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blood tears and gold (lancelot)

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Austin Carlyle
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MessageSujet: blood tears and gold (lancelot) Jeu 3 Jan - 13:40

Un sourire apaisé vint péniblement corner les lèvres de William. Il avait presque l’air serein, amoureusement perdu dans la contemplation des fleurs somptueuses et délicates qui habillaient son champ de vision où que son regard se pose. D’un doigt légèrement bruni par le soleil, le garçon déchu caressa la pétale veloutée d’une rose écarlate. Pour la énième fois, il se laissa aller à préférer la compagnie des plantes à celles des hommes, à quelques exceptions près. Il y avait bien quelques personnes dont il persistait à chérir l'existence. Quelques rares membres de son entourage qui, à défaut de prétendre à la perfection, avaient au moins le mérite de ne l’avoir jamais offensé. William laissa retomber sa main le long de son corps, ces doigts venant caresser la terre brune étendue à ses pieds. Jusqu’alors en position accroupie, le garçon se redressa de toute sa hauteur, surplombant du haut de ses longues jambes couvertes de toile ivoire la sublime roseraie. Il aurait aimé rester ainsi pour toujours. Cerné par les roses. Enseveli sous leur beauté délicate, prisonnier de cette splendeur comme cristallisée. Il ne pouvait pas cependant. Pas éternellement. Aussi tendres soient les instants passés dans sa roseraie, William ne parvenait jamais bien longtemps à distancer la réalité. Pas alors que la seule vue de son reflet fissuré suffisait à le ramener froidement en arrière, vers un passé qu'il aurait bien voulu oublier. Son sourire évaporé, il porta sans même en prendre conscience une main légèrement tremblante à son visage. De la même façon qu’il avait caressé la pétale de la rose, il laissa ses doigts parcourir brièvement sa peau. Loin de retrouver le contact doux et velouté, il sentit à l’inverse sa peau rugueuse et saturée de cicatrices. Le regard de William se glaça alors qu’il suivait du doigt les traces de maltraitance, à jamais ancrées dans sa chair. Les années n’y avaient rien changé. Son apparence continuait à le révulser. Toutes ses années passées à baisser légèrement la tête de sorte à préserver autant que possible les autres de la vue de son faciès défiguré. Toute cette tension accumulée dans ses épaules lorsqu’on le forçait à se tenir à côté de ses frères en publique, exposant sa chair lacérée et couturée. Monstre. Bête. Autant d’insultes sobrement crachées ou murmurées. La lueur moqueuse dans le regard des plus âgés et celle, ourlée de frayeur, qui colorait les iris des plus jeunes. Une laideur imprimée, à jamais arborée.
C’est naturellement que William avait développé une profonde aversion à l’égard des miroirs. Comble de la cruauté, son « père » s’était amusé à lui attribuer une chambre emplie de ces derniers. Tout un pan de mur, lui renvoyant immanquablement son reflet. Une torture parmi tant d’autres. Le prince moqué secoua légèrement la tête, comme pour éloigner vainement ce souvenir. A nouveau, il laissa pendre son bras le long de son corps, sa main agitée d’infimes tremblements. Est-ce que cela allait un jour cesser de faire si mal ? Allait-il parvenir au bout du compte à songer à son passé sans avoir le sentiment qu’on lui arrachait le coeur de la poitrine ? Il en doutait. Il demeurerait pour toujours ainsi. Lacéré. Hanté. Du bruit se fit soudain entendre au loin et William leva brusquement la tête en l’air, son menton aristocratique élevé vers le ciel. S’il ne discernait encore aucune silhouette, il pouvait néanmoins distinctement entendre des bruits de pas.
Ses méninges s’agitèrent avec véhémence alors qu’il passait rapidement en revue les différentes options. Belle songea-t’il rapidement, le coeur un instant plus léger à cette idée. Tendre moment vite interrompu par une sensation de peur douloureusement familière. Chaque visite de la jeune fille, aussi douce et inestimable soit-elle, l’exposait à un certain danger. Bonheur à double tranchant. Joie et peine, constamment assorties l’une à l’autre. William embrassait fiévreusement les alentours de son regard d’un bleu brillant lorsqu’enfin, l’ombre d’un visiteur s’éleva dans son champ de vision. Aussitôt, la tension émanant de son corps s’apaisa. La carrure d’un homme. Apaisement et déception entremêlées. « Lumière. » Voix légèrement bourrue, timbre tendrement altéré. Il s’apprête à offrir un sourire affaissé à l’homme en qui il a fini par percevoir un semblant d’allié, mais l’expression accueillante se meure sur ses traits avant d’avoir eut le loisir de s’y installer. Car Lumière n’est pas seul. Une silhouette indistincte se presse dans son sillon, vision qui voit resurgir dans la stature de William la tension dernièrement évaporée. Ses yeux bleus se plissent, assombris par un voile de suspicion.
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Hunter Knight
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MessageSujet: Re: blood tears and gold (lancelot) Jeu 3 Jan - 20:40

Le cœur du chevalier battait bien trop fort à l’intérieur de son poitrail. Il avait accepté de se rendre à Aelfinth pour rencontrer les nouvelles recrues de la garde royale, sur ordre de la Reine Tiana. Cette visite à caractère officielle, lui avait donné l’occasion de quitter pour la première fois le duché de Caerwyn. Depuis son retour à la vie en société, Lancelot n’était jamais parti aussi loin de la cité, ni ne s’était absenté aussi longtemps de la cour royale. Passer les frontières de Kriegspire lui avait procuré une drôle de sensation, de même que traverser la forêt de Murmurwoods pour se rendre à Aelfinth. Une fois sa visite effectuée, Lancelot s’en était retourné, la tête remplie de souvenirs lointains. Ce fût alors, que sa route croisa celle de Thomas l’intendant de la Reine, qui s’en retournait également à Caerwyn. Ravi de le voir, ce dernier lui proposa de faire le reste du chemin ensemble, ce que le chevalier accepta avec un grand plaisir. Lancelot appréciait beaucoup Thomas. C’était quelqu’un de lumineux et jovial. Quoi qu’un peu excentrique par moment. Mais la reine lui faisait confiance et Lancelot aussi. Pour cette raison, il ne se montra pas suspicieux lorsque l’intendant lui proposa de prendre un autre chemin pour gagner du temps. Il le suivit presque aveuglément, tandis qu’une pluie drue se mit à tomber sur eux. Ce n’est que lorsque leurs chevaux atteignirent une vieille bâtisse de pierre, que Lancelot compris le tour dont il avait été victime. La roseraie attachée à l’arrière de la maison ne laissait aucune doute sur l’identité du résident. Il ne pouvait s’agir que de William, son fils.

Forcés de s’abriter jusqu’à la fin de l’averse, Lancelot suivit Thomas à l’intérieur de la bâtisse. Les lieux n’étaient pas franchement accueillant, mais il fallait avouer que le temps maussade à l’extérieur n'offrait que peu d’éclairage. Sans dire un mot, Lancelot se laissa conduire de salles en salles, sachant pertinemment vers où ils se dirigeaient : la roseraie. En arrivant face à la porte de celle-ci, le cœur du chevalier se mit à battre anormalement vite. Allait-il vraiment revoir son fils ? Il ne pouvait le croire. Thomas le prenait au dépourvu et pourtant, il ne pouvait reculer. Cette rencontre inattendue valait mieux que toutes les lettres qu’il lui faisait parvenir et qui restaient sans réponse. L’intendant ouvrit la porte pour s’engouffrer dans la roseraie. Lorsqu’il entendit la voix d’un jeune homme se manifester, Lancelot entra à son tour et vit pour la première fois depuis quinze ans, le visage de son fils. « William... » soupira-t-il, la voix éprise d’émotions. Il resta figé par la vision de celui-ci, si nouvelle, si surprenante, si inespérée. Pas un jour n’avait passé sans qu’il n’ait une pensée pour lui. Longtemps, il s’en était voulu de ne pouvoir endosser le rôle de père, avant de finir par se convaincre qu’Arthur en était un bien meilleur que lui. Après tout, celui-ci l’avait élevé comme son propre fils pendant cinq ans avant de découvrir l’infidélité de Guenièvre. Jamais Lancelot ne s’était senti légitime auprès de William. « Je ne sais guère si tu peux me reconnaître, la dernière fois que je t’ai vu, tu n’étais qu’un petit garçon... » commença-t-il avec lenteur et précaution. D’une main, il dénoua le cordon de sa cape, pour venir découvrir sa tête et son visage. Son fils non plus, ne l’avait pas revu depuis quinze ans.

Et celui-ci avait tellement grandit. Outre ces yeux clairs que tout deux partageaient, Lancelot n’aurait probablement jamais reconnu William, s’il l'avait croisé au détour d’une route. Le souvenir qu’il gardait de lui était celui d’un petit garçon à peine plus haut qu’une épée. Aujourd’hui, se tenait devant lui un homme aux épaules et au visage carré. Malgré son dos voûté, il avait une carrure imposante, les muscles puissants et le regard tout aussi dur. Du moins, à l’instant présent. Lancelot ne pût que se sentir jugé par celui-ci, mais ses propres yeux étaient happés par les cicatrices recouvrant le visage de son fils. Un tissus marbré recouvrant les rares parcelles de chair que William ne pouvait dissimuler par ses habits ou sa chevelure. Lorsque Blanche lui avait raconté la maltraitance dont il avait été victime durant toutes ces années, il avait eu peine à le croire. Jamais le Arthur qu’il connaissait – même l’homme qui l’avait chassé de Camaaloth – n’aurait été capable d’une telle infamie. Et pourtant, la réalité le heurtait de plein fouet. Son enfant avait le visage défiguré, mutilé, scarifié de toute part. Pendant quinze années, Lancelot avait accepté son bannissement avec humilité, persuadé d’avoir mérité son châtiment et que la cour de Camaaloth se porterait mieux sans lui. Mais il constatait aujourd’hui qu’il avait eu tort. William avait souffert le martyr et il n’avait pas été là pour le protéger. « Je t’en prie, ne sois pas fâché envers Thomas. Il ignorait tout de ma venue » parvînt-il enfin à articuler, après des secondes de silence. Sa voix avait retrouvé son timbre chaud et grave, mais chaque mot qu’il prononçait semblait être sur le point de se briser, tant l’instant était fragile. C’était un mensonge bien sûr, mais il ne voulait pas que William pense que Thomas l’avait trahi en l’amenant ici. Le malicieux serviteur se tenait toujours à ses côtés, observant les retrouvailles tendues entre le père et le fils. « Il pleut à torrent dehors ! Je ne pouvais pas le laisser ou alors il y allait rouiller ! » couina Lumière, en alignant un sourire malicieux sur son visage. Riant de sa propre bêtise, le serviteur tourna prestement les talons, pour s’éloigner d’un pas sautillant, laissant Lancelot seul avec William.
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MessageSujet: Re: blood tears and gold (lancelot) Ven 4 Jan - 8:43

Ses yeux font fiévreusement la navette entre les deux hommes. Ils s’attardent sur le faciès familier de Lumière avant de se poser avec appréhension sur son compagnon encapuchonné. « William… » Il ne détourne pas les yeux, fusille l’inconnu de son regard clair. Ses doigts s’agitent. Il serre et desserre les poings alors que son coeur remonte brutalement sa gorge. « Je ne sais guère si tu peux me reconnaître, la dernière fois que je t’ai vu, tu n’étais qu’un petit garçon. » Et effectivement, le prince aurait été bien incapable de distinguer son géniteur dans un contexte différent. En cet instant cependant, il ne lui était pas difficile de tirer habilement les bonnes conclusions. Lancelot repoussa son capuchon, dévoilant son visage et les regards du père et du fils se télescopèrent l’un dans l’autre. Non sans déglutir, William affronta le regard de l’homme qu’il tenait malgré lui pour principal responsable de tous ses maux. Ils avaient les mêmes yeux. Ce fut sa première pensée alors qu’il se voyait enfin offert la possibilité d’observer à loisir le visage de son véritable géniteur. Des traits non familiers et pourtant il y avait quelque chose dans son visage… Un écho fiévreux et douloureux du semblant d’homme dont il évitait rageusement le reflet. Le lien de parenté était indéniable. Un lien malmené, éprouvé, rompu. Car cet homme n’était qu’un inconnu. Une silhouette vaporeuse, fantomatique. Un foutu cauchemar qui n’avait eut de cesse de lui pourrir la vie durant toutes ses années.
Combien de fois avait-il souhaité que les choses soient différentes ? Combien de fois s’était-il lamenté en silence, les yeux plein de larmes ? Être le fils d’Arthur à l’instar de ses frères, c’était tout ce qu’il avait toujours désiré. Tout aurait été plus simple alors. William aurait été foncièrement différent. Il se mordit la lèvre, contrarié par le regard de son père.
Il sentait ses yeux braqués sur son visage, comme une brulure venue réveiller une douleur passée, tassée. Dans un réflexe, l’enfant défiguré inclina légèrement la tête vers l’avant, soucieux de dissimuler ses traits hideux, avant de se raviser. Il ne devait pas cacher toutes ses marques infligées par la main ferme et glacée d’Arthur. Son père devait les voir. Il devait savoir ce que son erreur lui avait couté. Refoulant pudeur et gêne, William releva donc la tête, son regard bleu comme glacé. « Je t’en prie, ne sois pas fâché envers Thomas. Il ignorait tout de ma venue. » Le prince arqua un sourcil, n’en croyant pas un mot. L’homme qu’il n’avait jamais appelé par son véritable prénom arborait une expression sereine et vaguement satisfaite. William lui aurait bien dit deux mots s’il n’avait pas été affreusement sonné par la proximité de Lancelot. « Il pleut à torrent dehors ! Je ne pouvais pas le laisser ou alors il allait rouiller ! » Sur ces paroles teintées de jovialité, l’intendant de la reine se détourna et regagna l’intérieur de la bâtisse, soucieux d’offrir un semblant d’intimité au père et au fils. Une intimité dont William ne voulait pas.
En dépit de son regard dur et un brin impérieux, le jeune homme n’en menait vraiment pas large. Son corps le trahissait. Ses mains étaient agitées de tremblements, comme toujours quand il était à bout de nerfs, malmené par des sensations trop fortes. Avec des gestes trop secs, il ramena ses deux bras en arrière, les entrelaçant derrière son dos. Un silence inconfortable commença à s’installer. William qui avait toujours chéri le calme trouvait pourtant celui-là tout bonnement insupportable. Il entendait le bruit laborieux de sa respiration et le parfum des roses qu’il appréciait pourtant d’ordinaire commençait à lui donner mal à la tête. Réprimant une grimace, il se résolut à parler au bout d’un moment, d’une voix hachée, éreintée. « Je sais qui tu es. » Il ne pouvait se résoudre à le prononcer à voix haute cependant. Il était la chair de cet homme. Sa chair et son sang. Mais tout ceci… Cela représentait à la fois tout et rien. Un inconnu. Un membre fantôme. Comment était-il seulement sensé l’appeler ? Père ? Etait-ce là ce que Lancelot attendait de lui ? Si c’était le cas, il allait être déçu. William n’avait qu’un père. Un homme odieux qui l’avait roué de coups et humilié à maintes reprises, mais Arthur aussi horrible soit-il n’en était pas moins l’homme qui l’avait élevé. Paternité offensée. Un homme qui l’avait blessé plus que n’importe qui d’autre en ce monde et dont une part de lui continuait à vouloir quémander l’approbation et l’affection. Les lèvres de William se tordirent en un pli amer. Comme il était pathétique. A nouveau haut comme trois pommes, quémandant un amour qui lui avait été brutalement retiré dès son lignage révélé. Arthur n’était pas son père. Il n’était que son bourreau. Et Lancelot ne pouvait guère prétendre davantage au rôle de son patriarche. Leur lien de sang n’y faisait rien, pas plus que celui qui l’unissait à sa mère. Il n’avait jamais eut de parents digne de ce nom et rien ni personne n’était à même de changer cela. On ne revit pas le passé, pas plus qu’on ne peut l’altérer. William n’était plus un enfant. Il n’était plus en âge de se trouver une maman ou un papa à même de se comporter comme tels. Et il aurait aimé qu’il en soit différemment. Il aurait tant aimé. Des paroles se bousculaient à la commissure des lèvres du garçon. Des propos durs, aux sonorités trop rudes. Rancune salée qui lui emplissait la bouche. Une partie de lui voulait distiller la souffrance. Rendre les coups qu’il avait reçu. Sortir toute cette colère viciée de son corps. Peut-être s’en serait-il senti apaisé, réconforté. Peut-être que lire la peine dans le regard de Lancelot lui apporterait un semblant de paix. Il n’y croyait pas sérieusement cependant. Son fardeau était imprimé jusque dans sa chair et accabler son père de reproches n’y changerait rien. Non. William n’aspirait pas à la souffrance d’autrui. Néanmoins, son coeur gorgé de rancune lui rendait l’usage d’une clémence exacerbée impossible. S’il n’allait pas faire peser le poids du monde sur les épaules de son père, il ne pu réfréner l’amertume clairement perceptible dans sa voix lorsqu’il se résolut à rouvrir la bouche. « Dans d’autres circonstances, tu ne m’aurais sans doute pas reconnu non plus. Mon apparence a été quelque peu altérée au cours des dernières années. » Bien sûr, il avait bien grandit. Le petit garçon timide et propre sur lui s’était mué en homme, mais ce n’était pas à cela qu’il faisait allusion. Inutile de désigner ces cicatrices. Le sous-entendu était suffisamment criard et criant. « Il fallait bien que père se défoule sur quelqu’un. Il t’avait déjà réglé ton compte. Après ça, il ne lui restait plus que deux options et il était plus simple et accommodant de prendre pour cible un enfant plutôt que sa femme. » Sa mère qui, si elle avait sans conteste reçu son lot de peine elle aussi, avait au moins pu préserver un visage immaculé. Maigre consolation vraiment et pourtant ça représentait beaucoup pour William qui avait essuyé toute sa vie des commentaires mordants sur son apparence.
Il ne lui servait à rien de remuer ainsi tout cela. Tous les reproches du monde ne lui rendraient pas le visage qu’il était sensé avoir. Une peau lisse et douce qu’il n’avait connu que durant les premières années de son existence, alors qu’il arborait encore les tendres rondeurs propres à l’enfance. Il était presque cruel de sa part de fourrer le nez de son père dans les horreurs qu’on lui avait infligé. Mais c’était nécessaire. William avait besoin de prononcer ses mots et son père devait les entendre. Une conversation particulièrement pénible qu’ils devaient avoir.
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MessageSujet: Re: blood tears and gold (lancelot) Ven 4 Jan - 21:46

Soutenir son regard était à peine supportable pour Lancelot. D’une part, parce que ses prunelles étaient assassines. D’autre part, parce que les sévices qu’il avait subi marquaient bien trop les traits de sa peau. William le forçait à regarder en face l’œuvre dont il était l’instigateur. Arthur n’en avait été que l’outil. La main d’un peintre jaloux défigurant la toile de son rival. « Arthur n’avait droit de te faire subir cela. Pas à toi » le corrigea prestement Lancelot, qui ne pouvait approuver les mots de son fils. Battre un enfant innocent était un acte abominable. Ce n’était pas une marque de faiblesse, mais de cruauté pure. Il fallait qu’Arthur ait perdu toute trace d’humanité en lui pour en arriver à commettre une chose de la sorte. La blessure d’un amour contrarié ne pouvait être la seule responsable d’une telle infamie. « Tu n’y étais pour rien » se sentit obligé de rajouter Lancelot. Il n’avait pas tout à fait raison pour autant. William était le fruit d’un amour interdit pour Arthur. Du jour au lendemain, la chair de sa chair s’était transformée en pourriture. Chaque jour le souverain avait dû le dévisager, en ne voyant qu’en lui le produit de l'union adultérine entre son bras-droit et sa femme. Un visage qu'il avait voulu écorcher, tant celui-ci ressemblait à son ennemi.

« Mais je ne suis pas venu ici pour parler d’Arthur... » soupira finalement le père, avant de prendre une grande inspiration. Il ne voulait pas se quereller avec son fils à propos d’un autre. Le temps avait passé. Il n’avait pas effacé les blessures d’autan, mais l’histoire ne pouvait pas être terminée. Comme Tiana et Viviane lui avaient si souvent répété, tout malheur n’était pas définitif. Après la nuit, le jour finissait toujours par se lever. Aujourd’hui, Lancelot venait de faire un pas vers son fils. Le chemin serait certainement encore long jusqu’à lui, mais il possédait assez de courage en lui pour faire preuve patience. « As-tu reçu mes lettres ? » lui demanda-t-il, avec appréhension. Le chevalier en avait confié plus d’une dizaine à l’intendant de la Reine, sans pour autant obtenir de réponse. William les avait-elles seulement lu ? Lancelot espérait que oui. Dans celles-ci, il lui expliquait la genèse de son histoire d’amour avec Guenièvre. La difficulté avec laquelle il avait dû lutter contre ses propres sentiments. Contre ce feu brûlant à l’intérieur de sa poitrine, qu’il n’avait pu attiser malgré les circonstances. Depuis le premier jour où Arthur et lui l’avaient sauvé d’un loup dans la forêt de Murmurwoods, le cœur du chevalier n’avait cessé de battre pour Guenièvre. Aucune autre femme n’avait trouvé grâce à ses yeux. Aucune autre demoiselle n’avait réussi à lui inspirer cet amour infini et destructeur, responsables de ses joies comme de ses malheurs. Lancelot n’avait pas cherché à ce que son fils lui pardonne en lui expliquant tout cela, simplement qu’il le comprenne. Jamais le chevalier n’avait prévu de trahir Arthur. Jamais il n’avait prémédité de voir un jour Guenièvre répondre à ses sentiments. Le chevalier savait les bruits qui couraient dans le royaume. Il se souvenait des allégations proférés par son souverain en colère, avant d’être banni de Camaaloth. Il n’y avait ni complot, ni haine, ni vengeance dans cette histoire. Il n’y avait que l’amour d’un homme et d’une femme, dont William était la récompense.  
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MessageSujet: Re: blood tears and gold (lancelot) Sam 5 Jan - 13:49

« Arthur n’avait pas le droit de te faire subir cela. Pas à toi. »  William se sentit tout à coup gagné par l’épuisement. Ses jambes lui apparaissaient à la fois trop lourdes et insolemment fragiles. Il se sentait fébrile, livré sans défense aux différents éléments. Il fut tenté de démentir les propos de son vrai père. De relever leur criante absurdité. Arthur n’avait pas le droit de te faire subir cela. C’en était presque risible. Arthur avait tous les droits. Celui de chasser Lancelot, celui de retenir à l’inverse Guenièvre et enfin celui de faire de William ce qu’il voulait. Trois êtres de chair et de sang devenus pantins entre les mains d’un homme dont la colère ne s’était jamais vraiment tarie. Arthur les tenait tous les trois. C’était le cas depuis la sordide révélation et ça l’était toujours à présent. Lancelot ne pouvait plus remettre un pied à Camaaloth sans s’exposer à la rage de son allié, Guenièvre demeurait prisonnière d’une comédie viciée et William… Son départ de la maison ne lui offrait qu’une liberté limitée. Son corps demeurait sa propre cage. Une prison de chair dont il ne se libérerait qu’en quittant ce monde. Alors il aurait voulu rire à la figure de Lancelot, s’amuser de ses propos. Même si ça n’avait rien de drôle. Il n’en eut pas le coeur cependant. Pas même lorsqu’il ajouta aux précédents trois autres mots. Pas à toi. Mais qui était-il au juste ? Plus de vingt années d’existence n’avaient jusqu’alors pas suffies à William pour élucider ce grossier mystère. « Tu n’y étais pour rien. » Paroles autrement plus sensées qui atteignirent le garçon en plein coeur. Tu n’y étais pour rien. Vérité gommée, érodée, qu’il avait toujours sut. Des mots qu’il s’était répété fiévreusement dans l’obscurité de sa chambre. Des mots qu’il avait rêvé d’entendre dans la bouche d’Arthur. Désir inassouvi. Son unique faute avait été de naître. Ce sang couleur de rubis, corrompu par l’acte de tromperie. L’erreur d’exister.  Tu n’y étais pour rien. Et pourtant personne ne l’avait épargné. Ni son père, ni sa mère, ni ses frères. Seul James avait toujours fait preuve de clémence, douce mais trop maigre consolation. « Ce n’est pas à moi qu’il faut le dire. » Répondit-il simplement sur une voix plus lasse, évidée d’énergie. Il n’aimait pas parler de tout ça, car à quoi bon ? Il n’y avait rien que Lancelot puisse faire pour alléger le coeur de son fils. Il n’avait rien pu faire à l’époque et il en était toujours aussi incapable aujourd’hui. Une vérité bien cendreuse que William eut la décence de ne pas formuler. La seule personne qui aurait décemment pu s’interposer à l’époque des faits n’en avait rien fait, une faute que William était jusqu’alors bien incapable de pardonner.
A la pensée de sa mère, le prince cadet serra doucement le poing de plus belle. « Mais je ne suis pas venu ici pour parler d’Arthur… » Cela, William s’en doutait bien. Dardant son regard clair dans celui de son père, il attendit. Le malaise entre les deux hommes était perceptible, tangible. Sentiment si compact qu’il semblait à William qu’il aurait pu s’en saisir rien qu’en tendant la main. La circulation de l’air en paraissait altérée. Il devinait la sensation comme étant réciproque. Chaque parole prononcée par Lancelot était teintée d’hésitation. Chaque pas esquissé en direction de William était empreins de maladresse. Le jeune homme était bien conscient que son attitude contribuait à tout cela. Il demeurait immobile, campé sur ses jambes, pétrifié par la force de l’instant. « As-tu reçu mes lettres ? » William baissa ses yeux et focalisa son attention sur les fleurs s’élevant autour d’eux. Toutes les missives lui étaient parvenues, apportées par un Lumière bien décidé qui les lui fourraient à chaque fois dans la main avant qu’il n’ait eut le temps de se dérober. La première distribution de courrier avait été particulièrement tortueuse. Après le départ de l’intendant, William s’était retiré d’un pas vacillant dans ses appartements, l’enveloppe cachetée en main. Une fois entré dans sa chambre, il avait traversé la pièce pour venir se camper près du foyer de la cheminée. Arrivé là, il était resté longuement à observer les flammes rougeoyantes, le papier crème aussi brulant contre sa peau que l’impérieux élément. D’une main tremblante, il avait brandit l’enveloppe au dessus des flammes. Il était resté ainsi un long moment, la chaleur cuisante l’atteignant à peine. Prisonnier d’un dilemme impossible, il n’avait finalement pas pu se résoudre à poursuivre son geste. L’enveloppe en main, il avait finit par se détourner du foyer. A la place, il était venu s’échouer au coin de son lit, le regard rivé sur la missive cachetée. Il avait finit par céder et s’était adonné avec des gestes tremblants à la lecture de la lettre. Il l’avait parcourue maintes fois, encore et encore, jusqu’à ce que les mots finissent par se brouiller sous ses yeux. Lorsque le texte avait achevé de perdre tout sens, il avait délicatement remis la feuille de papier dans son enveloppe avant de venir placer celle-ci dans un coffret délicat qui ne quittait jamais sa table de chevet. Un long manège auquel il s’était adonné à chaque nouveau courrier apporté. Ses lettres n’avaient jamais été lues par personne d’autre que lui, même pas Belle. William ne s’était jamais laissé aller à écrire la moindre réponse. Il s’y était essayé, parfois, mais à chaque tentative était restée veine. Immanquablement, sa plume demeurait en suspend au dessus de la feuille immaculée. Les mots lui manquaient. Au final, il avait toujours renoncé et ne s’était jamais attendu à se voir ainsi forcé la main. En vingt-deux ans d’existence, il avait fini par se convaincre vaguement qu’il n’aurait jamais à affronter ainsi le regard de son père. Cette rencontre inattendue avait un goût d'irréalité. William aurait aimé avoir eut le temps de s'y préparer quand bien même cela n'aurait sûrement pas rendue la situation plus facile. Il n'avait pas de réponse toute prête à prononcer. Des morceaux de phrases malhabiles s'amoncelaient à la commissure de ses lèvres sans qu'il trouve la force de les prononcer. Au final, il acquiesça d'un mouvement de tête, répondant ainsi par l'affirmative. Cela n'allait pas suffire cependant et il en avait bien conscience. Il fallait qu'il lui parle. Dis quelque chose. « Je ne savais pas quoi répondre. » Réponse qui, à défaut d'être palpitante, avait au moins le mérite d'être honnête. Il s'était abandonné à la lecture de l'histoire de ses parents contées par Lancelot. Il avait parcouru fiévreusement les lignes en espérant y trouver une forme de bien être quelconque. Ça n'avait pas marché. Il était mieux renseigné et diabolisait nettement moins l'acte de trahison, mais cela ne l'avançait nullement. Il se sentait toujours aussi vide. Un garçon dépourvu de famille, incapable de trouver refuge auprès des siens.
William n'avait pas sut quoi répondre aux missives de son père et il ne savait pas davantage quoi lui dire à présent. Un silence désagréable commençait à s'étirer et le malaise qu'éprouvait le jeune homme commençait à atteindre des sommets. Il se passa une main sur la nuque, refoulant un frémissement au contact de sa peau éprouvée par la rage d'Arthur. Il ne s'y habituerait jamais. « Tu crois qu'elle t'aurait suivi ? » Elle. Guenièvre. Femme. Mère. Epouse. Amante. Une forme insécurité perçait dans la voix enrouée de William. Il n'avait pas prémédité la formulation de cette question. Il la regrettait déjà. Parler de Guenièvre ne lui semblait guère plus confortable que la discussion engagée à propos des lettres sans réponses. Mais il était trop tard. Les mots étaient déjà sortis et il ne pouvait plus reculer à présent. « S'il n'y avait pas eut les garçons. » Gatson. James. Philip. Les fils qu'elle avait véritablement voulu. « S'il ne l'avait pas retenue là-bas... » Car c'était bien ce dont il était question. Une épouse captive, prisonnière d'un mariage amputé et violé. « Tu penses qu'elle t'aurait suivi, s'il n'y avait eut que toi, elle et moi ? » Il n'aurait jamais osé lui poser directement la question à elle. Pas après tant d'années passées péniblement à ses côtés. Pas alors qu'il ne pouvait pas s'empêcher d'imaginer la réponse à cette question. Non.
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MessageSujet: Re: blood tears and gold (lancelot) Dim 6 Jan - 12:17

Lorsqu’il avait appris que son fils ne résidait plus à la cour de Camaaloth, Lancelot avait tout d’abord eu peur. Peur de la raison pour laquelle, il vivait à présent loin de celle-ci. Avait-il été banni à son tour par Arthur ? Avait-il été chassé par ses frères ? Passée la première inquiétude, il avait alors pris cela comme une opportunité. L’opportunité de reprendre contact avec William, sans passer outre l’autorité d’Arthur et sans prendre le risque que ce dernier n’intercepte son courrier. Un beau matin, il avait donc pris sa plus belle plume et avait rédigé une première lettre adressée à son fils, que Thomas avait eu consigne de lui remettre en main propre. Les jours avaient passé, les semaines même, sans que Lancelot ne reçoive jamais de réponse. Il ne se découragea pas pour autant dans son entreprise et réécrivit régulièrement à son fils, pour lui confier tout ce qu’il avait sur le cœur. Des souvenirs heureux. Des moments de peine. Il avait tellement de choses à lui dire. Tellement de temps à rattraper. Il ne lui avait épargné aucun détail de l’histoire d’amour avec sa mère. Leur première rencontre. Cette fameuse nuit où tout avait changé. Ainsi que le jour où William était venu au monde. Jamais Lancelot n’avait été plus heureux que ce jour-là. Il se souvient encore de la fierté animant le regard de Guenièvre lorsque celle-ci lui avait tendu son fils pour qu’il le prenne dans ses bras. Le chevalier avait dû faire preuve de beaucoup de force, pour ne pas se laisser gagner par l’émotion et garder un visage neutre devant Arthur. Pourtant, son cœur avait triplé de volume lorsque William avait ouvert ses grands yeux bleus de nourrisson pour lui adresser un sourire.

La naïveté de l’enfance avait disparu de son regard, à présent. Son fils n’avait quasiment plus rien en commun avec le petit garçon qu’il avait laissé derrière lui, quinze ans auparavant. Il était défiguré, rempli de colère et emprunt d’une immense tristesse. Lancelot ne pouvait que comprendre son désarroi. Il avait grandi dans un environnement hostile. Élevé par une mère honteuse, battu par un beau-père colérique et moqué par un royaume entier. Il avait payé autant que ses parents, si ce n’était plus, le prix de leur trahison. A défaut d’exiger réparation, William semblait vouloir obtenir des réponses auprès de son père. « Lorsque ta mère a compris qu’elle attendait un nouvel enfant et que moi seul pouvait être le père de celui-ci... » commença Lancelot, que le questionnement de William prenait de court. Il ne s’était pas attendu à devoir répondre à de telles interrogations, car jusqu’ici il ne percevait que fiel et reproche dans la voix de son fils. Tout à coup, il faisait face à un petit garçon rêveur et le chevalier s’étranglait déjà de devoir lui avouer la vérité. « Elle m’a demandé de fuir avec elle loin de Camaaloth. Elle voulait quitter Arthur et retourner à Ravenshore, pour que nous puissions vivre tous les trois en paix » lâcha-t-il avec difficulté. Ce n’était certainement pas ce que William voulait entendre. Oui, sa mère aurait voulu tout quitter pour lui. Oui, il y aurait eu la possibilité pour eux d’avoir un autre destin. « Mais c’était impossible. Je ne pouvais me résoudre à l’arracher à ses trois autres fils, à sa couronne, à ses responsabilités, à Arthur... » continua-t-il avec lenteur. Il lui devenait soudainement impossible de soutenir le regard de William. Il baissa les yeux, comme pour se soumettre au jugement de ce dernier. Prendre une telle décision n’avait pas été facile à l’époque. « Les Dieux m’en soient témoins, vivre avec vous deux m’aurait empli de joie » avoua Lancelot, d’une voix étranglée par l’émotion. Une larme roula le long de sa joue. Lui aussi avait souvent rêvé d’une telle vie. Une douce réalité alternative où William, Guenièvre et lui-même auraient pu former une vraie famille, sans Arthur, Gaston, James et Philip. Eux quatre avaient été les variables immuables d’une équation au résultat indiscutable. « Mais cela aurait été faire preuve d’égoïsme » avoua-t-il, dans un soupir. Lancelot avait préféré renoncé à son propre bonheur pour entretenir celui d’un autre, pour sauver l’honneur d’une femme et la cohésion d’une famille. A l’époque, il avait cru bien faire, car il avait naïvement pensé que sa liaison avec Guenièvre ne serait jamais découverte. William pouvait l’accuser d’avoir pris la mauvaise décision, mais il ne pouvait pas être certain que celle-ci aurait été la meilleure. Lancelot avait fait beaucoup d’erreurs par le passé. A présent, il espérait que son fils lui laisse une chance de lui prouver qu’ils avaient appris de celles-ci.
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MessageSujet: Re: blood tears and gold (lancelot) Mar 8 Jan - 11:40

Il n'avait pas du tout prémédité ce tournant dans la conversation. Il n'avait même pas envie de parler d'elle. Pas alors qu'il n'avait jamais eut réellement l'impression de pouvoir compter sur elle. La situation était déjà suffisamment étrange sans que le sujet Guenièvre s'invite entre eux deux et pourtant, il n'avait pas pu s'en empêcher. Son regard d'un bleu brillant se fit moins acéré et ses traits nettement plus doux. Il attendait une réponse dont il n'était pas sûr d'avoir seulement envie de l'entendre. Sa petite voix intérieure lui soufflait que, quelle soit la réponse que son père puisse lui délivrer, elle ne pouvait décemment pas lui faire le moindre bien. Il était sans doute même foncièrement sot de l'interroger à ce sujet. A quoi bon se terrer ainsi dans des et si ? La vie était ce qu'elle était et se laisser aller à imaginer qu'il en soit différemment constituait un loisir bien sombre et pénible. De la souffrance gratuite, rien de plus et William n'avait pas besoin de ça. La vie l'avait suffisamment projeté à terre comme cela. Inutile d'en rajouter. « Lorsque ta mère a compris qu’elle attendait un nouvel enfant et que moi seul pouvait être le père de celui-ci... » William se mordit l'intérieur de la joue, résistant à l'envie d'interrompre son père pour mettre fin à ce récit qu'il lui avait pourtant demandé. Avait-il vraiment besoin de savoir cela ? Sa curiosité pourtant prenait pas sur tout le reste. Il se tenait devant son père, aussi fébrile qu'un gamin, avec l'impression qu'un gouffre gargantuesque s'étalait à ses pieds. Une mer d’obscurité qui menaçait de l'avaler d'un instant à l'autre. Rien que lui et le vide. Constamment. « Elle m’a demandé de fuir avec elle loin de Camaaloth. Elle voulait quitter Arthur et retourner à Ravenshore, pour que nous puissions vivre tous les trois en paix. » Un pli se forma entre les sourcils de William. Il lui était difficile de dissimuler son scepticisme. Il ne se serait pas risqué à traiter son père de menteur, d'autant plus qu'il percevait clairement dans ses yeux et dans son ton la véracité des propos tenus, mais il était compliqué pour lui d'intégrer ces nouvelles informations. Il avait l'impression de devoir composer avec deux facettes diamétralement opposées de sa mère, un exercice périlleux et compliqué. Il ne s'était jamais figuré qu'elle ait ne serait-ce que vaguement songé à suivre Lancelot. Il avait du mal à croire qu'elle ait envisagé de choisir une telle alternative. Si cette idée lui réchauffait un peu le cœur, elle lui donnait surtout dans l'immédiat un fulgurant mal de crâne. Il se focalisa sur cette pointe de douleur, refusant de s'imaginer cette vie qui ne serait jamais sienne. Ses parents et lui, en sécurité, à Ravenshore. Une existence dans laquelle il ne serait pas l'objet de toutes ses médisances. Une vie exemptée de toute cette souffrance. Une vie qui lui avait été retirée dans un battement de cœur. Une perspective illusoire et douloureuse qui vint agrandir le vide qu'il sentait s'étendre en lui. Et comment était-ce seulement possible ? Comment quelque chose qu'on n'a jamais eut peut finir par nous manquer ? C'était absurde, à l'instar de toute cette situation. Rien ne faisait sens. Et Lancelot continuait de parler, sourd à l'impact salé de ses propos. «  Mais c’était impossible. Je ne pouvais me résoudre à l’arracher à ses trois autres fils, à sa couronne, à ses responsabilités, à Arthur... » Le regard de Lancelot dévia et William en tira un infime soulagement. « Les Dieux m’en soient témoins, vivre avec vous deux m’aurait empli de joie » à son tour, le jeune homme baissa la tête, dissimulant ses joues rosées et son regard devenu humide. A quoi bon ? A quoi bon se dire tout cela ? Il n'y avait plus rien à sauver. « Mais cela aurait été faire preuve d’égoïsme » l'emploi de ce mot irrita William. Car si les propos de son père faisaient sens, les entendre n'en était pas moins pénible. Il releva la tête au prix d'un effort et passa une main sur son visage, frottant rapidement de ses yeux pour en bannir vainement l'émotion. « Ça n'aurait jamais pu marcher. Cette histoire était condamnée dès le début » lâcha-t-il d'une voix rauque, le regard vitreux. Lancelot et Guenièvre avaient fauté. Ils s'étaient rendus coupables de trahison et en avaient payés le prix. Un amour vicié, bâti autour d'un mensonge.  Ce que William avait subit, son existence même, n'était rien d'autre qu'un dommage collatéral. Une erreur qu'il aurait été merveilleux de pouvoir effacer. Culpabilité franchement absurde mais non moins justifiée. « Tout aurait été bien plus simple pour tout le monde si je n'étais pas né. » En dépit de l'émotion nettement perceptible dans son ton, sa voix était ferme, assurée. Une vérité qui n'autorisait pas de contestation.
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MessageSujet: Re: blood tears and gold (lancelot) Dim 13 Jan - 12:50

Son fils semblait enclin à croire que l’histoire aurait pu être différente et Lancelot ne pouvait pas lui en vouloir. Il ne pouvait cependant pas répondre à son fantasme. Il ne pouvait pas changer le passé. S’il avait choisi de suivre une route plutôt qu’une autre, c’était pour le bien de tous, quand bien même celle-ci avait été tortueuse. William ne comprenait pas les choix de son père, parce qu’il ne voyait que les conséquences négatives de ceux-ci. Son enfance sacrifiée, ce visage marqué à jamais, sa vie entière remise en question. Il était devenu à la fois victime et coupable d’un crime qu’il n’avait pas commis. Jusqu’alors, Lancelot avait toujours voulu endosser l’entière responsabilité de la déchéance de Camaaloth. Concédant à Arthur toute la résilience possible et le hissant au rang de martyr. Mais à présent, il commençait à voir les choses autrement. La colère d’Arthur n’avait que trop durée et ce dernier avait profité de l’exil de son rival, pour faire régner la terreur et le chaos au sein de la cour de Camaaloth. Le souverain n’aurait jamais pu faire subir de tels sévices à William, si Lancelot avait été dans les parages. Le chevalier ne l’aurait jamais laissé faire. Il se serait battu pour lui, se serait interposé. Il se demandait d'ailleurs pourquoi Guenièvre ne l'avait pas fait. Peut-être qu'Arthur ne lui en avait pas laissé la possibilité. Il ne l'avait pas revu depuis des années, il ne savait rien des véritables épreuves qu'elle avait enduré. « C’est faux ! » scanda-t-il immédiatement, dans un cri qui résonna dans toute la roseraie. Le cœur du père ne pouvait souffrir d’entendre une chose pareille sortir de la bouche de son fils. C’était tout bonnement inacceptable. De quelle cruauté avait donc fait preuve Arthur, pour que William en vienne à regretter sa propre existence ? Le poison de la haine était bien plus délétère que le poison de la trahison. « Avec ou sans toi, Arthur aurait nourri une rancœur semblable » lui dit-il en tentant de contenir la vive émotion qui lui secouait le corps. Il avait tout faux. Même si Guenièvre et lui n’avait pas eu d’enfant, même si William avait été le fils d’Arthur, cela n’aurait rien changé. La trahison aurait été la même et leur châtiment identique. Il aurait suffit d’une seul nuit, d’une seule fois pour que l’adultère soit efficient. « Être son fils légitime ne t’aurait pas non plus assuré d’obtenir plus de crédit ou d’importance à ses yeux. Regarde Gaston » fit remarquer Lancelot, qui savait combien William avait dû se comparer à ses frères. Une véritable filiation ne lui aurait guère apporté l’amour paternel, qu’il avait dû tant recherché. Arthur était quelqu’un de versatile. Il avait bouleversé les traditions millénaires pour destituer son fils aîné des pouvoirs qui lui revenait et préféré son second héritier pour en faire son successeur. Lancelot n’avait pas connu Gaston assez longtemps pour juger de l’homme qu’il était devenu aujourd’hui, mais il doutait qu’Arthur ait pris la meilleure des décisions. Même s’il l’avait fait pour le bien de tous, cela allait avoir des conséquences et si Gaston possédait le tempérament que son patriarche, il fallait s’attendre à des représailles. « Ta vie n’a pas moins de valeur que celle de tes frères, William. Tu n’es pas un bâtard. Tu es le fils d’une duchesse et de son...chevalier transi » reprit plus doucement le père, qui s’approcha lentement de sa progéniture. Malgré toutes les horreurs qu’avait pu lui dire son beau-père, sa naissance n’était pas une erreur. Il n’était pas un moins que rien. Certes, il était le fruit d’une liaison adultérine, mais son sang restait noble. Guenièvre était la fille d’un seigneur et Lancelot était autrefois un digne chevalier de la Table Ronde. Il pouvait en être fier. « Tu mérites ta place en ce monde et si tu m’y autorises...j’aimerais à nouveau en faire partie » lui demanda Lancelot, avec appréhension. Aucun d’eux ne pouvaient revenir en arrière et modifier le passé, mais l’avenir leur appartenait encore. Ils pouvaient se rattraper, commencer quelque chose de nouveau, qui leur serait propre. Le chevalier voulait y croire, plus que tout. Car il aimait son fils, plus que tout.
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MessageSujet: Re: blood tears and gold (lancelot) Lun 14 Jan - 11:17

« C’est faux ! » William sursauta, surpris par ce vif haussement de ton visant à dissoudre une vérité d’ores et déjà bien trop enracinée. Rien de ce que Lancelot pourrait dire ne saurait enlever ce poids des épaules de son fils. La certitude que sa venue au monde n’était rien de moins qu’une erreur, un monumental gâchis. Et sans doute était-ce ce qu’ils voyaient tous lorsqu’ils s’abandonnaient à la contemplation de son visage tuméfié. Sa mère et ses deux pères, figures contraires et rutilantes, en constante opposition. L’existence même de William n’était qu’un rappel sanglant. Le souvenir constant d’une trahison viscérale qui n’en finissait toujours pas de faire des ravages. Arthur avait fondu comme un aigle sur William, à l’époque où il n’était encore qu’un enfant incapable de parer les coups. Il l’avait battu avec véhémence, lui et tout ce qu’il incarnait. « Avec ou sans toi, Arthur aurait nourri une rancœur semblable. » Un goût acre se répandit dans la bouche de William. Il s’était mordu la lèvre jusqu’au sang, malmené par cette douloureuse conversation. N’en avait-il pas suffisamment bavé comme ça ? « Il n’aurait peut-être jamais rien sut. » Marmonna-t-il un peu pour lui-même, sur un ton éperdu, saturé de doute, gonflé d'incertitude. Comme si cela aurait pu rendre cette situation moins inconfortable. Non. Cette histoire était viciée, avec ou sans William. Une pensée difficile à intégrer pour un gamin qui n’avait jamais eut de cesse de se condamner, trop habitué qu’il était à endosser des responsabilités qui n’étaient pas et ne seraient jamais les siennes. « Être son fils légitime ne t’aurait pas non plus assuré d’obtenir plus de crédit ou d’importance à ses yeux. Regarde Gaston. » La remarque n’était pas idiote, mais William secoua malgré tout la tête. Lancelot ne comprenait pas. Personne ne comprenait jamais vraiment. Les défauts et les fautes de Gaston étaient innombrables, mais il n’en était pas moins ce que William avait toujours voulu être. Un enfant désiré, assumé. Un garçon qui n’avait pas à rougir de ce qu’il était. Un être vivant digne de ce nom. Si son frère aîné se heurtait lui aussi au mépris glacé d’Arthur, il était loin d’avoir subi ne serait-ce que la moitié de ce que William avait dut affronter.
Tant de peine, tant d’années passées à se repaître dans une humiliation constante. Combien de fois avait-il eut envie de disparaître alors qu’on le forçait à se tenir juste à côté de Philip, exposant librement son dégoûtant faciès. Il ne tenait plus le compte de tous les moments où il s’était mordu farouchement l’intérieur de la joue pour retenir des larmes qui n’auraient décemment rien arrangé à sa situation. Une torture latente et muette qui avait poussé William à prendre la fuite, se condamnant à l’isolement. « Ta vie n’a pas moins de valeur que celle de tes frères, William. Tu n’es pas un bâtard. Tu es le fils d’une duchesse et de… son chevalier transi. » Tout en parlant, Lancelot se frayait lentement un chemin jusqu’à lui. Il entreprenait de dissoudre la distance persistant entre eux deux et William le regardait faire, figé dans une immobilité douloureuse. Ses jambes lui semblaient faites de plomb, de même que l’air ambiant qui peinait à se frayer un chemin jusqu’à ses poumons. Son père rivalisait de prudence, comme si William était un animal sauvage. Comme s’il risquait de fuir à la moindre maladresse de sa part. Et c’était certainement le cas. Il se sentait infiniment fébrile, le jeune homme brusquement redevenu petit garçon. Il était à nouveau marqué par l’enfance, haut comme trois pommes, son palpitant lacéré dans la main. Un gamin ébranlé, en manque d’une figure paternelle décente. Était-il trop tard ? Y avait-il seulement quelque chose à bâtir entre eux deux ? Une partie de lui voulait encore y croire. « Tu mérites ta place en ce monde et si tu m’y autorises…j’aimerais à nouveau en faire partie. » Un silence s’installa entre les hommes, troublé par une déglutition bruyante. William lutta contre l’envie de porter l’un de ses ongles à sa bouche, vieux tic dont il avait réussi à se débarrasser tant bien que mal à son entrée bouleversée dans l’adolescence. Durant les années qui avaient suivies la révélation de son lignage, il avait fait de gros efforts pour maintenir le souvenir de Lancelot à distance. Cet homme, figure de sa petite enfance. Ses iris d’un bleu scintillant, si semblables aux siens. Lancelot qui l’avait enfanté avant d’être sobrement chassé hors de sa vie. Un homme qui inspirait à William bien des émotions contraires. Il l’avait détesté. Il s’était réfugié dans la colère. Il avait maudit ce père fantôme, ce souvenir brumeux qui n’en finissait pas de le hanter. Une saveur salée, éternellement échouée entre ses lèvres. Il avait vraiment essayé de le haïr, comme si le fait de nourrir ce ressentiment pouvait avoir pour absurde de conséquence de réveiller l’amour d’Arthur à son égard. Un père pour un autre. Mais Arthur ne l’aimait pas. Il ne l’avait jamais couvé du regard comme Lancelot le faisait en cet instant. C’était là tout ce que William avait toujours désiré. Une quête jusqu’ici bien veine. Il n'avait plus qu'à tendre la main. « Je... » La voix malmenée par l'émotion, il lui était difficile de tenir un propos cohérent. Ses pensées s'entremêlaient impitoyablement, lui rendant la tâche de s'exprimer ardue.  « Je ne sais pas comment on pourrait... » Comment ils pourraient quoi ? Être une famille, ou du moins quelque chose s'en approchant ? Tant d'années étaient passées. Il semblait à William que toute une vie s'était écoulée depuis la dernière fois où son père s'était risqué à l'étreindre, avant que le monde ne vole en éclats. Aucun d'eux ne pouvaient altérer le passé. Les méfaits du temps étaient là, immuables, cristallisés. Lancelot avait manqué tant de choses. Un gouffre s'étendait entre le père et le fils. Un gouffre que son père était enclin à essayer de traverser si William y consentait lui aussi. Au final, la décision lui revenait. Sans y prendre garde, à un moment ou à un autre, William avait baissé les yeux, gêné par la portée d'un tel instant. Il se sentait si fatigué, profondément las de cette lutte interne qui n'avait que bien trop duré. Plus que n'importe quoi d'autre, il aspirait à baisser les armes, éreinté qu'il était d'entretenir une colère hasardeusement dirigée. Oui, tu n'as qu'à dire oui. Alors ce fut ce qu'il fit.  « D'accord. » Lâcha-t-il avant de se laisser le temps de changer d'avis. « Je veux bien essayer. » Propos vernis, promesse doucement évincée. Il ne pouvait pas lui accorder plus que cela. Il ne pouvait pas lui jurer quoi que ce soit. Essayer. Essayer d'établir une relation de son père. Essayer de renouer avec lui. Une ouverture jusqu'à lui. Un chemin étroit, mais néanmoins praticable. Les lèvres de William se cornèrent en un sourire empreint de réserve et de timidité. D'accord.
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