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black and white (elise)

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way down the river we go
Nash Richardson
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MessageSujet: black and white (elise) Jeu 13 Déc - 20:49

C’est une longue histoire.
Ca a commencé par un énième texto de sa sœur qui s’insurgeait une fois encore de ne pas le voir/ne pas avoir de nouvelles/etc. Nash lui a proposé un créneau deux semaines plus tard – d’ici là, il aurait le temps de trouver une excuse pour ne pas la voir. Sauf que voilà, il a oublié. Pas Lucy, une fois les deux semaines passées, qui n’a pas manqué d’attendre le dernier moment avant de lui envoyer un autre texto lui indiquant qu’elle était en bas de chez lui et qu’elle l’attendait. Hein quoi ? Et merde. Trop con pour ne pas regarder par la fenêtre, il se fait immédiatement griller par son aînée (qui le connait visiblement beaucoup trop bien) déjà occupée à lui faire de grands signes de la main. Soupir : le type a de toute évidence pas le choix. Bon, il est temps de s’habiller rapidos, Nash prend les premiers trucs qui lui tombent sous la main. Un sweatshirt à capuche gris, un pantalon noir, des sneakers, l’ours ne prend pas la peine de se laver les dents ni de se coiffer et claque la porte derrière lui. Lucy l’accueille un énorme sourire accroché sur les lèvres, Nash lui répond par un grommellement indéchiffrable et embarque dans le carrosse de madame : une mini cooper rouge – ça se passe de commentaire. Long et profond soupir au moment où la portière se referme. C’est parti pour Lucy et ses histoires, Lucy et ses questions, Lucy et ses problèmes, Lucy et sa fâcheuse tendance à se mêler de tout ce qui le concerne. « Aha, je t’ai bien eu ! » se moque-t-elle. A quoi bon, elle lit en lui comme dans un livre ouvert. « T’avais oublié pas vrai ? T’as toujours la mémoire sélective hein ! Heureusement, ta sœur est là pour animer un peu ton agenda : t’as vu ta tronche Nash ? Tu t’es pas lavé depuis combien de temps ? » Enfer sur terre. Si une force supérieure existe réellement, qu’elle la fasse taire. Pitié. Nash soupire – encore – en même temps qu’il met sa capuche sur le crâne et y enfouit ses yeux. « Putain Lucy, tu vas pas commencer à me faire chier. T’as même pas démarré ta putain de caisse. » La frangine s’exécute illico, de peur que son cadet n’en profite pour se barrer fissa et annonce d’entrée la couleur : « Je t’emmène dans un charmant petit salon de thé ! Tu vas voir, il est très raffiné, tu vas a-do-rer. » Hein quoi ? Ok, Lucy ne le connait peut-être pas aussi bien que ça. « Tu te fous de ma gueule ? »

Voilà comment Nash Richardson se retrouve face à Elise Steadworth dans son putain de salon de thé. Lui est venu un genre de malaise profond qui l’a renfermé comme une huître, ce qui ne change pas tant que ça son état naturel. Lucy ? Elle l’a jeté sur le trottoir comme une merde pour qu'il réserve une place à l’intérieur et est partie garer la voiture. Soupir une fois encore quand son regard noir se pose sur la rayonnante Elise, juste devant lui. Oh non. Nash se râcle la gorge. Il ne prend pas la peine de se maquiller d’un sourire : il n’est qu’une ombre. « Salut. » Un inconnu qui s’adresse à quelqu’un qu’il ne connait pas. Tout s’est brisé le jour où, il y a quelques temps déjà, Elise l’a rappelé à ce qu’il est devenu : une sombre merde. Cela sans qu’elle n’ait eu rien besoin de faire, victime collatérale de sa propre descente aux enfers. Chaque fois qu’il la voit c’est pareil : t’es qu’une merde t’es qu’une merde t’es qu’une merde. Rapidement, la solution s’est imposée d’elle-même : il suffisait de ne plus la voir. Dommage, loupé. « On sera deux. Avec ma sœur. » Pourquoi il précise avec ma sœur, mystère. Sans doute pour témoigner qu’il n’est sûrement pas là de son plein gré, au cas où il était encore permis d’en douter. Le voilà à présent attablé et tenez-vous bien : Lucy n’est toujours pas là. Quinze putain de minutes qu’il poireaute comme un con à une petite table d’un petit salon de thé dans lequel, on peut le dire, Nash dénote complètement. Entouré de gonzesses à droite, à gauche, devant et derrière, il croise le regard de quelques mecs en plein rencard qu’il devine presque désolés pour lui. Putain, il fait tant pitié que ça ? Et encore un soupir. Bon. Quitte à attendre, autant commander un truc. C’est encore Elise que son regard trouve et, quelques secondes plus tard, c’est elle qui se tient devant lui. « J’imagine que t’as pas grand-chose de plus corsé que du thé ? » Belle entrée en la matière pour le trou de balle de service. Sarcastique jusqu’au bout, il ne lui fait même pas la politesse d’un simple sourire. Les yeux sombres tournés vers la lumineuse Elise.
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Elise Steadworth
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MessageSujet: Re: black and white (elise) Dim 23 Déc - 20:22

Dottie, employée du mois et pas franchement douée dans le registre de la retenue, s’engouffra dans l’arrière-boutique, plus hystérique que jamais et certaine de tenir la nouvelle du siècle. Arrachée à ses nombreuses factures par cet enthousiasme peu commun, Elise jusque-là attablée, manqua de tomber à la renverse et d’emporter avec elle les échantillons de thés parfaitement organisés sur son bureau. — Tu devineras ja-mais qui est là ! Devant la porte ! Nash ! Nash Richardson ! Tu sais, le beau gosse là, magnifique, sportif, tragique, beau à pleurer ! Mieux ! Beau comme un dieu. Le fameux. Un rire mélodieux s’évada d’entre ses lèvres, et elle fit mine de se remettre à sa paperasse, même s’il était plutôt évident qu’elle avait à présent Nash en tête, et la curiosité de voir ce que l’un des grands abonnés absents à sa vie actuelle était devenu.  — Oui, je connais, répondit-elle, sourire de façade et accent nostalgique. Dottie était bien plus jeune qu’eux. Elle aurait du voir son sourire. Le sourire de Nash Richardson, c’était tout de même quelque chose. Même si elle n’était pas fille à s’énamourer aisément, surtout pas pour  ce genre de détails (elle préférait l’âme avant la beauté, bla bla bla) fallait quand même accorder un certain crédit au sourire de Nash, qui l’avait faite chavirer plus de fois qu’elle ne daignait l’admettre. Elle manqua de peu de lui confier qu’elle aurait dû le voir au lycée, mais en jetant un coup d’oeil furtif à l’entrée, constante que Nash n’a pas changé. Du moins, il est… arrivé à maturité, tout comme elle, et les autres. Les autres différences. Les cernes, le look un tantinet mal soigné, Elise ne le remarquera pas. Pas tout de suite, impressionnée qu’elle est par le seul fait qu’il soit là. — Je vais m’occuper de lui. Tu n’as pas l’air en état, céda-t-elle, au nom de la relation client, de la cohérence, et à 98%, la curiosité de voir Nash détonner complètement dans cet univers de couleurs pastels, pâtisseries et infusions. — Bonjour, vous, lâche-t-elle, aimable, solaire, et dira-t-on peut-être un rien trop familière à l’égard du fameux Nash Richardson, qui n’a plus l’air dans son assiette depuis au moins dix ans. Une consultation rapide du registre lui indiqua que Richardson avait effectivement une table, cela même si elle avait un vague souvenir de Lucy déblatérant sans fin auprès de Dottie, un thé vert aux agrumes à la main. — Mais… Lucy est venue ce matin.  Ou bien hier ? Elle était pourtant persuadée qu’il s’agissait du jour-même, mais peu importe. S’il y avait une chose à savoir sur Lucy Richardson, c’était bien qu’elle faisait ce qu’elle voulait. De retour derrière son comptoir, Elise resta plus de temps que la politesse ne le permettait à examiner Nash. Nash, seul à sa table,  avec ses vieux démons, ses perspectives éteintes, son ambition étouffée. Elle ne sut pas bien s’il était convenable de le qualifier de … triste ? abattu ? accablé ? Par le poids du monde, à n’en pas douter, mais était-ce vraiment une excuse pour jeter les bonnes manières, aux oubliettes ? Ne serait-ce que pour sourire de façade, Elise était prête à faire l’impasse sur l’absence de ces dernières années. Triste de constater qu’il n’avait pas tourné la page de ses déboires, et certainement qu’il n’en avait pas la moindre envie, Elise poussa un long soupir. Elle se présenta de nouveau à sa table, un carnet dans une main, un stylo dans l’autre, et céda au coach sportif un rire. — Du café ? proposa-t-elle, cherchant de mémoire quelle était sa variété la plus forte.  — Non, c’est vrai, c’est pas le genre de la maison. Mais nous avons d’excellentes pâtisseries à base de baileys, de rhum ou de liqueurs si ça te tente. Pas de quoi s’enivrer, mais de quoi s’ouvrir les papilles pour l’apéritif. Sans pouvoir mettre le doigt sur la raison, même elle se laissa lentement envelopper par une sorte de malaise. Un truc qui vint à l’empêcher de se détendre complètement, cela même si elle était dressée pour bien paraitre. D’un raclement de gorge plus loin, Dottie lui indiqua la baie vitrée, où passait Lucy en voiture, se détachant des passants désintéressés par une série de grands gestes, et de rires caustiques. — Hmm… Ta. soeur. vient. de. hm… passer en voiture dans… l’autre sens. Un mot, un silence hésitant. Elle haussa les épaules, ne sachant plus où se mettre, le salon de thé devenu trop étriqué - et certainement pas prête à subir les affres du mauvais caractère de Nash’, qui, selon la rumeur, avait changé du tout au tout. — Désolée, finit-elle par lâcher, une moue embarrassée habillant ses lèvres. — Écoute, prends un café au comptoir si tu veux, et puis à la fin du service, je te ramène. J’en ai pour trente minutes à tout casser, proposa-t-elle, se réjouissant d’un rare moment privilégié avec cet ombre de l’adolescence.

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MessageSujet: Re: black and white (elise) Lun 31 Déc - 15:35

Evidemment, Elise semble être restée fidèle à elle-même : toujours aussi parfaite. Quoi d’étonnant ? Il avait été amoureux d’elle pendant des années, incapable de déclarer sa flamme à l’incarnation de perfection qu’elle était et est toujours. Aujourd’hui, ça ne fait que lui rappeler à quel point il est tombé bas. Et ça ne lui plait pas. Alors non, Nash n’a pas la moindre envie de se montrer aussi sympa qu’avant. Aussi souriant qu’avant. Aussi avenant qu’avant. Aussi charmant qu’avant. Fini tout ça. Balayé, rayé de la carte : ne reste plus que le connard de service pas foutu de verser un sourire à celle qui lui a fait battre le cœur pendant des années. Ca sent évidemment le guet-apens façon Lucy Richardson à plein nez, et autant vous dire que sa sœur va prendre très cher une fois qu’elle l’aura rejoint – comme si elle en avait quelque chose à foutre, elle qui n’écoute jamais personne. L’homme des cavernes se renfrogne plus encore au son mélodieux du rire d’Elise, qui le rappelle, encore et encore, à une page définitivement tournée. N’importe qui d’autre qu’elle l’aurait envoyé péter plus loin : Nash a disparu de sa vie du jour au lendemain. Pas de réponse aux messages, encore moins aux appels, jusqu’à ce qu’il n’y ait finalement plus rien. Rien, c’est ce qu’il veut de la part d’Elise. Il aurait voulu plus. Beaucoup plus. Tellement plus. Et maintenant plus rien. Enième exemple de ce qu’il a eu et qu’il a perdu, autoconvaincu qu’il n’est plus digne de rien. Sa vie est nulle, mais ça lui va bien. Les jours s’enchainent dans un quotidien noir ou gris, jamais blanc, jamais satisfaisant. Elise lui propose un café et des pâtisseries, Nash répond par un soupir. Un salon de thé. Vraiment pas un endroit pour lui putain. Avec son gros sweat et son pantalon noir, sa coupe approximative et son air louche, il ressemble plus à un dealer qu’aux gentils petits mecs à polo de la salle – ce qui est, de toute façon, très loin d’être le cas. « Même pas d’Irish coffee ? » Ben non Nash, la dame elle l’a dit : que du café et/ou des pâtisseries à la liqueur. Te voilà baisé. « Bon ok, alors un de tes trucs au rhum avec un café bien noir. » Et s’il te plait c’est pour les chiens ? Absolument. Déjà qu’il se serait probablement comporté de la même manière avec quelqu’un d’autre, mais face à Elise, c’est encore pire. Pas de faire le con : Nash est déjà médaillé d’or. C’est pire parce qu’elle l’a connu, qu’elle a été l’une des personnes les plus importantes dans sa vie et qu’aujourd’hui, c’est fini. A cause de lui, parce qu’il l’a choisi, mais c’est fini. Il croise le regard de l’employée d’Elise, qui rougit et se retourne immédiatement, provoquant un haussement de sourcils de la part de l’ancien dieu du stade : « Elle a un problème l’autre serveuse ? » D’autant plus qu’elle vient de lui refaire le coup. Mais son attention est rapidement de nouveau captée par Elise et sa révélation fracassante. « Putain ! » Evidemment, il n’y a que les sourds du salon de thé qui ne l’auront pas entendu jurer. « J’vais la tuer. » Ok, calmons-nous, elle est peut-être allée chercher une place ailleurs et galère comme une dingue. Nash pousse un soupir. Evidemment que non. Tu t’es doublement fait baiser gros. D’abord parce que t’as rien à foutre ici, et ensuite parce que ta propre sœur qui t’a conduit jusqu’ici te fout un lapin. ET il n’y a rien de plus corsé qu’un café bien noir. Ben voilà, la messe est dite. Elise, parce qu’elle est toujours autant Elise, lui propose de rester boire sa boisson au comptoir et de le ramener chez lui après. C’est ça ou quoi ? Se faire chier avec les transports en commun ? Les bus, les trams, ou rentrer à pieds. Ou rester là, parler avec Elise de tout, de rien, de ce qu’ils deviennent – c’est-à-dire rien, de son côté. « Ok, » s’entend-il répondre, la flemme l’emportant probablement sur le malaise. Nash se lève et s’installe au comptoir suivi de la charmante Elise qui passe derrière. Alors ça. S’il s’était attendu à se retrouver dans un salon de thé en compagnie de la fille qui a habité des rêves pendant des années… Quelques temps plus tôt, il aurait été heureux. Content. Ravi, comme à chaque fois qu’ils partageaient des moments ensemble. Maintenant, il est blasé et de mauvaise humeur – quant à sa compagnie, on peut miser sur le fait qu’elle sera toute aussi mauvaise. Ses mains se rejoignent sur le comptoir en même temps qu’il se voûte sur son siège : « Bon. » Inutile. Mais on est en train d’assister à un miracle, certainement alimenté par la thérapie forcée que lui fait subir (non, pas d’exagération) Cordelia Hayes : Nash Richardson est en train d’entamer une conversation. « Ca fait combien de temps que tu bosses ici ? » Mention passable. Le fait est que c’est son salon de thé. Guignol.
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Elise Steadworth
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MessageSujet: Re: black and white (elise) Ven 4 Jan - 23:42

— Je peux t’en faire un, si tu veux, proposa-t-elle. Mais allait-elle vraiment le faire, au final ? Lui arrivait de sortir un peu des sentiers battus, et de proposer une création à ses clients, souvent avec plaisir même. D’autant plus qu’elle faisait un Irish Coffee d’enfer, avec les étages, la crème fouettée, et un rien de Bailey’s pour se donner un genre. Mais elle considéra qu’il était assez tôt dans l’après-midi pour qu’un Irish Coffee, digestif de son état, soit considéré comme malvenu. Quand bien même, Nash avait tout l’air d’avoir besoin d’un grand verre d’eau minérale, voire d’un bon thé énergisant, plus que d’un Irish Coffee. Non sans une pointe d’amertume, elle fit une croix sur la politesse qu’on avait tendance à exagérer auprès d’elle, ce qui n’était pas pour lui déplaire. Ici débutait une liste , involontairement dressée au demeurant, soulignant à quel point Nash avait changé. Tout ce que Nash ne faisait plus. Pour elle, pour lui, certainement pour les autres - du moins l’espéra-t-elle, manquait plus qu’il ait quelque chose à lui reprocher…   à moins que ? Elle fronça les sourcils, cherchant un détails qui lui aurait échappé, puis décida la seconde suivante de remettre sa recherche à plus tard. La liste s’allongeait. Il avait remarqué Dottie qui remuait derrière le comptoir plus loin et ne prenait plus la peine de masquer son intérêt gargantuesque pour le sportif réformé. Dottie ne savait rien garder pour elle. Pas ses réflexions, ses jurons, ses jugements, ses pensées profondes, moins encore ses sentiments, ce qui faisait d’elle l’exacte opposé de sa patronne, en permanence sur la réserve. Elise l’observa brièvement, non sans lui signifier toute l’anxiété qui l’habitait du regard. Pour une fois qu’elle avait Nash sous la main, sa serveuse allait le faire fuir, ou pire, l’énerver. — Oh, rien de grave… juste un crush d’adolescente, darda-t-elle, s’aventurant à un semblant d’humour posé sur un socle de totale sincérité. Elle trouva le parallèle remarquable, puisque Dottie n’était pas la seule à avoir éprouvé plus qu’une admiration totale pour le sportif ; et la réflexion n’irait pas plus loin, dieu merci, elle était à peine bonne à la faire penser à Nash ce soir, pendant qu’elle siroterait un verre de vin rouge en se repassant le film de la journée. Elise se mordit les lèvres, adorable et satisfaite derrière ses petites vérités bien déguisées. Elle manqua de rajouter un tu dois avoir l’habitude qui aurait irrémédiablement plongé Nash dans un état second, si seulement Lucy n’avait pas fait des siennes, et provoqué Nash plus que ce qu’elle aurait pu le faire. Surprise, elle fit un pas en arrière. Elise ne jurait jamais. Jamais un mot plus haut que l’autre, pas même un merde découlant d'une crise existentielle. Retour à la liste, donc. Elle s’en voulait de juger, mais la comparaison de l’avant-après était inévitable, et surtout saisissante.  Nash avait oublié, volontairement ou non, que la sympathie était la seule chose gratuite en ce monde, et que montrer toute l’étendue de la sienne ne pouvait que servir ses intérêts. Pas qu’elle se considère assez importante pour pouvoir en bénéficier, puisqu’après tout il n’avait même pas daigné à répondre à ses messages (et dieu seul sait combien ils étaient nombreux), et n’avait pas l’air de ressentir le besoin de se justifier.  Nash ne souriait plus, et pour tout ce qu’il dégageait, avait probablement remisé sa volonté de vivre au placard avec ses baskets et son ambition. Nash avait oublié. Nash s'était oublié. Sans adresser la situation, puisqu’il était plus simple de composer avec plutôt que de résoudre tout ce qui trainait entre eux, Elise se contenta d’aller vers le comptoir et d’en déloger Dottie, qui en avait déjà assez fait. Service express pour un baba au rhum dans une assiette en porcelaine gris clair, une cuillère à entremet en argent, et un café noir dans une grande tasse. Si on n’y prêtait pas attention, Elise passait pour une barista respectable, cela même si elle n’avait jamais étudié ni travaillé en ce sens. Stoppée dans son bon service par sa question, Elise se raidit. Donc il s’en fiche vraiment éperdument, pensa-t-elle, touchée dans son orgueil qui, pourtant, n’était pas chose aisée à atteindre. Elise était bien des choses, mais pas orgueilleuse. Le fait qu’elle ait été amoureuse de lui changeait peut-être la donne, et elle aurait voulu prétendre, rien que pour elle, que ce n’était pas le cas, mais ça l’était.  — J’ai ce projet depuis… longtemps, mais c’est ouvert depuis une petite année. Pas si longtemps que ça, mais aussi longtemps qu’ils ne se sont pas parlé. Elle haussa les épaules, feignant un sourire pauvre en enthousiasme.  — Tu deviens quoi toi ?   Elle savait très bien. Leurs connaissances communes s’étaient chargées de la renseigner, à commencer par Lucy qui semblait déterminée à lui transmettre la moindre information, capitale ou non, à propos de son frère. Mais elle tâtait le terrain. Déjà pour l’inciter à parler. Peut-être pas se confier, mais au moins voir ce qu’il consentirait à lâcher. Puis pour grappiller un peu de temps avec lui avant qu’il ne décide que c’en était déjà trop. Trente minutes dans une décennie ne suffirait jamais, mais elle n'aurait d'autre choix que de s’en contenter. — Ça fait longtemps. osa-t-elle, pas si anodine que ça.  Trop longtemps. Les mots étaient (sur)chargés en sous-entendus, certains lancinants, mais elle assumait. Plus ou moins.

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MessageSujet: Re: black and white (elise) Lun 7 Jan - 16:48

Installé au comptoir avec Elise derrière, ça ressemble presque à ce qui aurait pu être et n’a jamais été si ce n’est que Nash a radicalement changé. Il ne se ressemble plus. Il est quelqu’un d’autre. Nouveau. Vraiment ? Parce que jusqu’ici, il s’est surtout montré parfaitement incapable de tirer un trait définitif sur ce qui aurait dû être, y songeant avec amertume à presque chaque instant de sa nouvelle vie. C’est pas ce Nash-là qu’Elise connait. C’est pas ce Nash-là dont elle a l’habitude. Pourtant, c’est bien la même Elise ; toujours la même Elise, fidèle à elle-même, reproduction quasi exacte de ce qu’elle était sans qu’il puisse mettre encore le doigt sur un quelconque changement. Ca le ramène irrémédiablement en arrière, lui qui est incapable d’aller de l’avant. Sauf que c’est plus dur à supporter. C’est même presque insupportable : pas pour rien qu’il a coupé les ponts avec elle. C’était pour le mieux. Pour lui, pour elle, pour eux ; surtout pour lui, en vérité. Décision prise unilatéralement – Nash n’a évidemment pas eu la galanterie de lui laisser le choix. Elle ne lui fait pas l’irish coffee qu’elle s’est proposée de faire quelques secondes avant. Il aurait pu le parier : le sportif a préféré s’éviter un constat que le temps n’effacera jamais. Il connait trop bien Elise. Mais Elise ne le reconnait pas. Il le voit. Ca s’entend jusque dans sa façon de s’adresser à lui, ça se voit dans sa façon de le regarder. D’être étonnée, surprise de ses réactions, de le montrer. Mission accomplie pour le trou du cul de service : il n’est plus celui qu’elle connait, ni même l’ombre de celui-ci. Evidemment, il y a des choses qui ne changent pas – le passé omniprésent produit les mêmes effets sur lui que des remontées acides. Elise nage en terre inconnue tandis que lui se débat avec ce fantôme du passé. Pas envie de la décevoir. Pas envie de lui faire de la peine. Il reste pourtant lui-même, cet inconnu qu’elle découvre puisque l’autre n’existe plus. Et merde : Nash a mis les pieds dans le plat. Ses yeux noirs sont toujours tournés vers elle tandis qu’elle lui dit avoir ce projet – d’ouvrir un salon de thé – depuis longtemps. Silence, son regard se perd finalement dans sa tasse de café noir avant de répondre : « M’en souviens pas. » Il faisait déjà plus partie de sa vie à ce moment-là. Parce que croyez bien que si Nash Richardson avait à cœur les intérêts, les envies et les projets de quelqu’un, c’était bien ceux d’Elise. C’aurait été tracé dans sa mémoire à l’encre indélébile et pourtant, ça ne se voit pas. Pas moyen de retrouver l’ombre de l’ancien Nash, cette ombre qui n’est plus la sienne. Le ton est détaché, bourru : le type est pas seulement capable de féliciter Elise – probable que si Cordy avait été là, il se serait pris un énorme coup de coude dans les côtes. Mais la faiseuse de miracles est ailleurs. Lui, il est ici et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il n’a pas l’air dans son assiette. Il se sent abattu, écrasé par la rayonnante Elise. Pas capable de se relever. Comme s’il avait déjà réussi à le faire… pathétique. Donc pas de félicitations. Pas de désolé non plus, et pourtant, Dieu sait à quel point il est conscient d’agir comme un gros con aigri par la vie en ce moment-même. Les excuses ne font plus partie de son vocabulaire : preuve en est que s’il y a une personne en ce bas monde auprès de qui il doit s’excuser, c’est Elise. Ses lèvres restent résolument closes, jusqu’à ce qu’elle lui demande ce qu’il est devenu. « Pas grand-chose. » Et même rien comparé à l’avenir radieux qu’il avait encore devant lui quelques temps plus tôt. « J’suis coach sportif sur Wooley Street. » Incapable de prononcer ces quelques mots sans qu’on sente l’aigreur dans sa voix. Une situation de merde pour une vie merdique : ça colle bien ensemble, non ? Ses clients se plaignent régulièrement de lui et s’il n’avait pas les bonnes grâces du proprio uniquement pour ses exploits passés, il se serait sûrement déjà fait virer. Voilà Nash Richardson aujourd’hui. Le mec qui vit au crochet des autres, surfant sur les restes de sa gloire sur une planche pleine de merde. Joli tableau. Ca fait longtemps. Oui, c’est vrai Elise. Ca fait longtemps. Mais ça ne fait pas assez longtemps. Y aurait-il même un longtemps suffisamment long pour qu’il parvienne à l’effacer complètement de sa vie ? « Ouais. » Putain de merde Nash. Complètement désespérant le type. « Ca aurait même dû faire plus longtemps si Lucy m’avait pas obligé à venir ici, » grommelle-t-il en même temps qu’il goûte le – délicieux – baba au rhum servi par Elise. En réalité, il n’aurait même jamais dû la recroiser. Pas dans ses plans, et faut dire que la vague du passé qu’il se prend dans la gueule est assez violente. Il se sent comme sonné. Perdu. A terre. Ridicule. Il aurait pas dû accepter de rester encore : clairement pas prêt à ressasser le passé. Surtout pas avec elle. Mais ses yeux remontent encore vers la rayonnante Elise pour s’y fixer sans plus la lâcher, comme perdu dans ses pensées. Qu’est-ce qu’il devrait lui dire ? Désolé ? Pardon de t’avoir complètement exclue de ma vie ? C’est mort, pas le genre. Il est trop buté, trop enterré dans sa merde pour – non pas culpabiliser – le reconnaitre et se rattraper. Qu’est-ce qu’on dit à quelqu’un qu’on a connu par cœur et qui ne nous reconnait plus parce qu’on l’a voulu ? Rien. Tout. Il a les yeux qui parlent à sa place et parce qu’il s’en rend compte, ils retournent directement dans la tasse de café noir.
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MessageSujet: Re: black and white (elise) Sam 12 Jan - 16:29

— Je ne crois pas te l’avoir jamais dis, donc c’est normal… sauf que ça ne l’est pas. L’époque où ils partageaient jusqu’à une pause déjeuner hebdomadaire, et toutes les conversations badines qui en découlait, lui sembla si lointaine qu’elle eut le plus grand mal à contenir un soupir morose. Elle aurait du se formaliser du ton, et de tout ce qu’il oubliait de dire, à commencer par merci, mais elle ne voyait que ce total désintérêt qui semblait l’avoir englouti tout entier, de ses chairs à ses tripes, jusque dans ses principes et sa volonté, autrefois de fer. — De base je devais, ou voulais être… bref, c’est pas important, tenta-t-elle, avant de s’étouffer à mi-phrase, et heureusement. Elle voyait parfaitement qu’il se moquait éperdument de ce qu’elle voulait être à l’époque, et encore aujourd’hui ; et peut-être ne s’y était-il jamais vraiment intéressé, finalement.  Elle avait mentionné une fois ou deux cette brillante carrière d’historienne à laquelle on la prédestinait, et qu’elle avait cru elle aussi vouloir plus que tout à l’époque, avant de finalement se retourner sur l’entreprenariat et le plaisir simple de construire quelque chose qui soit véritablement à elle. Elle se souvint alors des grandes gloires de Nash Richardson. Comment oublier. Nash qui manoeuvrait la vie avec tant de facilité. Nash qu’on adorait et adulait, parfois avec excentricité, souvent (comme elle) dans un silence de contemplation envieux, un rien énamouré. Cette petite gloire locale qui grognait sur sa pâtisserie comme un chien énervé dans sa gamelle, le nez dans son café et pas le moins du monde perturbé par l’idée qu’il puisse vexer, déplaire, offenser, alors que tout ce qui avait compté à l’époque s'avérait être propre reflet dans le regard des gens. Sans savoir quoi dire, Elise resta une longue minute à fixer la tasse de thé froid qui trainait derrière le comptoir. Aucun mot, aucune espèce de tournure maligne, ou de sourire ne saurait tourner cette discussion à son avantage. Il était coach sportif. Certes. Elle ne pouvait décemment pas le féliciter, elle qui s’était trouvée au premier rang, fan de la première heure devant les exploits désormais remisés de Nash Richardson. Même elle, toujours rayonnante d’optimisme, n’aurait pas ce cran de lui dire que ‘ hey, c’est super ‘ alors qu’il aurait pu être bien plus qu’un coach sportif. Et dieu la préserve si elle avait osé le ‘ ça pourrait être pire ‘ qui, effectivement, aurait aggravé leur relation, inexistante au demeurant. — Tu dois connaitre Liam alors. On s’en moque. Mais c’était là tout ce qu’elle venait de trouver pour meubler un échange qui ne pouvait que mal tourner. Aussi mal à l’aise qu’on puisse l’être, elle fit valser la seule bague qu’elle portait autour de son doigt. Il n’était pas difficile de voir que, dans son propre café, elle était incapable de se trouver une place, ou une position confortable, ou même de prétendre que tout ce cinéma n'était pas un tantinet trop pour elle. — Je me suis toujours dis qu’il fallait que je m’y inscrive, pour garder la forme, mais jamais trouvé la motivation. Comme si. Personne n’y croyait, même pas elle. Elise était en forme. Certainement plus que la majorité de la population, et pratiquait ces sports d’élitistes, équitation - tir à l’arc - golf, au club house avec plus de rigueur qu’elle ne payait ses factures. Et lorsqu’ils auraient pu se laisser aller à un peu de nostalgie, ses mots tombèrent sur elle comme une odieuse leçon. La voilà, la petite blessure. Celle qu’elle avait ressenti lorsqu’elle s’était rendue compte qu’aucun de ses messages ne trouveraient réponses, et pas parce qu’il avait un problème technique, mais bien parce qu’il avait un problème avec elle. La plaie n’était pas béante, mais bien assez ouverte pour lui porter préjudice.  — Ah oui, s’entendit-elle lâcher. Et le voilà, lui aussi, le petit regard. Celui résolument fixé sur le vide, hanté, blessé sur les rebords. Droite comme un piquet derrière son comptoir, Elise tenta de garder de sa contenance, mais son visage pour toujours expressif traduisait de … quoi ? Déception ? Tristesse ? Pas de rancoeur, ni de haine en tout cas, elle était bien incapable de ressentir pareilles émotions. Elle aurait pu lui dire que  si sa seule vue le débectait autant, il pouvait toujours prendre la porte et rentrer à pieds avec ses démons sous le bras, mais l’appel du ‘ pourquoi ‘ était trop fort, et comme toujours, la bonne volonté qu’il n’avait plus, elle en avait à foison. Elle poussa un soupir à s’en fendre l’âme avant de reprendre, moins tendre qu’à l’accoutumée : — Je ne savais pas qu’on pouvait t’obliger à quoi que ce soit. Sous le coup de la surprise, son coeur battait si fort qu’on aurait cru que quelqu’un jouait sur un piano désaccordé. Ne s’agissait pas de Nash là. D’une ombre, tout au plus. Une esquisse de Nash, et une mal griffonnée. — J’en toucherai un mot à Lucy, si c’est si important pour toi, ajouta-t-elle. Sentant le malaise, même Dottie s’était planquée dans l’arrière boutique. Elise fit glisser une main gênée dans ses cheveux noirs, puis sur son visage, et poussa sa tentative minable de garder la face en adressant un sourire creux aux clients qui discutaient à la table voisine, et s’étaient visiblement interrompus pour se repaitre de la scène. Ses yeux retombèrent dans l’évier, où ses mains tentaient de s’occuper de la vaisselle. — Je sais pas ce que je t’ai fais, Nash, vraiment. J’ai beau chercher… commença-t-elle, son esprit cherchant par tous les moyens à faire un arrêt brutal pendant que son coeur, maitre de ses mots, continuait diligemment. Elle aurait bien le temps pour les regrets ce soir, et était fatiguée de trimballer celui-ci. — Mais tu dois avoir une bonne raison, et je ne suis pas sûre de vouloir la connaitre, alors je vais te ramener et… voilà.  

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Nash Richardson
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MessageSujet: Re: black and white (elise) Mar 15 Jan - 14:12

Historienne. Oui, il sait. Tout comme il sait qu’elle n’a pas besoin de s’inscrire à la salle de sport pour se tenir en forme, parce qu’Elise pratique déjà toutes ces activités de l’élite, dont les portes lui ont été un temps ouvertes pour lui permettre alors de passer encore plus de temps avec elle. Il sait tout ça. Y a bien une partie de lui qui voudrait arrêter toutes ces conneries. Reprendre là où ils se sont arrêtés, effacer le moment où il a décidé de l’exclure de sa vie. Dommage qu’il soit pas magicien ? Non. Parce qu’il y a une partie plus grande encore, plus noire, crasse, qui l’empêcherait de faire puisque Elise est si belle et parfaite, alors que lui n’est plus… Rien. Alors à quoi bon. De toute façon, on ne revient pas en arrière. Si on le pouvait, vous pensez bien que Nash Richardson n’aurait pas hésité une seule seconde à monter dans la machine et retourner au moment de son accident pour l’empêcher. Sa vie aurait continué – sa vraie vie, et pas le semblant dans lequel le coach sportif s’enfonce sans jamais savoir s’en contenter vraiment ; que pourrait-il y trouver de satisfaisant ? Donc oui, Elise, il sait que tu aurais voulu devenir historienne ; il sait qu’en réalité, tu n’as pas le moindre besoin de t’inscrire dans une salle de gym, et que tu ne devrais surtout pas le faire si tu le fais dans l’optique de le revoir. Parce que tu serais déçue, comme tu es déçue en ce moment. Elle évoque Liam, un collègue qu’il apprécie pas plus que ça, voire pas, en fait. Alors Nash hausse les épaules et répond seulement : « Ouais. » Voilà. C’est tout. Pas particulièrement envie de parler de ce type : il le voit déjà bien assez. Pour le reste, on sait – mais pas Elise, forcément, puisqu’elle ne le connait plus – que Nash Richardson est loin d’être un grand bavard, et qu’il préfère mille fois les silences éloquents aux conversations sans le moindre sens. Ah oui, qu’elle dit. Quel con. Il a voulu s’épargner ces yeux, ce regard en la sortant de sa vie et le voilà qui se le mange en plein dans la gueule. Pas qu’il l’ait pas mérité. Il l’a clairement mérité. Son estomac se noue – sa bouche balancerait qu’il sait pas pourquoi, qu’il y a pas de raison, mais ses propres yeux disent tout. Oui, Elise, il sait. Il aimerait dire que ça suffit pour se barrer sans demander son reste, sauf que ses mots restent coincés dans sa gorge et que ses jambes ne lui obéissent pas. Il sait même plus où regarder ; ses yeux restent plongés dans son café noir, incapables de soutenir ceux d’Elise. Incapables de se relever, et lui, surtout, incapable de lui balancer soit qu’il s’en fout, qu’il en a rien à battre, soit que ça suffit, que c’est trop pour lui, soit… Un truc qu’il n’entend pas, qu’il ne perçoit pas parce que c’est trop loin, trop enfoui, trop enseveli sous l’épaisse couche de merde qui lui sert aujourd’hui de cerveau. Quelque chose comme désolé ? Désolé de t’avoir expulsée de ma vie, désolé de t’avoir dit ça, désolé de me comporter comme un gros connard avec toi, désolé de ne plus être celui que tu as connu ? Il s’en fout que les gens les regardent. Il s’en fout que l’attention soit tournée vers eux. Mais il préférerait tout de même être n’importe où ailleurs qu’ici, à supporter le regard d’Elise, à supporter le ton d’Elise, les paroles d’Elise. Et pourtant il décroche pas. Il reste là, ébranlé dans ses certitudes, submergé par tout un tas de question allant toutes dans la même direction : et si. Et s’il avait pas fait tout ça ? Et s’il avait eu le courage de faire vraiment face et de rester auprès d’Elise ? Stop. « Laisse tomber Elise. » Vraiment. Laisse tomber. Elle n’est pas sûre de vouloir connaitre les réponses à ses questions, mais Nash n’en a aucune à lui fournir. Ebranlé dans ses certitudes, il ne sait plus grand-chose sinon qu’il déteste son regard autant qu’il a pu l’aimer. Plus encore : c’est tout son corps, toute son âme qui le rejette avec violence. Pourtant, le ton n’est pas dur ; las. Il est fatigué. Si fatigué. Nash soupire, boit une gorgée dans sa tasse de café, pose les mains sur le comptoir. Son corps s’en éloigne comme pour mettre de la distance entre lui et la situation. Entre lui et Elise. Il a jamais pensé que ce serait facile ; effectivement, ça l’est pas. Il a jamais voulu non plus se retrouver face à elle pour être confronté à cette situation. Le pourquoi. Le comment. La déception d’Elise. La blessure d’Elise ? C’est un égoïste – quelque part, il l’a toujours été ; un faible. Il aurait voulu s’épargner tout ça. Il aurait voulu lui épargner à elle aussi : elle se serait imaginée ce qu’elle aurait souhaité à son sujet et lui aurait été loin de tout ça. Mais il est pas loin là. Il est en plein dedans, et bien plus chamboulé que ce qu’il veut bien montrer. Ou même admettre. « T’as le droit de penser que j’suis devenu un gros con tu sais. Tu peux même le dire, j’vais pas t’en vouloir. » C’est pas comme s’il agissait pas comme tel après tout. Il ajoute d’ailleurs : « C’est pas moi qui te donnerai tort en tout cas. » Le problème, c’est qu’il sait qu’elle le fera pas parce que ça lui ressemble pas. En tout cas pas à l’Elise qu’il a connue, sauf pour rire, et encore, parce qu’elle ne jure pas, n’insulte pas, jamais. Et pourtant, quelque part, ça lui ferait plaisir qu’elle le lui dise. Ca lui donnerait une excuse pour ne pas se sentir forcé de lui parler la prochaine fois qu’ils se croiseront, s’ils se recroisent un jour. Ca ferait taire cette infime partie de lui qui hurle quand elle est là, qui hurle quand il pense à elle, qui lui intime de tout arrêter là, maintenant, et de vivre vraiment. Mais Nash Richardson s’est trop enfoncé ; visiblement pas assez pour lui, qui s’acharne à creuser. Encore et encore. Et encore. Le coach finit son café encore chaud d’un coup : « T’es pas obligée de me ramener chez moi, j’peux m’débrouiller. » Silence de quelques secondes, puis : « Ou si tu y tiens, ben… T’occupes pas de moi, finis ton service, j’me ferai oublier dans un coin. »
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MessageSujet: Re: black and white (elise) Mar 22 Jan - 14:50

Il y a tomber des nues, et tomber des nues. Elle dégringole de plusieurs étages, parce que s’il est méconnaissable dans ses allures et ses rituels, le caractère est lui bien en-deçà de ce qu’elle aurait pu s’imaginer.  Le vernis s’est écaillé, pas parce que le temps a fait son oeuvre sur lui, mais plus parce qu’il a gratté lui même comme un gosse qui chopé la varicelle. Pourtant on peut pas dire qu’à force de gratter, Nash a l’air à vif. C’est même tout le contraire. Ou s’il est a vif, ça cicatrise mal, à tel point qu’une carapace faite de cynisme en résulte, et le rend parfaitement détestable - et c’est ce qu’il a l’air de vouloir, non ? Un tas de paradoxes, de contresens, c’est ça qu’il est.  Elle contemple un moment ce qu’il est devenu, l’ombre d’une ombre, et retient sa respiration de crainte que l’ombre ne se disperse. Puis pataud, il descend du piédestal sur lequel elle a persisté, malgré tout, à le maintenir. Malgré l’absence, les silences, l’indifférence volontaire. Il en descend, pas parce qu’elle le veut, mais parce que lui le décide. — Laisse tomber quoi ? réagit-elle, directe, mais mesurée. Parce qu’il n’y a rien, et c’est précisément le problème. Il n’y a rien à gâcher, ni rien à gagner apparement. Une confusion grotesque, et peut-être infondée s’empare d’elle. Le voilà qui souffle, se braque miraculeusement plus que ce qu’il l’a été depuis le début, et ça, faut quand même souligner que c’est de la performance. Alors d’accord, elle a dit ne pas vouloir savoir, et relance malgré tout parce que c’est plus fort qu’elle, et qu’elle a l’abominable impression que c’est de sa faute, et qu’il a juste pas envie de lui faire l’honneur de le lui dire clairement. Il aurait pu lui dire n’importe quoi d’autres que ce laisse tomber qu’elle prend comme des points de suspensions. Et d’un coup ça, ç’en devient trop. Elle comprend qu’ils ne se comprennent pas. C’est tout un foutoir. Et juste comme ça, elle parvient à lui en vouloir. Elle chassera tout ça plus tard. Démêlera sa frustration du reste, et lui trouvera des excuses, des faux prétextes, quitte à prendre le blâme pour elle même si elle sait qu’au fond, c’est pas de sa faute. C’est pas de sa faute à elle, si la vie l’a pas loupé. C’est pas de sa faute si lui a loupé le coche pour s’en sortir. Le premier coche, et tous les autres après. Mais là, elle lui en veut, et pose sur lui deux yeux tristes, découragés.  — M’as-tu vraiment connue un jour, pour t’imaginer un seul instant que je puisse me permettre de dire ou même penser ça. Non seulement de toi, mais de n’importe qui. Elle hausse les épaules, et son regard retombe directement dans l’évier vide.  — Tu sais très bien que je ne dirais jamais ça. Et elle trouve révoltant qu’il puisse même l’imaginer. Non, elle n’a pas changé. Pas à ce point. C’est peut-être un tort, mais ça, c’est une autre histoire, une autre névrose pour un autre jour. C’est quand même dingue de se remettre entièrement en question pour quelques grommellements désinvoltes. Tout ça sous prétexte que Nash a été un jour si grand, si éclatant, que ça lui donne l’influence nécessaire pour la bouleverser dans ses convictions, ou simplement, sa nature - faut dire qu’elle a toujours su qu’il méritait une rock star plutôt qu’une fille simple, fade comme elle. L’influence qu’il a, et il a même pas l’air de s’en rendre compte. Faut dire qu’elle est plutôt bonne pour garder la face. Elise est bienveillante, indulgente de la condition humaine au point qu’il n’est rien qui puisse véritablement l’ébranler. À part lui, clairement. À part Tyler aussi, mais ce gros con là en est un qui ne rentre dans aucune catégorie, tant il est, effectivement, un gros sale con. À les comparer, Nash est un enfant de coeur. Même aujourd’hui, alors qu’il s’obstine à fouiller du regard cette tasse de café vide.  — Et si c’était le cas, tu devrais me donner tort. Tu devrais tout faire pour me donner tort. Comme il aurait cherché à le faire, il était une fois. Mais à en juger par sa posture, cette désinvolture navrante, et ce côté acariâtre dont elle essaye de faire fi, prouver à qui que ce soit qu’il n’est pas le raté mal sapé mal luné qu’il prétend être n’est visiblement pas à l’ordre du jour. — Nash, écoute… Ses doigts glissent maladroitement sur le comptoir, vers lui, mais elle les reprend, à presque rien des siens, parce qu’elle sait que c’est malvenu, et surtout, elle sait que sa réaction ne va pas lui plaire, et enfoncer le couteau un peu plus profondément. L’idiote manque de peu de s’excuser, mais parce qu’elle est lucide, au moins un peu, elle décide de pas lui faire cet honneur.  — Je vais te ramener, qu’elle insiste. Elle n’y tenait pas, ou plus, mais était dotée de cette éthique qui l’obligeait, pour se donner bonne conscience, à respecter le moindre de ses engagements, et qui sait, elle n’est peut-être pas à l’abri d’un retournement de situation. — D’ailleurs, on y va, décrète-t-elle, en cherchant sa veste du regard. Dottie fermera seule, ou bien elle reviendra après avoir déposé Nash, si le coeur y est. Ou bien elle ira boire un verre de vin rouge dans un bain bien tiède parfumé à la rose et à la culpabilité mal placée.

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