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city of sin. (r/marian)

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Rhysand Ryker
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MessageSujet: city of sin. (r/marian) Lun 31 Déc - 15:44


◊ ◊ ◊
In the city of sin, you are just what you are
When the lights go down, won't you want to be with me ?

Robin songeait parfois que rien, absolument rien, ne l'enthousiasmerait jamais autant que les nuits de Freehaven. Au cœur du tumulte que les bas-fonds de la ville abritaient se cachaient les ombres dont il raffolait tant. Lorsque la nuit tombait, lui prenait vie et se mêlait à la ferveur un sourire au coin des lèvres. Il ne souriait jamais ou presque – les Merry Men en avaient fait une source régulière d'humour entre eux – mais la perspective de voir un plan porter ses fruits faisait partie des rares événements capables de l'animer un tant soit peu. En l'occurence, le retour de Will après quelques jours d'absence pour lui apporter la nouvelle que l'une des tables de jeux venait de tomber entre les mains d'un gang local. « Mais encore ? » s'enquit Robin avec une telle sérénité dans la voix qu'il aurait tout aussi bien pu se désintéresser pleinement de l'affaire. Ce n'était pas le cas, naturellement : il avait prévu son coup des semaines à l'avance, et de façon si précise qu'il n'avait eu que peu de doutes quant au succès de leur plan. Faire tomber l'une des principales maisons de jeu de Freehaven, le King's Crown, n'était qu'une étape d'un projet de plus grande envergure, mais il s'agissait de la pierre angulaire sans laquelle les Merry Men échoueraient. La rumeur voulait que la maison de jeu, déguisée en une taverne comme il en existait des dizaines dans les rues du quartier animé, serve à bien plus que dépouiller les fidèles clients de leur précieux argent : Copper, son propriétaire, l'utilisait pour blanchir cet argent et le réinjecter dans d'autres tavernes avant de revenir tout droit... dans les poches de Reynald. La cible première, mais aussi la plus difficile à atteindre, le déclencheur de tout ce que Robin et ses Merry Men faisaient à Freehaven. Plus que de voler dans le simple but de s'enrichir – encore que ce fut un passe-temps des plus fructueux – tout les ramenait, d'une façon ou d'une autre, à l'homme qui s'était attiré la haine tenace de Robin en l'arnaquant des années plus tôt. « Tout s'est passé comme prévu, la garde de Freehaven est intervenue suite à un tuyau anonyme. » Robin acquiesça. « Et j'en ai profité pour récupérer ceci au passage. » Will lui tendit une clé qui arracha un nouveau sourire au voleur – journée prolifique s'il en était pour une bonne humeur d'ordinaire si rare à obtenir. Cette clé leur donnait accès à un réseau encore plus complexe et d'une plus large importance encore dans leur mission : les égouts de la ville, dont Robin soupçonnait qu'elles cachaient des planques trahissant bien des trafics illégaux à Caerwyn, si ce n'était dans le reste d'Erathia. Plus que de faire tomber le King's Crown – encore que ce fût un accomplissement en soi – obtenir la clé leur permettait de faire une avancée considérable. « Excellent » répondit Robin, avant de faire signe à Will de le suivre tandis qu'ils s'enfonçaient dans les rues de la ville, pullulant d'habitants et de visiteurs désireux de tenter leur chance et peut-être faire fortune. S'il était habitué au rythme incessant de Freehaven, il continuait d'être surpris par la naïveté – stupidité – des fous capables de croire que la capitale leur offrirait tout ce qu'ils désiraient, et plus encore. L'expérience aurait du leur apprendre qu'ici, on n'obtenait rien, on prenait, mais ils continuaient pourtant de se pavaner, leurs bourses reposant négligemment le long de ventres gras. Robin avançait d'un pas leste, prêt à rejoindre le reste des Merry Men, qu'il trouverait inévitablement attablé dans la taverne qui accueillait les voleurs en fermant un œil sur leurs activités. Martha, la tavernière, n'avait jamais caché son faible pour Will et Robin en profitait éhontément. Il reconnut la devanture, peu engageante, et pressa le pas sans manquer de détrousser au passage un homme en pleine discussion avec l'une des femmes de joie d'une maison de plaisir à proximité. Elle lui adressa un clin d'oeil et poursuivit la discussion comme si de rien n'était. Prêt à pénétrer dans la taverne, il marqua cependant une halte et enjoignit son comparse à faire de même au son d'une bagarre dans la ruelle qui faisait l'angle avec la Fonderie. Jamais le dernier à se mêler aux bagarres, Robin savait cependant que toutes ne faisaient pas bon s'y précipiter et préférait rester sur ses gardes. Il intima à Will de garder le silence tandis qu'ils tournaient au coin. A l'inverse des autres rues généralement baignées de lumière, celle-ci était enveloppée de ténèbres et Robin ne put que discerner les silhouettes. L'une des deux appartenait à un homme trapu, tandis que l'autre semblait indiquer la présence d'une femme. Il fronça les sourcils. Le voleur avait beau ne montrer généralement aucune pitié, il n'aurait cependant jamais attaqué une femme à moins d'avoir une excellente raison de le faire – et il doutait que ce fût le cas à cet instant précis. « Allons, camarade. Ne t'a-t-on jamais appris les règles élémentaires de galanterie ? » interpella Robin, un couteau dans la main. L'homme se retourna et laissa échapper un grognement furieux. Robin fit signe à Will de s'en occuper en lui lançant le couteau, et il s'approcha de la femme tandis que son ami gérait le malotru. L'odeur du sang frais emplit ses narines – une odeur qu'il haïssait particulièrement – et la femme semblait être mal en point, recroquevillée sur le sol. Il s'accroupit et la releva doucement du sol pour l'asseoir. Un bref rayon de lumière venant d'une torche à la sortie de la ruelle balaya le visage de l'étrangère de couleurs et Robin eut un soupir agacé. Evidemment. Il n'y avait bien qu'une femme comme elle pour se faire attaquer dans la rue. « Marian » grogna-t-il d'un ton laissant transparaître tout le mécontentement et l'aversion qu'il éprouvait. « Qu'as-tu encore donc fait ? » demanda-t-il froidement, partagé entre l'envie de la laisser agoniser dans la rue et celle de lui venir en aide. Après tout, Maid Marian – comme l'appelaient encore les nombreux avis de recherche placardés dans les rues de Freehaven – mettait un point d'honneur à faire preuve d'encore plus d'arrogance que Robin, ce qui n'était pas peu dire. Will mit l'attaquant en déroute, et celui-ci prit la fuite sans demander son reste. Il les rejoignit, passablement amusé par la situation. « Aide-moi à la porter jusqu'à la Fonderie » ordonna Robin d'un ton ne souffrant aucune réplique. Quand bien même cette femme semait la chaos partout où elle passait et n'hésitait pas à se mettre en travers de leur chemin, il ne pouvait se réduire à l'abandonner dans une ruelle, livrée à un destin qui n'augurait rien de bon.

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MessageSujet: Re: city of sin. (r/marian) Mar 1 Jan - 20:44


• • •
Choose your last words, This is the last time
Cause you and I, we were born to die

Marian regarda son reflet dans la petite glace rouillée de sa chambre miteuse. Voilà trois jours qu'elle séjournait dans cette auberge dans les quartiers reculés de la ville. Ce soir, elle devrait à nouveau quitter les lieux pour trouver une autre cachette où les hommes de son père ne risquaient pas de s'aventurer. Même si elle restait confiante quant à ses chances de s'en sortir indemne, la brune sentait l'angoisse monter peu à peu au fil des jours qui passaient. Que ferait-elle une fois qu'elle aurait écumé toutes les auberges misérables de Freehaven ? Il fallait qu'elle réfléchisse à son avenir et qu'elle cesse de vivre au jour le jour. La voleuse savait pertinemment qu'elle ne pourrait pas survivre ainsi indéfiniment. L'idée de partir dans une contrée lointaine lui avait effleuré l'esprit et mûrissait au fil des jours. Après tout, il existait bon nombre d'autres villes à quelques journées de marche d'ici; où Marian pourrait peut-être tout recommencer, là où elle ne verrait plus d'affiches avec sa tête mise à prix dessinée dessus. Elle allait s'y employer plus sérieusement, dès qu'elle aurait amassé assez d'argent pour se payer une nuit dans un lit confortable –ou du moins une couchette, cela lui suffirait– et de quoi se nourrir. Après avoir enfilé une robe rouge plus qu'aguichante et s'être grimée un peu, Marian avait tout d'une séduisante fille de joie. Ce soir, elle avait sa cible toute désignée. Thomas était considéré comme un homme important de la ville. Il baignait dans plusieurs affaires louches et ne sortait jamais sans une bourse bien remplie lorsqu'il décidait d'aller jouer aux cartes. La jeune femme s'était mis en tête de le séduire pour mieux le détrousser. Son plan marchait à merveille et après avoir dû esquisser quelques sourires hypocrites et s'être laissée tripoter grossièrement, Marian n'avait eu aucun mal ni remords à lui voler tout son argent. Elle ignore où est-ce qu'elle fauta. Mais il lui tomba dessus comme un ogre affamé lorsqu'elle se dirigeait dans une ruelle sombre à quelques mètres de l'auberge où elle l'avait quitté quelques instants plus tôt. C'était de sa faute. Elle avait certainement été trop sûre d'elle, pas assez prudente. Trop pressée, aussi. Marian avait bâclé le travail et en faisait désormais les frais. Elle n'eut pas le temps de sortir son couteau rangé dans sa bottine que l'homme lui saisit la gorge avec une force qui la cloua sur place. Ses yeux brillaient à la lueur de la lune et son regard noir lui glaça le sang. Il la frappait sans s'arrêter et la voleuse se dit alors qu'il avait dans l'intention de l'achever. Incapable de prononcer le moindre son, elle se laissa tomber à terre et pria pour qu'il termine le travail rapidement. Sonnée, elle ne comprit pas de suite ce qui se passa. Deux autres silhouettes avaient fait leur entrée dans la ruelle sombre et sans qu'elle ne comprenne comment, quelqu'un la remit sur ses pieds pour l'asseoir gentiment sur un tonneau qui se trouvait là. Elle s'accrocha à lui, incapable de retrouver son équilibre ou la force de se tenir seule. Si pendant l'espace d'une seconde, elle avait cru aux hommes de mains de Thomas, elle eut la bonne surprise de comprendre que ces deux silhouettes étaient là pour l'aider. Elle mit une bonne minute à ouvrir les yeux et à retrouver une vue nette de son environnement. Cette voix, elle lui était familière et ce qu'elle sut discerner de son visage lui confirma sa pensée. « Robin Hood, évidemment. » Souffla-t-elle péniblement en lâchant un petit rire, incrédule, avant de tousser et de cracher des filets de sang. « Je me débrouillais très bien avant que tu ne débarques. » Totalement faux, ironique, mais l'idée que cet homme plus qu'odieux lui sauve la vie lui était insoutenable. Elle qui peinait déjà tellement à garder une contenance pour ne pas exploser en sanglots sous la douleur, voilà qu'elle devait tomber sur lui, qui ne manquerait certainement pas de lui montrer à quel point elle pouvait être amateur et sous-douée dans le domaine. Une larme coula le long de sa joue violette qu'elle s'empressa d'essuyer avec la seule main qu'elle arrivait encore à bouger. Son autre bras tenait fermement ses côtes. Elle fit ensuite un tour d'horizon et remarqua que sa sacoche avait été vidée et jonchait le sol. « L'ordure. Il m'a volé tout mon butin. » Les dents serrées, Marian étouffa un cri de douleur lorsque les deux hommes la transportèrent pour l'emmener dans un endroit qu'elle ne reconnut pas. Sa fierté avait beau passer avant tout le reste, la belle souffrait tellement qu'elle n'émit aucune objection. Elle savait pertinemment que s'ils n'avaient pas été là, elle ne serait certainement plus de ce monde à l'heure actuelle. « Je suppose que je vous dois un merci. » Entre deux quinte de toux, Marian se laissa manipuler comme un pantin, incapable d'en faire autrement. « Où est-ce que vous m'emmenez ? » Elle avait beau tenter de garder la tête haute, elle était très mal en point. Et c'était uniquement de sa faute. « Nul besoin de me sermonner s'il te plaît, je sais.» Lâcha-t-elle en lâchant un soupir, alors qu'elle s'accrochait à son bras et enfonçait ses ongles dans sa chair tant la douleur lui suppliait de hurler. Il était déjà pénible d'endurer les blessures, mais c'était encore plus difficile de supporter le regard suffisant de Robin.
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MessageSujet: Re: city of sin. (r/marian) Jeu 10 Jan - 0:01

Robin devait au moins lui reconnaître quelque chose : Marian ne manquait pas d'audace. Mais ce qu'il aurait généralement apparenté à une qualité chez n'importe quelle autre femme devenait chez elle la pire des tares. A quoi jouait-elle exactement ? Les rumeurs sur cette femme, voleuse venue faire de la concurrence aux Merry Men, allaient bon train et circulaient jusqu'aux oreilles toujours aiguisées de Robin. Il n'avait pas gardé d'elle le souvenir d'une rivale, encore moins celle d'une menace, et pourtant il avait du composer avec les incessants échos de ses allées et venues, ainsi que des bourses détroussées sur son passage. Marian l'agaçait. Pour bien des raisons, à bien des égards, elle réveillait en lui un sentiment qu'il ne connaissait que mal. Robin avait un spectre d'émotions limité, tantôt méticuleux, tantôt désinvolte, mais il ne se faisait jamais prendre de court, encore moins par une femme. Encore moins par cette femme. La trouver dans cette allée, livrée à elle-même, avait un petit goût de providence, voire même de revanche pour celle qui pensait pouvoir marcher sur ses platebandes impunément. « Qui d'autre » ricana-t-il pour toute réponse. Qui d'autre que lui, pour tomber sur elle dans un tel état de faiblesse. Une preuve, si nécessaire, qu'elle ne serait jamais rien de plus qu'une riche héritière jouant à se faire peur au lieu de faire la seule chose pour laquelle elle était bonne : suivre les instructions de papa et profiter des autres. Ce qui ne l'empêchait pas de préserver les rares valeurs qu'il s'était forgées dans les rues de Freehaven : on ne touchait pas aux femmes ou, dans ce cas précis, on ne les laissait pas agoniser en vain. Mais plus que ses valeurs, l'appât du gain taraudait un coin de son esprit, songeant à ce qu'il pourrait faire de la dette inévitable qu'elle contracterait à son égard. Peut-être pas de tout de suite, peut-être pas demain, mais viendrait le jour où il la collecterait pour une cause utile. « De toute évidence » railla-t-il à nouveau. Marian mettait sa patience à rude épreuve, au point d'envisager l'espace d'une seconde d'ignorer l'ascendant qu'il venait d'obtenir sur elle et la laisser si bien se débrouiller, à la merci de n'importe quelle personne passant dans la rue. Mais Robin la connaissait suffisamment pour savoir qu'elle était stupide au point de faire jouer un orgueil démesurément important et prétendre qu'elle n'avait pas besoin d'eux – et il ne comptait pas la forcer à les suivre si elle refusait ne serait-ce qu'une seule fois. Heureusement pour tous, elle ne rechigna pas, se contenta de se plaindre de son butin volé par un homme décidément enhardi. L'ironie du sort ne manqua pas d'arracher un sourire à ses lèvres – la dépouilleuse dépouillée. Amusant. Will se rappela à leur bon souvenir en jetant à Robin la fameuse bourse, remplie de pièces sonnantes et trébuchantes, qu'il rattrapa au vol. « Avant de se faire voler à son tour. La tragique loi de Freehaven. » Jungle cosmopolite, où l'habileté payait toujours plus que l'intelligence ainsi qu'ils le démontraient en permanence. Il jeta la bourse en cuir sur Marian, après s'être servi de quelques pièces. « Mes services ne sont pas gratuits ». Si son ton restait désinvolte, son regard, lui, ne perdait rien de sa froideur. Il pouvait s'amuser, rire de la situation, se moquer, mais certainement pas baisser sa garde. Will et lui la transportèrent jusqu'à la Fonderie, toujours bruyante à cette heure de la nuit, si bien que personne ne leur prêtèrent la moindre attention. « Je ne fais pas de charité, Marian. » Sa façon à lui de lui faire comprendre qu'il valait mieux ne pas le remercier. Pas tout de suite. Car si elle venait d'échapper à une mort certaine, elle ignorait sans doute que le remède serait pire que le mal. Son absence de scrupule, de morale, son avidité et sa soif de vengeance faisaient de lui un homme dangereux, sous son habituelle nonchalance. Il saurait se rappeler à son bon souvenir, le moment venu. Robin échangea un regard entendu avec l'aubergiste qui hocha la tête sans rien dire, laissant aux trio le loisir de monter jusqu'à l'une des chambres qu'ils s'étaient attitrées. « Ca n'a pas la moindre importance. » La Fonderie avait sa préférence, mais elle ressemblait à n'importe quelle autre taverne : personne ne vous posait de questions tant que vous payiez les prestations. Ce qui arrangeait Robin, pas franchement désireux de devoir s'expliquer sur la présence d'une femme agonisante dans ses bras. Ca, et les nombreuses petites affaires que les Merry Men menaient, flirtant toujours ostensiblement avec l'illégalité, lorsqu'ils ne la franchissaient pas pleinement. Il finit par déposer Marian sur un lit qui n'avait de lit que le nom : tout au mieux s'agissait-il d'une couche recouverte d'un matelas peu épais. Robin ignora la requête de Marian, qui n'était à ses yeux en droit de rien demander, mais à laquelle il ne souhaitait pas parler avant d'être seul à seule avec elle. Il désigna la porte d'un signe de tête. « Va me chercher de l'alcool, et trouve-moi des tissus propres » commanda-t-il avec fermeté à Will, qui acquiesça et s'éclipsa, ne laissant plus que Robin et Marian dans la pièce sombre et humide. Avec force, il attrapa le menton de la femme pour l'obliger à le regarder dans les yeux. « Je ne fais rien par bonté d'âme, Marian, et je saurai te le rappeler » entama-t-il, le ton menaçant. « C'est la dernière fois que tu tentes de jouer sur mon terrain ». Et pour s'assurer qu'elle ne tenterait pas de rétorquer quelque remarque spirituelle, il poursuivit. « Au cas où tu l'aurais oublié, ta mort me rendrait plus riche que la Reine elle-même, tu ferais bien de t'en souvenir. » Car si sa tête était mise à prix, c'était également le cas de Marian sous couvert d'une recherche désespérée de son père, et Robin connaissait suffisamment de personnes pour s'occuper de récupérer la récompense attitrée. Will revint dans la pièce, les bras chargés de bandes propres et d'une liqueur que Robin reconnut non sans amusement – ils en avalaient une quantité astronomique chaque soir, et pour l'avoir sentie plus d'une fois brûler jusqu'à son estomac, Marian allait passer un sale quart d'heure.

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MessageSujet: Re: city of sin. (r/marian) Sam 12 Jan - 19:29

Elle aurait préféré mourir. A cet instant précis, l'air suffisant de son "sauveur" lui donnait des haut le cœur. Marian avait beau s'être drôlement endurcie depuis qu'elle avait quitté sa cage dorée et faire croire à qui le voulait qu'elle était une dure à cuire, son cœur lui, restait parfois fragile. Le monde dans la rue était cruel, dur et souvent injuste. Elle qui était si bonne et douce autrefois, se devait de masquer coute que coute sa vraie nature pour survivre... et ce n'était pas toujours une chose aisée. Si la douleur était lancinante, constater la cruauté du monde extérieur était bien pire. Robin en était la preuve vivante. Il ne faisait pas dans la charité ? Peu étonnant... mais profiter de la situation dans laquelle elle se trouvait n'était pas digne d'un homme qui a des valeurs. A croire qu'il avait perdu toute humanité, finalement. « Cela m'aurait aussi surprise du contraire. » Marmonna-t-elle en lui grimaçant un sourire des plus hypocrites. Elle n'avait jamais vu le voleur comme quelqu'un de foncièrement bon –pour cause, il n'aurait jamais fait affaire avec son paternel– mais jamais elle ne s'était imaginée qu'une telle froideur pouvait l'habiter. En cet instant, elle se demandait quels chemins avait-il pu emprunter pour en arriver là. Elle l'avait pourtant remercié, en sachant pertinemment qu'elle lui serait certainement redevable par la suite. Cette idée l'angoissait terriblement. Si elle était prête à lui tenir tête, Marian restait angoissée de devoir à nouveau faire face à son père ou pire encore. Robin était un homme calculateur. Dieu seul sait ce qui lui réservait. La voleuse tenta de ne pas y penser et se laissa traîner dans une chambre miteuse où on la déposa sur une couchette –avec une certaine brutalité. La brune se mordit l'intérieur de la bouche pour ne pas hurler de douleur, encore. Puis sans qu'elle ne comprenne quoique ce soit, elle fut surprise par la poigne du voleur, apparemment déterminé à lui montrer ses véhémences. Elle se laissa manipuler comme un pantin, le défiant désormais du regard, seule chose qu'elle arrivait encore à maîtriser sur son corps meurtri. « Ton terrain ? » La voleuse lâcha un petit rire, vite étouffé par la douleur que cela lui causait dans les côtes. « J'ignorais qu'une femme comme moi pourrait effrayer le grand Robin Hood. » Si Marian était obligée d'enfouir sa fragilité très profondément, elle était de ce fait contrainte de le remplacer par autre chose pour se protéger. La légèreté et l'insolence l'aidaient souvent à paraître inébranlable. Même si en l'occurrence, elle n'était pas en mesure de le prouver en ce moment. Blessée, la jeune femme ressemblait plus à un oiseau tombé du nid qu'à une femme dangereuse. Elle l'avait pourtant remercié, à sa façon. Il aurait très bien pu la laisser périr dans cette ruelle sombre, au lieu de l'amener dans un endroit où elle serait certainement plus en sécurité. Mais il restait cet homme froid et calculateur que les gens pouvaient décrire... malgré elle. « Alors vas-y, qu'attends-tu ? » Impétueuse, les mots étaient sortis de sa bouche avec une telle hargne qui lui arrachèrent un cri de douleur. Elle donna un dernier effort pour tourner la tête et se dégager de son emprise. Il avait beau s'appeler Robin Hood, il était hors de question qu'elle se laisse effrayer sans riposter. La brune était peut-être novice dans le milieu, mais personne ne pouvait lui enlever qu'elle restait téméraire et butée. Surtout quand il s'agissait de la rabaisser de la sorte et de la menacer. Marian en avait assez des menaces. « Tu ne me fais pas peur, tu devrais également le savoir. » Souffla-t-elle entre ses dents serrées, alors qu'une larme coulait sur sa joue. Si, elle avait peur. Si, elle se sentait vulnérable. Terriblement seule. Mais elle n'avait plus rien à perdre en cet instant. Morte ou vive, Marian ignorait quel destin lui serait le plus propice, finalement. Le défiant à nouveau du regard, la jeune femme se fit violence pour garder le peu de dignité qui lui restait. « Que veux-tu de moi, Hood ? Que je te serve d'appât, ou que je sois ta petite marionnette comme les sous-fifres qui te suivent partout ? » Sa voix se brisa sous la douleur et la colère. Il l'avait sauvée non pas par principe, mais par intérêt. Comme toujours, non ? Ses doigts se serrèrent autour du drap humide sur lequel elle était posée. Si elle avait eu assez de force pour ça, elle lui aurait certainement mis son poing dans la figure. « Que t'est-il donc arrivé pour que tu deviennes cet homme là ? » Murmura-t-elle en le détaillant du regard, une moue écœurée sur le visage. L'acolyte de Robin entra subitement dans la pièce, ce qui lui fit lâcher un petit soupir de soulagement. Will l'effrayait beaucoup moins que Robin à dire vrai, et son entrée surprise avait peut-être mit fin à une conversation qui pouvait dégénérer très rapidement... même si ce qui l'attendait serait certainement encore plus désagréable que Robin Hood. « Je suppose que la liqueur n'est pas pour trinquer à ces retrouvailles. » Le sarcasme, un ami de longue date qui l'aidait à garder pied. Marian avait ce besoin viscéral de tout dédramatiser, pour éviter de s'écrouler sous ses angoisses permanentes. Son ventre se noua. Ses mains tremblaient. Pourtant, elle tenta de se redresser, de rester digne. Que pouvait-elle faire d'autre, après tout ? Marian ne pouvait montrer aucune faiblesse dans ce monde. Surtout pas à Robin. A la fois son sauveur, mais également son bourreau.
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MessageSujet: Re: city of sin. (r/marian) Mar 22 Jan - 20:58

De toute évidence, Marian ne comprenait pas les enjeux de sa présence. La sauver d'une mort certaine était un cadeau empoisonné qu'il lui faisait : l'intérêt qu'elle pouvait présentait surpassait pour l'instant son intérêt à la laisser pour morte, mais il n'aurait pas fallu qu'elle se convainque d'être une rivale ou pire, d'être une égale. Il approcha son visage du sien, si prêt qu'il pouvait sentir son souffle hasardeux sur lui. « Mon terrain » confirma-t-il calmement. Marian n'était pas de ce monde, pas de son monde, ne comprenait pas qu'elle n'avait pas sa place au milieu de brigands, de vauriens. Elle ne comprenait pas non plus qu'elle risquait sa peau chaque fois qu'elle mettait le pied hors de son monde doré. C'était sans doute un caprice, un truc de petite fille riche cherchant à se faire peur, à ressentir pour une fois l'adrénaline dans son corps, mais elle oubliait un détail crucial : les rues de Freehaven ne pardonnaient pas. Impitoyables, elles attrapaient, avalaient, dévoraient, recrachaient sur leurs pavés les âmes naïves. Et Marian l'était vraisemblablement, pour s'aventurer sur son terrain. Ici, Robin Hood régnait en roi absolu : ses combines, ses victimes, ses butins. Il n'y avait pas de place pour un ersatz de concurrence venu d'une femme qui ne connaissait ni sa place, ni ses limites. « Effrayé ? » répéta-t-il avant d'éclater d'un rire froid. Il recula son visage pour mieux l'observer. « Si tu crois que tu me fais peur, c'est que tu sous-estimes la situation dans laquelle tu te trouves. » Car ici, elle était chez lui, dans son auberge – il n'en était peut-être pas le propriétaire, mais personne ne dirait rien si l'on trouvait son cadavre baignant dans son propre sang le lendemain. Aucune explication requise, un simple haussement d'épaules et Marian disparaîtrait de la même façon qu'elle était apparue dans sa vie : sans y laisser la moindre trace. Et de toute évidence, si lui pouvait conserver sa sérénité face à elle, l'inverse était loin d'être vrai. Elle jouait les grandes, prétendait savoir quoi dire, quoi faire pour le déstabiliser, mais il pouvait voir son corps trembler comme une feuille, son regard marqué par de l'obstination certes, mais surtout de la peur. Cette même peur qu'elle prétendait ne pas souffrir face à lui. Il aperçut une larme couler sur sa joue et il la recueillit avec une douceur insoupçonnée. « Et pourtant... » se moqua-t-il. « Pourquoi pleures-tu Marian, si ce n'est par peur de ce qui pourrait t'arriver dans cette pièce ? » Et dans l'hypothèse où elle n'aurait pas encore peur de lui, cela viendrait. Mais il devait lui reconnaître une qualité non-négligeable : la hargne qu'elle trouvait encore en elle pour essayer de lui répondre, de se mesurer à lui. Plus il y songeait, plus il finissait par se dire qu'il pourrait lui trouver une utilité autre que l'argent que sa tête pourrait lui rapporter. Elle représentait après tout une pièce maîtresse dans le jeu d'échecs auquel il jouait depuis qu'il avait quitté la maison de Reynald. Si elle pouvait prétendre être la reine, lui en était inévitablement le roi, celui qui mettait fin à la partie. Echec et mat. « Ce ne sont pas mes marionnettes. Ce sont mes amis  » clarifia-t-il d'un ton glacial. Il n'avait forcé aucun de ses compagnons à rejoindre les Merry Men. Ils étaient unis par un passé, une histoire, des tragédies mais aussi des souvenirs plus heureux. Ils étaient frères, avant d'être partenaires. Il aurait donné sa vie pour eux, tout comme ils l'auraient fait pour lui. Mais Marian travaillait seule, aussi ne s'émut-il pas de son commentaire. Il leva les yeux au ciel devant cette question ridicule. Ton père est arrivé, voulut-il lui répondre. Ton père est arrivé et m'a pris ce que j'avais de plus cher : ma loyauté, ma confiance, ma dignité. Il l'avait exploité pendant des mois, l'utilisant pour accomplir ses basses besognes en lui promettant monts et merveilles. En lui promettant, à demi-mots, la main d'une fille qu'il avait désirée si fort dans ce qui lui paraissait être une autre vie. Mais ce n'était pas à cette même fille qu'il raconterait la tragédie de son histoire et combien il s'assurerait que son père paie jusqu'au dernier centime son erreur de jugement. Il pensait pouvoir trahir un bon à rien impunément, sans savoir que ce bon à rien s'était élevé en roi d'une cour de gredins. « J'ai toujours été comme ça, mais tu l'as sans doute oublié » mentit-il, au moment où Will revenait dans la pièce avec de l'alcool et des tissus vierges. Pour cette fois, il jouerait le rôle du sauveur. Pour cette fois seulement. Il leva un sourcil, surpris de la voir railler ce qui allait être un passage douloureux. « Non. Mais tu peux toujours en boire si ça t'aide » suggéra-t-il d'un ton plus avenant, plus caractéristique de son comportement avec ses Merry Men. Il but une gorgée qui lui arracha une grimace. De la liqueur de sang de dragon, une résine que l'on ne trouvait qu'à Darkmoor mais qui se vendait à bon prix dans les tavernes de Freehaven. Robin arracha des bandes de tissus et en tendit une à Marian. « Je te conseille d'en faire une boule et de la serrer dans ton poing. » Pour calmer, même superficiellement, la douleur à venir. Il échangea un regard entendu avec Will avant de verser un peu d'alcool sur un morceau de tissu qu'il appliqua sur la peau de Marian. Elle saignait encore abondamment, et sa propre expérience lui avait enseigné que ce type de blessure devait être désinfectée d'urgence, surtout dans ce genre d'endroit. Le hurlement de Marian lui arracha une grimace. Guidé par un vieux réflexe, plutôt que par la raison, il attrapa sa main encore vide et la serra dans la sienne, son autre main continuant d'appliquer la liqueur sur toutes les plaies apparentes. Certaines laisseraient des marques, qu'elle porterait sans doute fièrement pour laisser croire qu'elle était comme eux. « Will, va chercher une aiguille et du fil, il va falloir recoudre certains endroits. » Il profita de l'absence de son ami pour reprendre leur conversation où ils l'avaient laissée. « Tu n'es pas comme nous. Retourne donc chez ton père, reprends ta vie Marian. Tu n'as rien à faire ici. » Et elle méritait mieux. Des mots qu'il se garda bien d'ajouter.

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-- I've been looking for a lover, thought I'd find her in a bottle, god, make me another one, I'll be feeling this tomorrow. Lord, forgive me for the things I've done, I was never meant to hurt no one, I saw scars upon a broken-hearted lover.
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Mia Dursley
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MessageSujet: Re: city of sin. (r/marian) Hier à 18:48

Il avait raison sur un point. A l'heure actuelle, Marian ne devait pas être très effrayante non plus. En réalité, elle était complètement à la merci de qui voulait bien se servir, d'ailleurs. Mais que pouvait-elle faire d'autre ? La jeune femme n'aimait pas les menaces de Robin et malgré sa situation plus que précaire, elle refusait catégoriquement de se laisser faire. Qui ne ferait pas la même chose à sa place ? Décision stupide, peut-être bien. Mais Robin n'était pas le seul téméraire de la pièce. Malgré qu'elle soit blessée gravement, elle avait sa fierté aussi. La douleur n'aidant pas à garder le cap, Marian dut redoubler d'efforts pour ne pas céder ou hurler. Mission extrêmement difficile, qui lui arrachait tout de même quelques larmes. Non, ce n'était pas de la peur. La colère monta en elle en voyant le voleur se moquer de sa situation. « Désolée de te décevoir, mais comme tu as pu le remarquer ma situation physique n'est pas vraiment au beau fixe. » Répondit-elle d'un ton étrangement calme à son tour. A l'intérieur, elle bouillonnait. De colère, de douleur, de vengeance. Il ignorait tout d'elle, ne s'employait qu'à voir la surface des choses. Une surface si lisse qu'il était certes, impensable d'imaginer la terreur qui se cachait derrière le masque. Non pas la terreur d'être face à lui, mais face à son propre père. Il avait réussi à la mettre hors d'elle, tant et si bien que l'espace d'un instant, elle en oublia sa douleur. Elle le défiait, dans ses mots et dans son regard, prête à donner un dernier effort si d'aventure il venait à l'agresser autrement que par les paroles. L'arnaqueuse n'avait pourtant pas le même souvenir de lui que ce qu'il prétendait. Elle se rappelait très bien de lui, contrairement à ce qu'il pouvait penser. Il lui était d'ailleurs difficile d'oublier leurs échanges de regards timides et leurs quelques petits sourires lorsque leurs routes se croisaient au domicile de son père, il y a longtemps. Oui, elle s'en souvenait parfaitement. Mieux que lui, certainement. Marian était peut-être trop naïve selon lui, mais elle savait reconnaître la sincérité quand elle se présentait. Son père et son entourage lui avaient assez menti au cours de sa vie pour qu'elle développe une certaine capacité à discerner les menteurs des autres. Et Robin mentait, elle en était persuadée. Peut-être pour préserver sa réputation d'aujourd'hui, ou pour simplement pour lui faire du mal. Marian en ignorait les raisons mais elle ne releva pas. Son acolyte les avait rejoint et même si la voleuse était désireuse de lui montrer de quoi elle était capable, elle avait encore une conscience et son but n'était pas de le discréditer devant ce qui s'apparentait à un ami. Oui, la brune avait un cœur. Elle ne se fit pas prier quant au liquide louche qu'il venait d'apporter. Après lui avoir rapidement prise des mains, la jeune femme en descendit quelques bonnes gorgées qui lui arrachèrent également une grimace. Cette liqueur avait un goût ignoble, mais cela semblait assez fort pour l'aider. Elle sentit l'alcool passer dans son corps et enflammer sa gorge, mais elle savait que ce serait nécessaire face à ce qui l'attendait. Le plus dur n'était de loin pas derrière. Pour une fois, elle écouta Robin et s'empara d'un bout de tissu. L'angoisse grimpait au fil des secondes. Chanceuse jusqu'ici, c'était bien la première fois qu'elle se retrouvait dans cet état. Et également la première fois qu'elle allait devoir faire face à la douleur sans médecin compétant et sans délicatesse aucune. Elle n'eut pas le temps de s'y préparer davantage que Robin déversait déjà le liquide brûlant sur une de ses plaies. La douleur fut telle qu'elle lui arracha un hurlement à en exploser les tympans. Elle savait que cela allait faire mal; mais jamais à ce point. Il était étonnant d'ailleurs qu'elle n'ait pas encore perdu connaissance. Sans réfléchir, Marian accepta volontiers la main de celui-ci. Geste étonnant –inconcevable même– de sa part qu'elle aurait pu relever si elle n'était pas si occupée à gérer sa douleur. Sans attendre, le voleur continua à déverser le liquide du diable sur son corps meurtri. Les larmes de souffrance continuaient de se déverser sur ses joues rosies par l'effort, alors que ses ongles s'enfonçaient dans la peau de son soigneur sans ménagement. A cet instant, elle se fichait bien de lui faire mal ou de paraître digne. Plus rien n'importait; tout ce qu'elle désirait c'était que cela se termine vite. « Pitié, arrêtez... » souffla-t-elle, à bout de souffle, alors que Will quittait à nouveau la pièce. Ce laps de temps lui permit de reprendre un peu ses esprits –et surtout un peu de hargne lorsqu'elle entendit les mots de Robin. Son sang ne fit qu'un tour. « Crois-tu que parce que je porte des jolies robes et que je suis bien coiffée ma vie est agréable, hein ? » Les dents serrées, elle jeta un regard noir à son interlocuteur. Elle ignorait si c'était simplement Robin qui la mettait dans tous ses états ou s'il s'agissait plutôt des résultats de la douleur qui lui donnait une rage insoupçonnée. La bombe était lancée. Et s'il fallait qu'elle use de ses dernières forces pour lui rabattre le clapet, elle le ferait. Petite sotte trop fière. « Penses-tu que mon père était différent parce que j'étais sa fille ? Être exposée comme une bête de foire et vendue au plus offrant est-ce gratifiant selon toi ? » Entre temps, elle avait réussi à se redresser un peu, et approcha dangereusement son visage du sien sur un air de défi. « Mon père est un lâche, une ordure. Entre l'argent ou sa fille, il a fait son choix… et j'ai fait le mien. » Elle tenait à ce qu'il puisse lire la haine qu'elle éprouvait pour son père et la sincérité dans son regard. Il ne savait rien de la difficulté à vivre sa propre vie. Il ignorait à quel point être la fille de ce genre de personnage était un enfer. Une punition. « Tu crois que je n'ai pas ma place ici, mais je te défie de vivre ma vie ! Tu ne tiendrais pas une journée. » Malgré tous ses efforts, Marian ne tint pas longtemps sa posture. Elle se laissa finalement tomber en arrière, épuisée, et ferma les yeux quelques instants pour reprendre son souffle. « Plutôt mourir que d'y retourner. » Parvint-elle péniblement à dire avant de tendre la main vers la bouteille que tenait encore Robin pour en descendre une gorgée supplémentaire. Heureusement pour elle, l'alcool faisait son effet et Marian perdait peu à peu la notion des choses. Il fallait dire qu'elle n'avait rien avalé de la journée. Mais elle se découvrait une force inattendue. La plupart des femmes de son genre n'auraient certainement pas tenu jusque-là. Elle garda les yeux fermés quelques instants, se sentant défaillir doucement. A moitié consciente, Marian pensa à ce qu'allait faire Robin de son corps, une fois soignée... ou morte. Il fallait qu'elle se rende à l'évidence; cet accident de parcours la rendait désormais trop faible. « Ne m'oblige pas à rentrer. Je ferai ce que tu veux si ça peut me permettre d'y échapper. Je cède. Tu as gagné, Robin Hood. » Souffla la voleuse, qui luttait péniblement contre la douleur et l'envie de se laisser partir dans un autre monde. Un monde où elle ne souffrirait plus. Où elle serait en sécurité et où elle n'aurait plus besoin de lutter pour sa survie.
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city of sin. (r/marian)

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