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you should've taken the stairs (liam)

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way down the river we go
Zara Mahdavi
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MessageSujet: you should've taken the stairs (liam) Dim 25 Nov - 17:21

On se dit rarement qu’un ascenseur est un lieu de rencontre : les gens passent, s’arrêtent le temps de quelques étages, dans l’attente, suspendus dans le vide par une cage métallique dans laquelle, souvent, rien ne se passe. Les gens se regardent à peine, moins de la moitié salue ceux qui sont déjà dans la boite ; ceux qui étaient ensemble continuent leur conversation comme s’ils étaient seuls au monde et ceux qui n’avaient pas déjà de compagnie restent dans leur solitude. Aller dans un ascenseur, attendre et sortir une fois l’étage attendu atteint est une chose relativement simple, qu’on fait sans s’en rendre compte. Zara est d’ailleurs rentrée dans l’un des nombreux de son immeuble le nez dans un courrier ; ce n’est qu’après avoir appuyé sur le bouton de son étage qu’elle se rend compte de l’énorme gaffe qu’elle vient de faire. Trop tard pour revenir en arrière : les portes de l’ascenseur se referment sous son nez. Bien. Parfait. Sa journée avait un objectif. Un objectif consistant à ne pas croiser un client en particulier, et ce client n’est autre que celui qui se trouve à derrière son épaule droite dans l’ascenseur. L’avocate pousse un soupir las. Liam Abernathy n’est pas ce qu’on peut appeler un client comme les autres. Oh, son affaire n’est pas très complexe, ni même difficile à remporter. Il ne s’agit pas non plus d’un problème d’ordre moral ; on sait bien que de ce côté-là, on n’a rien n’a pas à s’inquiéter de Maitre Mahdavi. Il s’agit en réalité d’une sombre histoire de harcèlement sexuel où la victime (la plaignante) s’avère être en vérité la harceleuse. Pas d’élément suffisamment probant pour que la plainte soit prise au sérieux, mais ce con de procureur en fait une affaire d’état et le dossier prend une ampleur ridicule. Enfin rien de compliqué en soi tout de même. D’un autre côté, l’histoire entre Liam et Zara remonte à plusieurs années : celles où ils ont formé un couple parfait se sont envolées et ont laissé place à une rupture fracassante – à quoi pouvait-on s’attendre d’autre ? – et un souvenir particulièrement amer pour l’avocate qui, évidemment, n’oublie rien. Et depuis, zéro signal, rien du tout : Zara Mahdavi a rayé Liam Abernathy de sa vie et s’est jurée de lui faire vivre un enfer si jamais il recroisait sa route. Manque de chance : quatre ans après leur rupture, la voilà contrainte et forcée de le défendre dans cette affaire après que son avocat – un collègue absent pour raisons de santé – lui ai légué le bébé sans qu’elle n’ait son mot à dire. Dans quel monde on vit, tout de même… Professionnelle jusqu’au bout des ongles, Maitre Mahdavi a donc accepté non sans peine le cas Abernathy, comme elle l’appelle avec mépris. Elle sait qu’il vient déposer un document en mains propres à sa secrétaire et Zara n’a pas fait attention à l’heure – en même temps, avec le nombre d’ascenseurs dans cet immeuble, les chances de se croiser étaient infimes. Mais elle décide de le prendre avec philosophie, c’est-à-dire faire comme s’il n’existait simplement pas. La pilule serait passée et la journée continuerait son cours normal comme si ce moment désagréablement inattendu d’ascenseur partagé avec Liam Abernathy ne s’était jamais produit. Quelques secondes. Juste quelques secondes à se maudire d’avoir gâché autant de temps de sa vie avec lui et à réfréner ses envies de le dégommer sur place ; ça aussi, c’est facile. Plus qu’un étage. Bom. L’ascenseur s’arrête, les lumières s’éteignent, celles de secours s’allument aussitôt. La cage ne bouge plus. « C’est une blague ? » fulmine déjà Zara, pour qui les conditions de patience optimale ne sont clairement pas réunies. Bien évidemment, cette question n’est destinée à personne : que son ex ne se sente pas obligé d’y répondre – le seul mode de communication qu’ils adoptaient jusqu’alors (et probablement la seule chose au monde sur laquelle ils pourraient se mettre d’accords aujourd’hui) était essentiellement composé de textos et de mails. Pas de confrontation directe et ce n’est pas aujourd’hui que ça va commencer. Bien entendu, Zara, au sommet de son impatience, appuie frénétiquement sur les boutons d’alarme et d’appel de secours. Mais rien ne fonctionne. L’avocate sort son téléphone de sa poche : pas de réseau. Evidemment. La voilà donc coincée avec Liam jusqu’à ce que quelqu’un s’en rende compte et vienne les sortir de là. Hors de question que ça dure : elle n’a pas de temps à partager avec lui. Alors elle se résigne, puisque frapper indéfiniment ces boutons ou les murs de l’ascenseur ne changera probablement rien – d’autant plus qu’ils ne doivent pas être les seuls concernés –, à lui adresser la parole, parée de tout son mépris : « Pas de réseau. Une idée ? » Cinq mots. Pas de phrase sujet verbe complément. Le ton est donné.
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cold desperation
Liam Abernathy
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MessageSujet: Re: you should've taken the stairs (liam) Dim 30 Déc - 4:42

Liam ne pensait pas mériter que le karma s'acharne sur sa pauvre personne. Certes, il avait maintes fois fauté et n'était certainement pas la perfection faite homme -surtout sachant qu'il ne mettait pas beaucoup du sien pour accomplir cet objectif-. De là à mériter un quart d'heure dans la cage de l'enfer avec son ex qui lui en voulait à mort -et encore, c'était un doux euphémisme- ? Définitivement non. Le côté ex était déjà suffisamment difficile à supporter pour qu'il doive en plus de ça affronter Zara Mahdavi, créature féroce qui lui aurait sûrement arraché le coeur avec les dents s'il lui en avait donné l'occasion. Il s'en était pourtant bien sorti, jusque là. Si le destin ne lui avait pas vraiment rendu service en confiant son cas à Zara suite au départ de son avocat attitré, il avait pourtant réussi à ne pas lui parler une seule fois de vive voix depuis la passation du dossier. Un deal qui n'était certainement pas pour déplaire à Zara qui s'épargnait ainsi la vision d'un homme qu'elle avait tout simplement fait disparaître de sa vie, et à juste titre. Si sa fierté lui soufflait parfois que leur rupture pure et simple de contact avait été décidée d'un commun accord, force était de constater que Liam n'avait pas eu son mot à dire dans l'histoire une fois la vérité avouée à Zara, quatre ans plus tôt. Son infidélité physique et sentimentale avait fini d'enterrer leur histoire et ses chances de garder Zara dans sa vie de quelque façon que ce soit. Ca n'avait pas été facile, au début -et ça ne l'était d'ailleurs toujours pas- mais Liam avait au moins assez de respect pour ne pas laisser ses états d'âme aller à l'encontre de la ferme détermination de Zara : en ce qui la concernait, Liam Abernathy ne faisait plus partie de ce monde. Et pourtant le destin en avait donc décidé autrement, choisissant de réunir les anciens amants dans le pire des endroits, hantise des claustrophobes -et de Liam, à compter de ce jour-. Quand il vit la brune rentrer à son tour dans l'ascenseur qu'il occupait déjà, il se plia à son attitude en bon toutou docile désireux d'éviter un incident diplomatique : il accepta ce silence de mort, ravi d'avoir à affronter son dos plutôt que son regard. Tout se déroulait plutôt bien au vu des circonstances. Jusqu'à l'arrêt de l'appareil. Et le début de l'enfer. Liam aurait bien largement préféré une insupportable envie de pisser à la compagnie de Zara dans une pièce si étroite. Enfin, il était trop tard pour rêver à mille autres scénarios : le mal était fait, ou du moins ne tarderait pas à l'être. Oui, Zara, c'est une blague. Il aurait préféré. Il se garda bien de répondre, préférant repousser au maximum le moment où il ouvrirait la bouche, conscient qu'il s'agirait du début officiel des hostilités. Le moment ne tarda d'ailleurs pas à arriver, quand la brune daigna s'adresser à lui. La patience ? Paraît-il que c'est plus efficace que l'hystérie. Tripoter tous les boutons à la fois ne s'imposait en effet pas comme la meilleure des solutions et Liam ne pouvait décemment s'empêcher de le faire remarquer. Vu le regard qu'elle posa sur lui -le premier-, il estima cependant plus sûr de continuer. Je dis ça, je dis rien... Il aurait sûrement été plus judicieux de ne rien dire, en effet. Il avait baissé la voix et haussé les sourcils dans l'espoir de ne pas se faire égorger, quand bien même il ne pouvait s'empêcher de prendre un soupçon de plaisir à la torturer. Zara démarrait au quart de tour et il en avait souvent abusé, à une époque plus heureuse. Tant qu'à faire on pourrait passer le temps. Tu veux m'expliquer comment tu vas me faire gagner mon affaire et prouver au monde mon évidente innocence ? qu'il tenta en faisait la moue, pas encore assez fou pour tenter un sourire mais suffisamment téméraire pour une tentative de conversation. J'espère que mon dossier va pas t'inspirer et que t'éviteras de porter plainte contre moi pour harcèlement en sortant de cet ascenseur. Va pas lui donner de mauvaises idées, va.
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Zara Mahdavi
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MessageSujet: Re: you should've taken the stairs (liam) Jeu 3 Jan - 14:44

« Pardon ? » Piquée au vif, Zara verse à son ex un regard tout droit sorti de la bouche des enfers : s’il avait pu le carboniser sur place, Liam ne serait plus qu’un tas de cendres fumant. Il la connait pourtant. Il sait qu’elle pourrait lui tailler un costard digne des plus grands créateurs, histoire qu’il retourne sagement à sa place. Il en appelle à la patience : qu’il se la foute au cul. Evidemment, Abernathy ne manque pas de s’écraser. L’équivalent d’une caresse dans le sens du poil hérissé de la panthère, qui n’a besoin de rien pour lui sauter à la gorge. Sage décision. Je dis ça, je dis rien… Ridicule. Qu’est-ce qu’il y a, Liam ? On n’assume pas ce qu’on dit ? On a trop peur de faire de se faire ravager par l’ouragan Mahdavi ? C’est sur un ton sucré et d’autant plus menaçant que l’avocate répond enfin : « T’as pas envie que je devienne hystérique, alors sois gentil et tout se passera bien. » Pas de compris ? qui tienne, la leçon ne sera donnée qu’une fois. Si Liam ne la retient pas, qu’il se prépare immédiatement à passer l’un des pires moments de sa vie. Avec les compliments de Zara Mahdavi. L’avocate soupire : maltraiter ce pauvre (pardon, pauvre ?) Liam ne change rien à leur situation. Elle a, comme d’habitude, une tonne de choses à faire avant de pouvoir considérer sa journée comme étant terminée et n’a pas franchement de temps à perdre. Surtout pas avec lui. Lui qui commence à parler, et autant dire que le seul son de sa voix lui hérisse les poils. Pas envie d’échanger avec lui : sa demande précédente sur le fait d’avoir ou non une idée pour les sortir de là n’était en aucun cas une invitation à démarrer la conversation. Qu’il ne se méprenne pas. Zara hausse un sourcil tandis que ses yeux noirs trahissent le fait qu’elle soit presque offusquée que Liam lui adresse vraiment la parole. Un peu de professionnalisme ? Elle l’a été jusqu’ici et aux dernières nouvelles, les choses se passaient plus ou moins bien. Alors qu’ils conservent leur fonctionnement initial et qu’il ne lui parle simplement pas, pitié. « Pour le savoir, tu n’as qu’à lire mon dernier mail. » Difficile de faire plus clair tout en restant à-peu-près cordiale. La difficulté dans l’affaire réside plus dans le fait que Liam Abernathy soit son client qu’autre chose. Sur le fond du dossier, rien à signaler, et si tant est que ce fameux client soit intéressé par son propre cas, il n’a qu’à faire un peu plus attention à la correspondance qu’il entretient avec son avocate qui, il faut tout de même l’admettre, fait un excellent travail de fond. Sur la forme, on repassera avec Liam – disons qu’on ne peut pas tout avoir, et qu’il a déjà bien assez compte-tenu de la dernière fois où ils se sont vraiment vus, parlés. Etonnant que le pauvre type ne soit pas déjà cloué sur place ; il faut croire que la sagesse vient avec les années – d’un autre côté, c’est aussi la réputation du cabinet qui est en jeu, comme dans chaque affaire, et celle-ci est plutôt juteuse quand on sait tout le foin qu’en font la ’’’’victime’’’’ et le proc. Une excuse suffisante pour qu’elle accepte de s’occuper du cas. Pour le reste, Liam devra se contenter de ce qu’il a. Le pauvre type balance une vaine tentative d’humour. Double sourcils levés pour Zara : putain, il joue à quoi ? « La seule chose que j’aimerai te concernant une fois sorti de cet ascenseur, c’est que tu disparaisses. » La messe est dite ; la rancœur est tenace. L’avocate observe sa montre, visiblement agacée par le temps que prennent les dépanneurs pour refoutre ce maudit ascenseur en route. Incroyable. Vingt et unième siècle, bâtiment archi moderne, et pourtant l’être humain n’est toujours pas foutu de construire des machines qui tiennent un tant soit peu la route. Non, Zara n’est pas dans l’exagération. Soupir. « Tant qu’à faire, je veux bien que tu me donnes les documents que tu es venu déposer à ma secrétaire. » Liam n’aurait plus qu’à partir une fois qu’ils seraient libérés de la cage maudite. Moins Zara passe de temps avec lui, mieux elle se porte.
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