaiblir ceux qui osent y goûter, il n’apporte rien d’autre que de la souffrance. Un instant, c’est le visage de Belle qui se nicha dans son esprit... Une pensée qu’il balaya aussi rapidement qu’elle lui était venue. Personne ne suffirait à l’aimer comme il devrait l’être. Et certainement pas Blanche. Mais de ce qu’elle désirait réellement, il s’en fichait superbement. Son orgueil ne connaissait aucune limite, pas mal celle de la raison. Côte à côte, il continuait son périple à travers les ruelles de Camaaloth. « La vérité... C'est que lorsque je désire quoique ce soit, je m’en empare. Peu importe les conséquences et peu importe ce que les autres en penseront. » A ses dires, sa main vint enlacer fermement le bras de son interlocutrice, stoppant ainsi leur course. Son autre bras, lui, trouva son chemin jusqu’à se plaquer contre sa gorge, la repoussant de force jusqu’au mur le plus proche. Un sourire, toujours aussi malicieux, illuminait son visage dorénavant euphorique. Il riait, parce qu’elle allait réaliser que ses croyances naïves n’avaient pas leur place ici. Qu’en cet instant, personne – et certainement pas son bon à rien de frère - ne serait présent pour sauver la jolie future princesse. « Je mérite ce que j’obtiens. » Qu’il lui siffla, tel un serpent. En l’occurrence, ce qu’il désirait à cet instant, se trouvait juste sous ses yeux. Sans desserrer son étreinte, il ne prit pas la peine d’inspecter les alentours. Mais ses yeux glissaient cette fois le long de sa silhouette. Les bons goûts en matière de gente féminine devait être de famille. « En outre, j’apprécierai tellement que vous puissiez m’appartenir. » Leurs visages, bien trop proches, il s’amusait à en jouer. Elle ne tenterait rien. Si elle tenait à sa relation avec James, elle ne serait pas assez folle pour tenter quoique soit. Et bien qu’un jour on lui avait vanter les qualités de Blanche Neige au combat, il fallait bien admettre qu’il ne s’agissait là que de vulgaires rumeurs infondées. Il était le méchant de l’histoire, mais il chérissait terriblement cette idée. Et si pousser à bout sa chère et tendre belle-sœur suffisait à l’amuser, la voir se décomposer face à ses menaces insidieuses provoquait une toute autre forme de jouissance chez lui. « Vous finirez par m’aimer Blanche. De votre plein gré, je puis vous l’assurer. » Et il ne croyait pas si bien dire.
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Elise Steadworth
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MessageSujet: Re: for there's no man in town half as manly. Sam 19 Jan - 19:29

— Vous êtes affreusement mal éduqué, Gaston, c’en est inquiétant, rétorqua-t-elle, le ton semblable au sien. Toute convenance s’était envolée. À court de mots enrobés à la décence, de tournures résolument aimables, et surtout de patience, Blanche poussa douloureux soupir. Il était bien des rustres à travers le royaume d’Erathia, et Blanche en avait fréquenté plus que ce que la raison permettait, bien trop pour son propre bien. Gaston, toutefois, était sans pareil, sans équivalent. Il ne souffrait d’aucune comparaison possible dans le domaine. Malgré bien des efforts, malgré sa volonté de donner à l’homme le bénéfice du doute là où toutes les rumeurs, toutes les conversations donnaient Gaston seigneur de ses propres névroses, et c’est tout, Blanche décréta qu’elle avait eu son compte de Gaston pour la décennie à venir, au moins. James avait parié une journée, confiant que sa future épouse était capable de bien de miracles, mais point assez pour l’imaginer supporter son ainé. Plus que lui, tout du moins. Blanche n'avait pas cette force de l'habitude, et certainement pas la patience de James. — Ou bien serait-ce Excalibur qu’il a retiré de son socle. Sombre crétin. D’aucun connaissait la légende du seigneur Arthur, et les affres politiques qu’avaient animés Kriegspire des siècles durant avant que l’élu ne retire l’épée sacrée des seigneurs de la verte région de son socle de pierre. Elle était peut-être pitoyable, mais connaissait au moins l’histoire de la région qui l’avait vue naitre. Arthur était peut-être un homme déterminé, un guerrier parmi les guerriers et, à plus forte raison, un seigneur parmi les seigneurs, mais son ascension n’avait rien à voir avec son caractère, plutôt avec le destin. Un destin qu’elle espéra clément avec Kriegspire, et s’occuperait de Gaston avant qu’elle, à ce rythme, ou un autre qui sait, ne s’occupe de le priver de son héritage, ou selon les cas, de sa vie. Arthur avait certes perdu son chemin dans sa quête de pouvoir et dans les méandres de ses histoires de coeur, mais avait au moins le mérite de s’être forgé une bonne réputation et accaparé la loyauté de ses sujets, là où son nigaud d’ainé paradait, exécrable dans son paraitre, davantage dans son essence, sans accomplir quoi que ce soit qui puisse s’attirer les grâces de chevalier de la table ronde, des hommes sous la montagne à Harmondale, et des guerrières de Patriona, son clan, sa caste. — Tout comme elle n’est pas votre terrain de jeu, et nous vos pions, Prince Gaston, souffla-t-elle, pas naïve, mais gavée d’espoirs. Et sans espoir, sans perspective, ils n’étaient rien. Ni elle, ni lui, ni eux tous. Elle s’apprêta à prendre la prochaine rue vers la droite, bondée, dans l’espoir de semer ce fieffé scélérat dans les méandres de Camaaloth, lorsqu’une succession de mouvements brusques l’entrainèrent dans les bras de l’héritier. Elle aurait largement pu se débattre. Pire, lui faire mordre la poussière. Elle était piquée au vif, son coeur battait à une cadence telle qu’elle manqua ses premières paroles acides. Le voilà, le point de rupture. La renommée de Blanche se construisait autour de ses aptitudes au combat, mais pas que. Elle était une guerrière extrémiste, une agitée, une violente dans le geste et les intentions. Les poumons gonflés d’une animosité aigre, elle resta un moment à le scruter, l’oeil noir. Prince ou pas. Frère de, ou non, il n’avait aucun droit. Pas sur elle. Ni lui, ni un autre. Ses doigts trouvèrent sans mal un point de pression particulièrement douloureux dans sa nuque, le forçant à affaiblir sa prise autour de son corps gracile, et à se tordre de douleur.  — On lâche. Tout de suite, grogna-t-elle entre ses dents, chaque mot détaché de l'autre. — Le peuple que vous êtes voué à gouverner nous regarde, Gaston, et si vous ne voulez pas qu’il vous scrute en train de vous faire botter l’arrière-train par votre future-belle-soeur, je vous suggère de faire marche arrière sur vos intentions idiotes, de rentrer au palais et prétendre que tout ceci n’est jamais arrivé. Elle le repoussa d’une main habile, ni douce, ni ferme, sans détacher son regard de ce prince qui, contre toute attente, s’était affaissé à ses pieds, et se relevait presque aussitôt. Elle pouvait sentir les regards sur eux, certains inquiets, certains intéressés. Pas qu'elle ait quoi que ce soit à prouver, à eux, ou à lui. Mais s'agissait là de faire bonne figure, pour James, et pour cette famille à qui elle avait déjà tout à prouver - si tant est qu'elle le veuille après pareille tentative de... quoi ? intimidation ? rentre-dedans déplorable ? — Je ne suis pas celle que vous croyez, et vous offre une dernière porte de sortie avant que tout ceci ne dégénère vraiment. C’est bien plus que ce vous méritez. Elle le toisa d’un oeil de reproche et de défi, et pour la centième fois, se reprocha intérieurement d’avoir laissé bô et épée au château. Mais qui aurait pu croire que les choses tourneraient de cette manière.
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MessageSujet: Re: for there's no man in town half as manly. Mar 12 Fév - 13:08

Des pions, ils l’étaient. Elle, tout particulièrement. Sa réplique lui arracha un ricanement qui s’éteignit doucement pour laisser se dessiner son légendaire rictus. La partie ne faisait que débuter, malheureusement. Pour la première fois depuis le début de leurs échanges, Gaston préféra garder le mutisme pour toute réponse. Son terrain de jeu idéal ? Un champ de bataille où les cadavres de sa famille joncheraient le sol boueux. Une idée délicieuse, sans doute euphémique, mais dont il gardait secrètement espoir de sa réalisation. Il ne devait rien à personne. Ni à son crétin de père, ni à sa prostituée de mère, et encore moins au reste de sa fratrie. Quant à ses belles-sœurs… Disons simplement qu’elles s’avèreraient être une distraction supplémentaire. Le point de rupture fût marqué au fer rouge. Il la dominait, le regard empli d’une folie certaine, sourire carnassier sur les lèvres. Gaston n’avait jamais appris à mesurer ses propos, encore moins ses gestes. Il désirait, il obtenait. Le respect était une valeur qui n’en avait aucune à ses yeux. Ô il crevait de cette envie délicieuse de l’égorger, d’entendre son souffle se noyer dans son propre sang, de sentir son visage abandonner toute vie. Et bien plus que tout : il aspirait à profiter du spectacle de son frère devant pareil spectacle. Un songe doucereux, inspirant, mais qui néanmoins fût de très courte durée. Son rictus devint grimace, et un gémissement de douleur s’échappa de ses lèvres en même temps qu’un juron. Sa main pressant un point bien précis le long de sa nuque, Blanche venait de justifier les quelques rumeurs qui couraient à son sujet. Finalement, elle n’était pas seulement bonne à satisfaire James… Une brûlure le long de sa nuque le força à lâcher prise avant de s’effondrer à genoux, au sol, haletant de douleur. Aussi précieux qu’une damoiselle, Gaston pouvait bien avoir connu la violence de son géniteur, il n’était malheureusement pas conçu pour encaisser les coups. Pourtant, malgré la situation plus que dérangeante, il laissa échapper un rire presque fou. Qu’on ose poser sur lui un regard railleur, il crèverait sans peine les yeux de leurs auteurs. Son visage se releva pour faire face à celui de la future princesse. — Vous êtes décidément pleine de surprises Blanche, qu’il entama tout en se relevant. De la peur ? Jamais. De l’inconscience ? Probablement. De la fureur ? Bien évidemment. Il se figea durant quelques secondes. Apposant un œil avide sur le visage de son interlocutrice qui récitait quelques bons conseils. Rentrer au château, faire comme si rien de tout cela ne s’était produit ? C’était mal connaître les intentions de l’héritier. Il n’y avait pas réellement de but à atteindre à la fin de cet échange. Seulement un défi à relever. L’animosité qui s’élevait entre les deux protagonistes était brûlante. Une bombe à retardement et qui ne tarderait pas à exploser. Qu’avait-il à prouver ? Absolument rien. Si ce n’est que Blanche Neige était tout sauf digne de se présenter au bras de son jeune frère. Qui l’était suffisamment d’ailleurs ? Ce pauvre chien méritait de finir sa vie seul, la gueule en sang et les yeux pour pleurer. Gaston inspira une bouffée d’air avant de se remettre à tourner autour de sa proie. Sans jamais baisser les yeux, ils se toisaient, une pointe de défi accompagnée de toute la haine dont ils disposaient.  — Parce que vous pensez peut-être savoir ce que je mérite ? De toute évidence, vous êtes bien idiote à penser pouvoir vivre une aventure idyllique aux côtés de mon frère. Vous, en revanche, ne méritez absolument rien. Ni son amour, ni sa loyauté, ni même votre place ici, dans ce château. Qu’il crachait avec une férocité contenue tant bien que mal. La pointe de désire éprouvée avait été troquée contre une rage peu commune. Derrière elle, il s’empara d’un poignard accroché à sa ceinture pour venir enlacer sa silhouette et lui coller sous la gorge. Ô les quelques spectateurs se pressèrent de filer, sans donner l’alerte puisqu’ils connaissaient suffisamment le prince pour deviner ses représailles. Les menaces étaient devenues des actes. La rupture de leur lien conventionnel laissait place à une rivalité sans dénouement possible en dehors d’un blessé... ou pire. Il avait approché son visage contre ses cheveux d’ébène, souriant de sa prise et peinant à ne pas laisser une marque définitive contre sa peau. Son souffle se perdait contre sa gorge, dont la lame dessinait de petits cercles invisibles le long de sa peau.  — Je peux vous assurer ma chère qu’à partir de ce jour, vos cauchemars seront de doux rêves comparé à ce qui vous attend... Ne tardez pas à faire vos bagages, quittez Kriegspire. Qu’il entonna d’une voix bien trop amusée pour paraître menaçante. Le défaut primordial de l’aîné Pendragon : il aimait à faire claquer sa langue dans sa bouche plutôt qu’à se méfier de ses adversaires. Sa garde abaissée, il savait qu’elle allait tout faire pour reprendre le dessus. Et au fond, peut-être l’attendait-il sagement. Mais le fait est qu’elle ne pourrait le blesser. Au risque d’engendrer de désastreuses conséquences. — A vous de prendre cette porte de sortie Blanche. Ou faut-il que je fasse tomber quelques têtes pour que vous daignez m’obéir ? Connard prétentieux jusqu’au bout. Il tirait de cette scène une délicieuse satisfaction malsaine. Seulement, allait-elle tourner en sa faveur ? S’il savait….
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