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then time is up. (anton)

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MessageSujet: then time is up. (anton) then time is up. (anton) EmptyVen 1 Mar - 16:39



So get down on your knees
give me a reason I should stay
Trapped inside this madness
I know you wanna have this
So I can take advantage

w/@anton hayes

Immobile, tendue, ses yeux ne prennent même plus le temps de détailler la bassine noire déposée au pied du canapé-lit ouvert dans lequel se trouve son corps dans les vêtements de la veille, la grande bouteille d’eau sur la table-basse. Elle ne sait qu’une chose : elle ne connait pas cet appartement et ne se souvient pas d’y être entrée. Le moindre mouvement du type face à elle la fait reculer de quelques centimètres. — Ne t’approche pas de moi. Le ton est ferme, sa petite voix grondante comme un chat furieux prêt à bondir. Son cerveau ? Passé en mode automatique. Elle ne veut pas imaginer ce qui a pu se passer. Drogue glissée dans son verre d’eau, celui dans lequel elle trempe ses lèvres à rythme régulier tout au long de sa nuit de service, entre deux cocktails ? Le crack qui, mêlé à sa fatigue du moment, l’aurait faite sombrer et fait d’elle une proie facile à qui aurait voulu l’embarquer ? Son corps, encore engourdi de la nuit, comme en coton. Pilote automatique, Scar, tu veux pas savoir. Test de grossesse dans l’armoire au-dessus des toilettes. Maladies ? Le cadet de ses soucis. Le garçon vient de bouger – à peine un geste, mais elle sursaute. — Qu’est-ce que je t’ai dit ? Ses yeux verts s’enfoncent ceux de l’homme et, crispée, sauvage, elle tend la main pour tatôner à la recherche de ses affaires. Elle avait un manteau. Elle voudrait le dire. « Mon manteau ». Mais sa voix tremblerait, et elle ne veut pas montrer qu’elle a peur. Ils adorent ça, ces tarés. Elle se lève du canapé, sa robe à moitié relevée sur ses cuisses, rejette ses cheveux en arrière et avise son sac à main et son manteau près de la porte. Lentement, gladiateur prête à griffer, mordre, punir quiconque s’approchera d’elle, elle contourne la table-basse et le garçon, atteint la porte d’un petit bond et attrape ses biens. Son regard craintif se tourne à nouveau vers lui, dont elle ignore tout jusqu’au prénom. Elle ancre son visage dans sa mémoire. Pour le retrouver, si jamais. Le décrire. Si j’ai un truc. Un souvenir. Un flash. Elle a des amis qui pourraient le planter s’ils apprenaient qu’on lui a fait du mal, à elle. Ce petit corps tout fin, tout frêle, certains ont pu avoir envie de le protéger plutôt que d’en profiter. Ils sont rares, mais ils existent. De ceux-là non plus, elle ne se laisse pas approcher. Elle craint autant les bonnes volontés que les agressions manifestes. Dans son dos, sa main part en quête de la poignée de la porte. Elle veut partir, maintenant, tout de suite, se soustraire à ce regard posé sur elle qu’elle juge indécent, parce qu’il sait ce qu’elle ignore, que lui n’a pas passé la nuit dans un trou noir, dans un autre mode, que lui se souvient ce qui, à elle, échappe pleinement. Une fois hors d’ici, elle pourra inspirer un grand coup, gerber, peut-être, se mettre à courir le long des rues jusqu’à perdre haleine, jusqu’à trouver un bus qui la ramène au calme. Une fois chez elle, elle aura la possibilité de se laisser tomber dans les draps de son lit, s’y lover en boule, s’endormir à nouveau mais seule avec ses rêves, ceux qui n’appartiennent qu’à elle.
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Anton Hayes
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MessageSujet: Re: then time is up. (anton) then time is up. (anton) EmptyMar 5 Mar - 21:04

Il l’avait trouvé là, titubant dans la rue, l’esprit ailleurs et le corps décomposé par la drogue et les alcools ingérés. Elle s’était effondrée dans cet infernal spleen interdit, rompant tout contact avec la réalité pour s’enfoncer dans un monde qui avait bien plus à offrir que celui-ci. De passage par le plus grand des hasards, Anton s’était avancé à pas feutrés jusqu’à s’agenouiller devant cette silhouette à l’abandon. Il le reconnaîtrait entre mille, ce regard embué d’un être complètement défoncé. Alors il avait passé ses bras sous ce corps presque inconscient, le portant sans la moindre difficulté à travers la pénombre d’une nuit d’hiver. Il ignorait tout d’elle, jusqu’à son nom, mais ne pouvait décemment la laisser à la potée de n’importe quel abruti aux idées mal venues. Il l’emmena ainsi jusqu’à son appartement, l’enveloppant d’une couverture chaude et s’assurant de prévoir bassine et bouteille d’eau à proximité au cas où elle s’éveillerait. Ce qu’elle fit, bien des heures plus tard, tandis que son sauveur s’attelait à diverses occupations en attendant que la nuit fasse son œuvre. Elle miaula péniblement quelques ordres à son égard, il n’esquissa pas le moindre mais se contenta de s’asseoir sur la table basse face à elle. Il y avait quelque chose de familier dans son regard. Un sentiment de déjà vu sans qu’il parvienne pourtant à en trouver l’origine. Elle était effrayée, craintive à l’égard de ce parfait inconnu qu’il était à ses yeux. Anton restait immobile, adoptant le mutisme pour toute réponse. Il s’apprêtait à lever une main pour lui proposer de l’eau qu’elle l’en empêcha aussitôt. Plus vive qu’un félin sur ses gardes. – J’suis pas là pour te faire du mal, murmura-t-il d’une voix aussi rassurante qu’il en était capable. Et si les traits de son visage étaient tout bonnement insondable, il disait vrai. Elle s’était relevée, fonçant telle un animal apeuré en direction de la sortie. A son tour, Anton dû réagir en plaquant une main vive et ferme contre la porte qu’elle allait tenter d’ouvrir. Il était bien plus rapide qu’elle, et bien moins alcoolisé. Son regard s’ancra directement dans le sien, un brin de défi au milieu de ses prunelles bienveillantes. – Qu’est-ce que je t’ai dit, qu’il répéta, bien plus autoritaire cette fois-ci. Elle s’était mise en danger une fois, elle recommencerait s’il ne l’en empêchait pas. Sans jamais la toucher, il l’invita d’un geste doux de son autre main à regagner la banquette qu’elle venait de quitter. – Calme-toi. T’es pas en état de sortir comme ça. Ses intonations s’étaient adoucies (ou en tout cas, ne sonnaient plus comme un ordre). Anton pouvait être le parfait sérial killer en apparence, il en avait bien les capacités physiques d’ailleurs, mais n’en restait pas moins charmant selon les jours. Il laissa doucement retomber son bras le long de son corps, baissant finalement les yeux pour s’éloigner respectueusement d’elle. – Je m’appelle Anton, et non, je peux te jurer que je n’ai absolument rien tenté avec toi cette nuit. Je t’ai simplement trouvée. Et accessoirement sauvée, mais ça, il se garda bien de lui avouer. Il inspira une bouffée d’air, caressant machinalement la tête de son loup qui dormait paisiblement sur le plancher aux pieds de son maître. D’un signe de tête, il l’invita à lui faire part à son tour de son identité. Fallait-il encore qu’elle daigne rester suffisamment longtemps pour qu’ils puissent engager une conversation. Fasciné qu’il était, par ce petit animal sauvage qu’il venait d’accueillir entre ses murs.
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MessageSujet: Re: then time is up. (anton) then time is up. (anton) EmptyMer 6 Mar - 10:48

Pas là pour te faire du mal. Oh, mais il est si connu, ce refrain. Je ne veux que ton bien. Les mots dansent au bout des fils qui sont rattachés aux doigts qui les détiennent. Les mots t’appartiennent. Ils ont beau être murmurés, soufflés au creux de l’oreille, ils sont toujours une intrusion. Un corps étranger. Pas là pour te faire du mal. Tu ne devrais pas être là, tout court, surtout. Pas ici, trop près d’elle, dans cette proximité dont elle ignore tout et dont elle veut absolument se défaire. Couper les fils. Que les mots s’écroulent à terre et soient les victimes de leur propre inertie, leur lourdeur, leur fausseté. Bien vite, les actes prennent le pas sur la douceur déguisée des paroles. Il bondit après elle et, d’une main ferme, repousse la porte qu’elle tente d’ouvrir. Un sifflement sourd vient vriller son cerveau, un vertige de panique s’empare d’elle tandis que les battements de son cœur entament une danse tribale dans sa cage thoracique. Coincée. Prise au piège. Elle tourne de côté, animal perdu cherchant une voie de salut quand il se sait acculé. Elle ne perçoit pas, absolument pas la bienveillance dans les yeux du garçon. Tout ce qu’elle reçoit à la perfection, c’est la lueur de défi qui brûle, déterminée, dans ce regard brun clair plongé dans le sien. D’un nouveau mouvement, il lui désigne la place qu’elle vient de quitter. Elle le suit du regard mais n’exécute pas un pas qui semble aller dans son sens. Sa respiration s’est enroulée sur elle-même comme un serpent lové dans sa propre queue. Premiers signes de la crise d’angoisse. Gorge rétrécie – l’air ne parvient plus à s’y faufiler avec autant de facilité qu’avant. Comme souvent chez elle, les mots qu’elle voudrait prononcer restent bloqués dans le fond de son ventre. Il recule, alors elle fait un pas de côté et vient plaquer son dos contre la porte. Entrée, sortie, elle ne sait plus trop de quoi il s’agit. La bouche du garçon s’entrouvre à nouveau, sans doute encore pour dire des choses auxquelles elle ne croira pas, et elle abaisse les yeux jusqu’à la forme animale que l’inconnu vient caresser. Un gros loup qu’elle n’avait pas aperçu jusqu’ici. Étrangement, l’apparition inattendue d’une « tierce personne » a quelque chose d’apaisant. Elle, elle préfère les chats, mais ce loup impassible et incroyablement serein lui permet de calmer quelque peu la panique sourde qui remue en elle. Incapable d'élever son regard vers le garçon, elle fixe le loup pour effacer tout le reste de son champ de vision. Comment peut-il l’avoir « trouvée » ? Elle sait qu’elle ne se perd pas, dans cette ville trop connue. — Où ça, deux mots qu’elle souffle entre ses lèvres quasi closes, ses yeux toujours rivés sur la tête du loup, imposante, altière et sage. Où t’es-tu perdue hier soir, Scarlet ? Dans quel monde, dans quel rêve as-tu, cette fois, érigé tes barricades, tracé les décors d'une autre évasion ?
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MessageSujet: Re: then time is up. (anton) then time is up. (anton) EmptyLun 11 Mar - 17:24

La méfiance. Ce sentiment prêté aux Hommes lorsqu’ils avaient le malheur de se sentir en danger. Sans qu’elle ne daigne prononcer le moindre mot, il pouvait sentir à son regard la panique qui commençait doucement son cheminement au creux de chacun de ses membres. Les questions assaillaient ses prunelles tandis qu’elle posait un œil avisé sur celui qu’elle considérait probablement comme son ravisseur. Lui, ne se montra pas plus clément envers son invitée. La situation était pesante, et l’atmosphère terriblement glaciale. Ils se toisaient à la manière de deux ennemis, l’un recherchant chez l’autre une quelconque réponse. Mais si Anton ne possédait pas la moindre intention qui puisse être néfaste à son égard, il se priva de l’en rassurer oralement. Il attendait, patient et silencieux, qu’elle prenne enfin la parole. Il avait partagé son identité, elle avait préféré garder la sienne. Snow ne bougeait pas, assis aux pieds de son maître, et restait spectateur de la scène qui se déroulait sous ses yeux de loup. Elle lui demanda où il l’avait trouvée, Anton releva les yeux pour les planter dans les siens. –  Dans la rue. Qu’il murmura, sans donner plus de détails. Oui il avait décidé de l’extirper de cet endroit avant qu’un autre ne le fasse. Oui il n’avait pas la carrure d’un super-héros et encore moins celle d’un homme que l’on sauterait au cou pour remercier. Mais il lui était tout simplement impossible d’abandonner une âme égarée et la laisser se perdre davantage. Cette femme avait quelque chose qu’il souhaitait instinctivement préserver. Elle avait ce regard, le même qu’il avait pu adresser à ses parents en étant petit garçon. La crainte, la peur au ventre, et l’absence totale d’émotion positive. Si Charlie n’avait pas été présent à l’époque, sans doute se serait-il lui-même égaré. Un long soupire s’échappa de ses lèvres alors qu’il déposait une dernière caresse à son compagnon. –  Qu’est-ce que t’as pris ? La question fût lâchée telle une bombe alors qu’il se relevait de son fauteuil. Anton avait toujours eu un don auprès des animaux. Inexplicable et inexpliqué. Il savait accueillir le plus sauvage des animaux entre ses mains tièdes, mais ne parvenait étrangement pas à adoucir le cœur de cette femme sur ses gardes. Tout en s’avançant prudemment vers elle, il lui présenta sa main avec une douceur encore non divulguée jusqu’à présent. –  Si j’avais voulu te faire mal, crois-moi, ce serait déjà fait. Sans sourire, mais avec délicatesse, il ne la lâchait pas des yeux. Espérant secrètement que cet échange mènerait à quelque chose de positif. Elle ne lui accordait absolument rien d’autre que de la méfiance, et à juste titre. Il n’était que trop bien placé pour comprendre toute la crainte que pouvait lui procurer une pareille situation. C’est pour cette raison qu’il ne souhaitait pas la brusquer, mais manipuler son approche avec des pincettes. Parce qu’elle était aussi fragile qu’un flocon tombant du ciel. Belle et glaciale à la fois. –  Tu veux manger quelque chose ? Boire ? Ou rentrer chez toi ? Mais je t’accompagne dans ce cas.
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MessageSujet: Re: then time is up. (anton) then time is up. (anton) EmptyMar 19 Mar - 16:04

Rarement son instinct a été aussi aiguisé, affûté, ses sens tendus aux extrêmes. Elle n’entend plus les bruits autour d’elle, le vrombissement de la rue qui se joue de l’autre côté des fenêtres : seule compte son horloge interne, le tic-tac paniquant des secondes qui s’écoulent alors qu’elle se sent profondément en danger. Ses sens la trompent, certainement. Une voix en elle la met en garde : trop méfiante. Démesurément sauvage. Mais le regard du loup, sage et impassible, posé sur elle, semble valider son attitude. C’est bien, disent ses yeux impénétrables, ne donne jamais trop vite ta confiance, ne devient pas domestique avec la facilité qu’offre la modernité. Les hommes sont les hommes. Une proie, même apprivoisée, restera toujours une proie. Il l’a trouvée dans la rue, comme un vulgaire sac plastique, une chaussure abandonnée, un chaton esseulé. Ridicule, voilà comme elle se sent. Ridicule et infantilisée. Obligée de se faire ramasser, objet usé, incapable de répondre à son propre cerveau lui demandant de se relever et d’avancer. C’est pathétique. Elle était à la merci de n’importe qui, de tout le monde, quand d’ordinaire, elle se protège en se donnant. Ce matin, elle a envie de fuir, de tout refuser et tout réfuter. Mais il est trop tard pour ça, petite idiote. Le mal est fait ; ton égo, brisé. Elle sursaute à l’entente de sa question, perdue qu’elle était dans son alerte intérieure, sa panique sourde. C’est la question que tout le monde pose quand elle a l’air défoncée et qu’on le lui reproche, la question juridique, qui sonne méprisante aux oreilles du junky. — Ferme un peu ta gueule, elle répond entre ses mâchoires crispées, n’ayant aucune envie de se faire rappeler que oui, elle était hier suffisamment défoncée pour ne plus exister, pour se retrouver n’importe où, n’importe quand, et se faire cueillir par le premier venu. — Ça m’arrive jamais, ok ? Défensive et lâche. Elle a tout de même besoin de se justifier d’un couinement qu’elle aurait aimé grognement, comme celui que doit pouvoir sortir de son ventre ce loup qui la fixe. « Crois-moi ». D’abord, il lui parle au conditionnel. Les « si », elle les a en horreur. On les lui a servis, toute sa vie, à toutes les sauces. « Si tu faisais attention à toi », « si tu te droguais moins », « si tu étais plus ci, si tu étais plus ça ». « Crois-moi ». Mais elle n’a pas la moindre envie d’y croire, Scar. Scar a perdu toute notion de croyance, de religiosité, depuis qu’elle a compris l’arnaque. Les personnes censées vous protéger de tout le reste du monde, elles ne sont pas là où on vous demande de les attendre. La justice, qui tranche en la faveur d’une mère qui détruira son gosse. Les assistantes sociales, qui vous envoient dans des familles d’accueil où vous ne connaitrez pas autre chose qu’un long, qu’un interminable enfer. Les papas aux mains mal placées, aux baisers venant souiller ce corps qu’ils ont juré de défendre contre vents et marées. Les mamans-lionnes, qui n’existent que dans les Disney. Personne n’est là pour te protéger. Personne ne peut te jurer quoi que ce soit. Ni amour, ni fidélité, ni douceur, ni tendresse, ni protection. Elle secoue lentement la tête, de gauche à droite, ses yeux, toujours plus fuyants, désormais rivés sur ceux du garçon. — Je veux que tu me laisses partir, dit-elle à voix basse. — Seule. Tu me laisses ouvrir cette porte et tu ne me suis pas. C’est un ordre. Un ordre, ou une supplication ?
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MessageSujet: Re: then time is up. (anton) then time is up. (anton) EmptyMer 27 Mar - 21:14

Le tonner grondait au sien de la pièce, alors même que les deux étrangers se toisaient d’un œil avisé. Sans le moindre mot, il attendait sagement qu’elle daigne reprendre la parole. Cette femme, étrangement, était parvenue à piquer sa curiosité. A la manière d’une âme égarée, elle agissait tel l’animal confronté à l’inconnu. Sur la défensive, prête à sauter au cou de son agresseur. Et sans qu’il ne parvienne à se l’expliquer, sa fascination à son égard le déroutait. Pourquoi elle ? Pourquoi ce soir ? L’agitation au sein de ses songes lui fit baisser machinalement les yeux. De toute évidence, elle resterait démesurément sauvage en sa compagnie. Lui qui était étranger aux émotions, le voilà en proie à une femme aussi fermée et mystérieuse qu’il pouvait l’être aux yeux de ce monde. Ses pensées se bousculaient dans sa tête tandis qu’elle ne cessait de le dévisager d’un air méfiant. Ses mots, elle lui cracha au visage avec véhémence et acrimonie, sonnant comme une plainte inavouée. Ainsi, elle parvint à lui arracher un très bref sourire alors qu’il relevait les yeux pour les planter dans les siens. Insoumis. Sans doute pensait-elle qu’il la jugeait, la réduisant à l’état d’une pauvre junky aux expériences puérile. Certes, elle semblait bien plus jeune que lui, mais il n’était pas ce genre de crétin désabusé qui portait des jugements infondés sur les visages rencontrés. Néanmoins, puisqu’elle le pensait aussi naïf, alors il entrait volontiers dans ce petit jeu et se contenta de laisser planer ce doux sourire le long de ses lèvres. — Au moins t’es pas compliquée à cerner. Il avait prononcé sa phrase à mi-voix, laissant perler un brin de sarcasme à la fin de celle-ci. Elle semblait apprécier se morfondre dans de fausses idées, à la manière de ses géniteurs, et la chose le contrariait suffisamment pour qu’il souhaite la voir s’en aller. Il n’a pas envie de la laisser partir, la rendre à ses démons sans agir. Elle s’était perdue ce soir jusqu’à terminer sur le canapé d’un parfait inconnu. Qui sait de quoi demain serait fait ? Anton n’avait jamais montré le moindre intérêt pour qui que ce soit en dehors de sa famille et de quelques privilégiés. Et assurément, s’il s’interdisait de côtoyer plus que de nécessaire le reste du monde, il se trouvait étrangement concerné par son sort à elle. Ça ne lui arrive jamais, qu’elle dit. Cette fois-ci, son sourire se dissipa, écrasé par un regard glacial et une mâchoire serrée. — Ça, je m’en fiche. Je sais juste que ce soir, t’étais suffisamment défoncée pour que je te traîne jusqu’ici. Il avait l’intonation d’un père réprimandant sa fille. Il avait les yeux barrés d’éclairs et les poings serrés. Mais il n’avait jamais de meilleures intentions que ce soir-là. Elle tenait à partir, à fuir la main tendue pour retrouver le plaisir de la drogue et du vice. Fort bien. Une âme de plus qui irait flirter avec ce délicieux univers que sont les enfers. Il s’avança vers elle. Suffisamment près pour sentir son souffle saccadé s’écraser contre son visage, suffisamment loin pour ne pas la toucher ou ne serait-ce que l’effleurer. Qui était-elle, que cherchait-elle. Des questions sans réponse et qui n’en obtiendraient aucune. — Si c’est ce que tu veux vraiment. Anton se pinça machinalement les lèvres avant de tendre un bras en direction de la porte puis de s’éloigner négligemment. Il baissa les yeux, vaincu et soupirant d’avoir échoué, avant de venir reprendre sa place dans le fauteuil, une main appuyée contre ses tempes. — Est-ce que tu vas au moins me dire ton nom ?
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MessageSujet: Re: then time is up. (anton) then time is up. (anton) EmptyMer 3 Avr - 14:23

Cette sauvagerie exacerbée ne ressemble pas à la Scarlet qu’elle tente de dépeindre aux yeux du monde. Scar O’Carroll est extrême, offerte à qui la veut, un véritable self-service. On peut même prendre son abo : qui veut revenir y revient sans problème. Les corps étrangers ne lui font pas (plus ?) peur, tout est ok à prendre. Rien n’a d’importance. Et pourtant, maintenant, quelque chose compte. Terrifiée à l’idée de s’être donnée sans avoir pu ouvrir les yeux pour le voir. Ses traumatismes d’enfance tous resurgis dansent autour d’elle, titillent de coups malicieux ses tempes palpitantes. Elle veut baiser, elle peut baiser, mais pas sans l’avoir décidé ; pas sans avoir, au moins, fait semblant de le vouloir. Elle sait, désormais, que ce garçon ne tentera pas de l’étrangler puis de la découper en morceaux. Alors qu’est-ce qui lui fait si peur ? Sans doute la manière dont il la détaille. Le souci dans son regard posé sur elle, sa lèvre du bas légèrement crispée à l’idée de la laisser repartir seule dans les ténèbres, son corps frêle avalé par la ville, qu’ils savent tous deux gloutonne et cruelle. Cette façon dont il semble tenir à elle sans rien avoir obtenu d’elle, sans rien savoir d’elle. C’est terrifiant, la bonté d’âme, quand elle apparait sans prévenir au milieu d’un chaos criard, dans sa lumière pure et tressaillante. Fragile comme une flamme qu’on peut souffler d’un moment à l’autre, et voir disparaitre dans un regret éphémère. Il baisse les yeux, l’inconnu, plongé dans des pensées auxquelles elle n’a aucun accès, quand bien même elle le voudrait. Elle regarde le loup. Lui aussi semble intrigué par l’attitude de son compagnon – car elle est certaine que cet homme n’a, pour cet animal, rien d’un maitre, et le loup rien d’un esclave. Lorsqu’il relève la tête, son sourire la fige dans une terreur plus profonde que la précédente. Qu’est-ce qui l’amuse ? Qu’est-ce qui lui dessine ce rictus amusé face à sa perdition, sa panique sourde ? Elle se mord la lèvre à l’entente de la remarque acerbe qu’il lui envoie. — Je suis très facile à cerner, répond-elle, défensive, machinale. La Scarlet qu’elle montre au monde est facile, dans toutes les acceptions du terme. Facile à cerner, facile à comprendre, facile à berner, facile à baiser. Pas compliquée, Scarlet, alors ne venez pas lui prendre la tête avec vos complexes, vos questions, votre ennui. L’existence est ailleurs. Dans ses rêves. Dans un autre monde qu’elle espère rencontrer au terme d’une overdose salée. Un monde sans père. Des perditions. Dé-pères dits sion. A nouveau, il lui fait la leçon. Dans ce même ton de dureté que celui qu’emploient les médecins et les membres de la « famille ». Ces êtres qui vous répètent, du métal dans les yeux, qu’ils tiennent à vous. Que cet amour justifierait pleinement cette implacable volonté de vous maintenir vivant. A nouveau, elle sent le venin grimper en elle, ses poings se serrent et puis se figent. — Et toi, tu t’es senti investi d’une mission de charité, hm ? Le venin lui sort par les yeux, par la bouche, il sortirait même par son nez si seulement elle en possédait véritablement. — Bravo mon grand, je suis sûre que tu la mérites, ta place au paradis. Les derniers péchés, en tout cas, seront sans aucun doute pardonnés après avoir secouru une pauvre fille. Tout ce qui sonne, de près ou de loin, comme une bonne action lui donne la gerbe. Son père est connu de toute la ville pour être un médecin charitable, attentionné, généreux. Un sauveur de vies. Se faire croire qu’on fait ne serait-ce qu’une bonne action pour les autres et pas pour soi-même, c’est, aux yeux de Scar, un mensonge grotesque. Elle ne veut pas en entendre plus, elle ne veut rien savoir de son état d’hier, de la description de son corps inerte, sa bouche entrouverte, peut-être même qu’elle salivait des bulles roses du coin des lèvres, peu importe – ces simples visions la dégoûtent. Elle aime se droguer, mais elle déteste l’après. Alors elle fait exprès d’oublier. Il s’avance soudainement vers elle et, sans savoir pourquoi, elle est persuadée qu’il va la frapper. Sa mâchoire se crispe et elle attend. Peur. Être allée trop loin. Il se stoppe à quelques centimètres d’elle seulement, et, osant lever ses yeux verts pour les poser sur les siens, elle comprend qu’il ne fera rien. Il se contente d’obtenir physiquement ce qu’elle lui refuse oralement : un semblant, une once de proximité. Son cœur tambourine si fort dans sa poitrine qu’elle est persuadée qu’il peut l’entendre. Elle se tait. Ses paroles seraient de toute manière comme les autres : vides de sens. Résigné, il lui désigne la porte et l’informe qu’elle peut la prendre, si c’est ce qu’elle veut vraiment. Mais que veut vraiment Scar ? La réponse à ce qu’elle ne veut vraiment pas, elle, est toujours là, dans toute situation. Mais ce qu’elle veut… Son regard se pose à nouveau vers le loup quand le garçon fait demi-tour pour se rassoir. Étrangement, il est plus facile à Scarlet de s’adresser à lui en regardant son loup, comme s’il s’était agi d’une sorte de… médiateur silencieux et détenteur d’une infinie sagesse. — T’en fais pas, Dieu n’a pas besoin que tu lui précises mon nom pour absoudre tes derniers péchés au nom de cette belle action. Il est omniscient, elle lâche, accompagnant sa remarque d’un sourire amer. Sa main, dans son dos, part en quête de la poignée de la porte, qu’elle tourne tandis que son bras vient attraper son manteau. Sans lui jeter un regard, elle prend la fuite. Dévale les marches des escaliers comme une tornade, retient sa respiration et ne s’autorise à reprendre son souffle que lorsque le bout de son nez pointe dans l’air froid du dehors. Elle courra jusqu’à chez elle, sentant ses jambes crier sous la douleur d’un effort inattendu et ses tennis usées tap-tap-taper contre le goudron. Elle se jettera sur son lit et, retenant des pleurs, elle allumera un bang dont elle s’empiffrera de la fumée épaisse, tombant dans un sommeil peuplé de rêves dont elle ne se souviendra pas, ces paradis artificiels. Grâce à ça, elle oubliera qu’elle a eu peur, peur qu’on s’intéresse à elle et qu’on lui tende la main, peur qu’on l’attrape de force pour la serrer contre soi, peur, si peur qu’on lui veuille du bien. Ce n’est que des semaines plus tard qu’elle le croisera de nouveau, revenue sans y penser dans ce quartier qu’elle avait fui au pas de course. Il est là, sans son loup, marchant dans la rue ses mains enfoncées dans les poches larges de son manteau. Instinctivement, elle se met à le suivre, ses pas dans ses pas, sachant précisément où mettre les pieds comme si le garçon avait tracé un chemin dans la neige. Elle ne fait rien pour se dissimuler et, bientôt, il se rend compte qu’il est suivi et se retourne. Leurs regards se croisent et se reconnaissent. Elle ne ressemble plus à celle qu’elle était au réveil de cette nuit compliquée. Scarlet est retrouvée, toute apprêtée et bien maquillée, la poupée aux grands yeux verts doux, bien loin du chat sauvage qui reste peut-être ancré dans les souvenirs du garçon. Il s’est arrêté et elle le rejoint jusqu’à parvenir face à lui. — Scarlet, dit-elle du bout des lèvres, en écho à leur dernière conversation. Si l’on peut appeler ça une conversation. — Mais tout le monde m’appelle Scar. Elle n’a plus peur à présent. Venue avec son armure, son aplomb, elle voudrait prendre sa revanche sur le petit chiffon appeuré qu’elle a été, indignement, il y a de ça quelques nuits.
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MessageSujet: Re: then time is up. (anton) then time is up. (anton) EmptyMer 24 Avr - 22:23

Qu’est-ce qui pouvait l’effrayer autant ? Il s’interrogeait. Les étrangers étaient, par définition, dangereux et suspects, quels qu’ils soient. Mais à la façon dont il avait pu la retrouver, parfaitement insouciante et assise dans cette ruelle, rien ne semblait avoir d’importance quelques heures plus tôt. Pourtant là, elle se méfiait. Là, elle éprouvait une crainte paradoxale vis-à-vis de son sauveur improvisé. Il l’avait arraché aux griffes de l’inconnu pour la protéger, elle le remerciant en lui crachant vulgarités et suspicions. Muet et sceptique, Anton continuait de dévisager cette si mystérieuse invitée tout en jouant négligemment de son index contre sa tempe. Elle était fragile, prête à céder à la moindre petite pression exercée contre elle. Telle une lame de verre, la jeune femme était à la fois terriblement délicate et particulièrement tranchante une fois brisée. Sur la défensive, encore et toujours. Elle lui offrit ses plus beaux sarcasmes sur un plateau d’argent. Facile à cerner, en effet. Anton avait cette fâcheuse habitude de vouloir tout contrôler. Il était l’aîné de sa famille adoptive, et donc de ce fait celui qui devait ouvrir et montrer l’exemple à ses cadets. Malheureusement, cette casquette, il ne cesser la porter avec son entourage. Donneur de leçon, faiseur de moral. Ses opales se posèrent un instant sur les poings serrés qu’elle lui offrit soudainement. Son venin craché, il esquissa un mince mais franc sourire. Aucune charité dans ses actes de bienveillance. Seulement l’instinct. Il fit mine d’applaudir silencieusement, accrochant un regard faussement amusé à l’adolescente en crise qui lui faisait face. Elle était allée trop loin, beaucoup trop loin. Sa mâchoire se crispa doucement tandis qu’il laissait un soupire agacer venir s’imposer au milieu de ce lourd silence. Que faisait-elle encore chez lui si elle n’espérait que prendre la fuite ? L’heure du bon samaritain avait sonné sa dernière heure. Le visage du garçon se raidi, figé par une résignation évidente et un déplaisir certain. A ses côtés, elle peine à soutenir son regard, et ça lui arracherait presque un sourire. Etrangement, il avait quelque chose chez cette femme qu’il ne parvenait à comprendre. Elle lui ressemblait bien plus qu’il n’aurait souhaité l’admettre. Et peut-être était-ce en cela qu’il s’évertuait à vouloir l’aider. Quand bien même son interlocutrice mettait tout en œuvre pour l’en dissuader… et lui échapper. Il ne lui fallut qu’une poignée de secondes pour prendre la fuite, dévaler les escaliers sans un remord, et se fondre dans l’obscurité. Le soupire d’Anton fût long. Si long qu’il alarme son loup, venu amicalement posé une patte contre le genou de son maître. Ils avaient échoué, lamentablement. Et tandis qu’il refermait la porte en un claquement bien plus brusque qu’il ne l’aurait souhaité, Anton se laissa tombé contre son canapé, les lèvres pincées de frustration. Elle ne lui avait pas dit son nom. Rien.

Les semaines s’étaient écoulées, habituelles et inchangées. L’aîné des Hayes se promenait, ici et là, comme à son habitude. Une fin de journée au milieu du printemps, là où le soleil éclairait encore de ses rayons orangés les ruelles de Crescent Grove. Ses sens constamment aux aguets, il pouvait entendre une mouche voler à ses côtés, où une ombre le suivre sans discrétion. Par-dessus son épaule, il déposa un œil sur une silhouette très vite reconnue. Ils se regardent, se reconnaissent, mais aucun sourire ne vint relever la commissure de ses lèvres. Il demeure froid et inchangé, se retournant brièvement vers son étrangère de l’autre soir pour la saluer d’un signe de tête. Mais tout semblait si différent… Elle était belle et apprêtée, le regard sincère et le visage bien plus apaisé que lors de leur dernière entrevue. L’animal sauvage avait rentré les griffes et se montrait nettement plus docile. Le jour et la nuit. Il arqua un sourcil, perplexe devant un changement si radical. Et de nouveau se mit à s’embraser une flamme au creux de ses opales. Des pieds à la tête, il peinait à reconnaître la jeune femme qu’il avait soutenu dans l’étau de ses bras. Pourtant, c’était bien elle. Différente, certes, mais bien elle. Il inspira une bouffée d’air avant de lui accorder un signe de tête, l’invitant à le suivre d’un geste nonchalant de la main. Entre ses doigts, la cigarette qu’il alluma pour la porter à ses lèvres. Et, tout en allumant l’unique et pauvre petit plaisir de sa vie, exsuffla quelques sarcasmes. — Scarlet hm ? Eh bah, il t’en aura fallu du temps. Sa voix était restée identique, grave et accusatrice, sans qu’aucun sourire ne vienne illuminer les traits si rudes de son visage. Marchant côte à côte, Anton recrachait élégamment la fumée de sa cigarette, main dans une poche et quelques coups d’œil dirigés de temps en temps vers elle. Enfin elle lui accordait ce privilège de connaître son identité. Une bien belle avancée pour une rencontre qui n’avait durée que quelques minutes lors de leur petite soirée improvisée. — Alors, t’es toujours persuadée que j’suis un psychopathe complètement timbré ou t’as réussi à faire quelques efforts là-dessus ? Parait que ça s’travaille ce genre de choses. Il haussait les épaules, rictus au bord des lèvres et regard pétillant d’une malice encore insoupçonnée. Mais une question demeurait sans réponse jusque-là : que venait-elle faire ici, devant lui ? De toute évidence, les remerciements n’étaient pas sur sa liste des choses à faire ce soir, à en juger par l’expression qu’elle lui servait. Mais sans aucune animosité, il acceptait sa compagnie. Non pas parce qu’il l’appréciait, mais parce que sa curiosité l’emportait sur son désir de solitude. Ce vieux loup, acharné à connaître le moindre secret, la moindre faiblesse de ses potentiels ennemis. — Qu’est-ce que tu veux ? J’fais pas dans la charité ce soir. Sarcasme prononcé à mi-voix, regard rivé vers l’horizon, il stoppa sa marche pour venir sagement attendre sa réponse. A moins bien sûr qu’elle ne prenne une nouvelle fois la fuite, et le laisse ainsi savourer seul une jolie et somptueuse fin de journée.
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SHAKE OFF — THE GHOSTS
Scar O'Carroll
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MessageSujet: Re: then time is up. (anton) then time is up. (anton) EmptyVen 10 Mai - 13:07

Elle a cessé d’y penser, cessé de chercher la raison du « pourquoi la peur ». Peut-être qu’elle n’a pas envie que la réponse finisse par lui apparaitre entre deux nuages de crack, nue et parfaite par-dessus sa pipe en verre. Bien sûr qu’elle n’a jamais eu peur d’être agressée. Scarlet est sans cesse agressée. Elle a depuis longtemps accepté tous les viols, et, pour s’éviter un retour de traumatisme, elle fait son possible pour les (re)susciter. Pour ne plus être surprise. Pour s’attendre au pire, toujours, le temps que durera cette vie. Elle voudrait une rédemption, qu’elle cherche dans ses rêves, dans le jeu de miroirs des cailloux de crack. Dans l’inutile de son existence elle trouve sa place. Un nid de brindilles entrelacées suspendu à la cime d’un arbre feuillu et que personne ne remarque. Depuis le bas, on aperçoit bien un petit nœud de feuilles et de piques brunes qui semble absorber autant qu’il le peut les rayons du soleil, les gouttes de la pluie. On ignore ce qui se niche à l’intérieur, le minuscule oisillon qui plus jamais ne prendra ce risque idiot, absurde, de sauter du nid et de déployer ses ailes, ce risque délétère consistant à se mettre à vivre. La rudesse du garçon à son encontre ne l’abime plus, elle l’accueille au contraire avec la bienveillance qu’on lui connait. Rien ne heurte Scarlet. En guise de réponse au temps, sans doute démesurément long, qu’elle a pris pour se présenter dans les règles, elle lui offre son joli sourire, mutin et conscient de sa faute. Ses pas se calquent sur le rythme des siens, elle l’accompagne comme son ombre, quand bien même il est le plus sombre des deux. Elle relève la tête vers lui lorsqu’il reprend la parole, son « alors » résonnant en elle comme un renouveau entre eux. Elle veut absolument réparer la faille qu’elle a créée malgré elle dans cet instant de panique, de réminiscence d’un passé qu’elle passe son temps à tenter d’effacer. Elle veut lui montrer ce qu’elle essaie d’être, lui prouver qui elle est, du moins le personnage qu’elle a mis si longtemps à construire. A la fois Geppetto et Pinocchio, elle construit le pantin dont elle tire les ficelles pour s’animer elle-même. Le numéro d’équilibre est puissant et complexe – on a tendance à en sous-estimer la difficulté. Elle y parvient avec maestria, et elle voudrait qu’il accepte de lui reconnaitre ce talent. Pour se rassurer. Pour que tout revienne à la normale. Il l’insulte sans vraiment le faire, sous-entendant qu’elle ferait mieux de se soigner, de « travailler » son comportement. Mais Scarlet travaille, elle travaille si dur pour que personne n’ait la moindre idée de la tonne de papiers dont elle a froissé, troué la surface à force d’y dessiner les esquisses d’elle, les linéaments de Scar, la fille de rien, la fille-personne, la présence d’une absence dans laquelle on vient s’oublier pour tromper l’ennui. Elle hausse une épaule et penche la tête de côté, son sourire se transformant en une moue esquissée en guise d’excuses. — Tu sais, cette fois-là… J’étais vraiment raide… défoncée, en pleine descente de je-sais-plus-quoi… C’est faux. Elle n’était plus sous influence de drogues lorsqu’elle s’est réveillée chez lui, pas même en gueule de bois. Mais la came est la meilleure excuse des camés pour toute justification. Même à eux-mêmes. — Ça a tendance à rendre parano, ces trucs, elle ajoute sans se départir d’un sourire qui ment, tandis que ses yeux d’ambre aux reflets verts, eux, semblent aussi proches que possible de l’idée qu’un peintre se ferait de la sincérité. Elle est toujours honnête dans ses mensonges, Scarlet, elle ne se départit jamais vraiment du vrai, tant la réalité, monstrueuse, qu’elle tient en laisse et qui la suit partout depuis l’enfance est immense et laide et prend de la place. Si les démons étaient visibles à l’œil d’homme, alors vous auriez vu depuis longtemps cette gosse se promener de rue en rue, balançant au bout de son poignet maigre et croqué de soleil un fil blanc. Au bout du fil, des milliers de rires effrayants aux bouches immenses et sanguinolentes se suspendent. Leurs yeux sont recouverts d’un voile blanc, comme aveugles, exorbités et méchants. Certains soutiennent qu’on peut, en se retournant brutalement et en criant un grand coup, leur faire prendre la fuite. La gosse sait que si elle parvenait à faire courir les démons dans la direction opposée, le fil blanc enserrerait son poignet à en faire péter ses veines, et les démons la traineraient à leur suite, sa peau râpant le sol. Le final serait risible : elle serait à son tour le démon des démons, suspendu au fil blanc que les informes tireraient derrière eux, elle deviendrait leur ombre éternelle autant qu’ils sont la sienne. — Peut-être que vous êtes libres pour un apéro, ton loup et toi, elle suggère tout en laissant un rayon de soleil s’emparer d’un côté de son visage, fermant un oeil sur deux sous l’assaut de lumière. — Je vous invite. Sa main tapote son sac sans qu’aucun bruit de bourse pleine ne vienne tinter en retour. C’est l’ère de l’immatériel qui est celle de Scar. Du sans contact.
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