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facts are many but the truth is one (heathy)

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way down the river we go
Liam Abernathy
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MessageSujet: facts are many but the truth is one (heathy) Mer 21 Nov - 19:05

I can control my destiny, but not my fate.
Destiny means there are opportunities
To turn right or left, but fate is a one-way street.
I believe we all have the choice as to whether
We fulfill our destiny, but our fate is sealed.

Heathcliff n'avait jamais été un homme de regrets. Il avait toujours suivi son coeur, sa morale, ses responsabilités. Quand bien même ses choix lui coûtaient parfois beaucoup, ils les préférait mille fois à la conscience torturée réservée à ceux qui se laissaient guider par de mauvaises intentions. Par des émotions comme la haine, la colère, l'envie de vengeance. Heath n'était plus certain de savoir s'il avait encore quelque chose en commun avec celui qu'il avait été pendant près de trente ans. Noirci par le chagrin, la saveur du monde lui semblait éteinte et rien ne parvenait à réveiller le moindre intérêt en lui, si ce n'était sa soif de justice. Une soif dévorante et carnassière, finalement pas bien différente de celle qui avait animé la bête qui l'avait privé de sa femme. Une bête qu'il cherchait depuis jour et nuit, faisant de la traque son unique but avec, à la clé, l'infime possibilité de pouvoir terminer sa vie sans saveur dans un semblant de paix intérieure. C'est d'un sommeil troublé que Heath s'est réveillé ce matin là, rejouant depuis quelques jours déjà la scène de sa conversation avec Ravenna, peinant à se faire à l'idée qu'il avait probablement condamné Blanche à un sort qu'il se refusait d'imaginer. Etait-ce vraiment sa faute, après tout ? Ne l'avait-elle pas un peu cherché en refusant sciemment de lui donner un quelconque indice sur la bête qui avait dévoré sa femme ? Il n'arrivait pas à comprendre qu'elle puisse garder pour elle de telles informations, ni même qu'elle songe à protéger qui que ce soit capable de commettre de telles atrocités. La douce Blanche avait finalement bon nombre de choses à se reprocher et ne valait peut-être pas mieux que les autres. De là à aller jusqu'à la laisser souffrir des plans nuisibles de Ravenna ? Peut-être bien. Mais, même si ça avait été le cas, Heath ne pouvait s'empêcher d'être rongé par la culpabilité tant il voyait en Blanche l'ombre de sa défunte femme. C'est probablement cette pensée qui le poussa à prendre son arbalète ce soir là, décidé à ne pas sombrer dans la folie face à ses remords de n'avoir rien fait pour empêcher qu'on blesse une innocente. C'est ainsi sans une once d'hésitation que Heathcliff pénétra dans les coins sombres de la forêt de Murmurwoods, à l'heure où rien de bon ne pouvait décemment s'y produire. Il s'y plongea avec prudence, pas moins déterminé pour autant, bien qu'il ne sache pas à quoi s'attendre. Peut-être était-il en train de se mettre sérieusement en danger, et peut-être périrait-t-il dans sa quête -pensée qui ne l'alarma pas autant qu'elle aurait du-. Au moins réussirait-il peut-être à faire quelque chose de bien, chose qu'il avait l'impression de ne pas avoir faite depuis plusieurs décennies. « Blanche ? » tente-t-il d'un ton prudent, l'arbalète levée devant lui. Il savait qu'elle ne pouvait pas être bien loin, Ravenna lui ayant fait savoir que ça se passerait dans la forêt. Quelques craquements de branches et de feuilles mortes lui servirent de réponse, rien d'assez audible cependant pour qu'ils ne trahissent la présence de Blanche ou de qui que ce soit d'autre. Il s'arrêta un instant, tendant l'oreille alors qu'il lui semblait entendre quelques brides de conversation. Heath ne sait pas encore à cet instant qu'il arrive trop tard et que tout a déjà commencé et, pire, s'apprête à se terminer sous ses yeux. Il approche en silence, découvrant un endroit légèrement dégagé des arbres et éclairé par la lueur blanchâtre de la lune. Sur place, il croit reconnaître un homme -James lui semble-t-il- puis Blanche. Et à côté, Holly. Pourquoi Holly ? N'était-elle pas supposée être à l'auberge plutôt qu'un beau milieu de la forêt de Murmurwoods ? Ce à quoi il assiste alors dépasse son entendement, et il peinera à se souvenir exactement du pourquoi du comment de la situation. Il croit en tout cas comprendre que Blanche est en danger -assez simple, puisque c'était la raison de sa présence en premier lieu-, et que Holly est là pour lui venir en aide. Ce qu'il ne parvient pas à comprendre, par contre, c'est que la silhouette féminine -et humaine- de Holly s'agite, prise de secousses et se métamorphose en démon. Un loup. Une louve. Une bête. L'arbalète toujours levée, il pourtant bien incapable de tirer, quand bien même son viseur ne quitte pas un instant la fourrure grise. Il assiste à la scène, immobile. C'est quand il réalise que sa présence est tout sauf nécessaire qu'il s'autorise enfin à faire demi-tour, pris par une envie viscérale d'oublier tout ce qu'il vient de voir. Il marche, court presque. Quand un craquement de branche -lourd et bien audible, cette fois-ci- se fait entendre derrière lui, Heath fait brusquement volte face et pointe son arme sur ce qu'il sait être une Holly de nouveau humaine, à demi tapie dans l'ombre. « N'approche pas. Reste où tu es, ou crois-moi que je n'hésiterais pas une seconde à tirer. » gronde-t-il d'une voix sombre. Son coeur pulse violemment dans sa poitrine, chacun de ses muscles est tendu. « C'était toi ? » souffle-t-il à demi-mot. Un bref silence s'installe et ses doigts déserrent un instant leur prise sur son arme. « C'était toi depuis le début ? » Le ton hausse, il ressert cette fois-ci sa prise sur l'arbalète et laisse la haine l'envahir, aveuglante et suffisamment brûlante pour dissiper ses sentiments contradictoires envers Holly qui lui déchirent les entrailles.
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MessageSujet: Re: facts are many but the truth is one (heathy) Dim 25 Nov - 22:14


◊ ◊ ◊
For this is the end, I’ve drowned and dreamt this moment.
So overdue I owe them, swept away, I’m stolen.

Quelque chose ne collait pas. Holly avait toujours été femme précautionneuse, refusant de prendre des risques inutilement, mais aussi femme d'instinct. Il était quasi animal, et se renforçait chaque fois que la pleine lune s'affichait dans la nuit étoilée de Kriegspire. Les nombreuses aventures et l'expérience du danger qu'elle avait faites lui soufflaient que quelque chose se passerait ce soir-là sans qu'elle ne puisse mettre le doigt sur ce qui la dérangeait. Peut-être sa dernière discussion avec Blanche l'avait-elle mise sur la piste d'un danger plus grand encore que ceux qu'elles avaient connus jusqu'à présent. Celle-ci s'était absentée à la demande de James, qui l'avait enjointe à le retrouver au beau milieu de la forêt inhospitalière de Murmurwoods par le biais d'une missive exempte du blason de la famille princière de Kriegspire. Ce simple fait avait attisé ses suspicions, assez pour en faire part à Blanche qui, fidèle à elle-même, avait tenté de la rassurer avant de s'y rendre en dépit de la demande d'Holly de n'en rien faire. Yeux rivés sur la lune montante dans le ciel, depuis la fenêtre de son auberge, le loup guettait le moindre indice. Peut-être son instinct la trompait-il, peut-être voyait-elle le mal partout, peut-être que sa méfiance n'avait pas lieu d'être, mais elle ne le saurait pas à moins d'aller vérifier par elle-même que Blanche ne risquait rien. Prise par l'adrénaline, elle quitta l'auberge pour s'enfoncer dans les profondeurs de la forêt, ignorant la cape rouge posée sur la chaise de bois censée la protéger de sa propre malédiction. Ses sens en alerte, elle se reposa sur son flair presque animal pour trouver la trace de son amie qu'elle repéra sans mal : Blanche dégageait un parfum reconnaissable entre mille, et quand bien même ce n'aurait été le cas, des années à vivre dans la forêt avaient permis à Holly de devenir une traqueuse efficace. Sa recherche la mena tout droit à une clairière baignée par la lune haute dans le ciel, et sur Blanche en discussion avec James. Holly s'autorisa un soupir de soulagement en réalisant qu'une fois de plus, elle s'était inquiétée pour rien. Prête à revenir sur ses pas et rentrer à l'auberge avant que la pleine lune n'atteigne son point le plus élevé, elle s'arrêta dans son élan en apercevant l'éclat écarlate d'une pomme que James venait de tendre à son épouse, qui ne manqua pas d'en croquer un morceau. Elle sut, à cet instant précis et sans même avoir besoin de vérifier sa théorie, que ce qu'elle soupçonnait était en train de se produire. Elle se précipita vers son amie et la satisfaction malsaine qu'elle lut dans le regard de James lui donna raison. Ce n'était pas le regard qu'il lui offrait d'ordinaire, et Holly ne reconnaissait même pas son parfum, fait de senteurs plus féminines et toxiques que celles de James. Holly fronça les sourcils. « Tu n'es pas James. » Ce n'était pas une question, mais une affirmation, et elle saisit la main de Blanche pour l'obliger à lui faire face. « Blanche, ce n'est pas James, c'est un piè... » Elle ne put achever sa phrase. Deux événements distincts, et pourtant infiniment liés, se déroulèrent l'un à la suite de l'autre : Blanche s'effondra sur le sol, inconsciente, avant que le dernier nuage masquant la lune ne se dissipe, permettant à la lumière de celle-ci d'atteindre Holly. Elle sut, avant même d'en sentir les premiers effets, qu'elle était arrivée trop tard. Si Blanche ne mourait pas du poison, elle mourrait sous la morsure fatale du loup dont Holly était en train de prendre l'apparence. Ses os craquèrent, ses yeux se révulsèrent et elle hurla de cette douleur familière avant de tomber à genoux et de laisser sa malédiction prendre le dessus et la transformer. Celle-ci ne durait que quelques secondes, mais celles-ci lui semblèrent durer une éternité tant la douleur était insoutenable. Bientôt, la louve remplaça la femme, la gueule ouverte, les yeux brillants d'une rage dirigée à l'encontre de l'imposteur qu'elle fit fuir avant même d'avoir pu se jeter sur lui. Prête à partir à sa suite, la louve s'interrompit, les deux oreilles dressées au son d'un craquement venu de l'autre côté. Ses yeux jaunes se posèrent sur un homme et le choc engendré par la découverte mit un terme brutal à sa transformation. En quelques secondes, elle redevint Holly, partagée entre la stupeur de cette interruption et la vue de Heathcliff, qui posait sur elle un regard empli de dégoût qu'elle n'avait jamais vu jusqu'à présent. L'espace de quelques secondes, elle resta immobile, incapable de penser, incapable de réfléchir, uniquement consciente de la flèche qu'il pointait en sa direction et dont elle savait qu'il n'hésiterait pas à la tirer avec sa précision habituelle. Puis l'instinct reprit le contrôle de son esprit, dans lequel des centaines de pensées s'entrechoquaient. L'urgence de la situation lui permit de retrouver un semblant de maîtrise. « Si tu me tues maintenant, tu tues aussi une innocente. » Elle désigna le corps inerte de Blanche, auprès duquel elle s'agenouilla. « Elle a été empoisonnée, je n'ai pas beaucoup de temps, il faut que je la ramène à l'auberge et que je la soigne. » Mais ses mots restèrent sans effet, le chasseur continua de la mettre en garde de son arbalète. Le souffle court, paniquée à l'idée non de mourir, mais de perdre son amie, elle releva la tête et fixa Heathcliff d'un regard plaintif. « Je t'en supplie. Je ne te demande pas de le faire pour moi, mais pour Blanche. Elle ne peut pas mourir, pas maintenant, pas comme ça. »

(…)

L'épuisement se lisait sur son visage d'ordinaire si serein. La nuit avait laissé place au jour quelques heures plus tôt, mais Holly n'avait trouvé aucun repos. Elle avait passé son temps à concocter ce qu'elle espérait être un antidote suffisamment puissant pour sauver Blanche, endormie paisiblement dans le lit d'une des chambres vacantes de son auberge. Elle venait de le lui administrer, et ne pouvait désormais que prier pour cela suffise. Ses connaissances d'apothicaire étaient suffisamment correctes pour soigner brûlures, blessures superficielles, mais jamais encore elle n'avait du préparer un remède à un poison dont elle ignorait la composition. Holly savait qu'elle ne pourrait rien faire de plus, et que rester dans cette chambre ne la sauverait pas elle, pas alors qu'Heathcliff (qui avait accepté de retarder l'inévitable pour le bien de Blanche) se trouvait ici, prêt à achever ce qu'il avait commencé dans la forêt. Holly retira sa main de celle de son amie, et quitta la chambre à pas de loup. Le plancher de bois craqua sous ses pas, mais elle n'en fit pas cas : elle ne cherchait pas à se cacher, encore moins à s'enfuir. Elle descendit l'escalier menant à la pièce principale de l'auberge, déserte à l'exception d'Heathcliff, dont le regard ne traduisait que dégoût et haine à la seconde où il se posa sur elle. « Merci » souffla-t-elle, consciente cependant que cela ne changerait rien à sa situation. C'était sans importance, désormais. Un sourire triste étira brièvement ses lèvres. « Nous y voilà, alors. Tu vas tuer le monstre qui t'a pris ta femme après l'avoir cherché si longtemps. Je ne t'en veux pas, Heathcliff. Je n'aurais jamais du vivre aussi longtemps, j'ai gagné bien des années de sursis sans le mériter. Crois-tu que ta vengeance t'apportera enfin la paix ? » C'était une véritable question, dont la réponse lui permettrait au moins de partir en sachant que ce ne serait pas vain.
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MessageSujet: Re: facts are many but the truth is one (heathy) Jeu 27 Déc - 19:00

Le choix qui s'imposait à Heathcliff à cet instant n'aurait pas du en être un. Choisir entre sa vengeance et préserver la vie d'une innocente. Tuer Holly ou sauver Blanche. Vivait-il réellement dans un monde où son instinct premier lui criait de transpercer Holly de sa flèche la plus mortelle ? Une partie de lui -la plus importante- refusait de croire que la douce et charmante propriétaire de l'auberge puisse devenir un monstre sanguinaire une fois la nuit tombée. Le choc était d'autant plus violent que Heathcliff n'avait jamais vu en elle une simple propriétaire d'auberge et que la nature de ses sentiments pour elle étaient déjà bien assez flous avant la révélation de cette nuit. Heath ne parvient pas à baisser son arme, tout comme il est bien incapable de quitter le terrible canidé -la douce Holly- du regard, quand bien même elle retrouve bientôt une forme humaine. Pas un vêtement n'a survécu à l'hideuse transformation, pourtant il est bien trop chamboulé pour se soucier de la pudeur de la brune : pire, une partie de lui reste persuadée qu'elle serait capable de lui sauter à la gorge s'il la quittait du regard ne serait-ce qu'une seconde. Sa confiance déjà fragile depuis la mort de sa femme venait de brutalement voler en éclats et menaçait dangereusement de détruire son l'équilibre mental. Les mots -ou plutôt les supplications- d'Holly peinaient à se faire un chemin jusqu'a son crâne, son esprit ayant déjà quitté ces bois. Seul le contact de l'arbalète le ramenait à l'incompréhensible réalité alors qu'il la pointait encore et toujours sur Holly. « Va. » N'importe quel autre mot aurait fini par s'étrangler dans sa gorge et c'est tout ce qu'il était capable de lui donner. Le sort de Blanche le rendait tout sauf indifférent, pourtant il ne posa pas un regard sur son corps inerte jusqu'à ce que le sien et celui d'Holly quittent son champ de vision, direction l'auberge. Le calme revint aussi vite qu'il avait été brisé et Heath resta planté là, assourdi par un silence qui ne fut d'aucun réconfort à son esprit en ébullition qui finit par s'anesthésier aux premières lueurs du jour, subissant le même sort que ses mains bourrées de crampes qui n'avaient toujours pas quitté son arme. (...) L'auberge dans laquelle il venait de remettre les pieds n'avait plus rien de familier tant il la voyait d'un nouvel oeil. La table à laquelle il avait si souvent soupé, laissant parfois son regard se perdre sur une Holly en pleine agitation, déterminée à faire de l'auberge un endroit agréable, ne lui inspirait rien de plus qu'une profond sentiment de trahison. C'est pourtant en se laissant guider par ses anciens automatismes qu'il se plaça derrière cette même table, posant son arbalète sur le bois usé. Il estimait ne plus en avoir autant besoin que quelques heures plus tôt, et pour cause : le couteau de chasse camouflé à sa ceinture lui suffisait amplement pour se sentir en sécurité. Il songea même que le planter dans le coeur d'Holly lui apporterait davantage de satisfaction que de l'achever à l'arbalète comme il avait pensé le faire pendant la nuit. Une mort plus personnelle, à l'image de celle qu'elle avait offert à sa femme en lacérant sa chair. Il attendit patiemment Holly, trouvant presque un réconfort nouveau dans le silence qui ne l'avait pas quitté depuis des heures. Plus rien ne pressait à présent, pas quand le seul objectif de sa vie sans saveur s'apprêtait à descendre les escaliers d'un moment à un autre. Il aurait aussi bien pu attendre des jours, des mois, des années tant il n'envisageait rien après ce moment. Comme si sa vie était supposée s'achever au moment même où il prendrait celle du meurtrier de sa femme. Voilà qu'elle descend finalement. Prête à l'achever lui aussi, histoire de mettre une fin définitive au mariage Abernathy ? Une hypothèse parmi les cent autres que Heathcliff avait envisagées. Et, pour chacune d'elle, la fin était la même : la pointe de son couteau dans la poitrine d'Holly ou dans la fourrure grise de la bête. Heathcliff n'arrivait plus à se dire qu'Holly était belle. Tout ce qu'il voyait en l'observant descendre les marches, c'était le monstre caché sous des traits trompeurs et trop doux. La laisser parler ne faisait pas partie de la plupart des scénarios qu'il avait envisagé, bien que ça ne change pas grand chose à ses yeux : la fin serait la même. Heath n'avait pas même peur de se laisser attendrir tant la haine lui aveuglait les sens. « Blanche fait partie de ces personnes qui ne méritent pas d'être laissées agonisantes dans les bois, contrairement à toi. » répliqua-t-il d'un ton placide face à ses remerciements qu'il considéra comme feints. Comment Holly pouvait-elle prétendre se soucier du sort des autres ? Blanche bénéficiait sûrement de sa compassion au lueurs du jour mais ça ne changeait rien au sort de ses victimes à la tombée de la nuit : dévorées vivantes. « Tu comptes me faire croire que mes états d'âme te préoccupent ? S'il te plaît, je ne suis pas dupe. Sache par ailleurs que les tiens m'indiffèrent tout autant. » Le but : couper court à ses derniers mots bien trop sereins compte tenu du sort qui l'attendait. Comment pouvait-elle être aussi calme alors qu'il s'apprêtait à la tuer ? Il refusait de faire face à une telle acceptation. N'avait-elle pas l'intention de se battre pour sa vie, comme sa femme avait du le faire entre ses crocs ? « Ma seule paix sera de te savoir revivre la mort de tes victimes en enfer, parce que c'est là que tu iras, Holly. Là-bas et nul part ailleurs. » Il aurait voulu ne pas céder à la colère. Peut-être parce que c'était ce que Holly attendait de lui : le poison dans ses paroles qui ne donnaient qu'un peu plus de panache à ses meurtres. Heathcliff serra le poing, sentant le peu de contrôle qu'il avait réussi à emmagasiner dans la nuit quitter son corps à vitesse grand V. Il n'était pas certain de pouvoir attendre plus longtemps, et pourtant une question le démangeait encore. « Pourquoi elle ? » Si sa voix ne se brisa pas, on pouvait malgré tout y déceler toute la douleur de la perte qui le hantait encore aujourd'hui. Une question déraisonnée qui ne trouverait jamais de réponse acceptable mais qui faisait écho à l'incompréhension et à l'injustice qu'il avait tant de mal à accepter. Pourquoi elle, pourquoi sa femme, sa pure et simple raison de vivre et pas quelqu'un d'autre à sa place ?
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MessageSujet: Re: facts are many but the truth is one (heathy) Dim 30 Déc - 23:32

Holly aurait du avoir peur. Elle aurait du être terrifiée, même. Mais étrangement, elle se sentait plus sereine qu'elle n'aurait du l'être. Elle avait anticipé sa mort si souvent, si longtemps, qu'il ne s'agissait plus que d'une formalité à ses yeux. Oh bien sûr, elle avait quelques appréhensions. La ferait-il souffrir atrocement en guise de vengeance ? Prendrait-il son temps, ou porterait-il le coup fatal rapidement ? Mais surtout, serait-il soulagé après ? Heathcliff, tout chasseur qu'il était, ne savait pas ce que donnait la mort pouvait apporter comme tourments. Il ne savait pas que la tuer ne soulagerait que temporairement sa peine, mais qu'elle ne le sauverait pas, pas plus qu'elle ne le rendrait heureux. La mort ne rendait pas heureux, elle détruisait, et Holly en était plus que jamais consciente. Prendre une vie revenait à offrir au néant une partie de son humanité, une partie de son âme. La sienne était incomplète depuis si longtemps qu'elle en avait oublié à quoi le bonheur ressemblait. Mais lui... lui était innocent. Comme son épouse. Elle aurait voulu pouvoir lui dire cela, lui expliquer ce qui l'attendrait une fois la mort donnée. Lui expliquer qu'il n'irait pas mieux, car une vie pour une vie ne lui rendrait pas l'amour perdu quand bien même il le désirait de toutes ses forces. Plus que pour elle, Holly avait peur pour lui. Peur de ce qu'il pourrait devenir, après elle. « C'est vrai » concéda-t-elle avec douceur, incapable de faire preuve de la moindre colère à son égard. Elle aurait pu, pourtant. Après tout, elle lui avait offert un refuge, avait donné un semblant de sens à son existence, l'avait laissé pénétrer petit à petit dans une intimité qu'elle protégeait pourtant si fort en temps normal. Il l'avait connue comme peu d'autres personnes la connaissaient, à l'exception peut-être de Granny, et de Blanche. Elle l'avait autorisé à faire tomber ses barrières et à mettre une partie de ses sentiments à nu. Pas assez, toutefois, pour faire pencher la balance en sa faveur et un goût de regret dans la bouche, elle acquiesça lentement. « Me crois-tu assez monstrueuse pour me moquer de ton sort ? Je suis encore humaine. » Pas entièrement, pas tout le temps, mais bien assez pour ressentir les émotions avec force. Elle était humaine, et ces simples mots auraient du suffire à changer la donne. Plus que tout, Holly aurait voulu qu'il lui laisse une chance de s'expliquer, de lui raconter son histoire, ses égarements, ses peurs, ses espoirs. Pas pour gagner le droit de vivre – elle ne le méritait pas – mais pour qu'il sache tout de la créature qu'il comptait abattre. « Probablement » concéda-t-elle à nouveau. Elle ne croyait en aucun dieu, pas même ceux de l'Olympe. Elle ne croyait pas à la possibilité d'aller quelque part après sa mort, n'imaginait qu'un vide abyssal dans lequel elle se perdrait encore, et encore, et encore, jusqu'à la fin des temps. A ses yeux, ce destin était bien plus funeste que n'importe quel autre enfer. Le vide. La solitude. L'éternité. Elle sentait Heathcliff prêt à perdre patience, à la fusiller sur le champ pour la faire taire, mais il ignorait que pour la première fois depuis bien trop longtemps, la parole se libérait. Enfin pouvait-elle conter son histoire, et ses horreurs. Peu importait qu'il ne l'écoutât pas, ou qu'il la haït davantage, si tant est que cela fut possible, elle voulait juste parler – se confier, comme elle l'avait souvent fait avec lui sans jamais pouvoir se livrer entièrement. « Ca ne fonctionne pas comme cela, Heathcliff. » Elle poussa un soupir lancinant et, sans le quitter du regard, s'assit à cette fameuse table qui avait abrité tant de conversations, jusque tard dans la nuit. « Laisse-moi te raconter la véritable histoire. Accorde-moi dix minutes supplémentaires avant d'exécuter ta vengeance. Je ne m'enfuirai pas, je te le promets. » Et cela, même si ses promesses ne valaient désormais plus grand-chose à ses yeux. Elle sonda son regard glacial pour y trouver une autorisation, mais se heurta à la haine qu'il lui renvoya. Jugeant qu'il aurait pu l'interrompre s'il y était farouchement opposé, Holly s'autorisa à commencer le long récit d'une vie maudite, sans ordre particulier, sans cohérence entre les bribes d'histoires. « Je ne contrôle pas ma mutation. J'ai lu que certains loup-garous, lorsqu'ils restent trop longtemps seuls, apprennent à embrasser leur nature animale et parviennent à contrôler leur transformation. Ils peuvent devenir humain, ou loup, selon leur propre volonté pendant les trois nuits de pleine lune. Ce n'est pas mon cas. J'ai grandi comme une humaine auprès de la femme qui m'a recueillie et je subis chacune de mes transformations. » Elle marqua un temps d'arrêt, cherchant la meilleure façon d'exprimer les sensations qu'elle éprouvait en devenant louve. « C'est une torture physique. Tous les os de mon corps se tordent, se déforment pour devenir ceux d'un animal. Je lutte à chaque fois contre ma transformation, ce qui ne fait qu'augmenter la douleur. Et chaque fois que je redeviens moi-même, je ne conserve aucun souvenir de la nuit précédente. » Ne pas savoir ce qu'elle avait fait ne faisait que renforcer sa culpabilité. La plupart du temps, elle ne tuait que de petits animaux qu'elle prenait en chasse, fidèle à sa nature bestiale. Mais il suffisait d'une fois pour commettre l'irréparable. « Je n'ai découvert la vérité qu'après la mort de Granny. Elle m'a protégée toute ma vie de mon propre sort, et depuis je n'ai eu de cesse de chercher un moyen de me guérir. C'est pour cela que je m'absente si souvent, et que je reviens en piteux état. A ce jour, je n'en ai trouvé aucun. » Elle contait cela avec une infinie douceur, comme si elle craignait de perdre le contrôle en élevant la voix. Elle ne cherchait pas à obtenir sa pitié, seulement à lui faire prendre conscience qu'il existait deux côtés à chaque histoire. « Je pensais n'avoir jamais... tué. Des humains, du moins. Jusqu'à te rencontrer et apprendre la mort de ta femme. Je suis désolée Heathcliff. Je sais que tu n'y crois pas, et je ne peux pas te le reprocher. Mais je le suis réellement. Je ne me souviens pas de sa mort. Je ne l'ai pas choisie elle plus qu'une autre, elle était seulement au mauvais endroit au mauvais moment. » Une bien maigre consolation, et Holly en avait pleinement conscience. C'était pourtant là la stricte vérité, et c'était la seule chose qu'elle pouvait encore lui offrir. « Le reste du temps, je suis moi. Holly, l'aubergiste un peu gauche, discrète et amoureuse des livres. » Une façon de lui rappeler que la personne qui lui faisait face à cet instant précis n'était pas le montre dont il désirait tant se venger, mais l'innocente dont la mort souillerait pour toujours l'âme du chasseur.
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MessageSujet: Re: facts are many but the truth is one (heathy) Ven 1 Mar - 12:30

Le calme d'Holly avait quelque chose d'affreusement dérangeant aux yeux de Heath. Si lui voyait -une fois de plus- son monde s'écrouler devant ses yeux, elle n'avait pas l'air de devoir affronter plus qu'une tâche pénible mais inévitable à laquelle elle s'était préparée depuis longtemps. A croire qu'il était condamné à l'éternelle souffrance de n'être jamais préparé au pire et de laisser les autres le réduire à un simple pion dans leur jeu malsain (ou au repas nocturne d'une bête qu'il se refusait de nommer). « Evidemment que je te crois monstrueuse. Tu es monstrueuse. Mais merci, Sainte Holly, de faire preuve d'autant d'humanité. » Le dernier mot s'échappa dans une raillerie évidente et baignée d'amertume tant il trouvait les propos d'Holly douloureux à écouter. Quand bien même la colère l'aveuglait, Heathcliff sentait que quelque chose lui échappait. Holly ne semblait pas envahie par les remords -ce qui faisait d'elle une créature abominable, auquel cas il rendrait service à tout le monde en mettant fin à ses jours-, mais elle ne portait pas pour autant sur les traits la satisfaction perverse de son acte. Qui était-elle, alors ? Un monstre pas assez sadique pour se vanter de son meurtre sanglant ou une femme si peu humaine qu'aucune culpabilité ne semblait atteindre ? Elle semblait désireuse de raconter son histoire, à défaut de vouloir se presser. Dix minutes ? « A quoi bon ? Pour t'écouter me mentir une fois de plus et tenter de me manipuler pour que j'épargne ta vie ? Tu nous rendrais service à tous les deux en t'évitant cette peine. Tu sais aussi bien que moi comment se terminera cette entrevue : tu ne sortiras pas vivante de cette auberge. » Le ton était donné et, au fond de lui, Heath savait qu'il prononçait ces mots aussi bien pour l'effrayer que pour se donner le courage d'aller au bout de ses promesses. Courageux, il l'était. Mais de là à devenir meurtrier à son tour, c'était une autre ligne à dépasser. C'est pourtant impuissant qu'il fut contraint de regarder la brune s'asseoir, prête à conter son histoire. Il aurait voulu l'arrêter, ne pas laisser la moindre chance à ses explications de se frayer un chemin sanglant vers les sentiments qu'il avait pour elle et qu'il avait bien l'intention d'enterrer avec son corps inerte. Et pourtant, voilà qu'Holly entamait son récit sans qu'il ait rien pu faire de plus que de continuer à braquer son arme sur elle. Il aurait mieux fait de l'arrêter. L'écouter lui confier les détails de sa condition ne lui procurait qu'une sensation de nausée et un profond dégoût et il se demanda un instant s'il n'allait pas relâcher la pression sur l'arbalète et planter une flèche dans le coeur d'Holly pour en finir une bonne fois pour toute. Evidemment, il n'en fit rien. « Si c'est de la pitié que tu cherches, tu as frappé à la mauvaise porte. » conclut-il d'un ton glacial alors qu'elle marquait une pause dans son récit. Et pourtant, s'il avait effectivement chassé toute pitié à son égard, une pointe de compassion persistait encore. Le simple fait d'être capable de se sentir désolé pour elle alors qu'elle avait égorgé sa femme ne fit qu'intensifier sa nausée et il se força à laisser sa haine reprendre le dessus. Haine, déception, haine, compassion, puis haine encore. Pas loin de perdre définitivement sa santé mentale, Heath brisa d'un pas la distance qui le séparait de la table, passant son bras au dessus et pointant cette fois-ci son arme directement sur le coeur d'Holly, la flèche de son arbalète effleurant le tissu qui recouvrait sa poitrine. Il ne supportait plus l'évocation de sa femme dans la bouche d'Holly, et encore moins de l'entendre dire qu'un simple manque de chance était à l'origine de sa mort. Heath s'était persuadé qu'il y avait une explication plus profonde à sa disparition, une raison inévitable, le destin frappant fort mais juste. Maigre consolation que la brune venait d'arracher à son coeur sanguinolent. « Au mauvais endroit au mauvais moment. » répéta-t-il machinalement, encore sonné de la vérité brute. Il ne la voyait plus, son regard perdu dans le vide, laissant le visage de sa femme et ses traits rendus flous par l'oubli envahir ses pensées. Un détail de son histoire se chargea de le ramener à la réalité encore un bref instant. « Tu dis ne pas te souvenir de tes actes pendant tes... Transformations. Il marqua une pause sans cacher son dégoût. Pourtant avec Blanche, tu n'es restée que quelques minutes sous la forme de cette... Nouvelle pause. Créature. Tu aurais aussi bien pu me sauter à la gorge et me réserver le même sort que celui que ma femme. Pourtant tu n'as rien fait. » Sa conscience n'aurait-elle pas du agir de la même façon si elle avait pris sa femme en chasse un soir de pleine lune ? Si Holly devenait ce qu'elle disait devenir, elle aurait du sauter à la gorge d'Heathcliff sitôt qu'il avait notifié sa présence, la nuit précédente. Pourtant il était encore là pour en parler. Il attendait avidement sa réponse, se rattachant au mince espoir d'une justification suffisante pour ne pas le faire commettre l'irréparable. Il avança davantage son arme, la flèche perçant cette fois-ci légèrement le tissu. « Donne-moi une bonne raison. » Une seule, pour le forcer à baisser son arme. Ou une preuve de plus de sa culpabilité, pour décrocher la flèche. La seule possibilité d'un doute lui aurait suffit, et pourtant son regard lui suppliait de se déclarer définitivement coupable pour laisser son bourreau appliquer la sentence.« Le monde se portera mieux sans toi. » C'était une affirmation, et il chercha dans son regard un signe d'approbation. Qu'elle se libère de ses remords et de sa malédiction visiblement si douloureuse et que lui puisse, enfin, assouvir sa vengeance.
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Bonnie Cartwright
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MessageSujet: Re: facts are many but the truth is one (heathy) Jeu 7 Mar - 21:47

Tu es monstrueuse. Les mots l'avaient touchée, plus qu'elle n'aurait voulu l'admettre, et Bonnie baissa les yeux, incapable de répondre quoi que ce soit à cela. Elle l'était, monstrueuse. Pas tout le temps, pas de son propre fait, mais sa malédiction faisait partie de ce qu'elle était, la tâche d'obscurité dans une personnalité autrement douce et profondément bonne. Elle ne s'attendait pas à ce qu'Heathcliff l'entende, ni même qu'il cherche à la comprendre. Il prenait ce qu'il voyait, indépendamment des circonstances, de son histoire, de toutes les excuses qu'elle continuait de se chercher pour ne pas accepter d'en être réduite à une prédatrice. Lorsqu'elle releva le regard sur lui, sa gorge se serra face à la haine pure qu'il lui renvoyait. C'était une chose de le voir parler de se venger de la créature lui ayant volé sa femme avec une telle rage, mais une autre tout à fait différente lorsqu'il s'adressait directement à elle. « Je ne cherche pas à te manipuler, je me suis faite à l'idée que ce serait probablement ma dernière discussion, je suis en paix avec ça. » C'était une demi-vérité plus qu'un mensonge, car pour toute sa capacité à accepter son sort, une part d'elle ne parvenait pas à se résigner à cette fin, aussi bien la sienne que celle d'une histoire avortée avant même d'avoir pu naître. Il aurait fallu être stupide pour ne pas voir que la façon dont elle le regardait, sa gaucherie face à lui, le rose de ses joues devant un de ses compliments, trahissait ses sentiments pour lui. Il n'y avait rien de platonique dans son affection, et jamais ce constat ne l'avait autant frappée qu'à cet instant précis, alors qu'il la menaçait de son arme sans qu'elle n'esquisse le moindre geste pour s'enfuir. Elle aurait sans doute pu le faire – peut-être était-ce ce qu'il attendait d'elle, la raison pour tirer la flèche en plein cœur – mais refusait de mourir lâchement en tentant de fuir ce qui n'était qu'une fin logique. « Je ne le fais pas pour obtenir ta pitié, Heathcliff. Je la mérite, parce que je subis ma malédiction plus que je ne l'embrasse. Mais je ne m'attends pas à ce que tu la comprennes, encore moins que tu l'acceptes. » Et pourtant, dieu seul savait combien elle l'aurait voulu. Déceler autre chose que cette colère, résultat inévitable d'une trahison de cette ampleur. La pitié lui aurait semblé douce, peut-être trop pour elle qui ne méritait pas tant de miséricorde, mais bienvenue avant d'embrasser sa fin. L'histoire qu'elle lui contait était à la fois tragique et monstrueuse. Le mauvais endroit, le mauvais moment, la mauvaise personne, aucune préméditation, aucune délectation, aucun bénéfice. La mort de son épouse n'avait aucunement profité à Holly, ce qu'elle garda pour elle. Quelle importance, à présent ? Une mort aussi vaine était sans doute pire que de s'en prendre sciemment à la personne. « Au mauvais endroit au mauvais moment » confirma-t-elle, profondément désolée de n'avoir pas de meilleure explication à lui apporter. La question qu'il lui posa l'obligea à un long moment de réflexion. L'enchaînement d'événements l'avait empêchée de réfléchir plus que nécessaire à ce qu'il s'était passé, mais il avait raison : sa transformation n'avait duré que quelques minutes. Pour la première fois de sa vie, Holly était redevenue humaine par la seule force de sa volonté et son besoin viscéral de protéger Blanche. Il n'y avait aucune explication logique à cela, et il ne la croirait sans doute pas quand bien même, mais elle se risqua à une supposition. « Je ne sais pas, c'est la première fois que cela se produit. Dans l'un de mes livres, il se dit des loup-garous qu'ils conservent une partie de leur conscience humaine au début de leur transformation, et la perdent à mesure qu'ils restent dans leur forme animale. Je suppose que j'étais encore assez humaine pour comprendre ce qu'il se passait, avec des émotions trop humaines pour ma forme de louve, au point de me faire redevenir moi-même. » Il était typique d'Holly de mentionner l'un de ses précieux livres, elle que l'on connaissait mieux pour son amour de la connaissance que pour sa témérité en action. Elle préférait la théorie à la pratique, à l'inverse de Blanche, et son savoir était précieux. Quant à garantir la véracité du contenu de son livre... Holly doutait que l'auteur ait été lui-même un loup-garou, et peu de gens s'approchaient suffisamment de ces créatures pour obtenir une analyse aussi approfondie de leur état d'esprit. Ironiquement, Heathcliff lui reprochait d'être un monstre sans conscience, quand cette conscience était la seule raison qui avait permis à Blanche de vivre. Elle l'observa avec surprise face à cette question, et secoua la tête. Non. Elle ne lui donnerait pas de bonne raison de la laisser en vie, elle ne s'abaisserait pas à supplier pour sa vie, en dépit de tout ce que ce sursaut d'orgueil mettait en jeu. Elle préférait mourir dignement, que mourir dans la lâcheté la plus totale. « Tu l'as dit toi-même, je ne sortirai pas vivante de cette auberge. A quoi bon ? Pourquoi me défendre, alors que tu t'es fait ton propre avis sur la question ? » Son ton s'était fait plus ferme, une pointe de colère perçant dans sa voix de façon inhabituelle. « Je ne t'ai jamais menti sous ma forme humaine, la personne que tu as rencontrée est la personne que je suis, avec tous ses problèmes, son passé, ses défauts, ses qualités. Si tu penses pouvoir tuer cette personne-là, alors tu ne vaux pas mieux que moi. » Elle se leva, s'obligea à lui faire face, le regard rivé dans le sien en dépit du bon sens ou de la flèche dirigée droit sur son cœur. « Et bien vas-y, qu'attends-tu ? Venge donc la mort de ton épouse, abats ce monstre que tu as cherché si longtemps, justifie ton acte en oubliant tout ce que tu sais de moi pour te concentrer sur l'animal que tu crois voir. Je mérite de mourir pour ce que j'ai fait, sans le moindre doute, mais je mérite aussi de vivre pour tout ce que je suis. » Une âme pure, douée de bonnes intentions, ayant dédié sa vie à l'érudition, ayant parcouru le royaume à la recherche d'un remède pour le mal la rongeant. Certainement pas une créature vile et manipulatrice. S'il comptait aller jusqu'au bout de son geste, alors il se devait de la regarder droit dans les yeux, et d'y lire tout ce que seule Holly était capable d'exprimer. Holly l'humaine, fragile mais honnête, qui portait sa malédiction comme un fardeau, avec tout ce qu'elle impliquait de culpabilité et de honte.
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facts are many but the truth is one (heathy)

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