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wheel of fortune. [morgiane]

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Hayden Beckwith
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MessageSujet: wheel of fortune. [morgiane] Ven 7 Déc - 1:00

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this is my hell
i make the rules
glory and gore
go hand in hand
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Résultant d’une fantastique canonnade, un épais brouillard s’était levé, enveloppant le Jolly Roger et ce qui restait du Sanbao. Une fumée vicieuse, mordante s’était emparée des sens de l’équipage qui ne distinguait ni l’horizon de l’oeil, ni l’eau salée du nez. Le feu grouillait dans les gorges, les poumons, et consumait les coeurs, mais le succès était tel qu’on n’en fit rien, si ce n’est le célébrer. Le heurt avait été si brutal qu’il ne resta du navire de Sinbad le marin de pacotille qu’un voilage en lambeaux, quelques copeaux de bois, et un ramassis de cadavres que le Jolly Roger renvoyait à une mer affamée par bâbord et tribord. La Capitaine célébra cette victoire écrasante d’un long soupir de satisfaction. Sur une commissure : un rictus de suffisance, fade ébauche d’un sourire qu’on n’avait jamais vu à bord et qu’on ne verrait jamais. Viola n’était pas Capitaine à célébrer dans la liesse, et laissait volontiers à son équipage le soin de le faire pour elle. Emmaillottée dans une quiétude qui n’offusquait plus depuis longtemps, Viola cherchait la toile de fond derrière la brume, méditait d’ores et déjà sur ce qu’il y avait à venir, plutôt que de savourer ce triomphe qu’on embarquait à bord coffre par coffre. Le Sanbao avait été entièrement vidé pour avant qu’on y mette le feu. De ses vivres, ses armes. De ses occupants, tous fusillés afin de flatter un peu plus la mauvaise réputation de Viola, et des trésors au combien nombreux qu’on devinait aisément tous arrachés à la torride Darkmoor. Les pierreries y étaient d’un ostentatoire ridicule, d’un clinquant tel qu’elles ne pouvaient provenir que du ventre de Darkmoor. Avec les richesses récoltées, l’on fit monter à bord l'une des rares rescapées de l’abordage, mais les yeux de Viola ne regardait que les deux autres, capitaine et second, épargné pour colporter la légende, dérivant sur une embarcation de fortune, aussi lamentable qu’on puisse l’être après pareille dérouillée.

—  Vérifiez l’état du gréement, hissez la grand voile, cap vers le nord, et foutez-moi ce magot dans les cales avant la tombée de la nuit, ordonna-t-elle, intraitable comme toujours. —  et les prisonniers, mo-mon Capitaine ?  
—  Skyler et Nyus vont rester à terre avec les deux naufragés. Celle-ci nous accompagne. Elle désigna d’un regard sombre la clandestine. À croire qu’il y avait un trainement de faveur. Une curiosité que Mouche ne manqua pas d’adresser.
—  Vra-Vraiment ? Écrasé sous un regard impérieux, Mouche se mit à bafouiller.
—  Oh! Oui, Capitaine. Tr-très-très bien, Capitaine, à vos ordres, oui, à vos ordres, mon Capitaine. Le gaillard à la coiffe rouge s’en alla sous les moqueries, claudiquant dans son pantalon rapiécé et ses chaussures trop petites. Il sut que sa maladresse, devenue aussi légendaire que la Capitaine qu’il servait avec tant de dévotion, de vénération presque, venait de le priver de pain et d’eau potable pour des semaines. Il y avait à bord du Jolly Roger ces châtiments silencieux qu’on ne mentionnait plus par habitude. Viola avait instauré à bord un climat de crainte et de respect mêlés, tant et si bien que chacun et chacune s’infligeait soit même pénitence s’il ou elle en venait à contrarier la Capitaine. Les règles à bord étaient certes rares, mais ne souffrait d’aucune forme de marchandage.

Jetée à ses pieds comme on balance une pièce dans la bourse d’un pauvre, la femme avait l’air de souffrir de la fatigue, la faim, et certainement dans sa dignité. Elle suintait d’un tas d’émotions, souvent contradictoires, dont Hook ne tarderait pas à se repaitre, planquée derrière un masque d’apathie finement ciselé. —  Relevez la, et trouvez-lui des vêtements convenables. L’on s’empressa de remettre la prisonnière sur ses deux jambes, et de se mettre en quête de haillons en assez bon état pour être portés. Viola fit un pas dans sa direction, un bras dans le dos, le second sur le pommeau de son pistolet prêt à être dégainé. Elle inspecta longuement le teint halé de sa nouvelle prisonnière, dardant sur ses courbes un regard plus affuté que le plus tranchant des poignards. — Ton traitement à bord dépendra de ta conduite envers mon équipage, et moi-même ; ta destinée et celle de tes deux comparses, de ma satisfaction quant à tes services. Viola avait cette voix grave, un rien doucereuse, et l’accent facilement sournois. L’on devinait aisément qu’un mot exprimait mille desseins, l’un plus fourbe que le précédent. Elle articulait chaque mot, chacun était saisi devant-derrière par un intervalle percutant, si ce n’est oppressant.  Il n’y avait rien d’innocent dans ses intonations, rien d’indulgent dans son tempo. —  Tu vas nous conduire dans Deyja, souffla-t-elle, un rictus mauvais sur les lèvres. —  Désobéis, tente de me duper, de fuir, conteste mon autorité, et ... Il fallut plus de temps à l’équipage pour voir que pour entendre. Le coup de feu était parti, ce sans qu’elle ne quitte Morgiane du regard. La balle de plomb pénétra Sinbad, malmené par les flots, plus pitoyable que jamais sur son embarcation, droit dans l’épaule. L'homme échappa un hurlement à transpercer les flots. Oui, Viola était  talentueuse à ce point que ses balles trouvaient systématiquement leurs cibles. —  Mes filles veilleront et abuseront d'eux jusqu'à nouvel ordre. Nyus, missionnée avec Skyler, laissa échapper un rire de dément à glacer le sang. Skyler et elle s’empressèrent de rassembler leurs affaires, comprenant une formidable collection de couteaux dont l’utilisation serait à leur entière discrétion.  —  Cruelty, juste ici, partagera sa couche avec toi. Fais attention, elle est un peu... eh bien, disons qu'elle est un peu engageante, et porte divinement son surnom si on la contrarie. C’est cette fois au tour de l’équipage de ricaner à l’unisson. Faut dire que Cruelty Swaynes s’avérait être la plus grande saloperie de tous les temps, dans ses mauvais comme dans ses bons jours. Cruelty, à qui Viola accorda un regard de biais, régalait ses comparses de bien des regards lascifs. —  Bienvenue à bord du Jolly Roger, déclara-t-elle, plus fort, plus hautaine, plus méprisante.
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Zara Mahdavi
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MessageSujet: Re: wheel of fortune. [morgiane] Dim 9 Déc - 16:55

« Pirates en vue ! » Le calme devient immédiatement tempête sur le Sanbao : le capitaine déjà sur le pont se munit de sa longue-vue et vise en direction du navire en approche, qui s’avance vers eux à une vitesse surnaturelle. Morgiane, toute affairée à réaliser l’inventaire des trésors qu’ils ont découvert au cours de leur expédition – on la savait apprécier particulièrement ce genre de tâches – apparait immédiatement sur le pont et se poste aux côtés de Sinbad. « Le Jolly Roger, » souffle-t-il. Ceux qui l’ont entendu et qui le connaissent de réputation ont déjà le ventre noué. Trop rapide pour être évité. Solide. Equipage sans pitié. Ali Baba rejoint enfin le duo, à moitié réveillé au milieu d’un chaos organisé. Chacun s’affaire autour d’eux sans que le capitaine ait besoin de donner d’ordre : on sort la grand-voile pour tenter de gagner un peu de temps, pour que d’autres puissent regrouper armes et protections à disposition. Les canons sont préparés mais rien n’empêchera l’inévitable : le Sanbao coulera. Assourdie par les nombreux coups de canons lancés au cours de la bataille. Aveuglée par l’épais brouillard dans lequel ils sont plongés. Etouffée par la fumée brûlante des restes du Sanbao en flammes, condamnés aux fonds marins par un glou glou définitif. Écœurée par une énième issue catastrophique d’une énième aventure jusqu’ici trop simple pour ne pas avoir l’air louche. Rappelée par les cris d’un équipage mort, simples marins et aventuriers massacrés, en quête de richesses et de gloire auprès des grands Sinbad, Ali Baba et Morgiane. Angoissée par la peur de mourir, de voir sa vie, leur vie, disparaitre, que tout s’arrête et que la mort l’emporte – n’a-t-elle pas tué ? n’a-t-elle pas menti, joué, arnaqué ? Révoltée par l’idée que la fin puisse venir. Animée par celle qui dévore inlassablement son âme : plus, plus. Enragée par le fait qu’ils aient été vaincus, qu’ils aient tout perdu : ces amis, ces trésors, cette fierté qu’on lui arrache. Sonnée par la violence des événements, d’avoir été complètement écrasée, d’avoir vu la mort en face. Haine. Solidement entourés, ils ne sont plus que trois : Sinbad, Ali Baba, et elle. Elle qui observe, le regard noir mais pas éteint, jusqu’à ce que ses yeux s’arrêtent enfin sur la capitaine. Celle-ci nous accompagne. Morgiane relève un peu plus la tête et jette un dernier regard à mari et meilleur ami, cherche à se débattre dans la mesure du possible, épuisée, affaiblie. « Lâchez-moi ! » rugit-elle, incarnation d’un dernier élan d’énergie. Le dernier, oui. On la jette aux pieds du capitaine comme une vulgaire marchandise : ça a un goût familier, ça la fait remonter des années en arrière sur les marchés – c’était elle qu’on vendait alors. Elle et beaucoup d’autres, au milieu de la poussière et de la sueur, des cris, des enchères, des pleurs. Tu es sonnée, Morgiane. Ressaisis-toi. On la remet sur ses deux jambes sans qu’elle n’ait rien à faire et c’est un regard de lionne enragée qu’elle verse au capitaine du Jolly Roger. Les ricanements de l’équipage sont aussi aiguisés qu’un poignard et fondent dans son ego – elle en a bien assez pour le supporter. Pas besoin de lui faire un dessin : l’objectif est clair. Elle les emmène dans Deyja et les deux hommes de sa vie demeureront sains. On peut certes discuter de la bonne foi d’un pirate, mais il ne faut clairement pas être un géni pour comprendre que non, elle n’a pas le choix. Coup de feu. Un cri déchire le silence. « SINBAD ! » hurle-t-elle ; on craint toujours la mort, même celle de ceux qu’on aime. Mais Sinbad ne mourra pas aujourd’hui, tout du moins pas si Morgiane respecte les quatre règles édictées par la capitaine : ne pas fuir, ne pas désobéir, ne pas duper, ne pas contester son autorité. Et garder pour elle sa colère ? Son mépris ? Sa haine ? Elle pourrait les perdre dans le labyrinthe de Darkmoor, les entrainer dans Dragonsand et les promettre à une mort certaine. Elle pourrait les condamner à la damnation. Sort bien mérité compte-tenu du nombre de tarées présentes sur le navire. La Darkmoorienne soupire au son des nouveaux ricanements de l’équipage. La voilà contrainte et forcée de jouer les guides pour une pirate sanguinaire sans la moindre garantie que cette dernière tiendra parole à la fin de l’histoire. Pas le temps de s’apitoyer sur son sort. Pas le temps de se concentrer sur son ventre noué, ses jambes tremblantes de fatigue, ses nerfs à rude épreuve, son épuisement. Il faut qu’elle sache où Ali Baba et Sinbad sont emmenés. Sur les mers, elle est coincée. Mais sur les terres, elle aura peut-être quelques avantages. Elle ne cherche à dissimuler ni sa haine, ni son dégoût. Ni son mépris, ni la peur qui l’anime. Elle ne peut pas faire autre chose que coopérer. Alors coopérons. Pour le moment. Morgiane n’a peut-être encore aucune carte en mains, mais elle saura faire tourner la chance. Elle n’a pas le choix. « Merci, capitaine, » répond-elle froidement, signe de rémission. Elle n’a de toute façon pas d’arme à baisser. Morgiane en profite pour se dégager des mains qui la tiennent encore mais ne bouge pas – la leçon est comprise (il le faut bien), mais la partie n’est pas gagnée. « La capitaine aurait-elle l’obligeance d’informer son nouveau guide de ce qu’elle cherche, à Deyja ? » Sa politesse exagérée ne passera pas et tant pis : sa fierté a toujours été immesurable et la question n’est pas bête : ok, Deyja. Mais quoi à Deyja ? Où à Deyja ? Qui à Deyja ? Là-bas, Morgiane a les connaissances qui ouvrent toutes – toutes – les portes. Mais pour quoi faire ? Et pour voir qui ? Pour une simple visite touristique, la capitaine et ses copines auraient simplement à prendre une carte. Pas besoin d’attaquer un navire et de prendre un membre de l’équipage. A moins d’avoir besoin d’un guide darkmoorien. Pour trouver quelque chose. Pour ce qui est du choix, du fait que ce soit elle, probable que son sexe en ait fait d’office la favorite de la loterie compte tenu du nombre de femmes sur le navire. Reste encore une hypothèse : celle où le Jolly Roger ne tombait pas par hasard sur le Sanbao ; celle où l’enlèvement du trio n’était pas qu’un simple coup du destin. Aucune idée. Qu’une seule option pour le savoir pour le moment : « Et pourquoi moi ? » Le hasard ou autre chose, qu’importe. De toute façon, Hook n’aura probablement pas la gentillesse de répondre à toutes ses questions. Les réponses viendront avec le temps. Mais du temps, elle n’en a pas vraiment. Parce qu’elle a vu la démence dans les yeux des deux femmes chargées de s’occuper de Sinbad et Ali Baba. Elle les a vues excitées comme des gamines à leur anniversaire et ça lui a vraiment foutu les jetons.
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MessageSujet: Re: wheel of fortune. [morgiane] Ven 21 Déc - 0:32

Ce regard.
Viola ne le connaissait que trop. Ce noir ponctué d’étincelles. Cette rage, cette hardiesse. Le cran qu’elle peinait à ravaler, et qui s’avérait tout à fait visible pour l’oeil aguerri de la Capitaine. Elle-même en avait à revendre, de ce cran. Plus que ce que le corps pouvait supporter et pourtant. La mer lui avait enseigné à dompter cette verve qui avait fait d’elle une gamine insupportable aux yeux d’un père trop sévère. Cette même verve devenue une arme aussi puissante qu’un poing, une lame, ou un flingue. Elle observa longuement la captive, découpant sa silhouette de ses prunelles affutées, jugeant sans ménagement ni considération ce tas d’étoffes moites et esquintées par la bataille et l’océan. Cette caricature d’elle faite de sable chaud et de couleurs chatoyantes, où elle n’était qu’eau glacée et teinte de bleu cendré. Beauté tiède et beauté froide se confrontaient. Malheureusement pour elle, Viola était sur son territoire, et les règles étaient établies selon ses termes. S’en retournant à son magot, ses cartes, son crochet, son gouvernail, ses responsabilités, sommes toute ce qu’il y avait de plus important que ce seul pion nouveau dans le grand jeu des batailles navales et autres fléau nautiques de Ravenshore - auquel Viola possédait un talent obscène  ; La Capitaine fit volte-face, se frottant la nuque d’une main, l’autre sur son pistolet encore fumant. Chacun reprit la place qui lui était dédiée, s’affairait à faire voguer le Jolly Roger vers un nouvel horizon. Un qui se dégageait de la nuée provoquée par l’assaut, désormais relégué aux souvenirs glorieux. Un qu’ils ne connaissaient pas, et provoquait déjà en chacun une excitation palpable. Darkmoor était gage de richesse et de débauche. Dieu seul sait combien l’équipage en avait envie, et combien il méritait une escapade à terre, dans les troquets, au milieu des souks, des épices, et de la bonne gnôle.

La voix s’éleva dans son dos, glissa de sa nuque à son oreille comme une brise tiède, et sans se retourner, Viola éructa un — Non, brutal, incisif, impérieux. La Capitaine n’a l’obligeance de rien. La Capitaine décide, cède les informations, en temps et en heure, à son bon plaisir et selon si c’est judicieux ou non. Elle n’était pas là pour en faire une associée, moins encore une amie, mais pour avoir une carte de plus à jouer dans sa revanche sur Flint, et la sévère déculotté qu’elle comptait foutre à ce prétentieux misogyne de Teach. — Tu n’es rien ici. Tu vas te l’enfoncer dans le crâne, et tu vas changer le ton si tu veux pas que ton petit ami prenne une balle dans la tronche. Savvy ? Chaque mot s’était extirpé d’entre ses dents, et un rictus mauvais ponctua la menace. Un clin d’oeil lui indiqua qu’ils étaient encore à portée de tir. Pas de flingue, mais de canon. L’équipage aux aguets n’attendait que l’ordre pour armer. — Et quand tu m’adresses la parole, fais en sorte que ça vaille la peine.  Un ultime conseil, sur un ton moins agressif, plus soyeux, cela même si la menace n’était jamais bien loin. — Cap-Capitaine, vou-vou-voulez vous que n-n-nous l’enfermions ? intervint le Mouche, tremblant de la tête au pied, secondé par les filles prêtent à en découvre à sa place. — Va t’laver Mouche, tu empestes. Tout le monde à son poste, plus vite que ça ! Viola repoussa son second d’un coup de coude dans les côtes, lequel s’en alla bredouille, reniflant ses aisselles, sait-on jamais.  Elle vérifia d’une oeillade intransigeante que chaque pirate retrouva sa fonction, et le faisait dans l’ordre et la discipline. Une rareté dans la piraterie. Mais Viola tirait tous ses vices de capitaine de son père gouverneur, et commodore de surcroit, ce bien malgré elle. Cette rigueur qu’on ne voyait nulle par ailleurs sur les navires qui amarraient de Bootleg Bay, comme bien des traits qui faisait d’elle le Capitaine Crochet, lui provenait d’un passé qu’elle gardait au plus profond d’elle, mais qui resurgissait malgré tout.  Son instigation achevée, elle s’en retourna vers la nomade insolente. — Ton nom ? Un ordre, plus qu’une requête. L’information importait peu, si pas du tout, mais il fallait un nom pour ce visage qu’elle devrait fréquenter jusqu’au terme de ce qui serait une avancée phénoménale dans son plan. Le Jolly Roger était encore bien loin des côtes. À des semaines de voyages, peut-être un mois de Deyja, alternant entre mer et terre. — Tu sauras, lorsque ce sera approprié.

Pourquoi elle ? Un ricanement mat fit office de réponse. — N’est-ce pas évident ? Elle désigna, les bras ouverts vers la proue du navire, l’équipage essentiellement féminin qui s’occupait d’entretenir le Jolly Roger et sa légende. Oh, il y avait des hommes à bord. Pas assez pour inspirer la mutinerie, pas assez pour surpasser le véritable sexe fort à bord, mais bien assez pour en sustenter les besoins.  — Une femme ne se détourne jamais de ce qui lui est essentiel, précieux. Les deux idiots qui dérivent là-bas, attirés par l’appât du gain, inspirés par la revanche, tiraillés entre la fatigue, la faim, la crainte, souvent même tout ça à la fois et ce sera comme si tu n’avais jamais existé. Elle serait bien sotte de croire le contraire. L’on pourrait aisément croire qu’il y avait un fond de ressentiment dans les paroles de la Capitaine, et c’était certainement le cas, mais d’aucuns savaient qu’il y avait aussi une grande vérité dans ce qu’elle venait de dire. — Je n’ai ni le temps, ni la patience pour manipuler l’homme et ses nombreuses faiblesses, et il m’a semblé plus judicieux de t’avoir à bord qu’un capitaine déchu et son lamentable second. souffla-t-elle, d’une voix de velours. Monsieur Mouche rangeait les cordes non loin de là et eut un regard affligé qui eut le mérite de faire rire ses compagnes d’infortunes. — Quant à Monsieur Mouche, eh bien, peut-on réellement le qualifier d’homme ? ajouta-t-elle, le ton railleur.
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Zara Mahdavi
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MessageSujet: Re: wheel of fortune. [morgiane] Mer 2 Jan - 15:11

La capitaine est reine en ces lieux. On ne fera pas assez confiance, on ne l’appréciera jamais assez ; quant à la peur, on peut d’ores et déjà l’oublier : Morgiane ne pourra simplement pas être en position de briguer la première place – la course est déjà gagnée. Mais la première place n’a jamais été la sienne, et c’est bien dans les coulisses qu’elle excelle. Tu es rouillée, ma vieille. Son cerveau est encore embrumé par le choc, la violence. Elle n’était à rien, rien de crever comme les autres, au cœur de la bataille. Les années ont passé sans qu’elle n’ait plus besoin d’embobiner, de manigancer. Fût une époque où elle savait encore utiliser le rien qu’elle avait pour en faire quelque chose, et ce quelque chose est devenu sacrément conséquent. Elle ne perdra pas tout ici : vivre selon le bon vouloir de quelqu’un, elle connait, merci. Hook la tient. Non seulement elle, mais aussi Ali Baba et Sinbad. Rien à faire tant que la chance ne tourne pas – et autant dire que la situation n’est clairement pas en sa faveur. Alors attendre, écouter, observer. Obéir. Tester. Gagner potentiellement la confiance, ou presque. Et une fois que les choses auront changer, à elle d’être sans pitié. Pas de quartier. Mais jusque-là, il faudrait bien trouver le moyen de rester en vie. De faire respecter sa promesse à Hook. Rien de moins sûr, évidemment. La Darkmoorienne leur est utile pour le moment. Pas pour longtemps. Trop d’inconnues dans l’équation pour que Morgiane ne se plie pas aux règles. Elle lève les mains en réponse à la démonstration d’autorité de la capitaine : c’est compris. Suffit l’orgueil. Suffit l’insolence, suffit la provocation. La capitaine est maitre à bord et en revêt tous les attributs. Elle connait. « Très bien, capitaine. » Finalement, il n’y a que le mot qui change. A vos ordres capitaine. Il sera fait selon vos désirs capitaine. Elle en a connu de tous les genres mais le coup est dur : Hook la ramène à la case départ. Au moins ne l'impressionne-t-elle pas. Elle ne la fait pas enfermer cependant. Ce qui est plutôt surprenant. Pas de quoi nourrir de faux espoirs mais il faut bien admettre qu’elle n’en attendait pas tant. Son nom ? « Morgiane. » Inutile de mentir : sitôt arrivés à Darkmoor qu’on la reconnaitra. Et qu’on s’interrogera. Qu’on se demandera où sont Sinbad et Ali Baba. Admettons qu’elle mente : Hook s’apercevrait immanquablement de la supercherie et n’aurait qu’à la tuer et la remplacer. Quant au sort des deux hommes, inutile de se poser la question. Pas le choix. Pas d'autre choix que celui de coopérer. Ses yeux noirs balaient ce qu’elle voit et tentent de retenir un maximum d’informations tandis que la capitaine lui répond qu’elle saura lorsque ce sera approprié. Pas difficile de se retenir de lever les yeux au ciel : il n’y a qu’à penser à ce qui peut attendre les deux Darkmooriens sur leur chaloupe branlante en cas d’écart – un coup de canon et c’est fini. Ce qui ne changerait rien à sa situation. Difficile de réfléchir clairement dans cet état : il lui fallait du repos. Elle a simplement envie d’exploser. Planter la capitaine, brûler son navire, faire un foutu carnage. Elle ne peut pas. Elle ne peut rien faire d’autre qu’écouter la pire salope des mers étaler son laïus sur les hommes : ça sent le traumatisme à plein nez. Mais c’est une chance pour elle – quitte à choisir, elle préfère sa situation à celle de ses proches : rien de pire que de devoir attendre sans rien pouvoir faire, à la merci de deux pirates aux tendances psychopathes. Au moins sait-elle à présent que le Sanbao n’était pas ciblé particulièrement. La faute à pas de chance ? Putain de merde. A elle de faire tourner la roue. Elle y arrivera ; là encore, pas le choix. Et une fois cela fait, une fois la situation inversée, elle n’hésitera pas. Il y a de la route à faire, avant d’arriver à Darkmoor. D’ici là, elle aura trouvé quelque chose. Inutile de se mettre à y réfléchir maintenant : elle n’a pas les idées claires. En tout cas pas suffisamment. Hook parle comme si elle était habitée par la vérité absolue. Pas la peine de se fatiguer à la contredire ne serait-ce que pour le plaisir ; on ne dira jamais assez que Morgiane n’est sûrement pas en position pour. Elle observe le dénommé Mouche comme on observe une bestiole écrasée sur le bas-côté d’une route quelconque avant de détourner son attention sur le vaste océan. Sinbad et Ali Baba ne sont plus qu’un minuscule point noir voguant vers le soleil couchant. Inutile de répondre à la question rhétorique de Hook. Elle sait où le Jolly Roger est, approximativement. Elle sait dans quelle direction la chaloupe va. Il lui faudrait une carte. Il doit bien y en avoir sur ce foutu navire. « Je connais de nombreux raccourcis sur terre pour aller jusqu’à Deyja. Nous pourrons en parler quand vous l’estimerez utile. » Pas encore capable de conserver le même ton détaché que pendant ses années d’esclavage, quand beaucoup ne la considéraient même pas comme un être humain, Morgiane propose. Hook va probablement se demander ce que cela cache – et pourtant presque rien. Essayer de gagner un semblant de confiance puisque de toute évidence, elle est bien de ceux qui craignent pour leur vie et celles des autres. Ecouter la raison. Réfléchir une fois qu’elle le pourra. Peut-être autre chose. « En attendant, puisque je suis à votre service, je vous écoute. Que voulez-vous que je fasse ? » Elle joue à la partie qu'on lui propose : on verra bien qui gagnera à la fin.
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MessageSujet: Re: wheel of fortune. [morgiane] Mar 8 Jan - 15:49

—  Décrasse la dunette, prépare à bouffer à l’équipage, astique ta couche, lèche le cul de quelqu’un d’autre, et fais en sorte que je n’entende plus le son de ta voix, dicta-telle, déjà occupée ailleurs par quelques affaires plus importantes qu’une souillon trop bavarde. Ses coups d’éclats ne nécessitaient aucune réponse. Ni maintenant, ni jamais et certainement pas de la part d’une esclave, et pourtant. Viola la transperça du regard avant de s’en remettre à son équipage.  — Vous êtes tous responsables de la prisonnière. Vous serez donc tous sanctionnés à la moindre incartade de sa part. Un vent d’aversion s’empara de l’équipage, donnant un rythme nouveau aux conversations.  — Toute incartade de votre part à son égard, en revanche, eh bien… Elle haussa les épaules, autorisant tacitement et délibérément les mesquineries, bassesses et toute autre forme d’abjection. Les campagnes étaient longues, les escales rares et l’équipage, qu’elle savait créatif lorsqu’il s’agissait de s’amuser, avait bien besoin d’une toute autre source de distraction qu’un jeu de cartes usés et quelques bouteilles de rhum.


Fifteen men on a dead man’s chest,  yo-ho-ho and a bottle of rhum
Drink and the devil had done for the rest, yo-ho-ho and a bottle of rhum.

p-p-p-poor stuttering little shit.
Enveloppée par une douce ivresse, M. Mouche en oubliait les bafouillages. Viola le scrutait d’en haut, planquée derrière la barre qu’elle tenait d’une main leste. Seul sur le pont, le fringuant gaillard tanguait tantôt à droit, à gauche, à l’avant, à l’arrière, comme s’il était le martyr d’un typhon, ou seulement d’un grog trop épicé. La nuit s’était posée comme un manteau sombre sur les épaules d’Erathia, et se reflétait dans la lagune qui, par deux fois au moins, manqua d’accueillir un Mouche plus soûl que jamais en son sein, si ça n’avait pas été pour Morgiane qui musardait à l’air libre. Le Jolly Roger lambinait sur des eaux calmes, privé d’une brise qui aurait pu les porter avec une petite journée d’avance jusqu’à Ladysdra, plus petit port d’attache sur leur parcours. La population d’arbres à Choctaw Bayuk était dense à ce point qu’aucun vent ne transperçait les feuillages. L’air y était humide, à peine respirable. Une brume moite obstruait la vue sur l’Éthraïd que le Jolly Roger remontait péniblement, seul fleuve dans tout Erathia et frontière naturelle entre les régions. Si la lune a son apogée n’était pas preuve suffisante qu’ils étaient pile dans les temps, deux ombres se faufilaient entre les arbres et les lucioles, s’orientant à la lumière d’une lampe à huile jusqu’au ponton. Elle fit valdinguer le gouvernail à bâbord et ordonna — Jetez l’ancre, à l’équipage encore valable après une soirée faite de rhum, de vieilles légendes racontées à la lueur d’une bougie, et de paris risqués. L’on s’empressa d’accourir sur le pont supérieur, de hisser l’ancre et de la précipiter dans l’eau tiédasse. Elle laissa la barre à son quartier-maitre passablement sobre, non sans balader sur un elle un oeil réprobateur.  
— Va emmerder quelqu’un d’autre, ordonna-t-elle aussi raide dans le ton que dans la posture, tout à l’intention de Cruelty, qui soufflait dans les oreilles de sa camarade de chambrée, Morgiane, ce que Viola devina être tout sauf chaste. Viola se tenait à l’arrière,les bras croisés au-dessus de sa poitrine, un doigt tapotant sur son bras de façon mécanique, insufflant un compte à rebours soutenu à son ordre. Cruelty était la moins disciplinée de tout le lot, mais s’en alla la mine basse, après un ‘ oui mon capitaine ‘ plus complaisant que véritablement respectueux. — Tape lui sur la truffe, ça la calmera. Si elle sous-entendait qu’elle avait dressé Cruelty à obéir comme un chien à son maitre ?  Sans doute, et c’était à vrai dire plus ou moins le cas. Cruelty était une saloperie de la rue à qui elle avait donné une famille. Viola l’avait trouvée dans un coin à pisse de Silver Cove, recroquevillée sur des os de poulet qu’elle s’obstinait à ronger. Elles regardèrent la pirate s’éloigner en trainant les pieds, puis s’empresser d’aller se refaire une santé auprès de Mouche qui tenait en main la cure à toutes les malédictions de ce monde : une bouteille pleine d’un excellent rhum. En trois semaines de périple, Viola n’avait plus adressé un mot à Morgiane, et à peine quelques regards, tous  aussi méprisant que le précédent. Elle était avare en discussion, peu si ce n’est pas du tout prompte à s’offrir aux jeu des relations, bonnes ou mauvaises. Viola était un monstre de solennité, une adepte des jugements froids et sourds. Elle abusait de cette parade qu’on appelait l’indifférence. La sienne était brutale, insolente, mortifiante selon les cas. Pourtant ce soir, alors qu’on hissait Skyler et Nyus à bord du Jolly Roger, se dessinait les prémices d’une aventure nouvelle et une qui promettait de la faire avancer considérablement dans le grand jeu des alliances et coups de théâtre au sein de la confrérie de Bootleg Bay. La première carte en jeu méritait quelques mots.  
— Cassim. Un prénom du passé. Pas du sien, mais qui saurait rappeler quelques familiarités à la fille de Darkmoor. Ravenshore bénéficiait d’une place privilégiée à Erathia, en cela qu’elle était au centre de tous les quolibets. Un véritable carrefour des racontars, entre les étales à poissons et les troquets mal fréquentés. Toute rumeur, toute information trouvait un prix à Ravenshore et à plus forte raison, à Bootleg Bay où les seigneurs des pirates, dont elle faisait parti, étaient prêt à toutes les extravagances pour un levier de pression supplémentaire dans leurs arsenaux. — Je sais qu’il est mort, intervint-elle avant qu’on le lui précise. — Il était le bienfaiteur d’un homme qui se fait appeler Ivo Muirgen. L’homme qui l’intéressait. Un nom dans une région, et un autre dans la voisine. À Darkmoor, Ivo Muirgen était un marchand de diamants, ou du moins le prétendait-il. L’on dressait de lui un portrait peu flatteur. Un type sans scrupule, sans vergogne - même à darkmoor où la morale était bradée sur les marchés ; bourré d’une audace insupportable et de tatouages indécents. Là où on le considérait comme un escroc de la pire espèce, Viola voyait en lui en pirate, et pas n’importe lequel.  La dernière bataille du Sanbao ne résultait pas du hasard, faudrait être fou pour le croire. Le hasard ne lui servirait jamais la bonniche de Cassim. Comme tout, fallait prendre de force. — Dis-moi ce que tu sais sur lui. Plus un ordre qu’une demande. Bien sûr, c’était aussi le moyen de voir à quel degré Morgiane était une menteuse. Viola en savait assez sur Cassim et Ivo pour débarquer à Deyja, mais il y avait fort à parier que la servante avait bien plus à offrir que de la bouffe trop épicée et son insupportable présence. Sinon elle serait morte depuis longtemps. Nyus fit une apparition, se présenta à son capitaine dans le plus grand respect, et même une point d’excitation. — Les prisonniers ?
— Livrés au r’paire, à elle, comme prévu. Elle voulait pô d’l’or, alors on l’a dépensé.  Nyus extirpa une dizaine de bouteilles de rhum cayenne du bayou de sa besace. Quant à elle, c’était une toute autre histoire. — Fous-ça dans ma cabine. obviously. — Cap’taine, l’un d’eux y’est mourant j’crois bin. I’divague complet, parle d’une caverne bourrée d’coffres, d’bijoux et d’pièces. I’a essayé de nous ach’ter mon cap’taine, mais savez qu’nous on s’moque bin d— Ça ira Nyus. T’as bien bossé. La pirate s’en alla, comblée, béate. Viola poussa un long soupir de satisfaction, et se tourna vers Morgiane pour poursuivre, un faux sourire macabre sur les lèvres. Une caverne, huh ?
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MessageSujet: Re: wheel of fortune. [morgiane] Sam 12 Jan - 15:20

Et c’est ce qu’elle a fait pendant trois semaines. Décrasser la dunette, préparer à bouffer à l’équipage, astiquer sa couche, lécher le cul de quelqu’un d’autre, et faire en sorte que la capitaine n’entende plus le son de sa voix. Trois. Semaines. A se demander ce qu’elle devrait faire, à quoi elle servirait vraiment à Hook. Difficile – impossible – de l’approcher sans se faire remballer ; à dire vrai, Morgiane n’a même pas essayé. Elle a supporté les murmures de Cruelty à son oreille, les brimades de l’ensemble de l’équipage ; néanmoins, ce voyage s’est surtout illustré jusqu’ici par l’ignorance quasi-absolue qu’on lui accordait depuis le début – hormis, évidemment, les démonstrations toutes plus viriles les unes que les autres de la ribambelles de femmes pirates sur le bateau, alternant entre promesses de torture et/ou de mort et, pour certaines, avances plus flippantes qu’alléchantes. Mais Morgiane a bien retenu une chose : ses propres incartades provoqueront des sanctions non seulement pour elle, mais aussi pour l’équipage. Pas tombé dans l’oreille d’une sourde, et la Darkmoorienne n’a pas manqué de le faire savoir. Bien sûr, la punition ne lui fait pas vraiment envie ; force est de constater qu’à l’équipage encore moins. Morgiane a donc joui d’une paix toute relative, si ce n’est quelques épisodes qui n’auront pas manqué de la calmer mais qui lui auront surtout permis de tester. Leur périple les a rapprochés des terres, la Darkmoorienne reconnait par le climat et le paysage Choctaw Bayuk ; le Jolly Roger remonte l’Ethraid. La nuit est tombée et malgré la brume épaisse, les rayons de la lune parviennent à peine jusqu’à eux, plongeant le bâtiment et son équipage dans une bouillie grisâtre transparente. Elle se demande, encore, ce qu’elle va bien pouvoir faire. Pas seulement pour Hook ; à dire vrai, sa quête lui est complètement secondaire. Le principal est de retrouver Sinbad et Ali Baba et jusqu’ici, elle n’a aucune certitude quant à la capitaine du navire et ses intentions – cette salope ne lui a même rien promis ; quoiqu’une promesse de sa part ne lui garantirait rien de plus. Cruelty est encore à murmurer des saloperies à son oreille. Son ancienne condition d’esclave lui aura appris qu’on s’habitue à tout. Tout. Mais Morgiane est incassable. On ne la brise pas : elle tient rien qu’à l’idée que c’est elle qui finira par briser. Sa tête repose sur sa main, son regard fixe droit devant elle – elle n’écoute visiblement pas, ce qui ne manque pas d’agacer Cruelty : le son de sa voix augmente peu à peu. Elle irait jusqu’à lui gueuler dans l’oreille toutes ses insanités – ce ne serait pas la première fois – mais est coupée par Hook en personne. Retour instantané sur le Jolly Roger : les yeux noirs de Morgiane se tournent vers la capitaine avec tout le mépris qu’elle peut y mettre. Cassim. Oh. Alors son intégration forcée au sein de l’équipage n’est pas un simple hasard. Morgiane retient un soupir : pourquoi tant de mystères ? « Quelle chance que vous soyez tombés sur moi, » lance-t-elle ironiquement, appréciant moyennement qu’on lui dissimule pour la forme ce genre de choses. La capitaine est maître à bord et probable qu’elle n’appréciera pas. Quoi qu’il est déjà plus intéressant de savoir qu’on détient potentiellement une vraie information de valeur. Mais Cassim est mort. Depuis des années. Alors quoi, Cassim ? Ivo Muirgen. Dire ce qu’elle sait de lui. Oh. Ce que tout le monde sait. Et un peu plus. Parce qu’elle était là, toujours, pendant leurs entretiens – ce qui n’était pas vraiment pour son plus grand plaisir, si vous voulez son avis. Elle connait leurs affaires pour avoir participé à leurs gestions – Morgiane n’était pas une esclave comme une autre. A priori pas grand-chose qui pourrait intéresser la capitaine. Quoique. La Darkmoorienne hausse les épaules : le sujet est vaste et elle n’a pas envie d’en discuter pendant des heures. La capitaine l’a habituée à ne pas avoir à supporter sa présence directe pendant trois semaines et si la perspective de connaitre au moins un début de ce que cherche réellement Hook l'intéresse évidemment, elle n’a pas envie que l’entretien dure longtemps. « Il y a beaucoup de choses à dire sur Ivo Muirgen. Un peu de précision serait la bienvenue. » S’il te plait merci. Une pirate fait son intervention et coupe leur début de conversation pour aborder un sujet qui l’intéresse au plus haut point. Elle ? Putain, mais tous ces mystères sont juste insupportables : Morgiane se retient de l’attraper par le col illico et de la secouer avec toute la rage qu’elle contient en elle. Mais elle tente de rester de marbre et écoute ; elle analysera plus tard. Elle se mord la langue pour s’empêcher d’intervenir, s’oblige à conserver la même expression et maudit Ali Baba et Sinbad lorsque le mot caverne est lâché. Elle se demande qui est le mourant – probablement Sinbad vu la blessure à son bras qui ne doit pas être bien soignée, bien qu’Ali Baba serait le plus susceptible à évoquer sa précieuse caverne. Que le mourant ne meure pas, pitié. La perspective de perdre l’un des deux – voire les deux ensemble – lui fout vraiment les jetons, si bien qu’elle passe une grande partie de son temps à rejeter cette pensée obsédante pour se focaliser sur ce qu’elle peut faire – c’est-à-dire rien. Hook ne manque pas de remercier Nyus et de se tourner vers elle avec un sourire qu’elle voudrait lui arracher de la face. Morgiane hausse les sourcils : quoi ? « Probablement un délire. » Elle feint l’ignorance sans grand espoir de réussite – pour la cause – et relance le sujet de conversation initial, histoire de concentrer l’attention de la capitaine sur autre chose et en apprendre plus par la même occasion. « J’ai fait plusieurs choses pour notre cher Ivo Muirgen à la demande de Cassim. » Peut-être le connait-elle même mieux que ce défunt bienfaiteur qu’il a été pour lui. « Alors qu’est-ce qu’il a qui t’intéresse ? » Probable qu’elle n’aura pas de réponse à cette dernière question un peu trop franche, mais le périple avance et s’il est peut-être temps pour elle d’en savoir plus, il est certain que ça ne la satisfera pas. Elle ne saura pas qui est elle, celle qui détient tout aussi certainement Ali Baba et Sinbad. Ni où elle est. A dire vrai, Ivo Muirgen, elle s’en fout.
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MessageSujet: Re: wheel of fortune. [morgiane] Lun 21 Jan - 17:07

Idiote un jour, idiote toujours.
Des semaines en mer à bord du Jolly Roger n’étaient visiblement pas parvenues à inculquer à Morgiane une règle pourtant élémentaire : ne pas parler pour ne rien dire. Viola fit glisser sur la marie-souillon des sables un oeil sombre, couplé à un sifflement caustique. Le tout traduisait une irritation qui ne resterait, évidemment, pas impunie bien longtemps. Viola ne supportait pas grand chose, mais l’insubordination en était une qu’elle exécrait plus que tout. Le registre sarcastique, et toutes ses variantes, ses nuances, lui étaient exclusivement réservées à bord du Jolly Roger, et si Morgiane n’était pas capable de se le foutre dans le crâne, comme tant d’autres choses, eh bien, Viola se ferait un malin plaisir de le lui faire avaler, ce de bien des manières différentes. Elle fit valdinguer le crochet de sa ceinture au grand mât, dont les voiles étaient ramenées en un amas de toiles confuses. L’objet qui faisait toute sa renommée se planta dans un claquement mat et net dans le bois d’épicéa, qui aurait nettement besoin d’un rafistolage et d’un coup de peinture - une autre tâche ingrate dont écoperait la prisonnière, à n’en pas douter ; cela après avoir éraflé Morgiane à la joue et l’oreille. Viola n’était pas plus forte qu’un ou une autre, et sa composition généreuse mais toujours résolument gracile compte tenu des standards de Bootleg Bay - où résidaient les trainées les plus en chair de tout le pays, faisait d’elle une adversaire admirable, mais pas puissante dans les faits. Viola avait tout d’une lady dans le physique, souvent même dans le geste, parfois dans la locution. Grande, mince, élancée, elle détonnait au milieu des petits gabarits de 55 pouces par 55 pouces, poids concentré dans l’épicentre du corps : seins - ventre  - cuisses. Toute sa supériorité résidait donc dans la précision plus que la force physique. Un talent volé aux archers de Kriegspire dans ses jeunes années, qui lui était une aide inestimable dans ses échauffourées. Nombreuses au début, plus rare maintenant que sa réputation de fine lame était forgée. Bien sûr, elle n’avait pas l’expérience d’une guerrière de Patriona, mais se défendait admirablement de par sa stratégie, et cette rage feutrée, mais pour toujours inflexible. Le crochet était passé à rien d’éborgner la Morgiane. Précision ascendant force. Fallait y voir un présage, un avertissement, plus qu’un loupé. Un rictus mauvais, infect et satisfait tout à la fois sur la bouche, le Capitaine glissa d’un pas élégant vers Morgiane, un oeil rivé sur son crochet agrafé au mat comme un glorieux trophée.  — Tu disais ? Une question qui n’en était pas une, et n’exigeait aucune réponse, si ce n’est une soumission silencieuse et totale ; quoi qu’on puisse toujours compter sur l’esclave pour cracher une réponse aussi culottée qu’idiote, qui l’emmènerait à subir une douloureuse pénitence. Une qui donnerait à ces dernières semaines toutes les allures d’une jolie balade en mer. Elle arracha le crochet à sa cible et s’amusa à en polir la pointe sur la rambarde que Morgiane, après s’être occupé du mas, prendrait le temps de briquer plus tard.

Des précisions.
Elle fit glisser sa langue sur ses dents en énième témoin de la profonde irritation que provoquait Morgiane en elle. — Qu’est-ce que t'as pas compris dans ‘ tout ce que tu sais ‘ ? cracha-t-elle, le ton crissant d’animosité. Sa requête n’avait rien de complexe. Elle voulait tout savoir sur les habitudes de ce Ivo Muirgen. Tout. Son cercle d’amis et d’ennemis, proches ou non, ses putes, ses fréquentations douteuses, son business par-dessus et dessous la table, la sauce qu’il foutait sur sa putain de semoule, tout. Il n’y avait aucune variante, aucun détour, ni piège, et voilà que la médiocrité faite femme trouvait encore moyen de répondre à une question simple par un répondre qui n’en était pas une. Putain de Darkmoorien. Viola considérait cette espèce comme la lie de l’humanité, bien au-delà de tous les autres peuples d’Erathia. Des pantins de la pire espèce, du sable dans le crâne et le fion. L’on allumait les torches autour d’elles, de la dunette à la poulaine, comme pour prévenir le peuple du bayou. Le Jolly Roger transperçait le domaine sacré des sorcières, motivant ainsi Viola à ordonner qu’on arme les canons, sait-on jamais que ces sauvages de Choctaw se dégottent un courage. À peine embarquée, Nyus s’exécuta sans se faire prier, et descendit à fond de cale, Skyler et Annamaria sur les talons. Le rapport de ses deux mercenaires lui plaisait, et apportait son lot inattendu de petites surprises qui ne manquèrent pas de la divertir. — Probablement pas, rétorqua-t-elle, dans un tac au tac affuté. Elle se régala de son regard, tout en petite détresse et en hypocrisie malhabile. — Mon intérêt ne se trouve pas dans cette histoire de caverne, confessa-t-elle, en haussant les épaules. — Pas encore. Un jour, peut-être. Lorsqu’elle aurait un Flint dans une tombe, l’autre dans ses geôles promis à une éternité de torture scandaleuse, et un Barbe-noire jeté en pâture au kraken. S’égarer entre tous ces imbéciles n’étaient même pas une option, un à la fois lui paraissait une stratégie plus que judicieuse. Viola possédait une capacité de concentration inégalée, et refusait de se perdre en futilités sous prétexte qu’il y avait un paquet de d’oseille à la clef. Revenge comes first.  — Tout, reprit-elle, impatiente. Elle se baissa pour ramasser une large corde, et la fit claquer entre ses deux mains, signe qu’elle avait trouvé de quoi accélérer la cadence de leur discussion qui, pour le moment, ne menait nulle part. — Dépêchons, j’ai pas que ça à foutre.
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MessageSujet: Re: wheel of fortune. [morgiane] Dim 27 Jan - 0:06

Le crochet entaille sa joue et son oreille sans qu’elle ne l’ait vu venir. Oh, Hook n’a évidemment pas manqué de réagir – pas besoin d’être une lumière pour deviner d’avance que sa petite bravade ne lui apporterait rien de bon. Un mince filet de sang coule de chacune de ses égratignures. D’accord, capitaine. Morgiane verse à sa geôlière un sourire empoisonné : c’est compris, encore, mais ce n’est toujours pas terminé. On n’a pas envie de trop amocher sa source d’informations ? C’est bon à savoir, quoiqu’elle y réfléchira à deux fois avant de provoquer de nouveau la pirate. Qui vient à point à qui sait attendre. Ses deux mains se lèvent en signe de reddition – forcée – à la question du capitaine du Jolly Roger. Elle ne disait rien, mais elle l’a dit quand même. Evidemment, ses propres questions restent sans réponse. Morgiane ne bronche pas plus devant le ton ou l’attitude de Hook, qui ne fait que la rappeler à des traitements qu’elle a déjà subi dans sa condition d’esclave. Elle n’oublie toutefois pas ne pas être la seule à être embarquée dans cette sale histoire. S’il n’y avait qu’elle, les positions seraient légèrement différentes. Faire avec ce qu’elle a pour obtenir plus ; il s’avère qu’avec la pirate, ses talents sont inexploitables. Pour le moment. Alors elle doit faire quoi ? Parler ? Cracher ce qu’elle sait, comme ça, sans la moindre contrepartie ? C’est ça ou continuer de tester les limites de la capitaine, qui possède encore toutes les cartes en main. Hormis une : Ivo Muirgen. Et elle veut savoir. Elle veut savoir tout ce qu’elle sait. Les temps où elle l’a connu sont révolus : Cassim avait l’avantage d’être plutôt discret dans ses affaires, ce qui arrangeait celles de l’escroc. Morgiane s’est toujours montrée utile et digne de la confiance de ses maitres, si bien que certains secrets ne doivent être encore connus que d’elle. Toujours qu’Ali Baba et Sinbad sont trop voyants pour œuvrer dans les mêmes sphères qu’un type comme ce rat d’Ivo Muirgen – d’autant plus qu’avec les ressources illimitées de la caverne, ils n’en ont pas besoin. Ses autres noms, elle ne les connait pas ; elle sait néanmoins que le type se balade de royaume en royaume en se présentant sous des identités différentes pour entretenir diverses activités dont celle qu’il partageait avec Cassim faisait partie. Elle peut tout balancer là et attendre le prochain interrogatoire de Hook à écouter indéfiniment les chuchotis dégueulasses de Cruelty au creux de son oreille, assoupie, éveillée, mais inébranlable. Incassable. On n’ébranle pas une détermination à vivre comme celle de Morgiane. On ne touche pas son incommensurable ego et sa fierté démesurée. Elle lâche parce qu’elle n’a aucune autre option, mais elle reste à l’affût du moindre détail. Son intérêt ne se trouve pas encore dans cette histoire de caverne. Ho. Ben voyons. Qu’elle essaie donc. Morgiane hausse un sourcil, tenant l’ignorance feinte dont elle s’est parée pour ne plus continuer sur ce sujet-là ; inutile d’insister. La leçon est retenue : elle répond aux questions. Point. Elle se retient encore une fois de lever les yeux au ciel devant la tentative d’intimidation de la capitaine ; c’est juste trop. « Je ne l’ai pas revu depuis plusieurs années, mais je sais qu’il a trouvé quelqu’un pour remplacer Cassim. Quelqu’un pour faire ce qu’il faisait pour lui. » La Darkmoorienne ne baisse pas les yeux ; elle en a vu des regards. Elle en a reçu des ordres. Elle en a pris des coups. Ce n’est pas une entrevue avec la capitaine du Jolly Roger qui va la mettre à terre. Elle a le sang chaud et la langue qui ne demande qu’à être insolente. Elle peut décemment pas se laisser faire. C’est pas des semaines à bord de ce navire qui la dégueuleront brisée et perdue. On joue, on perd, on gagne. Elle perd. « Je sais où trouver cette personne. » Désolée Ivo, mais entre toi et le trio à la merci de Hook, le choix est vite fait. Cette personne est la personne par qui le recherché passe constamment lorsqu’il se trouve à Deyja : quand les habitudes fonctionnent, on les garde. Si jusqu’ici, la confiance placée en Morgiane s’est avérée être un bon investissement, elle est aujourd’hui rompue. « Quant à Ivo Muirgen à proprement parler, disons que c’est un homme pour qui la prudence est devenue un art. Il ne venait à Deyja qu’une semaine par mois, voire moins. Cassim s’occupait de transformer les marchandises qu’il rapportait chaque fois pour les faire passer dans le commerce… légal. On inventait de belles petites histoires. » Blablabla. Elle a demandé tout ce qu’elle sait. « Il ne baisait jamais les mêmes filles. Nous ne nous rencontrions jamais au même endroit pour ’’discuter’’ et il ne se montrait jamais en public avec les personnes avec qui il collaborait. Paradoxalement, il allait toujours se bourrer la gueule dans le même établissement. Mais il parait qu'on ne l'y a pas vu depuis un bail. » Tout simplement parce qu’il ne peut faire confiance à personne. Parce qu’il n’a aucune garantie. Comme elle. Aucune garantie sur son propre sort et ceux de son mari, de son ami. Pas d’autre option que celle de dire tout ce qu’elle sait sur Ivo Muirgen. « Il se fait très discret aujourd’hui. » Mais nul doute que ce rat d’égouts continue de s’occuper de ses affaires. « Pas introuvable cela dit, » si tant est que Hook soit véritablement à sa recherche – ce qui lui semble tout de même être le cas. Morgiane est une sacrée clé pour ouvrir les portes verrouillées de Darkmoor. Alors ? D’autres questions ?
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MessageSujet: Re: wheel of fortune. [morgiane] Lun 18 Fév - 23:12

— Et qu’est-ce qu’il faisait pour lui ? Hook soupira. Les informations étaient en quantité suffisante, mais loin de la rassasier. Elle avait connaissance de tout ce que Morgiane venait de cracher et bien plus encore, et était à peine capable de mesurer l’utilité de l’esclave, qui finalement ne connaissait qu’une connaissance de et n’apportait donc rien de trop concret. Toutefois elle écouta, solennel et vigilante. — Mmmh fit-elle, énigmatique. Personne n’est introuvable, surtout pour qui sait chercher. Elle détenait les miettes d’informations que Barbe-Boire avait consenti à céder et Viola avait ainsi tiré beaucoup de ce qui aurait pu être rien. — Et où il va lorsqu’il n’est pas à Deyja ? demanda-t-elle, déjà au courant qu’Ivo passait une moitié de ses journées à lécher les pompes et sucer les pouces de Jafar à Bellhor, l’autre à correspondre avec Sir Arthur de Kriegspire, un allié d’une autre vie fait du même moule et animé des mêmes intentions.  Viola prêchait volontairement le vrai du faux, et comme elle se méfiait tant des paroles de Barbe-Noire que celles de Morgiane, s’en sortirait gagnante d’une confirmation ou d’une autre piste à examiner.

Deyja, 27 jours plus tard.
Elle débarqua en dernier, tenant à minimiser ses incursions dans la capitale où sa juridiction, en tant que seigneur des pirates et lady de Ravenshore, ne s’appliquait plus. Pas qu’elle ait jamais utilisé son nom originel, mais s’agissait là d’une carte non négligeable dans son jeu bien fourni en combines. À plus forte raison depuis que les terres arides étaient passées aux mains du souverain de l’outre-monde. Là où il n’y a pas d’eau, il n’y a pas de pirate, et cette arrivage de flibustiers tendait à rendre les camelots de Deyja nerveux. Le reste de l’équipage du Jolly Roger avait débarqué la veille, avec la seule consigne de faire profil bas, autant que faire se peut. Tous à l’exception de Morgiane, qui avait gagné une soirée en tête à tête avec la capitaine, à échanger les futilités de la capitale et à établir un plan imparfait, mais admirable. Viola s’était rendue à Deyja auparavant, dans le cadre de visite politiques et d’apparitions protocolaires, mais n’avait jamais visité la ville, ni n’en avait éprouvé le besoin. Deyja était en tous points semblable à Bootleg Bay, en cela qu’elle fourmillait d’âmes douteuses, et où les affaires y étaient tout sauf réglementaires. Le cadre seul différait, et si elle aurait pu faire fi de la puanteur, à base d’épices avariées et de chaires carbonisées, la chaleur sèche semblait grignoter son équilibre tant spirituel que physique, alors même qu’elle honorait la petite gens des bas fonds de sa vénérable présence. L’on ne la connaissait point à ces terres, pourtant Viola donnait à craindre, tout comme la bande de chiens affamés de désordre et de grabuge qui marchaient sur ses traces. On s’écartait docilement sur le passage de ce fantastique convoi, tout droit tiré d’un autre monde. Ann et Nyus laissée à bord avec plus de la moitié de l’effectif, sait-on jamais que les pillards s’enhardissent et décident de prendre s’assaut le Roger. La faucheuse venue du ciel, Skyler de son prénom, rampait d’un toit à l’autre, indétectable comme toujours. Morgiane ouvrait la marche, un pas sûr après l’autre. — Dernière ligne droite. Serait regrettable de faire quelque chose d’idiot maintenant, uh, fit-elle, au cas où Morgiane, maintenant en son domaine, aurait l’ambition absurde de la faire à l’envers. Viola redoublait de prudence avec la malpropre, qu’elle soupçonnait être plus ingénieuse qu’elle le laissait croire. — Si tu marches de travers, Cruelty se chargera de t’abattre,  jugea-t-elle judicieux d’avertir, provoquant les ricanements de c’t’aliénée de Cruelty, qui reniflait la poudre de son flingue, excitée d’avoir enfin obtenu l’autorisation de l’utiliser. Au terme d’une ascension laborieuse, tant la chaleur sèche s’avérait redoutable pour ces pirates, la troupe déboucha sur une impasse. — À vous l’honneur, Lady Morgiane, ronronna-t-elle. La porte était à peine discernable, pourtant un mot de passe, la personne adéquate et voilà qu’ils pénétraient dans une arrière-cours. L’endroit ne ressemblait à rien de ce qui se faisait à Deyja, ou ailleurs. La chaleur y était d’autant plus soutenue qu’ils s’entassèrent rapidement tous dans ce qui ressemblait à un repaire à serpents. Certains vrais, d’autres métaphoriques. Pas de quoi détourner la capitaine de son but, moins encore effrayer, ou la captiver, selon. — Capitaine. Un homme à la panse généreuse se présenta à elle, une entaille de sourire hypocrite sur la bouche et un sabre pas assez affuté à la ceinture. Il était négligé, visiblement pas prêt à affronter la horde. Trop confiant. Viola le gratifia d’un regard, sans toutefois se lancer dans des formalités qui n’avaient aucune sorte d’importance à ses yeux. Elle laissa à Morgiane le soin de transmettre leur requête en toute diplomatie, ce dont elle manquait cruellement ces derniers temps. Son intermède musclé avec Flint avait laissé des séquelles et Viola n’avait plus la patience nécessaire pour le marchandage, alors même qu’elle était une négociatrice née. Certainement pas maintenant qu’elle touchait presque au but. Elle remarqua l’évidence même lorsque le type commença à se donner en sous-entendus lascifs et regards lubriques. Il ne prenait pas leur affaire sérieusement, ce qui entama d'autant plus le peu de patience qu'elle avait encore en réserve. S’il n’osait rien à son adresse, dieu merci, Morgiane semblait lui plaire au point où il ne prenait plus la peine d’écouter ses requêtes. Il se laissa aller à quelques minauderies grotesques, puis au geste de trop qui fit reculer leur intermédiaire. — On n’est pas là pour ça, mate, siffla-t-elle, alors que glissait une main baladeuse sur Morgiane, qui eut à peine le temps de protester.  Jusque-là désintéressée, Viola se redressa et fit face à ce pauvre ère qui, inconscient, décida de raffermir sa prise autour du poignet de la souillon. — Mais c’t’une fe—, Une femme ? Ah, voilà un argument irrecevable et particulièrement téméraire face à la seule capitaine femme de l’armada pirate. Son regard passa du sombre au noir, et le type, troublé, mais point inquiet - pas assez, bafouilla quelques mots avant de sortir une révision pitoyable de ce qu’il s’apprêtait à dire : — Une esclave.  — Tu vas enlever tes sales pattes d’elle et convoquer Muirgen pour nous ou je t’ouvre en deux par le bas.  — C’est une putain d’esclave!  Y pas d’esclave sur le Roger. C’est une femme, donc le sexe supérieur selon Viola qui avait assez de balafres de ses oppresseurs misogynes pour justifier le meurtre du moindre d’entre eux. Au cours de l’échange, elle avait extirpé un crochet, dont la pointe était à présent nichée à la gorge du gonze, prêt à faire la connaissance avec sa trachée. — Donne l’ordre, j’ai pas qu’ça à foutre et tu vas t’excuser auprès de l’esclave. Pourquoi ? Parce qu’elle l'ordonne. — À moins que tu sois consentante. À toi de nous dire, tu fais bien ce que tu veux d’ton cul. or else slaughterhouse is a go. Elle s’en remit à Morgiane qui, pour une fois, pouvait librement décider.
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wheel of fortune. [morgiane]

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