Partagez|

i will follow you into the dark. (shadès)

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas
AuteurMessage
way down the river we go
Nicholas Warwick
Voir le profil de l'utilisateur
pseudo, prénom : lionheart ou lucie.
date d'inscription : 10/11/2018
messages : 111
avatar © : tom hiddleston (BLINDNESS; avatar, SIAL ; signature).
fairytale counterpart : hadès, seigneur des enfers, dieu incarné sur terre ou jafar, celui qui finit toujours par tout rafler.
activité rp : busy ; neha² - fiona - elise - cerbère

MessageSujet: i will follow you into the dark. (shadès) Dim 18 Nov - 23:37


" i will follow you into the dark  "

La nouvelle s’était propagée dans tout Dreyja, faisant de toi la risée de toute la contrée ; Jasmine est tombée amoureuse du gredin, du vaurien, de l’enfant de rien. Jasmine t’échappe, et tout dérape. Ça t’agace, faisant courir de sourdes menaces sous ta peau. Et rien n’est plus dangereux que de contrarier, défier tes plans. Soit la princesse (ingrate) ne sera pas tienne, soit Jasmine s’en ira au bras d’un autre, mais elle s’en mordra les doigts. Tu le lui jures de toute l’injure qu’elle a jeté à ta figure.

De quelques pas, tu entres dans la salle du trône : « Oh Jafar, lâche le sultan dans un sourire ingénu, comment allez-vous, mon vieil ami ? Je suis un peu fâché, votre altesse, glisses-tu, une pointe d’amertume innocente, un soupçon de coeur grippé par la contrariété. Qui vous a mis dans une telle humeur ? S’indigne-t-il, t’amenant une coupe de vin, pour désaltérer les gorges autant que les fureurs. Mh, je crains que ce soit votre fille. Laquelle ? Demande-t-il, oscillant entre étonnement contrarié et indifférence salée : l’une est princesse d’une vie, princesse du coeur de son père, l’autre est le fruit d’une erreur, la princesse ramenée en pleine lumière alors qu’elle n’aspirait qu’à l’ombre. Il ne faut pas être fou pour savoir que le Sultan n’a jamais vraiment aimé Shéhérazade, quand il a couvert de tendresse l’autre ingrate, l’a grassement pourrie gâtée. Tant et si bien que l’enfant croit que les mariages sont des histoires d’amour édulcorées, qu’il n’y a ni raison, ni politique derrière sa couronne. Tant et si bien que ça te donne envie de tuer. Ma fiancée, il y a comme du regret dans la tension qui libère ses épaules, la princesse Jasmine. Il y a comme un étonnement de père qui croit que sa fille n’est autre que la dernière merveille qu’est portée cette terre. Alors que tu as connu des (im)mortelles beaucoup plus belles, beaucoup plus intelligentes, tellement plus passionnantes. C’est impossible, vous avez du mal comprendre, susurre l’indulgence du père. Je ne pense pas. Voyez-vous, il y a un raclement de gorge, votre fille s’est acoquinée avec un autre. Ce n’est pas – Silence, le dieu ressort, intimant au faible la violence de ton ordre. Je disais : elle a jugé bon de fricoter avec la canaille de Dreyja et tout Darkmoor le sait. Il semble surpris et te laisse pourtant poursuivre, les yeux vides. Tout Darkmoor sait qu’Aladdin aime Jasmine et que Jasmine aime Aladdin. Les yeux de l’homme semblent se révulser dans leur orbites comme deux trous noirs. Il sait l’histoire du gredin, il sait que le voleur ne sera jamais pardonné et que c’est, sans doute, le pire affront à essuyer. J-Je suis sûre que Jasmine a une bonne explication, mon ami. Insiste le vieil homme, insiste celui qui a trop aimé sa fille pour la voir balayer (briser) par ta colère. E-Elle a, sans doute, fait ça pour vous l’offrir sur un plateau d’argent … Il y a une lueur d’espoir dans son regard ; une lueur désespérée auquel il a besoin de se raccrocher, de s’abandonner. Oui ! C’est cela ! Elle n’oserait pas vous insulter de cette manière, Jasmine n’est pas de ce genre-là.  Vous devriez lui demander, je suis sûr qu’elle vous le dirait. Un silence, les yeux sombres tombent dans les siens. Et la sentence tombe, couperet terrible : J’en ai assez d’attendre (un mariage qui ne viendra jamais), j’en ai assez de respecter les souhaits de votre ingrate princesse ( d’attendre, de ne pas poursuivre le voleur, de ses caprices), j’en ai assez d’elle. Il y a un hoquet de surprise, un rougissement de colère : Vous, s’apprête-t-il à cracher. Et surtout de vous. » Et sans attendre, Alecto quitte ton épaule dans un croassement alors que ton poignard glisse sur la gorge de l’homme de (sans) pouvoir.

Il tombe à genoux sous tes yeux, se tenant la gorge, essayant d’empêcher le sang de s’écouler, de gicler sur le sol. Les sons qu’il pousse ne sont plus que des étranglements, que des gargouillis brumeux. Qu’on soit prince, qu’on soit enfant des rues, le destin frappe toujours sourdement, vainement. Les beaux vêtements se trempent de sang, le corps convulse ; la mort s’annonce longue et pénible. Loin de ce que fut sa vie.

Les gardes n’ont pas bougés, ne font aucun mouvements pour t’arrêter. « Votre altesse, un gamin de dix-huit ans se détache de la masse, t’interrogeant du regard. Il y a un autre de ses silences persistants alors que tu observes l’autre mourir à tes pieds, savourant le fait d’en être débarrassé. Quels sont vos ordres ?  Mh, celle qu’on nomme princesse Jasmine n’est plus une princesse de Darkmoor. Quelques heures plus tôt, tu as maudit la belle. A compter de ce jour, elle n’est plus rien qu’un banal sujet ; elle n’a plus ni droits, ni titres sur Darkmoor. En tant que tel, je vous somme de l’amener où est sa place : la rue. Le dernier souffle de vie est soupiré : Quant à lui, balancez-le dans la fosse commune. Il ne mérite ni hommage, ni derniers adieux. Bien, Grand Vizir. Amenez-moi la princesse Shéhérazade, la seule princesse légitime de ces contrées. » Un signe d’approbation et les portes claquent ; il est toujours mauvais de te contrarier.

(QUELQUES JOURS PLUS TARD) La fête bat son plein. Dreyja rit, chante, loue la célébration. Au bas du palais, la population s’est réuni en explosion de joies et de convivialité. On oublie un instant le tabou qui est tombé autour du Sultan, de l’ancienne princesse. On oublie le coup d’État pour célébrer tes noces.

Dans la grande salle du palais, au milieu des rires des courtisans, des danses du ventre, des cracheurs de flammes et des charmeurs de serpent, il y a l’ennui pour l’amusement mortel. Il y a l’agacement de ses joies effusives, factices. Il y a le temps perdu, abattu au fil des heures. Maussade se glisse l’humeur au fil des heures, passable te semble les festivités, toutes ses trivialités. Tout ceux qui dansent, chantent n’ont jamais connu l’effervescence des exploits de ton frère, l’éclat de Myst. Tous n’ont pas vu le banquet dressé pour naissance, mariage ; ici, tout semble pauvre, dénué d’intérêt.

« Je vous resserre ? » Tente un serviteur courageux, tu l’accueilles d’un geste las, tendant ta coupe d’or, laissant glisser le liquide précieux, pernicieux. Il fait glisser de la cruche le liquide d’un geste artistique, d’une performance parfaitement maîtrisée, aiguisée, ne s’effarouchant pas du regard ennuyé. Aussitôt sa besogne accomplie, il recule, respectueux, laissant le nouveau couple seul.

Gracieusement, tu portes la coupe à tes lèvres, observant du coin de l’oeil la jeune princesse. Shéhérazade s’est tu tout du long, subissant plutôt que participant à la fête. Elle n’a décroché qu’un « oui » léger lors de l’échange des vœux, se taisant à jamais pour le reste. Une chose qu’elle n’a pas en commun avec sa sœur : son babillage, bavardage incessant, éreintant. Si leurs beautés sont dissociables, leur ressemblance reste indiscutable. Les même cheveux de jais dégringole dans le dos de Shéhérazade, les yeux sont de ceux de ces nuits noirs où rien ne perce, ne transperce les coeurs. Pourtant, tu lui trouves des traits plus délicats, plus discrets. Sans doute, n’a-t-elle jamais pu autant briller, étinceler. Son charme reste présent, lorsqu’on s’y attarde un instant, lorsqu’on s’y perd un moment. Comme si on avait besoin de bien la regarder pour la remarquer.

Tu détaches la coupe à peine entamée de tes lèvres, la posant devant la jeune femme, ta jeune femme.  « Buvez. », ta voix raisonne comme un ordre, alors que les mains sont posées sous ton menton, observant, avec un indiscutable ennui, les danses, les rires. « Vous en aurez d’avantage besoin que moi. » Pour soutenir cette insupportable soirée, la prolongation des festivités.

Comme si on pouvait vraiment s’amuser lorsqu’on vient de se marier.
Comme si cela devait être le jour le plus heureux de vos existences.
Revenir en haut Aller en bas
way down the river we go
Neha Kaur
Voir le profil de l'utilisateur
pseudo, prénom : sovereign (elodie)
date d'inscription : 10/11/2018
messages : 127
avatar © : neelam gill (ice and fire, goonfreecss & ibuzoo)
fairytale counterpart : shéhérazade (1oo1 nuits)
activité rp : ●●●○○ [3/5] disponible (ec: nick, hadès, alastair) (uc: -)

MessageSujet: Re: i will follow you into the dark. (shadès) Lun 26 Nov - 0:20


+ i will follow you into the dark +


(Elle s'échappa, effrayée par tout ce rouge)
Rouge.
Shéhérazade n'aurait jamais cru que ce soit si rouge. De ce rouge de rubis, de ce rouge safranné qu'on trouvait dans les illustrations précieuses des livres - et de ce rouge si banal, si commun des fronts blessés, des paumes égratinées d'une domestique malmenée. Elle n'aurait jamais cru que ce fut un rouge à la fois si banal et si précieux. On lui avait appris, répété, asséné des dizaines, des centaines de fois : le sultan était précieux, absolu - presque un dieu en ces lieux. Shéhérazade avait toujours cru, imaginé que son sang à lui ne saurait pas être le même que le sien. Sans doute, même, n'avait-elle jamais imaginé qu'il puisse mourir.

Pourtant, il était là. Pathétique comme elle l'était. Apeuré comme elle l'était. Et il n'avait plus rien de royal, il était même très banal face à la mort qui s'avançait, devant le vizir qui l'ignorait. Pour la première fois, sûrement, elle se sentit comme sa fille. Pour la première fois, sûrement, elle avait la sensation de partager quelque chose avec cet homme, d'avoir un lien, un point commun, un common ground avec lui.
Puis elle réalisa, l'instant suivant, à quel point elle préférait être son orpheline à être sa fille ; à quel point elle voulait être débarrassée de lui, ne plus l'avoir dans sa vie (ne plus l'avoir en vie du tout), elle s'échappa, effrayée par tout ce rouge, par l'ombre qu'elle ne savait pas avoir en elle.

(Et le rouge s'enfuit, le visage pâlit brusquement)
Le rouge semble la poursuivre. De celui, profond et riche de sa lourde robe brodée d'ors, à celui, transparent, brillant, de la coupe ciselée que Jafar finit par lui tendre ; il la nargue, pointe du doigt ce qu'elle ne veut pas voir, ce qu'elle craint. Elle aussi, sans doute, va mourir et elle l'aura bien mérité. Sans doute est-ce la punition des dieux, des esprits et de la magie pour s'être réjouie, pour avoir cru que la mort de son géniteur signait la fin du calvaire.

Le rouge qui paresse au fond de l'or précieux lui donne la nausée. Lentement, elle secoue la tête, les métaux précieux de sa coiffe tintent dans le brouhaha de la fête mais Jafar ne l'entend pas plus qu'il ne la regarde. « Buvez » ordonne-t-il avant d'ajouter : « vous en aurez d’avantage besoin que moi. » Un moment, elle hésite à refuser poliment, puis se souvient de Jasmine chassée, répudiée. Et surtout, elle se souvient de ce qu'il s'est passé dans la salle du trône, de ce rouge qui s'étale, tache tout. Elle se souvient que Jafar n'est pas un homme qui accepte la contrariété. « Merci, mon seigneur » souffle-t-elle, à peine audible dans les rires et les chants qui les entourent. Sa main est tremblante quand elle porte la coupe à ses lèvres, quand elle se persuade qu'il ne peut pas la tuer, l'éliminer ici, au milieu des festivités ... avant ... que ... l'Union ne soit consommée. Et le rouge s'enfuit, le visage pâlit brusquement lorsqu'une petite voix lui souffle qu'il cherche sûrement à la rendre docile, à l'adoucir. Et cette voix porte les mêmes accents que ceux de sa demie-soeur, charrie les mêmes recommandations contre le monstre dépeint par Jasmine (et la gamine bâtarde n'a jamais eu le cœur de lui demander si Jafar était pire que leur père ou si les hommes étaient tous les mêmes à écraser les femmes, à les manipuler comme des objets, sans délicatesse).

Dans les plis et les replis de sa robe, ses doigts viennent serrer nerveusement le petit papier soigneusement plié, renfermant une poudre somnifère que la vieille nourrice a discrètement glissé dans sa main en l'embrassant comme on embrasse un condamné. « Est-ce que mon seigneur veut ... du vin à nouveau ? » tente-t-elle, une fois, deux fois, la voix toujours trop basse, toujours trop timorée, en appelant un serviteur d'un geste anxieux, lui tendant la coupe : « Le festin était généreux, il a dû vous assoiffer, mon seigneur. » Avec difficulté, elle esquisse un sourire timide, modeste - et ses doigts s'empressent de glisser le poison dans la boisson à la robe rubiconde.
Revenir en haut Aller en bas
way down the river we go
Nicholas Warwick
Voir le profil de l'utilisateur
pseudo, prénom : lionheart ou lucie.
date d'inscription : 10/11/2018
messages : 111
avatar © : tom hiddleston (BLINDNESS; avatar, SIAL ; signature).
fairytale counterpart : hadès, seigneur des enfers, dieu incarné sur terre ou jafar, celui qui finit toujours par tout rafler.
activité rp : busy ; neha² - fiona - elise - cerbère

MessageSujet: Re: i will follow you into the dark. (shadès) Mar 27 Nov - 23:22


" i will follow you into the dark  "

Sous les traits féminins, il y a comme une pâleur, un haut-le-cœur à chaque fois que son regard croise le tien, qu’un mot est adressé, comme si elle te craignait. La satisfaction d’être enfin respecté s’enroule à ton ventre ; elle n’est pas Jasmine et son insolence à te provoquer, à s’entêter à se dresser face à toi. Elle en a payé les conséquences, balayée, brisée sous ton autorité. Shéhérazade a appris de sa stupide aînée ; elle sait que tu peux aisément remplacer, rectifier les pièces défaillantes. Elle sait que tu n’hésiteras pas, que tu n’hésites plus.

Du coin de l’œil, tu l’observes trembler, vaciller devant la coupe tendue. Il y a de l’amusement à la voir quasi tourner de l’œil, hésiter à refuser, tenter une rébellion et l’étouffer dans l’œuf ; la princesse héritière attrape l’objet, poussant un « merci, mon seigneur » du bout des lèvres. Et tu ronronnerais presque à la voir s’agenouiller, se soumettre. Tu te dis que tu aurais dû la choisir dès le départ, t’épargner l’ennui d’une princesse barbante pour une plus conciliante. Là où Jasmine est une enfant gâtée, mille fois désirée, Shéhérazade s’écoule en myriade de douceur, de chaleur discrète. Et tu n’as jamais prêté attention envers la flammèche, lui préférant, à tort, des feux ardents, brûlants. Tu n’as  jamais vu la princesse cachée, reniée pour son sang sale, pour sa naissance indigne de cette royauté bleue. Peut-être aurais-tu dû plus la regarder, lui prêter des attentions, un ballet de galanteries. Peut-être n’aurais dû tu pas attendre d’être lassé, agacé des jeux de dupe de la première pour épouser l’obéissance de la seconde. Peut-être, oui.

La vérité est pourtant là : le rôle d’épouse, de ton épouse, lui sied à merveille.
Shéhérazade, dans son profil, a tout d’une reine (des enfers), de Darkmoor. La dignité de son port épouse la courbe gracile de son visage, redessine les traits fins. Dans son naturel, dans sa douceur, tu lui trouve une modestie innocente, prudente. Le tremblement de sa coiffe attire un regard amusé, sa maladresse n’est pas digne des dieux mais flirte avec sa mortalité, la rendant si fragile, si docile. Tu entends bien ses cris d’oisillon, tu sais qu’elle réclame ton attention, et pourtant tu la laisses s’engluer dans sa toile, te délectant de sa petitesse, de sa délicatesse. La pauvre princesse n’a jamais désiré son rôle, trop habituée aux ombres ; elle n’a jamais eu l’habitude de réclamer, d’exiger, de sommer.  Et pourtant, maintenant, elle peut tout avoir, elle n’a qu’à tendre les doigts pour l’attraper, l’arracher. Elle qui n’avait rien, maintenant, tout lui appartient.

Alors tu la laisses s’égosiller, ou du moins essayer : « Est-ce que mon seigneur veut ... du vin à nouveau ? Un instant, le serviteur est appelé, l’alcool coule dans la coupe. Le festin était généreux, il a dû vous assoiffer, mon seigneur. »  Nonchalamment, les doigts sont tendus pour attraper l’objet, intercepter la boisson qu’elle te tend. Tu lui trouves de la candeur, dans ses hésitations, dans ses balbutiements comme une enfant qui ne sait pas marcher. Tu lui trouves une humanité fragile et pourtant consciente de sa futile existence : « Je vois que vous remplissez déjà parfaitement votre rôle d’épouse. » Il y a le constat simple et irrémédiable : Shéhérazade connait sa place. Et c’est agréable d’en avoir vraiment une qui sait se la fermer et opiner pour simplement s’exécuter sans jamais rien discuter.

La coupe est doucement portée aux lèvres, observant la femme, le sourire aux lèvres. L’alcool a un goût bien plus âpre, oscillant entre son amertume naturel et ce quelque chose qui titille tes papilles : « Mh, vous ne trouvez pas que ce breuvage a un goût déplaisant ? Il agresse les saveurs, remplis le cœur d’une rancœur horrible, terrible. Vous, l’ordre fait sursauter un serviteur, veuillez détruire toutes les caisses de ce vin ; il est infect. M-Mais, mon seigneur, vous l’avez choisi vous-même. Il y a un agacement face à la remise en question de trop. Voulez-vous connaître les geôles de ce palais ? Voire votre tête au bout d’un pique ? Non ? C’est bien ce qu’il te semblait. Maintenant, exécutez-vous. Un silence, un hochement de tête et il s’apprête déjà à tourner les talons : Et excusez-vous auprès de mon épouse pour avoir osé lui servir cette horreur. » Lâches-tu, dans un mouvement de main, dans un bruit de bijoux précieux. Tu ne fais pas attention à l’œillade dédaigneuse, orageuse qu’il balance à la jeune princesse, se disputant le (dés)honneur de s’agenouiller, de s’excuser devant celle qui fut son égale. « Pardonnez-moi, votre altesse. », parvient-il à souffler, entre ses dents serrées, remportant la coupe avec lui.

« Permettez-moi de m’excuser, à mon tour, de cette désagréable aventure, princesse. Lui glisses-tu, avalant un grain de raisin, au passage. Qu’est-ce qui vous ferait plaisir ? Et peut-être t’a-t-il attendri, adouci par ses tremblements, sa résilience. Peut-être es-tu bon prince, au fond, n’envisageant que de combler tout ses besoins. Vous pouvez tout exiger, bien sûr. Un silence, un bruit de mastication. Dans la limite du possible. Et du raisonnable.» Et Zeus savait que rien ne t’était réellement impossible, que tu peux tout faire pour contenter épouse, ton épouse.

Et peut-être es-tu disposé à lui offrir un peu de bonheur dans cette union forcée, que tu as décidé. Après tout, les mortels ne sont pas si compliqués ; ils se contentent de peu, faute de mieux, tant leur existence s’en trouve écourtée, si vite pulvérisée. Alors tu peux bien lui accorder ça, tu peux bien vouloir ça : qu’elle soit un peu heureuse, plus vraiment malheureuse.
Revenir en haut Aller en bas
way down the river we go
Neha Kaur
Voir le profil de l'utilisateur
pseudo, prénom : sovereign (elodie)
date d'inscription : 10/11/2018
messages : 127
avatar © : neelam gill (ice and fire, goonfreecss & ibuzoo)
fairytale counterpart : shéhérazade (1oo1 nuits)
activité rp : ●●●○○ [3/5] disponible (ec: nick, hadès, alastair) (uc: -)

MessageSujet: Re: i will follow you into the dark. (shadès) Dim 20 Jan - 23:30


+ i will follow you into the dark +


(Elle est seule avec lui désormais)
« Je vois que vous remplissez déjà parfaitement votre rôle d’épouse. » Elle acquiesce timidement, mais les remerciements de convenance meurent, apeurés, à l'orée des lèvres, ils s'étouffent dans la timidité cultivée depuis l'enfance, la modestie enseignée à coup de gifles et de réprimandes.

Shéhérazade n'est pas Jasmine, elle n'a pas la force, la poigne des rois et des reines persuadés de leur tout-puissance. Non, la bâtarde est faible, la biche a trop souvent frôlé le seuil des enfants. Elle, plus que quiconque, a conscience de sa mortalité, de sa fragilité. Et au creux du ventre, elle n'a que cette peur de crever, cet instinct puissant, prégnant de survie.

Alors s'il faut ployer, s'il faut s'effacer pour survivre ; elle survivra.
Shéhérazade n'a jamais eu la fierté des chênes qui endurent la tempête jusqu'à vaincre ou périr.

Du coin de l'oeil, elle surveille la coupe qu'il porte à ses lèvres, pupille dilatée par le stress, l'angoisse d'être découverte se dilue dans l'anxiété qu'il provoque chez elle. Et s'il se doutait de quelque chose ? Se voyant observée, un sourire s'esquisse sur les lèvres, avec timidité, nervosité. Et si ça fonctionnait, que ferait-elle ? L'idée de s'enfuir l'effleure mais où irait-elle ? Elle n'avait que Jasmine et Jasmine n'est plus là. Elle est seule. « Mh, vous ne trouvez pas que ce breuvage a un goût déplaisant ? » Les mots charrient une colère qui la fait se rapetisser, se tasser sur sa place. Correction : elle est seule avec lui. Le hâle de sa peau pâlit. « Vraiment ? sa question n'est qu'un souffle éteint : c'est sans doute parce que mon seigneur a un palais plus déli- » Mais il ne l'écoute déjà plus s'il l'a écoutée à un instant.

Déjà il interpelle un serviteur.
(Va-t-il ordonner à l'homme l'emmener loin d'ici, là où on pourra la tuer discrètement ?)
Déjà il lui ordonne de détruire le vin.
(Pense-t-il qu'elle a empoisonné toutes les caisses ?)
Déjà il menace l'homme de l'enfermer, puis de l'exécuter.
(Croit-il qu'il est son complice ?)

(Est-ce déjà la fin ?)

« Mon seigneur, je vous en prie ... » tente-t-elle, ses doigts frôlant à peine ceux de Jafar, craignant d'attirer son attention autant qu'ils la réclament. Elle veut le convaincre (peut-être même le supplier) qu'elle n'est pas coupable, que l'homme n'est pas son complice, promettre la sagesse et la soumission s'il le faut pour survivre, respirer encore une heure, encore un jour. « Mon seigneur, je » « Et excusez-vous auprès de mon épouse pour avoir osé lui servir cette horreur. »

Pardon ?

Les yeux de biche s'égarent de Jafar au serviteur avant de revenir sur son époux, puis sur le serviteur à nouveau.
S'excuser ? A elle ?

Personne ne l'a jamais fait.
Et le serviteur n'est pas ravi d'être le premier, et sans doute le seul, à devoir le faire pour la bâtarde du sultan, la domestique de rien qu'on a tiré d'il ne sait quel trou puant du palais. « Ce n'est pas - » nécessaire, veut-elle insister, toujours trop prompte à esquiver les confrontations, à éviter de s'aliéner le palais plus que ça ne l'est déjà. Mais l'homme s'exécute, la rancoeur et le dédain au coin de la bouche. « Pardonnez-moi, votre altesse. » Lui, c'est certain, ne lui pardonnera jamais l'affront d'avoir eu à s'agenouiller.

« Permettez-moi de m’excuser, à mon tour, de cette désagréable aventure, princesse. » Un cliquetis de bijoux d'or et de pierres précieuses accompagne le mouvement de sa tête, souligne la modestie qui n'est qu'en fait qu'un silence coupable. « Qu’est-ce qui vous ferait plaisir ? » « P-pardon ? » Perplexe, l'oeil s'égare vers la coupe timidement vidée au cours de la soirée. A-t-elle trop bu ? Est-ce sa coupe qui, en réalité, était empoisonnée ? « Vous pouvez tout exiger, bien sûr. Dans la limite du possible. Et du raisonnable » insiste-t-il et elle a soudainement le vertige, incapable de savoir ce qu'elle veut en vérité (survivre, respirer encore un jour, encore un peu). « J-je ne sais pas » admet-t-elle après un moment. On ne lui a jamais vraiment demandé ce qu'elle voulait. Jasmine lui a bien demandé si la situation lui convenait, et elle a toujours dit oui, craignant de perdre sa soeur, le peu d'amour, fut-il fraternel, qu'elle avait dans sa vie. Mais ce qu'elle veut ? C'est ouvrir un nouvel horizon qu'elle n'a jamais osé fixer. « M-mon seigneur me prend au dépourvu ... est-ce que ... » vous voulez bien sauver Jasmine, s'il vous plaît ? souhaite-t-elle demander, supplier. Mais sous le regard perçant de Jafar, elle retient ses mots. Jasmine, sûrement, est loin ; Shéhérazade est persuadée qu'Aladdin l'a sauvée, va la préserver. Jafar, elle n'en doute pas une seconde, va s'énerver si le nom de sa soeur s'égare sur ses lèvres - un moment de pitié, un instant de générosité ne signifie pas qu'elle sera sauvée. « Est-ce que mon seigneur accepte de me laisser le temps de la réflexion ? » demande-t-elle à la place

Car elle est seule avec lui désormais.
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé

MessageSujet: Re: i will follow you into the dark. (shadès)

Revenir en haut Aller en bas

i will follow you into the dark. (shadès)

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut
Page 1 sur 1

Sujets similaires

-
» LES CARRIERES DE DARK HERESY
» DARK MILLENIUM ONLINE
» Dark Crusade Apocalypse 2010
» Dark-Purple
» [700pts] Dark Eldar, première partie

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
tales down the river :: erathia, engla beorhtast :: darkmoor :: deyja-