Partagez

may god have mercy upon my enemies 'cause I wont.

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas
AuteurMessage
Hayden Beckwith
[ plots your death in spanish ]
pseudo, prénom : maclean, julia.
date d'inscription : 08/11/2018
messages : 2675
avatar © : eiza gonzalez
fairytale counterpart : captain hook ⋅ viola
activité rp : tc ⋅ jackson ⋅ jackson [intrigue] ⋅ flint ⋅ flint [fb] ⋅ flint [ra]
Voir le profil de l'utilisateur

may god have mercy upon my enemies 'cause I wont. Empty
MessageSujet: may god have mercy upon my enemies 'cause I wont. may god have mercy upon my enemies 'cause I wont. EmptyDim 7 Avr - 3:05

Karma comes after everyone eventually.
You can't get away with screwing people over your whole life.
What goes around comes around. That's how it works. Sooner or later.
The universe will serve the sweetest morsel that ever was cooked in hell :
- - and that, my friend, is revenge.

⋅ the crimson cutlass, bootleg bay ⋅ un an avant l'enchantement
lady viola // captain hook ⋅ @jackson caverly // captain james flint
william " billy bones " manderly " // charles flint


Les ténèbres d’une nuit pauvrement étoilée avaient envahi Bootleg Bay. Dans le ciel, poussés par des vents paresseux, des nuages s’effilochaient devant une lune timide que l’ombre du Jolly Roger ne tarderait pas à occulter. On devinait au loin une ambiance festive, un contraste saisissant avec la quiétude des cieux et l’équipage qui, si proche du but, ne semblait pas plus déterminé qu’elle a faire ni la fête, ni la conversation. Viola scrutait la citée d’en haut, immobile, invisible, plantée derrière son gouvernail, guidant le Roger à bâbord et tribord, entre stratus et cumulus où se déposait en points lumineux la poussière de fée qui l’aidait à naviguer en dehors des eaux. Des lustres qu’elle attendait l’arrivée du Walrus à quai, comme un écho lancinant d’un chapitre trop douloureux pour être même mentionné. Alors ils avaient guetté son arrivée au loin, pas elle qui avait assez attendu le Walrus au cours de sa courte existence, mais l’équipage qui se relayait nuit et jour, à la recherche de cette ombre qui s’était enfin présentée à eux, déchirant une mer d’huile, toutes voiles dehors. Une bonne préparation était la clef du succès, ce pourquoi elle révisait encore le plan, alors que le Jolly Roger entamait sa dernière descente vers Bootleg Bay. Elle laissa la barre au vénérable Mouche, qui avait lustré ses crochets toute la journée durant pour ce qui s’annonçait comme la confrontation d’une vie ; ordonna qu’on charge les canons, et qu’on récupère Tibby à bord du Walrus, si tant est qu’il soit encore vivant ; et il fallait l’espérer, sinon Viola y trouverait un motif pour descendre John Silver, un second pour un second ; un énième prétexte à se déchirer là où tout pouvait enfin les rassembler, Jim et elle. Cette fois, au moins. Ils descendirent par l’échelle de corde, l’un après l’autre, en un numéro de voltige délicat, mais maitrisé.  Le Jolly Roger reprit son ascension vers Myst, où on ne craindrait pas d’embarquer un passager clandestin ; une précaution qui l’obsédait, pour ce que ses récentes découvertes motivaient Viola à être plus précautionneuse que jamais avec les membres de son équipage.
Le mot avait été propagé dans toute la baie que l’équipage de Walrus se réservait le Crimson Cutlass pour célébrer un retour sur la terre ferme, ce qu’aucun autre pirate n’avait eu le cran de contester. S’il n’intimidait personne à bord du Jolly Roger, le Capitaine Flint jouissait pourtant d’une horrible réputation et aucun boucanier ne pouvait, ni n’avait de toute manière la volonté de contester l’ordre d’un des trois membres du plus célèbre des triumvirats, certainement pas le plus tempétueux d’entre eux.
L’allégresse régnait. Les chopes frappaient les unes contre les autres, puis sur le comptoir, alors qu’ils échangeaient les anecdotes croustillantes de cette dernière campagne dans l’insouciance de ce qui se tramait devant la porte de la taverne. Viola prit la décision d’entrer seule, ordonna à Nyus de rester planquée au plus prêt, à Skyler de rejoindre le toit, au reste de l’équipage de faire un siège autour du Crimson Cutlass. Une simple protection, des fois que la proie ne parvienne à échapper à sa vigilance. À moins de tromper le destin et la détermination qu’elle avait à enfin obtenir gain de cause, le jour fatal de Charles Flint était venu, et sa faucheuse ouvrit la porte sur lui d’un coup de pied magistral. Elle  pénétra dans le bar le pas ferme, le regard résolu, et fit l’honneur au Walrus de ses crochets ,dont l’un trouva l’épaule de Billy Bones dans un déchirement sinistre, ce avec toute la précision qu’on lui connaissait. L’on dégaina épées et pistolets, mais Viola ne fit rien de cette menace, pour ce que son propre équipage était, lui aussi, préparé à l’offensive. — Prends un siège Billy, la nuit va être longue. D’un coup sec, elle fit basculer le concerné en arrière, lui fit l’honneur d’y trouver un siège de fortune, et de le lui servir d’un coup de pied. Son arrière-train percuta la chaise, et à propos du gémissement misérable qui s’était échappé de sa bouche se faisant, on ne sut pas bien s’il avait été provoqué par la surprise, ou le crochet qui, planté dans sa nuque, lui ôtait tout chance de se tirer de ce guêpier. — Essaye de te barrer et je t’ouvre en deux,   promit-elle à son oreille. La pression de sa main à son crochet arracha un hurlement à transpercer la nuit à son prisonnier, et pour plus de pratique, elle échangea son second crochet pour un pistolet tout droit dirigé vers Flint au comptoir. — Range cette épée, et dis à tout le monde de sortir ou ça va être un vrai bain de sang. Et parce qu’il n’était pas dans les habitudes du Capitaine Flint d’obtempérer, les grandes menaces :  — Mon équipage à les yeux, les flingues et les arbalètes braqués sur ce trou à rats, et a pour ordre de buter les pauvres connards qui ont encore un peu de respect pour toi à mon signal, alors tu ferais mieux de donner l’ordre de dégager à tout ce beau p’tit monde, Jimbo, parce que j’hésiterais pas une seule seconde à fumer tous tes p’tits loubards, un par un, devant tes yeux. Dépêche. toi. Un sifflement, et une cacophonie de flingues armés vint soutenir toute sa résolution, et si elle aurait d’ordinaire offert à Jim un infâme sourire pleinement satisfait, désormais on ne pouvait lire en elle qu’une tension palpable. Elle le tenait enfin, l'objet de leur discorde, à bout de crochet, à portée de tir ; et comme si cela ne suffisait pas, la seule idée qu’ils respirent le même air lui était un motif d’aliénation totale. — Quant à toi, gronda-t-elle en raffermissant sa prise autour du crochet qui déchirait cette carne infâme, ce semblant d’âme née gâtée, cette moelle pourrie.  Elle était aussi obsédée, détraquée que lui ce soir-là, et retint un rire maniaque face à ce dénouement inespéré. Viola était plus digne qu’il ne le serait jamais, mais à l’avoir dans les mains, elle pouvait aujourd’hui si aisément se noyer dans les eaux profondes de la démence  ; tout comme Jim à l’époque. — J’ai attendu ce moment tellement longtemps, que my-oh-my, tu vas déguster. Sa promesse augurait d’une nuit aussi longue et douloureuse que l’avaient été les dix dernières années, si pas pire. Encore qu’elle fut certaine, à cette instant, à regarder son démon le plus vieux dans les yeux, malgré une apparence altérée par un tour de passe-passe magique, que rien ne saurait jamais chasser le spectre de ce qu’aurait été sa vie, leur vie qui la hantait plus qu’aucun autre fantôme. Que rien ne saurait l’apaiser, pas même de se confronter à cet ennemi mortel, et certainement pas de lui ôter la vie. Mais s’agissait là au moins d’un début. — Tu veux lui dire ? ou bien tu me laisses l’honneur ? Huh ? demanda-t-elle, un ricanement caustique sur les lèvres. Le pistolet qu’elle dirigeait vers Jim descendit à la figure de son martyr, mais cela ne l’incita pas à relâcher un semblant d’étreinte autour de son crochet qui lui, libérait une quantité de sang phénoménale de cette carcasse avariée. — Espèce de connasse hystérique. Et pour cette injure, un grand coup dans les pieds de sa chaise, et sa sale gueule sur le plancher branlant, minable, faisandé de la taverne. Pour le plaisir, elle fit trainer sa godasse sur sa joue, jusqu’à sa nuque et son crochet, et jubila de ses beuglements alors qu'elle appuyait une nouvelle fois. — 10 ans.  T’a fallu 10 ans, et tout ce que t’avais. T’as tout sacrifié, tout perdu pour cette épave. Elle se moquait bien de tout. Elle parlait d’elle, et nul doute qu’il saurait voir là le véritable fond de sa pensée. Si ses yeux auraient été une arme, elle aurait transpercé Jim à cet instant. — Elle déraille complet, putain, tu vas pas laisser m’traiter comme ça ! J’sais pas d’quoi elle parle. T’vois bien qu’elle est en plein délire.    — Ta gueule !   — J’te jure que quand j’me lib—.   Y avait-il quelque chose de plus pathétique qu’un homme qui s’étouffe dans son propre sang ? Ses yeux ne quittaient plus Flint, tant elle jouait à la provocation, sachant pertinemment qu’il s’enjoindrait à elle d’une minute à l’autre, mais qu’il était bon d’appuyer sur une plaie restée ouverte, pour le plaisir, et le suspense. Pour eux qui aimaient les grandes scènes, les belles entrées, les batailles rocambolesques, et les sorties dramatiques. — Tu vois, j’avais une mission toute particulière. Je livrais cette ordure à Teach, et en échange, il me laissait voir ta gueule virer au blême quand on te le livrerait en échange de tout ton magot, et de la satisfaction d’avoir fait mieux, là tu as lamentablement échoué. Le ton était moqueur, mais elle ne riait pas. Ces entretiens l’atteignaient plus qu’elle ne daignait l’admettre, et tout ce qui lui restait de lucidité, Viola le mettait à profit pour garder la face, et raconter toute l’histoire.  — Mais c’est pas l’or qui me rendra 10 ans de ma vie, alors je me suis dis qu’en plus de pigeonner ce demeuré de Barbe-Noire, on méritait tous les deux de coller une branlée mémorable à l’enculé qui a gâché nos vies.    L’enculé en question pataugeait dans son sang, et elle le fit se relever en le soulevant par les cheveux, asseoir sur son trône de fortune à la force de son légendaire crochet. — T’as même pas idée de ce qu’on peut trouver à Zatid, Jimbo. Rien que la semaine dernière, j’y ai trouvé William "Billy Bones " Manderly, si c'est pas magnifique ! Le Billy Bones véritable, en train de roupiller dans sa cellule, depuis, quoi, 15 ans ? Alors j’te laisse deviner qui t’as en face de toi. — T’vas pas croire c’te dégénérée, merde ! J’ai été à ton p’tain de service toutes ces années, et tout ce qu’elle fait c’est mentir. Si y en a un qu’tu dois croire ici, c’moi et tu l’sais qu’trop bien, Jim, merde ! — Pose-toi les bonnes questions, Jim. Combien de temps ça fait que tu connais ce type ? Combien de temps il a été au service du Walrus ? Quel est le jour où tu lui as serré la main, et embauché pour faire parti de ton équipage ? Huh ? Quel jour ?   Il ne savait que trop le jour. Le p’tit nouveau à bord du Walrus, ce jour-même où il lui avait tourné le dos, à elle. Et une fois encore, James Flint se retrouvait face à un dilemme qui opposait son prétendu frère, à elle.
Revenir en haut Aller en bas
Jackson Caverly
way down the river we go
pseudo, prénom : sasha
date d'inscription : 20/01/2019
messages : 1033
avatar © : joel kinnaman
fairytale counterpart : captain flint of the walrus.
activité rp : lina, hayden, vee (intrigue) ● young vee, hook, viola (ra)
Voir le profil de l'utilisateur

may god have mercy upon my enemies 'cause I wont. Empty
MessageSujet: Re: may god have mercy upon my enemies 'cause I wont. may god have mercy upon my enemies 'cause I wont. EmptyVen 19 Avr - 0:53

De longs mois s’étaient écoulés avant que l’on ne puisse de nouveau apercevoir le Walrus se dresser fièrement le long des quais de Bootleg Bay. L’équipage, sous les ordres de leur capitaine, s’était empressé de réquisitionner le Crimson Cutlass pour y embrasser pleinement l’orgie de leur retour sur la terre ferme. Les chopes de bière s’entrechoquaient tandis que les hommes se régalaient des plaisirs simples de leur vie de forban. La fièvre était telle qu’aucun autre pirate ne trouva à redire. Et parmi les chants qui s’élevaient au beau milieu de la taverne, on s’enjaillait du butin récolté durant leur dernière collecte. Un massacre, bien plus qu’un pillage. Des épouses violées et des enfants égorgés sous les yeux de leurs pères. Des cadavres dépouillés de leurs richesses. Et tout un village de pêcheurs noyé sous les flammes, ravagé par la cruauté d’un capitaine dont la réputation n’était plus à faire. Et si la liesse brûlait d’ardeur ce soir-là, James continuait inlassablement de jouer avec la bague qui ornait la chaîne autour de son cou. L’heure était à la fête, mais son être tout entier continuait de brûler de cette horrible et dévorante animosité. Une rage qui portait un nom. Une colère inassouvie dont le seul remède consistait à faire tomber des têtes et à rependre le sang. Et s’il avait scruté les mers, le ciel, les terres à sa recherche, Jim fût bien incapable de la retrouver. Chacun de ses sens aux aguets, à l’écoute du moindre petit indice qui pourrait lui révéler la position du Roger. Il avait conservé ce goût amer qui lui déchirait la gorge pour redescendre le long de sa poitrine. Le fantôme de Viola dans le cœur, et le souvenir de ses baisers brûlants contre sa peau. Elle était en vie. Et bien plus que n’importe quel autre trésor, Flint avait désormais la ferme intention de chasser l’amour de sa vie, quitte à en perdre la sienne pour ne serait-ce que la revoir. Il était loin de s’imaginer que son butin viendrait directement à lui.

Les voix rocailleuses de l’équipage déchiraient les ténèbres, mais ce n’était rien comparé au vacarme qui fit s’effondrer la porte du Crimson Cutlass. Une entrée fracassante, pour une légende devenue réalité. Viola fit une nouvelle fois irruption dans ce qu’il lui restait de vie. Parmi les pirates allègres et vacillants, il en était un qui s’était redressé bien plus vite que les autres. Ses yeux ébènes dirigés vers cette silhouette bien trop familière. Les hommes se mirent à hurler, dégainant épées et pistolets en direction de leur assaillante. Et tandis que ce pauvre Billy Bones subissait les foudres du capitaine et de ses crochets, Flint se figea sur place, épée à moitié sortie de son fourreau et regard horrifié posé sur son quartier maître. Les gémissements du boucanier ne tardèrent pas à rompre les chants de fortune et l’allégresse de la taverne laissa place à un silence de plomb. Chacun connaissait le capitaine Crochet pour sa sinistre et sanguinaire réputation, mais aucun homme ici-présent ne lui fit ce bon plaisir d’être intimidé. Aucun sauf peut-être Flint lui-même. Elle siffla ses ordres en accompagnant sa résolution d’un canon pointé en sa direction. Et le sourire qui courrait sur ses lèvres présentement laisser penser qu’elle n’hésiterait pas un instant à appuyer sur la détente pour faire exploser sa jolie gueule d’ange. Jim serra dents et poings, relâchant doucement l’épée qu’il tenait en accordant un rapide coup d’œil aux alentours. Come de vulgaire rats, ils étaient cernés. — Dehors, tout le monde, qu’il gronda d’une voix sombre. Si son autorité était exemplaire, ses hommes ne trouvèrent rien à redire de l’ordre prononcé. Silver à ses côtés sembla néanmoins plus sceptique. — Capitaine ? Flint balaya son inquiétude d’un simple signe de tête, appuyant sa décision d’un regard avisé en direction de son second. Les mots n’étaient pas nécessaires entre ces frères d’armes. John obtempéra sans un mot, guidant les siens sous le joug des canons que l’on pointait en leur direction. Et lorsqu’enfin le calme sembla reprendre sa place au sein de la taverne, Jim se redressa pour s’avancer lentement vers ce duo improbable. Il écoutait ses mots, songeur et perdu. Spectateur d’une scène qu’il ne comprenait pas. — Qu’est-ce que tu viens foutre ici Viola ? Son regard ancré dans le sien s’évertuait à déchiffrer l’onde de folie qui l’avait accaparée. N’était-ce pas lui qui devrait se trouver sous la pointe acérée de son crochet ?  Il éluda les supplications de son matelot, ignorant sa détresse pour dissiper la distance qui le séparait de Viola. Le ton était moqueur et ses yeux brûlaient de provocation. Et tandis qu’elle lui expliquait la raison de sa venue, Jim déposa ses opales sur le corps de son ami qui baignait désormais dans son propre sang. Billy Bones. Misérable chien repêché sur le Walrus le jour de son départ de Silver Cove. Un mousse ambitieux qui avait fait ses preuves et répondait par la même cruauté que son supérieur. Sans doute l’homme le plus craint du navire après le capitaine lui-même. Si la rage était palpable dans la voix de l’ancienne Lady, Jim, lui, la sentait doucement envenimer chacun de ses membres. — T’as vraiment que ça à foutre d’empiéter sur ma vie et de t’mêler de c’qui ne te regarde pas. Qu’il cracha pour toute réponse sans lever le visage vers elle, littéralement fasciné par celui de son (in)fidèle compagnon. Et si le pauvre molosse tentait encore de cracher sang et insultes, il peinait à articuler quelques paroles pour défendre sa position. — Jim, p’tain ! J’ai t’jours été un bon gars avec toi, tu l’sais hein ? C’est cette salope qui cherche à fout’ sa merde, l’écoute pas. Elle aurait mieux fait d’crever quand t’l’as quitté, la laisse pas t’embrouiller bon dieu ! Tue-là une seconde fois ! Et r’garde-moi ! Des paroles prononcées difficilement et ô combien douloureuses. Mais à ces mots, le regard du capitaine Flint s’illumina. Un sourire carnassier et fou étira la courbe de ses lèvres lorsqu’il se mit à fredonner un rire glacial. Sa main rugueuse vint trouver la joue de Billy alors qu’il l’aidait doucement à se redresser d’une poigne ferme et décidée. — Alors c’est pour ça que t’es v’nue m’emmerder ce soir Viola ? Pour me raconter tes plans grandioses avec cet enfoiré de Teach et tes spéculations à la con à propos de mon frère ? Et tu crois que je vais gober toutes tes saloperies comme ça ? Tsss… Pis, tu sais, c’est que j’en ai plus rien à foutre de cet enculé. Il est probablement mort à l’heure qu’il est… Ou ne saurait tarder à l’être.  Ses derniers mots, il les prononça en articulant chaque syllabe, laissant planer une menace invisible au-dessus de leurs têtes. Accompagné de son acolyte qui peinait à tenir debout, Jim continuait de rire. Rire jusqu’à en crever. Parce que la situation lui faisait perdre la tête, au point qu’il enlaça bien amicalement son compagnon de fortune. — Ouais, faisons- lui la peau à cette cinglée capt’n ! Que s’exclamait le garçon, le regard vif et rivé vers la silhouette de son bourreau. Le calme avant la tempête. Lorsque Flint recula son visage pour prendre entre ses mains celui de son ami, son sourire s’était dissipé. — Ouais mais tu vois Billy, y a quand même un truc qui tourne pas rond… Il scruta longuement le moindre trait de son visage, la colère s’insinuant doucement dans chacun de ses membres. Ô il savait. Bien sûr qu’il savait. Dès les premières secondes de cette calamiteuse soirée, il avait su. Ses mains se mirent à trembler sous l’effet d’une animosité péniblement contenue. — Tu vois Viola, parmi mes hommes, y en a qu’un seul qui connait notre histoire, et qu’a eu vent de ta pseudo mort. L’impatience lui brûlait les doigts, les lèvres, le cœur. Flint allait exploser. Cette boule de nerf, contenue depuis plus de dix ans ne tarderait pas à se déchainer en une violente tempête. Car de tout son équipage, John Silver était le seul qui pouvait se vanter de connaître le lien si particulier qui unissait les deux capitaines… et amants. — Sauf que…c’est pas toi Billy. Ses dernières paroles amicales avant le début du carnage. Il abattit violemment sa main contre le crochet encore planté dans son épaule, et s’empressa de traîner son poisson jusqu’à l’envoyer s’écraser contre une table à quelques mètres de là. Effroyable dans les gestes comme dans le regard, Jim déposa un œil avisé sur sa plus terrible, élégante et effroyable partenaire. Charles Flint avait été démasqué. Après presque dix ans à poursuivre un fantôme, l’évidence venait enfin de faire surface sous les yeux de ce capitaine désabusé. Et si tout son être bouillonnait de honte et de violence, son souffle peinait à reprendre une cadence régulière. Si l’envie malsaine de faire souffrir cette ordure jusqu’à ce que mort s’en suive n’était pas aussi alléchante, sans doute l’histoire se serait-elle achevée avec une balle entre les deux yeux pour ce traître de boucanier. Malheureusement pour lui, chacun connaissait suffisamment la sinistre réputation de ces deux pirates pour savoir qu’ils appréciaient tout particulièrement jouir des morts les plus violentes. Alors ainsi soit-il. La carne se redressa, grognant des douloureuses côtes qui devaient s’être fracturées, mais souriait avec une fierté non dissimulée. — Bon dieu, t’en auras fallu du temps pour r’connaître ton vieux frère Jimbo ! Heureusement que ta p’tite dame continue à sauver tes fesses… Pis hé, tu crois quand même pas que chui le seul ici qui veut ta peau ? Surveille mieux tes hommes, capt’n, sont pas tous là à le lécher les bottes comme ton vieux pote Johnny Boy… Dans un rire terrifiant, Charles manqua de s’étouffer avec son propre sang alors que fondait sur lui l’ombre des vies qu’il avait arraché jadis. Tout ce qu’ils avaient à faire, c’était d’égorger ce porc en entaillant sa chaire chacun leur tour. Un jeu sinistre, alléchant, grandiose. Et qui aurait dû se produire, si seulement Jim n’avait pas entrevu le reflet d’une ombre derrière eux. La détonation d’une balle se fit entendre tandis que, dans un réflexe inespéré, il entraîna Viola contre lui pour glisser derrière le comptoir. Elle contre le sol, lui par-dessus. Quatre ou cinq balles vinrent caresser le bois des tables et le verre des pintes restées sur place. Une mutinerie improvisée mais qui ne manqua pas d’érafler la chemise jusqu’alors immaculée du capitaine. — Ok, ça, tu l’avais pas vu v’nir, hm ? Annonça-t-il, furieux et un brin de reproche dans la voix. Si dans d’autres circonstances cette position aurait été propice à quelques rapprochements, Jim se contenta de glisser sa main le long de sa hanche, sa cuisse… jusqu’à venir au passage la destituer de son pistolet. — J’espère que tu t’es améliorée dans le maniement des épées... Fais-moi rêver. Elle, lui, contre le reste du monde.
Revenir en haut Aller en bas
Hayden Beckwith
[ plots your death in spanish ]
pseudo, prénom : maclean, julia.
date d'inscription : 08/11/2018
messages : 2675
avatar © : eiza gonzalez
fairytale counterpart : captain hook ⋅ viola
activité rp : tc ⋅ jackson ⋅ jackson [intrigue] ⋅ flint ⋅ flint [fb] ⋅ flint [ra]
Voir le profil de l'utilisateur

may god have mercy upon my enemies 'cause I wont. Empty
MessageSujet: Re: may god have mercy upon my enemies 'cause I wont. may god have mercy upon my enemies 'cause I wont. EmptySam 4 Mai - 14:36

Elle empoigna le frère par la nuque, un pouce enfoncé dans sa chair à vif, triturant ce qu’il y trouvait comme un boucher penché sur d’la barbaque. Trente centimètres d’acier lui transperçaient l’épaule dans sa largeur. Un requin au bout d’un hameçon ; qui n’avait déjà plus la volonté de se débattre, pour ce que son sang faisait rougir le chêne qui craquait au moindre de leurs mouvements. Tout ce qu’il avait, Charles le donna en palabres futiles, en insultes creuses qui ne l’atteignaient plus, et ses tentatives de se disculper demeurèrent aussi grotesques que vaines.  Ne savait-il pas ? Que même si Flint croyait un seul instant à son baratin, elle, en revanche, détenait la vérité et n’en démordrait pas ? Ne savait-il pas, dans ses tréfonds, qu’il n’y avait rien que Flint puisse faire pour lui, même s’il le voulait ? Viola irait jusqu’au bout, quoi qu’il en coûte. Que Jim lui prouve une énième fois qu’il n’était qu’un pion dans le jeu de son ainé, un sombre con, un impulsif et un de la pire espèce. Qu’il commette une erreur, une de plus, et décide qu’elle était l’aliénée, la menteuse, la manipulatrice ; toujours à ses propres dépens. Elle finirait le sale boulot, qu’un Flint en cache un autre, ou que le sien lui dégage le passage et lui tende une épée ou un flingue. Elle finirait le sale boulot, celui qu’il avait été incapable d’achever lui-même, et le ferait ce soir qu’importe le prix à payer. — Prouver, s’il y a besoin, que j’ai raison et que tu n’es rien sans moi, comme toujours. Voilà ce qu’elle venait foutre, en d’autres choses. Pas que le moindre doute subsistait à ce sujet, mais Viola aimait le chant des pendules qui, entrainée par une auguste vérité, se remettent à zéro. Sitôt sa déclaration achevée, elle exulta d’un rire macabre, ce sans relâcher sa prise autour de son trophée le plus glorieux. Celui qui trouverait une place de prestige sur la proue du Roger, et que Viola ne manquerait pas d’exhiber par delà les horizons. Dans les fosses, les interstices et les combles, on attendait le fait du Capitaine du Jolly Roger, alors que l’autre, celui du Walrus, donnait à son équipage ordre de décaniller sec.  À tendre l’oreille, Viola fût certaine d’entendre les souffles haletants de son équipage, et leurs coeurs pomper aussi violemment que le sien. On parlait de Teach, de saloperies, d’enculé, donc tout coïncidait, s’imbriquait, et lui arracha un rictus mauvais.  Elle confirma d’un ton railleur : — Plus ou moins, oui, ce sans éprouver la moindre once de honte d’avoir été un jour la prétendue alliée de Barbe-noire, cela aux dépens de son aimé. Sa fourberie était d’autant plus notoire qu’on ne pouvait plus s’attendre à ce que ses sentiments pour lui aurait changé grand chose à ses pseudo-allégeances, ou à ses manigances. De fait, elle trouva son aigreur hors de propos, mais divertissante ; cela pendant qu’il persévérait dans ses phrases trop longues et ce ton menaçant qui intimidait peut-être Billie, mais pas elle. C’est presque si leur accolade ne provoqua pas une gerbe acide dans sa gorge, et un regard sur sa droite incita Anne Bonny à tirer une balle qu’on dira perdue entre les frères. Elle arracha Billy à son capitaine d’un à-coup sec et maitrisé sur son crochet, et d’un cliquetis caractéristique d’un flingue, menaça Jim de lui trouer ce qui lui restait de viande sur la charpente s’il persistait dans ses affections, furent-elles hautement hypocrites, envers ce merdeux qui n’était pas Billy.  Et elle ne baissa sa garde à aucun moment, n’offrit aucun répit à l’épaule de l’un, et à son flingue qui menaçait l’autre, quand bien même tout en elle menaçait d’imploser. Quelle folie ! Quelle enivrante folie ! Elle avait attendu ça pendant tant de temps qu’elle ne se souvenait plus de ce qu’elle ressentait avant, ni même de s’être plus passionnée pour une autre cause que celle-ci ; en omettant Jim dont toute l’existence, la moindre parcelle de son être fut-il mousse, capitaine de la marine royale, ou un pirate, enfiévrait même ses pensées les plus insignifiantes. Le dénouement lui était si proche, foutrement palpable. Charles puait le sang coagulé, la gnôle gâtée, et vibrait d’un mélange de terreur et d’amusement sous la pulpe de ses doigts. Son canon suivait ces retrouvailles amères et affligeantes, et dans ce qui tourna au capharnaüm mortel rythmé par les détonations, les crissements entre épées ennemies, et les menaces de camarades à  mutins, Viola hurla d’avoir été, une fois dans toute une vie, la priorité du Capitaine Flint qui la dominait après une chute brutale derrière le comptoir. — Feu à volonté !   À l’ordre, une pluie de plomb s’abattit sur le Crimson Cutlass, et déjà, les cadavres d’insurgés du Walrus tombèrent en nombre.  Viola ne perdait pas le nord, jamais. Leur position toute particulière, un rien si pas trop lascive, ne parviendrait pas à la détourner de Charles Flint qui se trainait lamentablement sur le plancher, à la recherche d’une main tendu qu’elle aurait vite fait d’écraser, à moins que Jim ne trouve confortable sa mainmise sur sa cuisse et lui arrache l’occasion de paralyser son ainé par le flanc droit.  — Que tu sois si mauvais Capitaine qu’une partie de ton équipage se ligue contre toi ?  Faut avouer que ça ne faisait pas parti de mes plans, non, mais que veux-tu ! Je laisse toujours un peu de place pour l’improvisation. Elle tenta de le repousser avec véhémence, mais Jim était déjà debout, son propre pistolet dans la main qu’elle reprit immédiatement. — Et j’espère que t’auras enfin les couilles de faire quelque chose de ta vie. En descendant une bonne fois pour toute ton sac à merde de frère, par exemple. Tu vois, encore un paramètre hasardeux dont je me passerais bien. S’il fallait compter uniquement sur sa ruse, grand dieu, cette histoire se serait achevée dix ans plus tôt et probablement qu’ils seraient depuis mariés et parents. Une autre vie qui, à côté de celle-ci, semblait tout à coup terne et bien moins stimulantes. Une qui aurait trouvé grâce aux yeux de la toute jeune Lady Viola de Ravenshore, mais jamais auprès du Capitaine Crochet. Flingues dégainés, ils firent alors face à une milice de huit en soutien au Billy Bones de fortune. Viola laissa échapper un ricanement caustique, un regard de connivence à Flint, et n’eut besoin de rien de plus que cette fabuleuse assemblée de chiens galeux pour dévorer la miette de patience qu’elle avait encore en boutique. Coups d’épées, coups de feu. Les Capitaines distribuèrent autant qu’ils encaissèrent, avec plus de panache que ces forbans qui avaient bu tout leurs saouls toute la soirée durant, et devaient redoubler d’effort pour tenter au moins de viser juste. Souillée par le raisiné des mains au col, plus de balles dans son pistolet, un crochet en moins et une épée élimée par trop d’acharnement. Voilà ce qui restait de son armada personnel une fois le bagarre du Crimson Cutlass violemment menée depuis de bien trop longues minutes. Les mutins s’engouffraient à la suite de leurs frères tombés, sans offrir de répit aux capitaines qui dansaient avec ce barouf avec aisance, dans un unisson remarquable. On échangeait épée, couteaux, poignards, et ustensiles de cuisines comme armes de fortune, avec une agilité presque surnaturelle.  Arrachée à son échauffourée par Billy qui se cassait incognito par la porte de derrière, Viola fit valser une nouvelle et ultime fois sa lame dans un gosier avant d’emboiter le pas au fuyard. — Jim !   héla-t-elle sans un regard en arrière. Dans les rues de Bootleg Bay, un froid mordant vint grignoter articulations et extrémités. Skyler, sur les toits, affrontait ses propres adversaires, mais parvint à échapper une direction à sa capitaine. Le bougre courrait devant elle. Elle trouva absolument formidable de tenir encore sur ses jambes avec tant de plaies béantes et si peu de sang dans les veines. Fallait tout de même féliciter cette ténacité, qui devenait grotesque, mais il avait au moins ça de commun avec Jim. Une longue épée dans la main arrachée au fourreau du Capitaine Flint, Viola rattrapa Charles au crochet entre Castaway Cay et le Morgan’s Court, Jim sur les talons. Charles, lui aussi stoppé dans sa course, glissa lamentablement aux pieds du Second du Jolly Roger qu'on n’avait pas vu depuis des mois, et qui avait un pistolet à crosse d’ivoire braquée au visage de leur démon.  — Ah ! Maitre Tiberius, c’est fort aimable à vous d’ENFIN vous joindre au cortège !   Elle trucida Jim du regard, pour ce qu’il l'avait privée de son allié le plus précieux durant trop longtemps, pour certainement en tirer plus de frustration que d’informations. Ce débat là en était un pour un autre jour, à compté qu’ils survivent tous à cette nuit, et parce qu’il y avait hautement plus urgent, Viola se pencha sur la carcasse de Charles qui toussait sur les pavés.  Elle hurla à Nyus de se ramener, et son soldat le plus fidèle s’extirpa de la pénombre, déjà en train de réciter un début d’incantation et une main tendue vers le visage de Charles. — Fais-ton truc, mon trésor. Une familiarité rare, mais Nyus tenait une place de choix, si pas le trône au sommet de son estime ; et si cela pouvait gonfler Flint au passage, alors cela faisait d’autant plus de raison de ne pas s’en priver.  Des craquements impossibles, sordides, et un tour de passe-passe plus tard, Charles Flint était de nouveau Charles Flint. — Cette gueule.  Si elle n’était pas si familière du diable en personne, elle aurait juré qu’il avait cette tête. Pour elle, davantage pour Jim. Leur diable avait cette tête, et elle dut serrer les dents de toute la force qui lui restait pour pas envoyer sa lame paitre dans ses intestins. — Faut croire que t’as hérité des bons gênes de la famille, Jimbo, darda-t-elle, railleuse. Effectivement. — Tibby, va préparer les geôles du Roger. Nyus, tu vas avec lui. Pose le même enchantement que pour la crypte, sait-on jamais que ce cadavre-ci sache aussi marcher. Elle s'était juré de ne jamais faire mention de la crypte, mais l'heure n'était plus à la réserve. — Vee, tu crois pas qu— — C’est. Un. Ordre. — Bien, Capitaine. Et il ne resta que le trio infernal. Le couple infernal, et leur fardeau, plutôt.
Revenir en haut Aller en bas
Jackson Caverly
way down the river we go
pseudo, prénom : sasha
date d'inscription : 20/01/2019
messages : 1033
avatar © : joel kinnaman
fairytale counterpart : captain flint of the walrus.
activité rp : lina, hayden, vee (intrigue) ● young vee, hook, viola (ra)
Voir le profil de l'utilisateur

may god have mercy upon my enemies 'cause I wont. Empty
MessageSujet: Re: may god have mercy upon my enemies 'cause I wont. may god have mercy upon my enemies 'cause I wont. EmptyMar 4 Juin - 16:09

La liesse qui embrassait les lieux fût rapidement remplacée par le vacarme des épées s’entrechoquant entre deux coups de feu. Le parquet poisseux de la taverne fût bientôt couvert par le sang des mutins. On pouvait entendre les insultes fuser et les tables se briser sous le poids des dépouilles qui s’effondraient à même le sol. Charles, ou ce qu’il en restait, traînait son cadavre à la recherche d’une arme pour poursuivre son oeuvre. L’estropié continuait pourtant de rire aux éclats, sous le nez de ce duo infernal et dangereux. Le pistolet d’une certaine capitaine entre ses doigts, Jim s’apprêtait à décocher une balle entre les deux yeux de son frère… Geste malheureusement interrompu par une Viola bien trop virulente et qui arracha un grognement de fureur à son acolyte. Les sarcasmes prononcés, il les éluda en embrochant les hommes qui accouraient en leur direction. Encore une fois, leurs deux silhouettes se battaient avec élégance et une étrange mais parfaite cohésion. A chaque coup porté, son regard déviait pour venir se poser sur elle. Un rictus courba ses lèvres dans le feu de l’action, fier de pouvoir admirer celle qui avait été autrefois son disciple. A la manière d’une chorégraphie qu’ils maîtrisaient à la perfection, les deux capitaines dansaient, répandant le sang et les cris d’agonie de leurs victimes qui s’entassaient. Bien vite, le Crimson Cutlass devint un terrain de guerre offrant de multiples opportunités pour varier les plaisirs du combat. Plus de balles en réserve, ce sont les pieds des tables brisés qui inspira Jim pour en faire de superbe pieux improvisés. L’un d’eux trouva sa course dans l’oeil bien trop curieux d’un forban qui reluquait la capitaine du Jolly Roger en plein combat. Propriété de James Flint. Ils poursuivaient dans la bataille, brillant d’aisance comme à chaque fois et échangeant tout ce qui était à portée de main pour écraser l’ennemi. — Toujours aussi agréables nos retrouvailles, c’est merveilleux. Qu’il grogna d’une voix monotone, presque ennuyée. Charles, ce fuyard, avait profité de cette sanglante anarchie pour s’échapper par la porte de derrière. Viola ne se fit pas prier pour lui emboiter le pas, hélant au passage le petit frère qui s’évertuait à descendre les mutins qui la suivaient. Leur course ne dura que quelques minutes. A l’écart du Crimson Cutlass, le prétendu Billy Bones se retrouva nez-à-nez avec le canon d’un pistolet sous la figure. Tibérius, qui aurait pourtant dû se trouver dans l’une des cellules du Walrus, jouissait d’une étonnante liberté. Arrivé à sa hauteur, Flint leva bien malgré lui les yeux au ciel en soufflant d’agacement. On le trucida du regard, il se contenta d’hausser les épaules en gage d’innocence, mais néanmoins furieux d’une telle surprise. — Au plaisir Tibby. Finalement, c’est la joie de voir cette carcasse agonisante à leurs pieds qui prit finalement le dessus. On se joignit à leur petit cortège, l’une de ses fidèles s’amusant à prononcer quelques mots incompréhensibles mais foutrement efficaces. Se dessina ainsi sous leurs yeux la gueule défigurée de l’aîné des deux frères. Un retour inespéré qui fit bouillir de l’intérieur le capitaine du Walrus. Poing serré et mâchoire crispée, il ne pensait pas la revoir un jour, cette face parfaitement immonde et honte de la famille. Charles avait les traits que le temps et la précédente bataille n’avaient pas épargnés. Mais rien ne semblait pouvoir achever ce sourire tenace qui relevait constamment ces lèvres fendues. Viola à ses côtés, il pouvait la sentir se faire violence pour ne pas mettre immédiatement fin à leur calvaire personnifié. Côte à côte, devant celui qui leur avait absolument tout arraché ce jour-là. La remarque prononcée le fit sourire intérieurement, mais son visage resta de marbre lorsqu’il se pencha vers cette gueule abominable. Bien sûr qu’il avait toujours été le plus beau des deux.  — Comme si t’en avais douté un jour. Railleur, au même titre qu’elle. Le poignard qu’il tenait se glissa sous le menton du condamné en une caresse bien trop savoureuse pour paraître anodine. Une cicatrice de plus aux côtés de sa jugulaire qui menaçait de sauter, et il se recula pour l’admirer de toute sa hauteur. Pendant que l’équipage du Jolly Roger les abandonnait, les deux capitaines se frottaient silencieusement les mains de ce qui allait fatalement arriver. — T’vas quand même pas laisser cette salope tuer ton vieux frère Jimbo, hu ? Il frémissait, de peur ou de folie, nul n’aurait pu le dire. Mais son regard de serpent retrouva bien vite le chemin jusqu’à Viola. Une attention bien particulière et qui fit réagir au quart de tour Jim à leurs côtés. Les yeux clos, il devait faire preuve de toute sa force de caractère pour ne pas fondre sur sa dépouille et lui faire embrasser sa lame au creux de ses entrailles. — Il parait que t’as passé de sales moments pendant l’absence de ton fiancé. J’croyais pas que t’y survivrais… Mais eh, surprise ! Les paroles étaient pures provocations. Avant qu’elle n’ait eu le temps de réagir, Jim attrapa le poignet de la capitaine, la forçant à ne pas bouger. Et si son instinct lui dictait de se méfier de ce monstre, son attention, elle, s’était machinalement rapportée sur Viola. Tiberius était resté muet face aux questions de son assaillant, ne lui dévoilant qu’une mystérieuse énigme qu’il n’avait pas encore pris le temps de résoudre. Il ignorait tout de ce qu’il lui était arrivé durant son absence. Mais encore une fois, Charles venait s’immiscer entre ce qui se trouvait être le plus beau et le plus terrible couple d’Erathia. Il savait et connaissait leurs failles, et plus encore celle de son frère. Assassin de ce qu’il avait autrefois eu de plus cher, leur mère, il se jouait aujourd’hui à vouloir lui enlever la seule âme pour laquelle Jim respirait encore. Et il ne manqua pas de le verbaliser. — Tu t’souviens de la promesse que j’t’ai faite y a dix ans Jimbo ? Sa voix s’éleva comme une douce menace. Celle de lui arracher la seule vie qui comptait à ce jour pour lui. Un frisson parcouru l’échine de Jim tandis qu’il reposait un oeil avisé sur leur victime redevenue bourreau. Le couteau que Charles sorti de sa manche ensanglantée pris la direction de sa proie. Malheureusement pour lui, pas celle escomptée puisque c’est le flanc de son jeune frère qu’elle poignarda au lieu de la capitaine. En rempart entre elle et lui, Flint étouffa un grognement avant de poser les yeux sur la dague restée plantée. Tombé à genou sous le coup, il fusilla son agresseur du regard avant de constater, une fois encore, qu’il prenait la fuite. — Capitaine ! Silver s’était précipité vers son capitaine, déserteur du reste de l’équipage qui avait regagné le Walrus. — Il n’ira pas bien loin… Va me récupérer ce fumier John… Exécution ! La fierté était telle qu’il ne pouvait se résoudre à rester à terre, même blessé. Mais son sang bouillonnait au creux de ses veines, et les vertiges l’empêchèrent rapidement de poursuivre son fuyard. Silver ne contesta à aucun moment l’ordre donné bien qu’il ne l’accepta qu’à contre coeur, et emboita le pas à leur ancien Billy Bones, épée à la main. — L’ordre s’adressait à toi également, capitaine.  Juste au cas où t’ai pas compris. Sa réplique était glaciale, là où son front commençait à perler de sueur froide et ses mains à trembler. Il arracha la dague d’un geste bien trop pressé sans pour autant gémir, et un rire sans joie accompagna sa découverte. Empoisonnée, qu’elle était cette lame. Jim l’envoya voler plusieurs mètres devant lui, peinant de plus en plus à respirer tandis que ses muscles se raidissaient lentement. — Dégage Viola. Qu’il aboya dans un souffle sans lui adresser un regard. Il était pitoyable de se dire qu’une simple égratignure pourrait venir à bout du légendaire et craint capitaine Flint. Et pourtant. John Silver était revenu les mains vides, prétextant que Charles avait sauté d’une falaise à quelques centaines de mètres de là pour se terrer dans des eaux grouillants de pirates. Le Walrus avait été averti, et s’était mis en quête de rechercher une carcasse flottant à la surface. En vain. Cette embuscade improvisée les avait finalement conduit à  ce qui aurait dû marquer le point final de cette désastreuse aventure qui avait été la leur durant plus de dix ans. Mais une fois encore, le malin s’était échappé, emportant avec lui le peu de patience que possédait encore Flint. Il s’était relevé dans un cris de rage, repoussant violemment John d’une main et fusillant Viola du regard. Il ruminait, explosant de colère, de honte et d’une humiliation semblable à celle qu’il avait déjà connue. Blessé, physiquement et mentalement, là où son coeur suppliait que l’on répande le sang de ce chien galeux. Son esprit était corrompu par la haine, quand son corps menaçait de se briser. Une nouvelle fois, il senti ses jambes céder sous son poids et son palpitant ralentir dangereusement sa cadence enflammée. Le poison qui se répandait en lui n’aurait pas dû être sous-estimé. Une nouvelle erreur de sa part. Mais affamé de vengeance, il se refusait à mourir sans avoir emporté dans sa chute le bourreau de toute une vie. Finalement, ses yeux accrochèrent une dernière fois le visage de Viola, hors de lui, hors de toute raison. — Achève-le pour nous. Qu’il lança dans un dernier effort avant de sombrer dans les abysses d’un cauchemar imposé.
Revenir en haut Aller en bas
Hayden Beckwith
[ plots your death in spanish ]
pseudo, prénom : maclean, julia.
date d'inscription : 08/11/2018
messages : 2675
avatar © : eiza gonzalez
fairytale counterpart : captain hook ⋅ viola
activité rp : tc ⋅ jackson ⋅ jackson [intrigue] ⋅ flint ⋅ flint [fb] ⋅ flint [ra]
Voir le profil de l'utilisateur

may god have mercy upon my enemies 'cause I wont. Empty
MessageSujet: Re: may god have mercy upon my enemies 'cause I wont. may god have mercy upon my enemies 'cause I wont. EmptyDim 7 Juil - 10:53

Les épées et les canons s’étaient levées avec une spontanéité inouïe, au nombre de ce qu’ils avaient de mains pour brandir. Viola tenait Charles à bout portant et dans son ombre, Tibby s’était empressé de coupler la détermination de ses pistolets par une dague et une épée féroce, cela grâce à la seule mention d’un passé qui exposa tout ce que la paire de toujours avait de blessures. Impossible d’ignorer l’engouement brutal, la douleur écrasante et l’ombre qui s’étaient glissé en eux, ainsi que l’avidité terrible avec laquelle ils contemplaient ce moins que rien à qui on ne ferait plus l’honneur de la potence à bord du Roger. Comme un chien enragé, Tibby grognait par-dessus son épaule, rutilant, là où Viola, dans ses grandes allures et cette dignité qu’elle avait de précieuse, tentait de déterminer comment cette charogne avait appris ce que peu savaient. « Prononce un mot de plus et je te saigne. » En faisant fi de Jim qui tentait vainement de s’interposer, et surtout de ce qu’il était celui qui désirait/méritait plus que tout sa revanche, en s’imaginant un instant la lui voler et loger une balle de plomb dans cette tête brûlée, Viola échappa un rugissement fait de colère brulante et d’irritation.  Elle ordonna à Tibby d’une main sur sa paume de retourner, comme elle l’avait ordonné plus tôt, sur le Roger plutôt que de s’offrir un peu plus à ce passé qu’ils avaient mis trop de temps à mettre derrière eux.  Leur échange silencieux, d’un oeil avide à un autre, dura le temps d’une conversation entre les frères qui échappa tant à Viola qu’à Tibby qui, plus frustré que sa capitaine si c’était même possible, tourna les talons animé, comme toujours, par la volonté de respecter les ordres de son Capitaine. Ses yeux sur les traces que laissait Tibby sur les pavés, Viola ne vit rien de la lame, ni de ce qu’elle considérerait plus tard comme une tentative de Jim de paraitre plus que ce qu’il n’est ; On lui pardonnera de voir le mal partout, ou on ne le lui pardonnera pas, ça ne changera rien. Pourtant s’installa en elle une terreur sourde, vicieuse. Rien de comparable à ce qu’elle avait pu ressentir par le passé, pourtant dieu seul sait combien elle avait éprouvé bien des émotions innommables, et certainement toutes les teintes de ce fléau qu’on surnomme ‘ peur ‘. Elle retint son souffle, et laissa entrevoir une inquiétude fugace violemment balayée par la colère que provoquait Flint et son inénarrable arrogance. Celle qu’elle décida de punir d’une gifle en pleine figure, quand bien même fut-il à terre et agonisant. Elle aurait eu le temps de s’inquiéter s’il n’avait pas été si intolérable, profondément haïssable dans ses mots, mais Flint avait toujours eu cette fierté de trop dont il ne savait que faire, si ce n’est la recracher sur les pompes de ses détracteurs ou rédempteurs. « Imbécile !  » hurla-t-elle. Il y avait des moments où elle l’avait détesté. Dans sa chaire, ses os, sa moelle, son âme, et cette fois de trop menaçait d’entamer le coeur, qui jusque là s’était obstiné à garder ses sentiments intactes ; autant que faire ce peut. « Me parle pas comme ça !  » La dérouillée, le retour. Une joue avait fait connaissance avec sa paume, l’autre avec son revers, pour ce que le Capitaine Crochet exécrait toute forme d’insubordination ; d’autant plus de la part de Flint, pour qui elle ne serait jamais ni un simple matelot, une esclave, sous-capitaine, sa chienne, sa pute.  Les nerfs à vif, à fleur de peau puisqu’elle était de ces infâmes perdants, de ceux qui n’acceptent qu’une seule alternative : la victoire, Viola répondit à son dégage en dégainant de nouveau une épée déjà sanglante et en la pointant à la gorge du Flint qui aurait dû survivre, mais qui, dans la terrible démence entrainée par la fuite de leur plus grand fardeau, ferait l’affaire s’il persévérait à la provoquer. « Ferme ta grande gueule ou crève, » hurla-t-elle, révélant une façade nouvelle, forgée de ses déboires, ses histoires sordides, et toute la haine que ce que sa vie sans cette vermine qui n’avait aucun respect pour elle, avait été.  Elle lui offrait la chance de sa vie, celle d’obtenir tout ce qu’il avait toujours désiré : sa revanche ; quand bien même se fourvoyait-elle peut-être complètement sur ses désirs les plus profonds. Et voilà qu’ils se querellaient de nouveau sur l’art, la manière et le fautif, pendant que Charles mettait des mètres et des mètres entre eux. « Je t’ai tout donné et tu trouves encore moyen de tout faire foirer.  » Sa main pourtant ferme tremblait sur son épée, et ses bottes trempaient déjà dans le sang, versé en abondance. Le reste des équipages s’étaient précipité, pourtant aucun n’osait un pas vers le couple, à part peut-être Tibby qui osa un Viola trop courageux qu’elle lui reprocherait plus tard, un rien anxieux qu’il était face à l’idée qu’elle pourrait encore franchir une étape de plus dans la perdition totale et ne puisse plus en revenir. Et il y eut le pour toujours courageux John Silver, revenu les mains vides et la mine inquiète. Il vous a sauvé la vie, précisa-t-il, trop téméraire pour son propre bien. Ce à quoi Viola répondit avec véhémence :   « Fous-le camp »  John ne demanda rien de plus, fixa ses yeux sur les pavés en se sachant en mauvaise posture, pourtant il resta les pieds visés au sol pour asseoir sa loyauté à son Capitaine qui sombrait ; ce à quoi Viola ne pouvait être insensible, et ce qui l’incita à non seulement ranger son épée, calmer ses ardeurs mal placées, et à siffler Monsieur Mouche, Capitaine honoraire du Roger à cette heure et maitre des cieux. Un sifflement qui fit descendre le Jolly Roger de son palace de cumulus, de la mer d’étoile à son miroir d’eau, offrant un dernier panorama magique au Capitaine Flint qui, la nuque dans la main de son ex fiancée, et le flanc mutilé dans l’autre pour faire cesser les saignements, eut tout le loisir et plaisir d’admirer la phénoménale descente du Roger avant de sombrer.

Elle l’avait laissé aux bons soins de Nyus et de l’équipage, et s’était entêtée à suivre toutes les traces à terre, donner toutes les récompenses pour toutes les sortes d’informations, ou trucider qui avait une allégeance pour Billy Bones ou son pendant de Flint. Pour apaiser colère, frustration et amertume, le Capitaine s’était rendue dans toutes les tavernes, tous les bordels, les auberges et les planques à ruffians pour y débusquer ne serait-ce qu’une preuve que Charles Flint était passé, ici ou ailleurs. Hélas rien, si ce n’est des rumeurs. Des mensonges sur fond de vérités, des vérités sur fond de mensonges, et rien de plus concret que le message qu’elle refusait catégoriquement d’admettre : le bougre avait disparu. Planqué dans la pagaille qu’il avait causé, Flint l’ainé avait trouvé une porte de sortie. Alors elle s’était mise à frapper à s’en rompre les articulations des mains, à ouvrir les larges cicatrices sur ses poignets, avant de finalement retrouver un semblant de sérénité dans le meurtre de nombre de mutins du Walrus, pour la plupart navrés du rôle qu’ils avaient joué à bord du navire du Capitaine Flint. Elle avait ordonné à Nyus de la sortir de sa mission uniquement au moment où Jim se réveillerait, et le message lui parvint par émissaire du Walrus à l’aube. L’on fit monter la Capitaine du Jolly Roger dans un silence de funérailles, mines basses et embarras sur les épaules. Les mains couvertes de sang, la plupart du temps le sien, Viola enfila une paire de gant de velours rouges, et ne s’occupa pas des tâches carminées sèches dans sa nuque et sur ses joues, pour ce qu’elles étaient le témoin de ses plus grandes préoccupations. « Comment va-t-il ? » demanda-t-elle. Nyus échappa un soupir, et un haussement d’épaules nonchalant. Vivant.  Certes, et c’était plus que ce qu’on lui aurait donné compte tenu de ton état à son arrivée à bord. Viola s’apprêta à pousser la porte de sa cabine, mais Nyus jugea nécessaire de lui offrir une autre précision : Mais il est des blessures qu’aucune magie ne puisse panser. De quoi je me mêle, petite insolente. Pourtant Viola ne fit rien de l’agacement qui vint l’étreindre, pour ce qu’elle se savait être d’humeur à massacrer, et que Nyus n’avait rien fait à part sauver l’amour de sa vie des griffes de la mort, qui lui-même, lui avait épargné un aller simple pour le royaume d’ Hades.   « Tu m’étonnes.  » Elle haussa les épaules et gagna une moue de satisfaction de la part de Nyus qui enfin, se retira, non sans ouvrir la porte de ses propres quartiers à la maitresse des lieux. L’odeur avait changée. La sienne, une mixtion de sel, fruits rouges, bougies à la citronnelle, menthe et de cuir, à celle du sang, et d’un homme qui dormait paisiblement dans ses draps. La vision lui arracha un soupir, et la propulsa des années en arrière. Les bras ballants, le coeur agité et l’esprit fixé sur cette seule image, Viola dut se mordre les lèvres pour ne pas sourire bêtement. « Mauvais comédien, » gronda-t-elle. Elle avait assez dormi dans ses bras dans toute sa vie pour reconnaitre un Flint qui dort d’un Flint qui fait semblant. Elle alla se poser sur un large siège en cuir derrière son bureau d’acajou, où elle déposa ses lourdes bottes,  et prit une pomme dans le présentoir. « Sa majesté est-elle confortablement installée ?  » darda-t-elle, railleuse, et bien occupée à croquer dans le fruit pour ne serait-ce qu’envisager d’entamer une nouvelle esclandre à propos de Charles, ou quoi que ce soit d’autre. « Si tu en veux une, va falloir que tu te lèves. »
Revenir en haut Aller en bas
Jackson Caverly
way down the river we go
pseudo, prénom : sasha
date d'inscription : 20/01/2019
messages : 1033
avatar © : joel kinnaman
fairytale counterpart : captain flint of the walrus.
activité rp : lina, hayden, vee (intrigue) ● young vee, hook, viola (ra)
Voir le profil de l'utilisateur

may god have mercy upon my enemies 'cause I wont. Empty
MessageSujet: Re: may god have mercy upon my enemies 'cause I wont. may god have mercy upon my enemies 'cause I wont. EmptyVen 9 Aoû - 1:02

Les nuages s’effacèrent sous l’ombre imposante du Jolly Roger qui entamait sa descente des cieux, traînant avec lui des vagues étoilées. Le tableau était mémorable. Son corps mutilé reposait désormais contre le Capitaine du navire, et son regard se perdait dans un panorama qu’il n’oublierait jamais. Tout le reste n’avait plus d’importance. Les hommes autour d’eux avaient disparu. Le vacarme et les cris des équipages s’étaient envolés. Il n’y avait qu’elle, lui, et ce paradis éphémère. Le souffle entrecoupé mais l’âme bercée, Jim referma des yeux brillants d’étincelles. Ce regard-là, aussi rêveur et admiratif que celui qu’il avait posé sur elle une dizaine d’années auparavant.

Certains diront que le Capitaine Flint avait été sauvé, épargné des griffes d’un enfer évident. On l’a soigné, on a pensé ses plaies, apaisé ses maux, guérit son mal. On lui a fait boire des dizaines de remèdes, écoeurants, infâmes, immondes. On a murmuré des incantations semblables à de curieuses poésies, fait brûler de la sauge, et bien d’autres sorcelleries. Lorsque ses opales sombres se rouvrir, c’est sur le visage de Nyus qu’elles se posèrent. John était là, comme toujours, quelque part à rôder sur le pont du Roger, à attendre fidèlement les ordres de son Capitaine. Il n’y eut aucun mot, aucune parole agréable ni même remerciement. Jim se serait volontiers évanouit dans la nature, chemise sur les épaules, prêt à fuir ce qu’il considérait comme le plus grand déshonneur de toute une vie. La mort aurait été bien plus douce à accueillir que de se savoir épargné par le Capitaine Crochet. Cette cicatrice béante le long de son flanc, seul témoin visible de la pagaille qui avait eut lieu. Les conséquences pourtant n’étaient pas en reste.  L’humeur fragile, les nerfs à vif, Jim subissait l’horrible punition qu’on lui imposait. Il s’était enfuit, une nouvelle fois, et avait absolument tout emporté avec lui. Sous le commandement de son cadet, à force de ruse et d’un jeu de rôle tenu à la perfection, Charles Flint s’était montré plus malin, plus habile. Meilleur, encore. Et c’était bien plus que ce que Jim pouvait supporté. L’on pouvait entendre le Capitaine hurler à travers des quartiers qui n’étaient pas les siens. Tout ce qui se trouvait à portée de main s’écrasa quelque part au sol ou contre un mur. La fièvre avait eu raison de sa patience, aussi infime puisse-t-elle être. Et les jours passaient, se ressemblaient, moroses et sans la moindre saveur. Jusqu’à ce qu’elle finisse par lui revenir. La seule capable d’enflammer sa rage pour la faire se consumer en un sentiment bien plus fort, bien plus intense. Il dormait, ou l’aurait volontiers fait si le sommeil lui était autorisé. Mais l’aura qui pénétra dans la pièce éveilla instinctivement chacun de ses sens. Le coeur se remit en marche, frappant cette mélodie familière : la leur. Pourtant, mauvais comédien jusqu’au bout, il gronda à son tour, feignant de ne pas apprécier être dérangé en plein sommeil. Comme si. Rassemblant conviction et efforts, Flint fini par se relever, dardant d’un oeil aiguisé celle à qui il devait tout. Pour toute réponse, il grognait, incapable d’offrir sa gratitude et rongé par une fierté dévorante. — Il s’est échappé,  nota-t-il, mauvais. Sa voix, grave mais teintée d’accusation, voulait rejeté sa propre faute sur elle. Un combat perdu d’avance, mais quelle importance. Jim était ivre de colère. Si la douleur irradiait encore chacun de ses muscles, il réussit cependant à se hisser non sans mal jusqu’au siège où la Capitaine trônait. Une main se posa contre l’un des accoudoirs, l’autre s’empara de la pomme qu’elle tenait. Visages soudainement bien trop proches, son souffle entrecoupé se perdit un court instant le long de sa nuque. — Pourvu qu’elles ne soient pas empoisonnées, qu’il lui glissa à l’oreille, railleur sans pour autant sourire. Ses yeux ne quittèrent à aucun moment les siens tandis qu’il goutait au fruit volé. Une bouchée, une seule, avant qu’il n’envoie s’écraser la pomme dans un coin de la pièce. La douceur furtive de leurs retrouvailles laissa bien vite place à la rancune et au gout amer de leur défaite commune. D’un geste dur et brute, il dégagea ses jambes du bureau, sa main nichée sous le menton qu’il relevait. Le contact était glacial mais le regard brûlant. Viola et Jim, et cette éternelle boucle d’amour qui se faisait et défaisait sans cesse. Il tremblait. Pas seulement des mains, mais de tout son corps. — Je t’ai rien demandé.  Qu’il s’entendit prononcer avec virulence. Le coeur agité sous ce torse à découvert, il baissait le visage pour le relever deux secondes plus tard. Tenir debout lui demandait un effort considérable, mais ce n’était rien comparé à celui de devoir affronté son regard. Ce regard, à la fois captivant et impérial. Celui même qui parvenait à intimider ce terrible et tant redouté Capitaine Flint. Ses iris finirent cependant par se poser sur le poignet qu’il en était venu à serrer du peu de forces qu’on lui accordait. Un poignet couvert par un gant de la même couleur que le sang qui venait à perler à travers le tissu. Ce n’est qu’à ce moment-là qu’il prit enfin la peine de la regarder, la regarder vraiment. Le visage couvert de sang, les vêtements à l’image des meurtres commis. Elle était là, la vérité. Ensembles, ils nourrissaient exactement la même amertume à l’égard de cet homme. Celui qui aura gâché leur vie. Et, étrangement, cette vision qui aurait révulsé un millier d’hommes, suffisait à faire chavirer encore un peu plus ce coeur en perdition. La main d’acier posée sur sa gorge se radoucit, devenant une caresse le long des tâches pourpres qui marquaient son visage. Il la dévisageait comme on admire une oeuvre d’art. Elle était devenu un monstre pour l’humanité, mais une femme terriblement forte à ses yeux. Bien loin du beau et solennel couple qu’ils avaient formé auparavant, Viola et Jim avaient sombré ensembles pour se retrouvés tous les deux en enfer. Amoureux jusqu’aux tripes, quel que soit le monde dans lequel ils seraient. Il se mordait les lèvres, bien trop fier pour céder à la tentation qui lui dévorait les entrailles. — Viola, qu’as-tu fais.  Il avait posé question en connaissant pertinemment la réponse. Et d’ailleurs, elle lui importait peu. A cet instant, il aurait dû sourire. Un sourire narquois, vil, mais complice. Il n’en fit rien cependant. Ses préoccupations figées sur la main dont il venait d’ôter le gant. Ces cicatrices là étaient différentes. Elles n’étaient pas de celles que l’on obtient lors d’un combat à mains nues. Et il la tenait, fermement, sans lui laisser la possibilité de fuir comme il l’avait si souvent fait. Un oeil accusateur dans sa direction, il soufflait. Quel perpétuel combat entre attirance et violence, et peut-être ce qui était de plus beau chez eux aujourd’hui. — Qu’as . tu . fais.   Qu’il répéta, une seconde fois, bien plus fort, bien plus enragé. Il l’avait tiré par le poignet, refaisant saigner cette cicatrice ouverte, jouant une carte qu’il n’était pas certain de vouloir assumer. Le paradoxe de leur relation à son comble. Malgré le contexte, il était une évidence inébranlable : elle lui appartenait toujours. Il ne s’était jamais résolu à la laisser reposer en paix, et la gardait égoïstement comme une relation acquise, celle qu’il ne partagerait pour rien au monde. Se tenant là, péniblement debout et démuni face à elle, Jim se contenait. Il serrait la mâchoire, baissait les yeux, les relevait, fixait un point invisible ailleurs, puis la regardait à nouveau. — C’est lui ?  Lui qui t’as fait ça. Il resongeait inévitablement à son frère. Charles avait évoqué une chose qui lui échappait. Des provocations lancées à l’égard de Viola, et qui avaient suffit à l’arracher à toute contenance. Une bombe lancée au milieu d’un terrain miné. — Que s’est-il passé ?  Des questions mais qui sonnaient davantage comme des ordres. Avec quelque part dans ses yeux, une flamme d’inquiétude qui dansait une valse encore méconnue. Effrayé qu’il était de découvrir ce qui devrait resté caché.
Revenir en haut Aller en bas
Hayden Beckwith
[ plots your death in spanish ]
pseudo, prénom : maclean, julia.
date d'inscription : 08/11/2018
messages : 2675
avatar © : eiza gonzalez
fairytale counterpart : captain hook ⋅ viola
activité rp : tc ⋅ jackson ⋅ jackson [intrigue] ⋅ flint ⋅ flint [fb] ⋅ flint [ra]
Voir le profil de l'utilisateur

may god have mercy upon my enemies 'cause I wont. Empty
MessageSujet: Re: may god have mercy upon my enemies 'cause I wont. may god have mercy upon my enemies 'cause I wont. EmptyDim 18 Aoû - 17:37

Ils avaient de commun qu’aucun d’eux ne supportait l’échec. Ils ne laissaient aucune place, ou ne serait-ce qu’une marge à cette infamie qu’on appelle l’erreur.  Pourtant ils se retrouvaient là, tous deux les mains vides, dans l’erreur totale et plus que jamais prêt à se blâmer à tour de rôle pour tous les malheurs du monde, à commencer par les leurs. L’ironie de leur situation se renforça à les regarder sous toutes leurs coutures, en discernant les ombres à ce tableau décrivant un couple qui n’en était plus un ; plus tout à fait. Bien sûr qu’il s’était échappé, mais la faute à qui ? Elle darda sur Jim, et plus particulièrement sur son visage aux traits toujours plus rudes, un regard aussi acéré que la lame qui trainait à sa ceinture. Un regard d’effrontée, qui n’admettrait aucune responsabilité, aucune faute, aucune faille de sa part. Ces derniers jours, elle avait vu les lunes se pavaner sans jamais trouver le sommeil, n’avait trouvé ni le temps ni l’envie de ne serait-ce que prendre un moment de répit entre les courses effrénées, les interrogatoires creux qui avaient engendré trop de meurtres dans la fourmilière des forbans, parfois plus loin et encore ce matin. Pour toutes ces raisons, elle n’avait désormais plus la force pour Jim et ses névroses, ses faux prétextes et ses accusations minables. Pas même lorsqu’il ne faisait que la blâmer d’un regard dédaigneux et mieux, crachait sur son hospitalité seulement parce qu’il le pouvait.  « Alors crève en silence, pauvre tâche,  » rétorqua-t-elle dans un impeccable tac au tac, quoi qu’un rien entravé par une fausse nonchalance et la façon un rien érotique avec laquelle elle dévorait cette satanée pomme. Si elle avait attendu qu’il demande, certainement que sa carcasse serait en train de rôtir sur les docks, à servir de buffet aux vautours et aux rieuses. Bien évidemment, ne lui viendrait pas à l’esprit de la remercier, et la perspective même ne frôla pas Viola, tant elle était maintenant certaine que le Flint était devenu tout ce qu’il s’était entêté à abhorrer toute sa jeunesse durant : un foutu pirate, et un qui n’avait aucune considération pour elle. Elle ne s’attendait à rien de lui, pour ce que depuis trop longtemps, elle s’était faite à l’idée qu’une page s’était tournée et que même si leur amour subsistait, dieu seul sait comment, en travers des coeurs et des gorges - les leurs, l’affection respectueuse qu’ils avaient éprouvé dans les prémices de leur histoires s’en était allée ; Viola la regrettait à peine, trop préoccupée qu’elle était à disséquer cette moitié nécrosée de Flint, avec tout le dédain et l’amertume qu’il lui inspirait. Son menton se déroba à sa prise, et elle reposa immédiatement les jambes qu’il s’était empressé de dégager de son propre bureau, non sans lui flanquer un coup de talon dans un genou qu’elle espéra douloureux. Et parce qu’ils se trouvaient à bord du Roger et qu’il n’avait, de fait, droit à rien de plus que ce qu’elle consentait à lui donner, soit rien, Viola se contenta de soupirer longuement plutôt que d’offrir une réponse à sa question. Flint ne parvint à l’arracher à sa léthargie de comédienne qu’en lui subtilisant ses précieux gants et en dévoilant ce qu’il y avait de plus laid sur cette femme qu’on avait toujours qualifiée de belle, exquise, ravissante, somptueuse, parfaite dans le physique, et jadis, dans l’âme. Des tatouages de sang sec le long de ses bras jusqu’à ses coudes donnait à deviner de quoi sa nuit avait été faite et combien elle souffrait encore de cette autre sombre nuit qui avait tout changé. Un nouvel afflux de rouge opaque glissa le long de ses doigts et elle tenta de lui reprendre ses mains, quitte à ouvrir toujours plus les plaies en longueur et largeur ; en vain. Elle réprima un grognement de douleur, au nom de la dignité, et serra les lèvres au point de se les mordre. Opprimée par une asphyxie faite de consternation, d’effroi et de honte, Viola resta un moment muette, son regard planté dans le sien, mais acheva de reprendre contenance à lui arrachant ses gants, et les enfila de nouveau, malgré le sang, et toute la douleur que lui procurait ses mains.  « C’est comme ça qu’on traite son ex ?  » fit-elle. Sur ses commissures, l’ombre maigrelette d’un sourire de pure provocation. Comme s’il pouvait la considérer comme perdue, partie ; leur relation : consommée à la va-vite et gâchée, et encore une fois, la faute à qui ? Il n’y avait rien de plus erroné, mais là où il aimait jouer avec sa peau, ses poignets, sa nuque, Viola se distrayait avec son coeur, en contemplant la marionnette se mouvoir sous ses petites attaques mesquines, et ses yeux-fenêtres lui montrer toute l’étendue de ce qu’il l’aimait encore malgré tout - autrement serait dévastateur, bien plus qu’elle n’oserait l’imaginer. Puis elle reprit en imitant le registre qu’il employait, puisqu’il n’y avait de toute façon aucune manière de répondre à la violence, si ce n’est par plus de violence.  « Bas. Les. Pattes. »  gronda-t-elle entre ses dents. Elle exécrait la moindre marque de familiarité, le moindre touché, même l’effleurement maladroit, quand bien même celui-ci lui était familier, à certains moments même vital. Le paradoxe était tel qu’elle lui reprit ses mains, s’arracha au moindre contact, mais fit un pas dans sa direction, se planta à rien de lui, droite et fière dans ses bottes pendant qu’il fléchissait à son tour de fatigue, mais la surplombait malgré tout.  « Qu’est-ce que moi, j’ai fait ?  »  S’intéressait-il au moins à ce qu’on lui avait fait, à elle ? Voulait-elle vraiment qu’il s’y intéresse, finalement ? Peut-être que oui, pour arroser un peu son amour propre et le voir souffrir plus que s’il mourrait mille fois. Peut-être que non, parce qu’il s’agissait là d’une histoire qu’elle refusait catégoriquement de lui narrer.   « Bien sûr que non. »  Et ce serait tout. Charles était son malheur, elle en avait connu un autre, et un pire. La différence entre eux subsistait dans ce que Viola avait obtenu sa vengeance et que cela n’avait rien changé. Qu’elle ne s’était pas sentie mieux après, toujours pas aujourd’hui, et elle avait l’intime conviction que de mettre la main sur Charles ne changerait rien pour Jim, et ne lui rendrait certainement pas les années perdues. À elle non plus. Mais ils pouvaient au moins éradiquer cette vermine, pour le seul plaisir de le faire, parce que c’est ce que les pirates font. Ça, à moins de trouver un semblant d’accord, ou ne serait-ce que de respect. Pas gagné. Elle savait très bien où il voulait en venir. Les éternelles questions, le besoin lancinant de savoir alors qu’elle lui avait affirmé qu’il ne saurait rien, n’avait pas à savoir et qu’il ne voulait pas savoir quoi qu’il puisse croire. Le mystère le rendrait assurément plus fou qu’il n’était, mais il méritait, à ses yeux, cette folie odieuse, la démence provoquée par le secret ; et elle méritait de s’en repaitre, et de garder pour elle ce passé fait d’humiliations permanentes, à commencer par celle qu’il lui avait infligée en la quittant.  « S’est passé que t’as encore merdé sur le sens de tes priorités et que la carne qui te sert de frère s’est ENCORE tiré. » Elle visait juste, mais en même temps à côté. Détournait pour son gain, comme toujours, et c’était ce pourquoi elle était douée. Le ton oscillait entre le dédain, l’agacement et une forme toute caustique d’hilarité, pour ce que cette poursuite n’en finissait plus, même dix années après, même après qu’elle s’en mêle, même avec toute la hargne du monde, le poltron s’en sortait encore grâce à une pirouette.   « Alors pour moissonner le moindre grain de succès dans tout cet enchainement de décisions idiotes et de formidable inaptitude, eh bien… je me suis défoulée sur ton équipage,  »  annonça-t-elle sur le ton de la confession, avant de poursuivre, toute la mesquinerie du monde sur les lèvres.  « La moitié, plus ou moins. Leurs têtes sont sur le pont supérieur, si tu veux te recueillir, allumer un cierge, faire tes adieux, ce genre de chose. Après tout, c’est ton truc, les adieux, mmh ?» fit-elle, toujours dans la provocation, mais cette fois une plus doucereuse, sournoise.  « Et si tu veux pas que le clébard qui te sert de second y passe aussi, tu ferais mieux de te comporter comme un homme un minimum civilisé, de respecter le Roger, son équipage, et surtout, surtout, son Capitaine. » Rapprochée de nouveau, elle fit glisser une main gantée de la courbe saillante de son épaule à sa nuque, ses doigts abandonnés à ses mèches,  plus longues qu’à l’époque. Elle referma son emprise autour de sa nuque, et retourna toute la rudesse dont il était capable contre lui en l’amenant à son niveau, ses lèvres à l’orée des siennes, cela sans jamais tenter plus qu’un effleurement allusif.   « Je suis pas ta Viola, t’as compris ?  » Cette fille était morte, et celle dont la bouche frôlait la sienne n’était qu’un portrait qui dissimulait l’abîme laissé par une Lady Viola de Ravenshore esseulée et brisée.  « Je le suis plus, depuis longtemps.  » Et toujours plus brutale, elle le repoussa de ses deux mains, rompues de nouveau sous ses gants.  « Plus jamais, » souffla-t-elle avant de faire volte-face, enlever ses gants qui la démangeaient, et faire tremper ses mains dans une bassine d’eau tiède. Le gouffre entre eux n’avait jamais été plus colossal, terrible, pourtant ils étaient si proches. Plus qu’ils ne l’avaient été au cours des dernières années. Elle s’entêta à laver le sang sur ses poignets, quand bien même celui-ci continuait de couler, même si tout ça datait d’il y a plusieurs années ; et elle aurait voulu se les arracher d’un coup sec pour cesser de se confronter tous les jours à ce rappel permanent de ce qui faisait d’elle une tragédie vivante, palpable.  « On va mettre un terme à toute cette histoire avec Charles, toi et moi. Après ça, je ne veux plus te voir, » trancha-t-elle, sans y réfléchir, sans le préméditer, sans lui donner ne serait-ce qu’un regard, ou une attention. Son coeur fit un rare bond sous sa poitrine, et elle porta une main sanglante sur sa chemise de lin pour le calmer ; sans succès.
Revenir en haut Aller en bas
Jackson Caverly
way down the river we go
pseudo, prénom : sasha
date d'inscription : 20/01/2019
messages : 1033
avatar © : joel kinnaman
fairytale counterpart : captain flint of the walrus.
activité rp : lina, hayden, vee (intrigue) ● young vee, hook, viola (ra)
Voir le profil de l'utilisateur

may god have mercy upon my enemies 'cause I wont. Empty
MessageSujet: Re: may god have mercy upon my enemies 'cause I wont. may god have mercy upon my enemies 'cause I wont. EmptySam 31 Aoû - 13:48

La foudre aurait pu s’abattre sur le Jolly Roger qu’elle aurait été plus douce en comparaison à l’atmosphère qui régnait au sein de la pièce. Chacun dardait sur l’autre un oeil glacé, méfiant, et faussement indifférent. Viola possédait une aura toute particulière, une de celle qu’il était impossible d’oublier. Le temps avait prit soin de panser les blessures d’un coeur qui saignait encore, à l’agonie sans doute pour l’éternité. En l’état, il ne restait presque rien de la jeune lady Viola de Ravenshore. Presque. Leur relation avait été consommée jusqu’à ce qu’il n’en reste plus que des cendres. Le paradoxe était tel qu’ils s’arracheraient volontiers la vie dans un combat acharné, avant de mettre fin à leur jour pour regagner tendrement les bras de l’autre. Pourtant, elle continuait de se dérober à lui, reprenant ses mains meurtris pour en cacher les cicatrices. Ce besoin lancinant d’obtenir des réponses ne serait malheureusement pas satisfait aujourd’hui, il le savait, et serrait la mâchoire sans un mot. Dans un discours voilé d’ironie, elle jouait négligemment avec ses nerfs et sa patience. Aucune règle n’avait été fixée, tous les coups étaient permis. Le ton oscillait, au même titre que leurs gestes. Entre sarcasme, dédain et colère, elle écrasait toute logique en venant se dresser devant lui comme la reine qu’elle avait toujours été à ses yeux. Les yeux rivés sur le sol, Jim s’entêtait à réprimer toute la rage qui venait peu à peu embraser chacun de ses muscles. Elle savourait l’instant, profitant de la moindre petite faille pour s’y engouffrer, sournoise et provocante. Cependant, ce n’est que lorsqu’elle évoqua ses menaces à l’égard de Silver qu’il darda sur elle un regard brûlant d’animosité. Les insultes et mises en garde auraient volontiers franchi la barrière de ses lèvres si elle n’avait pas sorti de son jeu une nouvelle carte inattendue. Une main câline posée contre sa nuque, l’autre perdue dans ses cheveux. Il n’en fallait pas plus pour faire de ce lion en cage un inoffensif félin. Elle lui offrait ce que personne n’avait été en mesure de lui apporter depuis plus d’une dizaine d’années. Ses lèvres, enjôleuses et cruelles, se jouaient silencieusement des siennes sans jamais plus leur offrir  plus qu’un effleurement. Illusion d’un baiser volé. Il était fou. Sa poitrine s’écrasait littéralement sous le poids d’un coeur qui se gonflait de frustration. Que cherchait-elle à obtenir en jouant ainsi avec un feu devenu bien trop ardent ? Et cette vulnérabilité, Jim le paya d’un grognement mêlant douleur et agacement lorsqu’elle le repoussa de ses deux mains. Fin de l’entracte, retour à la réalité. Son regard métallique et glaçant scruta une silhouette qui venait de lui tourner le dos, l’abandonnant tel un vulgaire chien pour l’accabler d’indifférence. L’orage grondait au creux de ses entrailles, lui faisant serrer poings et mâchoires. Il n’y avait qu’elle pour provoquer un tel désordre dans sa vie. Son coeur s’ébrécha brièvement lorsqu’elle prononça ses dernières paroles. Comme dit précédemment, tous les coups étaient permis, et Viola se faisait un malin plaisir à enfoncer chacun des clous qu’elle avait disposer sur lui. Jim ne mit que quelques secondes à parcourir les pauvres mètres qui les séparaient. Il brûlait de l’intérieur, soumis à une rage qu’il peinait à contenir et mêlé à l’inévitable désir qu’elle provoquait chez lui. Incapable de prononcer le moindre mot, Jim laissa ses yeux d’ébène redécouvrir un corps qu’il connaissait sur le bout des doigts. Sans un demander la permission, l’une de ses mains dégagea les cheveux posés sur sa nuque. Le parfum était le même qu’à l’époque, mais se mêlait aujourd’hui au goût du sang. Ses bras l’encerclaient désormais dans une étreinte soudaine mais naturelle. Ses lèvres perdues quelque part le long de sa nuque, son souffle jouant insidieusement avec sa peau. Un frisson longea son échine pendant qu’il redécouvrait une douceur longtemps oubliée. Ses mains s’étaient posées sur les siennes avant de serrer de toutes ses forces les poignets qui continuaient inlassablement de saigner. — Vraiment ?  Souffla-t-il au creux de son oreille, arrachant au passage un baiser furtif sur la naissance de son épaule. La scène aurait pu être magnifique, s’il n’y avait pas eu tout ce sang sur leurs mains. Et il continuait à en abuser, lui interdisant toute protestation si l’idée folle de se dérober lui traversait l’esprit. Il l’embrassait. Le long de sa nuque, à la naissance de sa gorge pour remonter près de son oreille. — Toi et moi on sait très bien qu’il n’y aura jamais d’adieux entre nous.  Asséna-t-il d’une voix suave et chatoyante. Sans l’ombre d’un sourire, il fini par lui rendre sa liberté, se détachant d’elle pour la contourner et lui faire face. L’espace d’un instant, aussi bref qu’illusoire, Jim déposa un regard brûlant de tendresse sur son visage, là où paradoxalement ses gestes répondaient plus violemment. Mais l’esquisse délicate  s’évapora bien rapidement pour laisser place au défit. L’impertinence comme jamais personne n’en aurait eu l’audace face au Capitaine Crochet. — Et tu vas faire quoi maintenant ? Me frapper ? M’insulter ? Ou t’acharner à répéter que je ne suis qu'une pauvre merde qui a gâché ta vie ? Pauvre lady Viola… Faut croire que sans moi, t’es pas foutue de vivre.  Conclu-t-il, crachant ses mots avec la même brutalité qu’elle l’avait fait auparavant. Elle était là toute la complexité de leur relation actuelle : un instant amants, la seconde suivante ennemis. Il l’aimait pourtant, à s’en arracher le coeur pour lui offrir s’il le fallait. Après tout, il lui avait toujours appartenu. Mais il y avait cette honte qu’il n’accepterait jamais. Une culpabilité dévorante pour ce qu’elle avait dû subir durant ses longues années d’absence. Un fait évident, mais auquel Jim avait choisi de répondre par la rage et la négligence. Il vrillait sur elle des iris flamboyantes qui cherchaient à lire au-delà de ce qu’elle lui accordait. Ses poignets, eux, continuaient de répandre ce liquide rouge le long de ses mains. Attrapant quelques bandages abandonnés par Nyus, Jim s’occupa de panser ses plaies. Bien plus doux que ses paroles, bien plus préoccupé qu’il ne le laissait croire. Ses gestes restaient délicats sous ses mains trop rudes, essuyant le sang d’une cicatrice, puis de l’autre à l’aide d’un tissu et de l’eau tiède. — Tu m’aurais laissé crevé si t’en avais rien à foutre,  qu’il souffla d’une voix rude et ferme. Un soupire fini par franchir ses lèvres quand il déposa un bandage de fortune le long de ses poignets. D’une certaine manière, Viola l’avait sauvé de toutes les façons possibles. Elle avait fait de lui un homme heureux, un Capitaine accompli et il devait son bonheur d’autrefois à son unique présence. Le passé d’avait pas été tendre avec eux, pourtant les voilà, ensembles contre toute attente. Il était incapable d’ignorer le tambour qui le faisait souffrir au creux de sa poitrine. Tout comme il était incapable de ne pas la désirer ardemment. Pourtant, restait cette éternelle fierté qui l’empêchait de s’abandonner à elle, le forçant à garder le dos droit et le regard mauvais. — T’aurais mieux fait d’enfoncer toi-même la lame. Au moins les choses n’auraient pas traîné en longueur. T’as oublié tout ce que je t’ai appris ?  Toujours plus brutal malgré la proximité. Encore une fois, rapproché de nouveau, il la défiait en jouant avec ses nerfs. Sans réfléchir ou en être ne serait-ce que capable, il envoya voler la bassine d’eau. Le temps qu’elle termine sa course sur le sol boisé, Jim avait repoussé Viola contre le meuble, lui interdisant de fuir ou même de se battre. Il n’attendait pas de réponse de sa part, et s’entêtait à ne pas les écouter. Une main ferme posée contre son menton, il ne la lâchait plus des yeux. Plus grand qu’elle, il la dominait, et aimait tout particulièrement cet avantage. Ses lèvres juste au dessus des siennes. — Ferme-là Viola, et embrasse-moi.  Il lui ôta toute possibilité de pouvoir répondre, appliquant lui-même l’ordre imposé. Sa bouche s’empara de la sienne sans plus attendre, désireuse, brûlante et envoutée. Son coeur fit un bond lorsqu’il raffermi leur étreinte, leurs corps plus proches que jamais. Les baisers étaient langoureux, son sang devenu lave coulait dans ses veines à une vitesse folle, et on pouvait entendre son palpitant frapper un rythme effréné au creux d’une cage thoracique qui menaçait d’imploser. Ses gestes oscillaient entre douceur et fougue, avec toujours plus de vélocité. Son regard, entrelacé au sien, s’intensifiait à mesure de leurs échanges. Il était ce gamin docile au creux de ses bras, appréciant mener la danse qu’ils échangeaient. Il y a la violence du passé qui ressortait, dans ses caresses, dans les mouvements de ses doigts qui arrachaient les premiers boutons de sa chemise de lin. Il pourrait bien prétendre le contraire, Viola restait en tout point sa plus belle et sa plus grande faiblesse. A bout de souffle, Jim fini par reculer son visage pour la détailler. Quelque chose a pourtant bien changé. Ce tableau, en apparence parfait, cachait un horrible secret. Un de ceux qu’elle n’était pas prête à lui dévoiler. Mais le regard qu’il lui accordait désormais cherchait une réponse. — Que t’ont-ils fait ?  Nouvelle question qui, probablement, resterait sans réponse. Il y avait dans leurs échanges quelque chose de différent, d’inexplicable. Ses mains posées contre ses joues, il gardait néanmoins toute la prestance et l’autorité du Capitaine qu’il était, même en ces instants. — Montre-moi.  Trancha-t-il finalement, froid et militaire. En cela demeurait toute la tragédie de leur histoire. Viola et Jim étaient ces deux coeurs à l’abandon, condamnés à s’aimer jusqu’à ce qu’on leur ôte la vie… Si ce n’était déjà fait.

 
Spoiler:
 
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé

may god have mercy upon my enemies 'cause I wont. Empty
MessageSujet: Re: may god have mercy upon my enemies 'cause I wont. may god have mercy upon my enemies 'cause I wont. Empty

Revenir en haut Aller en bas

may god have mercy upon my enemies 'cause I wont.

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
tales down the river :: erathia, engla beorhtast :: ravenshore :: bootleg bay-