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broken parts are just another part of who we are (jackson)

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Lina Beckwith
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MessageSujet: broken parts are just another part of who we are (jackson) broken parts are just another part of who we are (jackson) EmptySam 16 Mar - 0:20



sometimes i close my eyes amidst the dancing lights, when it feels too wild for breathing
i can't sleep at night, unless i start to lie and believe it like a story
try not to think about it so insane, i'm so used to my nightmares
it's ok 'til it's not and i'm back there

@jackson caverly

□ □ □

L'ultime confrontation, ou celle qui s'annonce la plus traumatique. Une situation inextricable et anxiogène qu'elle s'est offert le luxe d'ignorer jusque là. Mais elle ne peut plus repousser l'échéance, cette sanction inexorable qui n'attend que de s'abattre sur elle depuis ce maudit soir. Sa respiration est courte, précipitée, excessivement laborieuse alors qu'elle quitte son appartement à la poursuite de cette délivrance tant convoitée. Ses pas sont hésitants -elle rebrousse chemin à deux reprises- et sa tête, prête à exploser, fourmille de pensées destructrices. Elle tente d'apaiser ses esprits, se dit qu'elle a survécu à bien pire, que c'est une mauvaise passe, le dernier palier avant absolue convalescence. Elle n'est plus esseulée face à ses chimères, et c'est ce constat qui parvient à lui impulser l'énergie suffisante pour compléter la première étape de sa mission. Wooley Street. Elle se plante au milieu du trottoir, faisant fi des remontrances de ces quelques passants dont elle ne soupçonne même pas l'existence. Puis elle fixe ce bâtiment, prêt à offrir l'hospitalité à cette crise qui n'attend qu'à se défaire de ses chaînes. L'hésitation qui revient au galop, sa conscience qui prend le large. Et puis elle est là, devant la porte de son appartement, elle ne sait pas trop comment. Elle ne se souvient pas avoir amorcé le moindre pas vers la porte d'entrée de l'immeuble, ne se souvient pas avoir monté les escaliers jusqu'à l'étage supérieur et pourtant... Elle guette ses alentours, cherche un doublé des clés qu'il aurait gentiment glissé sous le paillasson -fol espoir- et se dit que... peut-être que... non... Sa main se referme sur la poignée qu'elle abaisse lentement, très lentement, et la porte s'ouvre. Comme ça, sans effort. Ça devrait pas la surprendre. C'est à peine s'il se soucie de sa propre santé alors un appartement, c'est quoi à côté ? Elle soupire lourdement, figée sur le seuil. Sa réticence à l'idée de s'introduire chez lui sans sa permission ne la freine pas longtemps. Elle ose quelques pas, referme la porte derrière elle. Un geste qu'elle regrette aussitôt. Il n'y a clairement pas mis les pieds depuis un bon moment. Poussière qui s'accumule sur les meubles, carcasses de bouteille échouées sur le sol, elle pense même avoir deviné un mouvement du coin de son œil gauche qui lui fait faire un sacré bond en arrière. Respire. Elle ne sait pas trop si c'est son environnement ou les retrouvailles à venir qui l'oppressent ainsi. Elle prend l'initiative d'ouvrir les fenêtres pour aérer l'espace mais surtout pour venir en aide à cette respiration qui se fait haletante à mesure que le temps progresse. Ce foutu temps qui se fait long et contribue à cette démence qui souhaite s'approprier son corps, son esprit tout entier. Pars. Reste. Elle se lève pour partir, puis se ravise parce que c'est maintenant ou jamais, parce que si elle est venue jusqu'ici, ce n'est pas pour baisser les bras à la dernière seconde. Assise dans la pénombre, attendant que Jackson daigne se présenter à elle -pourvu qu'il puisse encore retrouver le chemin de son appartement- Lina s'impatiente. Les secondes, les minutes s'écoulent à une vitesse mesurée, et cette colère jusqu'ici refoulée et tenue en laisse se réveille et se déverse dans ses veines. Et parce qu'elle ne tient plus en place, elle se lève, se rassoit, se relève et ouvre les placards de la cuisine, de la pièce à vivre, à la recherche de quoi, elle-même ne sait pas. Et puis elle sait. La bouteille qu'elle fixe et qui la fixe en retour. Pas une goutte depuis son agression. Faudrait pas reprendre les mauvaises habitudes. Juste un peu histoire de se redonner un peu de courage, afin de les confronter, ses démons et lui. Mais c'est comme ça que tout commence, avec ce juste un peu. Elle va pas l'faire. Alors pourquoi elle sent le verre entre ses doigts ? Un moment de faiblesse. Elle va pas l'faire. Alors pourquoi le liquide ambré lui brûle la gorge et les entrailles ? Une douleur éphémère pour en aseptiser une autre, plus profonde et bien plus grande. Et ça fonctionne, elle se sent déjà un peu plus sereine, plus détachée. Mais l'effet calmant n'est que temporaire alors elle reporte le goulot à ses lèvres. Encore et encore. Ironie, vraiment, quand elle tient entre ses mains la raison de sa présence dans cet appartement à l'abandon. Elle évolue dans les pièces, bouteille pendue à la main, et elle croise son regard vitreux dans le miroir. Elle lève la bouteille, tendue vers son reflet -à ta santé- et porte la bouteille à sa bouche avant de se rendre compte qu'elle a déjà vidé la moitié du contenu, et donc sa totalité. Et cette réalisation réveille lentement cette rage qui s'était assoupie sous l'emprise de l'alcool. Elle abhorre ce type, les souvenirs de cette nuit maudite qui la tourmentent du matin jusqu'au soir. Elle abhorre ce reflet qui la détaille du regard, ses yeux embués, sa peine trop évidente, sa faiblesse. Le verre vole en éclats, et son autre moi n'est plus. De l'eau glacée passée sur le visage pour retrouver un semblant de contenance, puis surtout de dignité. Elle retrouve le chemin du salon, s'installe sur le fauteuil et patiente. Encore et encore. Et puis elle l'entend. Elle ne sait pas comment réagir, mais elle ne veut pas qu'il la remarque, lui aussi, sa fragilité. Alors elle fait sa Lina. Une main sur la lampe qu'elle allume dès lors qu'il fait son entrée dans la pièce. « Bonsoir, Jackson. » l'accueille-t-elle, sur un ton qui se veut aussi mystérieux que sa présence, ses desseins, le sort qu'elle lui réserve. Jambes croisées, sourire crispé qui se meut en un sourire plus satisfait à la vue des expressions qui traversent le visage de Jackson. « J'ai vu ça dans les films, toujours rêvé d'le faire. » explique-t-elle, le plus calmement possible. L'accalmie avant la tempête.
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Jackson Caverly
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MessageSujet: Re: broken parts are just another part of who we are (jackson) broken parts are just another part of who we are (jackson) EmptyMer 20 Mar - 21:08

Les heures avaient défilé ce soir-là à une vitesse phénoménales. Il n’avait pas compté les cadavres de bouteilles qui s’étaient entassés sur le comptoir du bar. Il n’avait pas non plus saisi les dialogues sourds et incompréhensibles prononcés par Nash, sa seule compagnie suffisamment alcoolisée pour soutenir sa présence. Déchet humain et rejeté par le reste de la société, Jackson avait une nouvelle fois noyé sa misérable et ridicule existence dans le spleen infernale qui s’était offert à lui. Une routine devenue un train de vie quotidien auquel il ne pouvait se défaire. Ses pénibles journées terminaient généralement ainsi, sous le joug des goulots de bouteille qu’on lui proposait généreusement. Il faisait la joie des barmans, et le malheur des comptoirs sur lesquels il terminait généralement inconscient. De temps en temps, quelques poings masculins venaient se mêler à sa déchéance, marquant un peu plus de cicatrices sur ce visage inexpressif et lassé de cette existence. Il n’avait aucune raison de se battre, aucune raison de mourir. Son cœur atrophié était assez fort pour le faire tenir sur es jambes, mais pas assez pour lui offrir le goût de vivre. Aux yeux du monde, il n’était qu’un être sans grande importance, un camarade de beuverie et rien de plus. Aucune âme ne semblait avoir la moindre estime à ses yeux, si ce n’est quelques rares exceptions. Vesper avait arraché le peu de bien qui demeurait encore en lui à l’époque où il était banquier. A ce jour, il ne restait plus qu’une carcasse poisseuse et un trou béant au creux de sa poitrine. A moitié mort, il titubait ce soir dans les ruelles, laissant le froid ronger sans pitié chaque pore de sa peau exposée à ces nuits d’hiver. Et parce qu’il avait prit soin d’éviter Hayden depuis leur dernière soirée passée dans le bayou, ses pas l’entrainèrent machinalement jusque dans son propre appartement. Dernier refuge sur Terre qu’il choisirait décemment d’habiter. Aussi misérable que son propriétaire, les lieux n’avaient plus été entretenus depuis de longs mois. Parce qu’il exécrait la solitude encore plus que sa propre personne, Caverly se bouffait littéralement les doigts à la simple idée de devoir franchir le pas de cette porte. Et lorsqu’il le fit, son regard fût immédiatement attiré par la silhouette qui venait de l’accueillir. Le visage inexpressif, embué par les litres d’alcool consommés, il mit quelques secondes avant de reconnaître les traits de la cadette des Beckwith. — Qu’est-ce que tu fou chez moi putain ? Qu’il grommela machinalement en claquant la porte derrière lui. Ses jambes le guidèrent jusqu’au fauteuil où elle était assise, et il s’effondra à ses côtés telle une épave. La tête posée contre l’une de ses cuisses qui faisait office d’oreiller. Il aurait été heureux de la retrouver si seulement il n’y avait pas eu cette soirée. Des mois qu’il avait prit soin d’éviter sa route, de croiser son regard, faisant mine d’ignorer tout bonnement la scène qu’il avait malheureusement interrompue bien trop tard. Mais la jeune femme qu’il connaissait d’ordinaire n’avait rien à voir avec celle qui se présentait devant lui ce soir. Il y avait quelque chose de différent dans son regard. Quelque chose d’effrayant qui le fit frémir l’espace d’une poignée de secondes. — T’empestes l’alcool… C’est censé être mon truc ça. Qu’il cracha avec son habituelle nonchalance, les yeux rivés vers son visage au-dessus du sien. Une pointe de perplexité dans le regard, il détaillait silencieusement chacun de ses traits. Des piètres connaissances qu’il possédait, Lina était sans nul doute celle qui comptait le plus à ses yeux. Un rayon de soleil parmi les nuages. Sans explication notoire, il avait toujours pris soin de la préserver du reste du monde. La vie n’avait aucune saveur pour lui, mais il tenait à ce qu’elle soit parfaite pour elle. Si seulement il n’avait pas laissé cet homme la massacrer presque sous ses yeux… Elle avait été la seule à se préoccuper de lui, combattant tant bien que mal ses démons pour tenter de faire de ce déchet un homme présentable. Et bien que Jackson soit trop fier pour affirmer l’évidence, elle lui avait manqué. Mais la femme qui se dessinait ce soir à ses côtés n’avait rien celle qu’il avait juré de protéger. Ses doigts glissèrent contre son menton tandis qu’il s’était redressé pour s’asseoir à côté d’elle. L’expression de son visage était différente. Et bien que l’alcool pouvait faire surgir en n’importe qui des personnalités différentes, celle-ci menaçait de lui exploser en plein visage telle une bombe à retardement. Pour une fois, Jackson fit un mouvement de recul, appréhendant le pire qui était à venir. Parce que sa visite n’avait rien d’une simple balade de courtoisie. Surtout pas à cette heure-ci. Surtout pas dans cet l’état dans lequel il venait de la trouver. — Qu’est-ce que t’as fait Lina… Qu’il bredouilla, les deux mains cette fois-ci posées contre ses joues. Mais la véritable question était encore : qu’avait-il fait, lui ? Il ravala sa salive difficilement, peinant à soutenir ce regard accusateur et ferme qui lui faisait face. Parce qu’aux yeux de n’importe qui d’autre, il s’en serait royalement foutu. Mais venant de Lina, ce regard-là avait tout d’une balle dirigée en pleine poitrine. Il étouffait, retenant son souffle dans l’attente qu’elle puisse porter son coup. La crainte se lisant dans ces prunelles pourtant noyées d’alcool.
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Lina Beckwith
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MessageSujet: Re: broken parts are just another part of who we are (jackson) broken parts are just another part of who we are (jackson) EmptySam 30 Mar - 3:25

C'était une bien mauvaise idée. La mauvaise idée du siècle. Le temps est atrocement long ; l'attente, odieuse. La porte qui s'ouvre puis se referme, l'estomac à l'envers, la tête qui tourne, le cœur qui s'emballe. Incapacité de faire le moindre mouvement alors qu'il vient s'échouer sur le canapé, à ses côtés. Lui, l'autre cause de ses tourments. « La vraie question... qu'est-ce que tu fous chez toi ? T'y as clairement pas mis les pieds depuis, phew, perpète. » remarque-t-elle, son doigt traçant des signes abstraits sur la table poussiéreuse. La réponse ne l'intéresse pas. Elle n'est pas là pour discuter de l'entretien de ce misérable appartement. Misérable à l'image de son propriétaire qui passe ses journées à se foutre en l'air. Et pourquoi ? Pour oublier, pendant quelques heures, qu'il n'a plus rien à offrir au monde. Elle pourrait lui faire la réflexion comme elle l'a si souvent fait par le passé. Pour le brusquer, le forcer à voir plus loin que le bout de son nez. Ou le fond de sa bouteille. Mais elle a bien compris, Lina, que ses efforts étaient vains. Qu'il n'avait pas besoin de son aide. Que son opinion lui importait peu. Il le lui a fait comprendre de la plus cruelle des manières. Et il se permet de la juger, lui faire la morale. Lui ? Son rire creux brise le silence. « Hey, je pourrais être ta partenaire, te tenir compagnie. Ça nous rapprochera davantage, m'aidera à y voir plus clair. » Quant à la foutue raison qui l'a poussé à la trahir ainsi. Elle a été naïve. Naïve de croire qu'elle comptait plus que ça à ses yeux. Naïve de croire qu'il abandonnerait sa compagne la plus fidèle pour elle. Après tout ce qu'elle a fait pour lui. Après tous les efforts qu'elle a déployés pour lui porter secours, pour le sortir de ce gouffre sans fond dans lequel il semble vouloir s'éterniser. Il lui aura fallu subir un véritable calvaire pour se rendre compte qu'il n'y avait plus d'espoir. Que rien de ce qu'elle pourrait dire ou faire viendrait à bout de l'indocilité de Jackson. Mieux vaut tard que jamais, en effet. Un léger mouvement de recul lorsqu'il se redresse et vient poser ses mains sur son visage. « Quoi ? » Et c'en est fini de douce, raisonnable Lina. Ce qu'elle a fait ? Elle a trouvé un remède à sa peine. À cette plaie béante qu'elle ne parvient pas à panser, à refermer. Elle a suivi son exemple. Elle a compris, a compris ce qui le pousse à boire jusqu'à pas soif, jusqu'à l'ivresse, l'excès. Cette anesthésie temporaire qui lui insuffle un souffle d'espoir, l'envie de continuer alors qu'elle rêve juste d'en finir avec cette putain de vie et ses putains de souvenirs. Condamnée à boire le calice jusqu'à la lie. Elle se relève brutalement, quitte le canapé, Jackson, perturbée par ce contact indésiré qui lui brûle encore les joues, cette proximité qu'elle ne saurait plus lui accorder. « Qu'est-ce que j'ai fait ? » Elle rit, Lina. Elle rit tellement fort, la tête penchée vers l'arrière, qu'elle manque de tomber à la renverse, cette caricature d'elle-même. Elle se rattrape sur la table, retrouve un semblant d'équilibre mais la valse infernale continue de se déchaîner dans sa tête, l'obligeant à clore les paupières, à faire abstraction des meubles, des objets qui l'entourent et qui retrouvent difficilement leur place quand elle laisse de nouveau entrer la lumière. Tout va trop vite, tout va trop mal. « Tu sais que j'ai pas eu droit à une vraie nuit de sommeil depuis- » Tu sais depuis quand, Jackson. Tu étais là. Il aurait pu ne pas être là que le dénouement resterait inchangé. Il n'a rien fait. Absolument rien. Trop tard. Il a agi trop tard. Elle le supplie, ses prunelles l'appellent au secours. Sors-moi d'là, je t'en prie. Il n'a rien fait. Il détourne le regard. Non. Pourquoi, Jackson, pourquoi ? Elle résiste, mais il ne la regarde plus, ne la voit plus. Elle ne résiste plus, se laisse entraîner, bien trop affectée par la blessure que son protecteur présumé lui inflige. Elle aurait dû savoir qu'elle ne pouvait -qu'elle ne devait- pas mettre sa vie entre les mains d'un ivrogne. « Qu'est-ce que toi tu as fait ? Rien du tout, Jackson. Que dalle ! » Elle hurle, elle hurle pour déverser toute cette rage que son cœur pompe dans ses veines. Elle en oublie les fenêtres ouvertes, se donne en spectacle au reste du quartier, et ça lui fait rien. Qu'ils écoutent, qu'ils soient tous au courant du fait que Jackson Caverly est un pauvre lâche. Elle attrape le premier objet qui lui tombe sous la main. Verre qui s'envole à travers la pièce pour s'écraser contre le mur à quelques pas du canapé où se trouve Jackson. Jackson qu'elle attrape par le col et force à se remettre sur pieds. « T'avais pas l'droit d'me laisser. Pas l'droit de m'ignorer comme tu l'as fait. Je méritais pas ça. » Personne ne méritait de vivre un tel supplice. Ses poings qui s'écrasent contre son torse lorsqu'ils ne fendent pas maladroitement l'air. Elle est ridicule. Ridicule. Et c'est de sa faute. Elle s'agrippe toujours à lui et ce même s'il n'a pas eu la décence de la soutenir par le passé. Elle s'agrippe à lui, non pas parce qu'elle le croit encore capable de lui apporter stabilité, mais parce que sa confiance en elle est encore moindre que celle qu'elle porte à son égard. Elle n'a plus le contrôle de son existence. Existence en pilotage automatique. Elle est présente sans vraiment l'être. Une part d'elle perdue à jamais. « Je pourrai jamais plus te regarder dans les yeux sans repenser à ce soir. Sans repenser à lui, à ce qu'il m'a fait subir. » Un haut-le-cœur péniblement réprimé, ses mains qui relâchent le col de Jackson, qui le repoussent violemment pour ne pas avoir à affronter son regard. Mettre de la distance pour retrouver son souffle, son esprit, pour ne pas céder à ses pulsions meurtrières. Parce qu'en proie à son désespoir, elle ne sait jusqu'où elle est capable d'aller pour apaiser ses angoisses. « J'espère au moins que tu sais que t'aurais pu empêcher tout ça. J'espère que t'en es conscient. J'espère que ça te poursuivra jusqu'à la fin, que le souvenir de cette soirée hantera ton sommeil, que tu parviendras plus à fermer l'œil de la nuit. » J'espère que tu souffriras autant que moi. Parce qu'elle ne dort plus, Lina. Impossible de rester éveillée, impossible de céder au sommeil. Il est partout, son souvenir indélébile. Elle erre sans but particulier. Se retrouve à provoquer des disputes pour se sentir vivante un infime instant. Et lorsqu'elle n'envoie pas tout le monde au diable, elle prie. Et c'est Imelda qui est ravie, même si elle aurait nettement préféré que ce déclic se fasse dans d'autres conditions. Mais tout cela est futile, car même la prière ne sait modérer sa souffrance. Elle se laisse tomber sur une chaise qui traîne là même si, au fond, c'est la porte qu'elle souhaiterait atteindre. Quitter cet espace dans lequel elle éprouve la plus grande difficulté à respirer. Ne plus avoir à supporter sa présence.
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MessageSujet: Re: broken parts are just another part of who we are (jackson) broken parts are just another part of who we are (jackson) EmptyLun 22 Avr - 23:13

Lina l’épiait tel un ennemi prêt à fondre sur sa proie, incapable de bouger, mais la langue suffisamment acérée pour venir claquer chaque mot avec dédain et mépris. Le voile d’innocence et de gentillesse qui la couvrait autrefois était tombé. Chaque trait de son visage, ordinairement si doux, transpirait ce soir toute l’amertume qu’elle éprouvait à son égard. Pouvait-il l’en blâmer ? A ses paroles acides, Jackson n’apportait aucune réponse. Il avait le regard fuyant et le visage baissé, tel un enfant cherchant tant bien que mal à garder une contenance qu’il ne possédait pas. Misérable déchet d’une société qui ne voulait pas de lui, à l’image des lieux qui leur servait de scène. Elle ne lui accordait aucune attention, aucun crédit, mais déversait sur lui l’océan d’une rage contenue depuis des mois. L’anesthésie temporaire qu’avait pu lui offrir l’alcool ce soir-là sembla s’évanouir sous les sarcasmes de son amie. La douleur refit doucement surface, formant un étau puissant autour de ce palpitant noyé par la culpabilité. Il referma les yeux lorsqu’elle s’arracha brutalement à lui, riant de bon cœur à la question qu’il venait de lui poser. Mais qu’avait-il fait, lui ? Le visage enfouit dans ses mains, il laissa échapper un long soupire avant de reposer ses prunelles sur la silhouette qui lui faisait face. L’heure de la vengeance avait sonné et elle déversait sur lui une agressivité si étouffante qu’il peinait à respirer. Elle dansait Lina, sous ses yeux, hilare et ivre, faisant taire son interlocuteur habituellement si sûr de lui. A ses accusations, il serra doucement ses poings, lèvres pincées et mine interdite. Encore une fois, ce soir, il détournait le regard pour ne pas affronter le sien. Il n’avait rien fait, et ne faisait toujours rien à cette heure-ci. L’ivrogne avait eu raison de l’homme qu’elle essayait de sauver depuis plusieurs mois. Il avait pourtant perçu cette détresse dans son regard. Il l’avait entendu hurler silencieusement à l’aide. Il avait même accordé un brin d’attention à cet homme, cette pourriture. Ce visage inappréciable qui, d’une certaine manière, continuait de hanter ses nuits également. Il n’avait rien fait. Triste vérité, mais douloureuse réalité. Machinalement, il vint caresser les phalanges de sa main droite. Celles qui s’étaient écrasées contre la mâchoire de ce chien en un coup, deux coups, trois coups. Trop tard. Beaucoup trop tard. Personne ne méritait de vivre pareil supplice. Et surtout pas Lina. Ce petit bout de femme beaucoup trop gentille pour ce monde rempli de pourritures. Paradis désabusé. Il n’aurait jamais dû la laisser. Il n’aurait jamais dû boire autant. Il aurait juste dû l’écouter, être là, l’aider et la prendre dans ses bras. Il aurait dû. Il aurait pu. Elle envoya un verre volé en sa direction, brisé en mille morceaux à l’image de leurs deux cœurs, de leur amitié. Lorsqu’elle vint l’arracher à son fauteuil, il étouffa un grognement de surprise. Elle était si petite, et lui si grand. Pourtant, Jackson gardait le silence. Accusant chaque coup, chaque mot, chaque reproche tel un mur infaillible. Là où son estomac se serrait doucement, irradiant une douleur à peine supportable le long de son échine. — Lina… Mais elle n’accordait aucune place à ses réponses. Elle frappait, déchirée et à bout de nerf, à bout de force, à bout de vie. Ses poings finirent par se figer, posés contre lui, s’agrippant à ce qui aurait dû être son pilier, son protecteur. En proie à sa détresse, il la laissa finalement le repousser. Le sortir de sa vie, cet ivrogne incapable de quoique ce soit. Ce déchet de l’humanité. Elle instaura une distance entre eux, mais il s’avança malgré tout. Et lorsqu’enfin elle prononça ses dernières paroles, Jackson senti ses doigts frémir doucement sous la colère qui commençait à gronder au creux de ses entrailles. Elle avait fait son petit bonhomme de chemin, la culpabilité. Depuis tout ce temps, contenu et volontairement ignorée sous les litres d’alcool ingérer. Être ivre pour oublier, pour suffoquer agréablement, pour continuer de vivre sans jamais réussir à penser convenablement. Si Lina avait toujours fait preuve de bonté envers lui, elle avait découvert ce soir-là le véritable visage de son protecteur. — Ca y est, t’as compris maintenant ? J’ai pas de déguisement de superman sous mon tee-shirt, j’suis qu’une pauvre merde et j’ai pas l’intention de changer. Si t’es pas ok avec cette idée, dégage de là et fou-moi la paix, j’ai autre chose à foutre que de surveiller une gosse complètement bourrée. Il s’était avancé, le regard lourd et les intonations aussi agressives que les siennes. Assise sur une chaise qu’elle était, la main de Jackson était venue trouver son menton qu’il tenait, la forçant à lever les yeux vers lui. Lui, qui l’affrontait difficilement. Et si sa bouche s’entrouvrit de nouveau pour laisser sa fureur se déverser, il n’en fit rien. Parce qu’il l’appréciait ce visage. La seule et unique personne qui avait toujours tenté de l’arracher à ses démons, cruellement négligée le soir où elle aurait eu le plus besoin de lui. Un soir qui avait tout changé. — Je t’ai pas laissée Lina, arrête de dire des conneries. Si sa voix s’était adoucie, son visage, lui, restait de marbre. Sans jamais décrocher son regard du sien, il confessa son erreur. — J’ai… merdé. Aucune excuse, mais simplement l’évidence mise à plat devant elle. Jackson n’avait pas l’intention de se défendre. Il était impardonnable, et le savait. Alors, forçant à son tour Lina à se relever, il recula d’un pas en écartant les bras. A la manière d’un ami qui l’inviterait à venir l’enlacer, lui, l’invitait à venir étouffer sa soif de vengeance. — Si t’es venue te défouler ce soir, fais-toi plaisir. J’te laisserai faire. Prends ce que tu veux, frappes-moi, j’en ai rien à foutre… J’en ai jamais eu quelque chose à foutre. De sa propre vie. Une de ses mains attrapa une bouteille qui traînait au sol. Un fond de rhum avalé en une seule et ultime gorgée, avant qu’il ne vienne briser son goulot contre la table à leur côté. Un vacarme assourdissant brisant le lourd et intenable silence avant qu’il ne tende ladite bouteille aux pointes acérées en direction de Lina. Il l’invitait à la prendre, à jouer de son arme. A en finir, éventuellement, ou en tout cas lui faire payer le prix de son erreur. — Je vaux pas mieux que cette pourriture, alors cognes. Cognes jusqu’à ce que t’ai pu que du sang sur les poings… Et que tu sois enfin capable de te défendre seule putain.  
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MessageSujet: Re: broken parts are just another part of who we are (jackson) broken parts are just another part of who we are (jackson) EmptyMar 23 Avr - 4:38

Elle est là, hors d'elle, le cœur, la bouche débordant de haine et de regrets, et il ne lui fait même pas la politesse de la regarder en face, d'accepter cette rage si généreusement déversée. Elle a l'impression de s'adresser à un mur, ses mots lui revenant en pleine figure parce qu'il est tout bonnement incapable de lui accorder cette attention, de soutenir son regard. Pas foutu de faire le minimum syndical. Il ne l'a jamais vue se comporter ainsi, car personne avant lui n'a été capable de la mettre dans un tel état. Elle a fait preuve d'une infinie patience avec lui. Elle lui a offert ce que le reste du monde se refusait à lui céder. Une oreille attentive, un soutien inébranlable. Et pourquoi ? Pour terminer dans cet appartement minable avec un type tout aussi minable qui s'évertue à forger les barreaux de sa propre prison, refusant toute aide extérieure, préférant crouler dans cette cellule alors que Lina n'a eu de cesse de lui présenter les clés symboliques de son affranchissement. Elle espère que sa culpabilité le ronge de l'intérieur, que c'est elle qui le pousse à ignorer la crise de sa prétendue protégée. Protégée, un titre dont il n'est pas digne, une réalisation qui a pour conséquence de lui arracher un rire caustique. Mais oui, c'est ça, Jackson, ignore-moi encore une fois. Tu sais faire ça si bien. Même son agresseur savait qu'elle nourrissait de faux, de fous espoirs. Who you staring at? Him, really? Think that guy over there is gonna come to your rescue? He's not gonna do shit, love, he's hammered and he cares more about Lady Rum there than some random chick looking to get out of a bad date. Don't get me wrong, you're hot but not I'd stop drinking for you hot. Guess it's only you and me, as intended. Apparemment les lâches savent se reconnaître entre eux. Dommage qu'elle ne soit pas capable d'en faire de même. Ses poings parlent pour elle lorsque les mots lui manquent. Elle recule, lui s'avance, les rôles s'inversent. Elle s'échoue sur une chaise, faible, trop faible. De corps et d'esprit. Il ne lui laisse pas un seul instant de répit. Ses mots sont virulents, et autour d'elle, personne à qui se raccrocher. Personne d'autre que lui mais il la laisse tomber, relâche la main qu'elle lui tend, comme à son habitude. Si elle parvient à contrôler l'expression sur son visage, son corps lui est moins enclin à l'écouter. Sa main vient s'écraser contre la joue de Jackson, avec une telle violence qu'elle en ressentira encore les picotements cinq minutes plus tard. « Je sais c'que t'essaies de faire. Ça marchera pas. Pas avec moi. » Et ça devrait, ça devrait, pourtant. Combien de fois allait-il devoir lui prouver qu'il ne méritait pas son aide avant qu'elle ne renonce à lui porter secours ? Elle revient, toujours, sans faute. Parce que malgré ses dires, elle sait qu'il y a encore du bon en lui. Certainement pas un être héroïque, elle n'est pas si optimiste, mais une personne convenable. Il a juste besoin d'un peu d'assistance, que quelqu'un lui rappelle qu'il n'est pas trop tard pour lui, qu'il peut encore atteindre la surface. Mais à l'entendre, elle sent quelque chose se briser, s'effondrer. Cette fois, c'est différent. Cette fois, si elle quitte l'appartement, elle n'en refranchira plus le seuil. Une décision pour laquelle elle s'en voudra un temps mais qu'elle finira par accepter. Can't save someone who doesn't wanna be saved, right? Still, you gotta try. « Des conneries ? Tu m'as vue, Jackson ! J'avais besoin que t'interviennes, et tu le savais très bien. Tu pourrais au moins avoir la décence de le reconnaître. Alors oui, t'as merdé, et pas qu'un peu. » Il l'oblige à se relever et elle tient difficilement sur ses deux jambes, confuses au moins autant qu'elle alors qu'il écarte les bras et s'improvise punching-bag humain. Elle ne peut que rire face aux encouragements de Jackson. Elle ne sait même pas pourquoi elle est venue jusqu'ici. Peut-être qu'elle devrait le prendre au mot, lui asséner un coup ou deux pour lui remettre les idées en place. Il se porte volontaire, après tout, elle espère qu'il aura la décence de ne pas lui retourner le coup. Au moins ça. Mais elle ne fera rien, ne le cognera pas, elle ne lui donnera pas cette satisfaction. S'il veut en terminer, il ne pourra compter sur elle, sur sa complicité. Elle ne l'autorisera pas à se détruire de cette manière. Elle décompose et étudie le moindre de ses faits et gestes. Elle l'observe ingurgiter le fond de rhum et déjà l'envie de partir à la recherche d'une autre bouteille lui tord les entrailles. Elle sent les effets de l'anesthésie éphémère prodiguée par sa première bouteille être évacuée de son système et elle a besoin de noyer ses chimères dans les eaux-de-vie. Faut croire qu'il a été un putain d'exemple, pas aussi inutile qu'il en a l'air le Caverly. Elle sursaute alors que les éclats de verre jonchent le sol. Hésitante, elle finit pourtant par se saisir de l'arme qu'on lui tend et qu'elle approche grièvement du visage de Jackson avant de la retourner contre elle. « Et là, qu'est-ce que tu comptes faire ? Tu vas rester là à me regarder me foutre en l'air ? Ou t'en as encore quelque chose à foutre ? Qu'est-ce que tu vas faire, Jackson ? Tu vas m'aider cette fois ? » Elle pourrait. Elle pourrait se foutre en l'air. Ce serait tellement plus simple. Pour lui, pour elle, pour tous les autres. Une simple pression pour commencer, oui, aussi simple que cela. Elle le défie du regard, et avant même qu'il n'ait le temps de la libérer de sa propre folie ou de l'encourager à s'y enliser davantage, elle attrape le poignet de Jackson, le force à serrer la bouteille entre ses doigts. Tête légèrement penchée, sa main exerçant une forte pression autour de son poignet qu'elle redirige un peu trop brusquement vers son cou découvert, la lame acérée frôlant, agressant sa peau. Insensible à la douleur, à cette minuscule perle de sang qui vient maculer sa peau lisse. « Mais si tu vaux pas mieux que cette pourriture, alors vas-y, appuie. Et si tu me vois te supplier du regard, si tu m'entends gémir, si je te prie de mettre un terme à tout ça, surtout ne t'arrête pas. Fais-le, si tu veux tellement lui ressembler et me prouver que t'es qu'une pauvre merde. Fais-le, Jackson ! »
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Jackson Caverly
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MessageSujet: Re: broken parts are just another part of who we are (jackson) broken parts are just another part of who we are (jackson) EmptyLun 20 Mai - 22:07

Il était là, immobile et muet, incapable de soutenir ne serait-ce que son regard. Il recevait ses mots, des paroles insupportables mais terriblement vraies. Personne avant elle n’avait été capable de le faire se sentir aussi mal. Lina lui avait offert son amitié et son soutien. Un intérêt précieux qu’il avait pourtant refusé au reste du monde, car aucun ne comptait plus à ses yeux que cette fille. S’il n’avait pas été incapable de bouger, sans doute se serait-il bouffé les doigts de remords. Jackson était un type minable qu’aucune qualité inexistante ne pouvait défendre. Voilé de son éternelle indifférence, il admirait un point invisible sur le sol crasseux de son appartement. Un morceau de verre au sol, à l’image de son palpitant qui semblait se rompre chaque fois qu’elle prononçait de nouvelles paroles. Elle lui avait tout offert, là où il n’avait pas été capable de lui rendre n’en serait-ce que le quart. La main qu’elle écrasa contre sa joue le força cependant à relever le visage. Une douleur risible comparée à celle qui se jouait au creux de sa poitrine. Il ne protesta le geste à aucun moment, ni ne formula le moindre mot. Son sang ne fit pourtant qu’un tour, et son poing se serra sous l’effet d’une rage naissante. Chacun de ses muscles frémissait, et Jackson pouvait sentir son pouls accélérer à mesure que les secondes s’écoulaient. Il était en colère. Certainement pas envers elle, mais tout simplement envers lui-même. Combien de fois allait-il devoir lui hurler dessus pour qu’elle comprenne qu’il n’était pas un type bien ? Il était le mal incarné, l’épave de cette ville, la merde de ces rues. Là où Lina demeurait un ange aux ailes lacérées. Elle avait besoin d’une aide qu’il n’avait jamais été capable de lui apporter. Alors pourquoi s’était-elle perdue à vouloir le sauver ? Elle riait ouvertement devant lui, il refermait les yeux pour ne pas grogner de frustration. Ô il pouvait la sentir s’immiscer doucement en lui, cette rancœur éteinte depuis toujours. Le long de ses veines, de ses artères, de ses organes. Chaque parcelle de ce corps tuméfié s’emplissait peu à peu d’une amertume incontrôlable et incontrôlée. La même qui, jadis, avait fait plonger le capitaine James Flint au creux d’un abysse sans fin. Il entendait des voix lui hurler à quel point il était coupable, à quel point il était minable. Ce lâche, que la vie n’aurait jamais due épargner et dont la mort ne voulait pas. Il pouvait sentir le regard de Lina se poser sur elle, accusateur et désespéré, mais demeurait pathétique à ses côtés. Il voulait qu’elle frappe, de toutes ses forces, jusqu’à ce que le sang jaillisse de ses entailles pour en faire un pauvre martyr repenti. Elle n’en fit rien. Lorsque ses opales se reposèrent sur les siennes, Jackson tressailli d’horreur. Pour la première fois depuis bien longtemps, un éclair de frayeur vint assombrir les traits de ce visage devenu si rude. — Lina, arrête… Le tesson de bouteille retourné vers elle, la voilà redevenue la victime et lui le bourreau spectateur. Elle le défiait du regard, dévastée par la folie et encouragée par ses chimères. L’arme, elle la glissa subtilement dans son poignet pour le diriger jusqu’à son propre cou. La voilà donc la métaphore de cette désastreuse soirée. Celle qui avait tout changé. Il n’avait rien fait. Ses yeux sombres fixaient l’unique perle de sang qui venait désormais tâcher sa peau lisse, mais sa main ne bougea à aucun moment. Il n’avait rien de l’homme fort et courageux qu’il avait été dans une autre vie. Il était brisé, de toutes les manières qu’un homme pouvait l’être. Sans aucune échappatoire ni moyen de fuir, Jackson avait tout simplement abandonné l’idée de vivre pour embrasser celle de mourir. Son erreur, la seule qu’il tolérait à accepter, était d’avoir emporté avec lui une âme qui n’aurait jamais due se trouver ici. Sa prise autour du tesson se renforça doucement alors qu’il l’appuyait doucement contre ce corps qui le suppliait de mettre fin à son supplice. Mais il ne le ferait pas. Jamais. Certains diront qu’il est trop faible pour accomplir la tâche, d’autres le trouveront peut-être courageux d’oser enfin affronter ses démons. Qu’importe. Jackson envoya les restes du verre se briser contre un mur à leurs côtés. Bien plus brusquement qu’il ne l’aurait souhaité, ses mains vinrent s’emparer du visage qui lui faisait face. Cette fois-ci, c’est lui qui l’obligeait à lever les yeux vers lui. Un regard triste, mais aucun son. Il épiait chacun de ses traits, tentait d’étudier la moindre réaction qu’elle lui accorderait. Ils se déchiraient, à tour de rôle, étouffant de cette peine commune qu’ils étaient incapables de supporter tout seul. — J’ai pas envie de faire ça Lina putain, t’es complètement folle… J’suis désolé pour ce soir-là, ok ? C’est ça que tu voulais entendre, hm ? Et, qu’est-ce que ça va changer, tu peux m’le dire ? Rien. T’as été violée, et j’ai rien fait pour empêcher ça parce que j’suis un gros con. C’est pas faute de t’avoir prévenu pourtant… Que j’me foute à genoux devant toi n’y changera rien. Il soupirait, les lèvres pincées par la colère. Ses mains ne la tenaient plus, et il s’autorisa quelques brèves secondes pour une trêve qui ne serait que de courte durée, il le savait. Et sans qu’il ne le réalise pleinement, ses bras cette fois-ci étaient venus se refermer sur ce corps si fragile. L’étreignant si fort qu’il aurait sans doute pu la briser, encore un peu plus. Sa main posée contre ses cheveux, ses yeux toujours ouverts et rongés par la culpabilité. Sentiment nouveau pour cet incorruptible déchet de la société. — J’suis désolé Lina. Il avait reculé son visage pour observer une dernière fois le sien, une main bien plus douce venant caresser une joue tâchée par quelques traces rouges. — J’suis pas le mec que tu pourras sauver. Et j’suis pas non plus ton sauveur. J’aimerais t’aider, j’te jure putain que j’aimerais… Mais dis-moi juste comment faire ? Parce que j’en sais foutrement rien.
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